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KUNDALINI : Une contrefaÇon New-Age du Saint-Esprit envahit l'Église !

C'est un sujet brûlant et en réalité très triste auquel tous les chrétiens devraient s'intéresser, et en particulier les jeunes qui ne sont pas encore solidement enracinés dans le contexte scripturaire.

La question fondamentale que tout chrétien devrait se poser est la suivante : Jésus est-il suffisant pour assurer notre salut — corps, âme et esprit —, notre logistique durant notre voyage conflictuel sur terre, ainsi que nos perspectives d'avenir jusque dans l'éternité? Jésus : qui est-il pour moi? Est-il un prophète? Un homme de bien? L'incarnation de Dieu? Pendant longtemps, les croyants n'avaient eu pour seul recours que le respect de la Loi donnée par Moïse et la conduite de leurs Prophètes. Cependant, les Écritures nous rapportent qu'après que Jésus eût été transfiguré sur la montagne, Moïse et Elie, qui leur étaient apparus en sa compagnie et qui représentaient la loi et les prophètes, disparurent aux yeux des disciples qui ne virent désormais «que Jésus seul». Alors une voix venant du ciel leur fit entendre ces paroles: «Celui-ci, est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection: écoutez-le!». Cette phrase tirée des Évangiles devrait répondre à notre question. Pour Pierre comme pour Thomas et les autres, ce fut néanmoins un chemin progressif et jalonné de doutes. Mais au fil du temps et des expériences, une certitude inébranlable s’était formée dans leur coeur. Pierre résuma bien ce que fut leur constatation à tous, lorsqu'il dit : «Tu es le Christ! A qui d’autres irions-nous: tu as les paroles de la vie éternelle». Et Thomas ajouta une étape décisive à son expérience lorsque face au Christ ressuscité, il s'exclama : «Mon Seigneur, et mon Dieu».

Cependant, nous sommes aujourd'hui assaillis par une kyrielle de «doctrines apostoliques» qui se proposent de combler les lacunes de la Bible et de suppléer à l'absence d'un Christ en chair et en os, pour nous permettre d'obtenir telle percée spirituelle, tel bénéfice ou progrès dans un domaine ou dans un autre. Une réalité qui n'est pas vraiment nouvelle mais qui s'exprime désormais au sein d'une frange progressiste de la chrétienté. Ces hommes de Dieu vedettes nous sont-ils tous envoyés par Jésus? Faut-il commencer à douter de la puissance de l’Évangile primordial, et reléguer la prévalence spirituelle du Fils bien-aimé sur le monde, sur le péché et sur la mort, à un fait héroïque de l'histoire? La Bible affirme pourtant que Jésus est le même hier, aujourd'hui et éternellement ! — et elle dit aussi qu'il vit pleinement en nous, par son Esprit-Saint. Mais si elle ne nous cache rien de cette glorieuse réalité, la Bible nous révèle également que dans la phase finale de l’histoire, c’est à dire les temps que nous vivons, Dieu va permettre au prince de ce monde de s'élever une dernière fois, afin qu'il soit finalement abattu. Et elle nous met en garde : Durant cette période chaotique, beaucoup d'hommes et de femmes mal assurés seront séduits et rassurés à tort par les discours flatteurs et chargés de promesses que délivreront de soi-disant serviteurs de Dieu. Mettre sa confiance dans des homme et devenir dépendants de leur «ministère», est donc le piège contre lequel Jésus nous met en garde et que nous devrons soigneusement éviter, tout en faisant en sorte de nous épanouir dans une vie sociale à la fois disciplinée et porteuse des fruits que Jésus s'attend à ce que nous manifestions.

Il n'est pas inutile de rappeler que pratiquement tous les mouvements sectaires ont eu a leur origine, un homme ou une femme qui ont prétendu avoir reçu de la part de Dieu, des révélations particulières. Jésus nous a avertis que des temps difficiles surviendront, au cours desquels trouver son chemin deviendra extrêmement compliqué. Dans ce contexte, des hommes s'élèveront et diront : «Le Christ est ici, ou il est là». Ce que cela peut vouloir dire, c'est que des hommes vont s'élever et vont affirmer que si nous ne recevons pas l’enseignement qui sera le fruit de leur révélation particulière, nous ne pourrons progresser ou accéder à Dieu». Ces hommes prétendront, par leurs doctrines et par des pratiques contraignantes, parfaire l'oeuvre du Christ. Jésus a suggéré que nous fassions particulièrement attention «à ce dont le prophète Daniel a parlé». Daniel avait annoncé pour un temps éloigné, une révolution religieuse apportant des changements notoires —des paroles qui sont rapportées dans Daniel 11. Jésus s'est fait l'écho de cette prédiction en disant que lorsque l’Évangile aura été annoncé à toutes les nations, presque simultanément, la chose détestable et porteuse de désolation annoncée par Daniel aura été «établie en lieu saint». On pense à l'intronisation de l'Antéchrist dans un nouveau temple, qui pourrait être construit prochainement à Jérusalem. La place du temple étant actuellement occupée par une mosquée, on peut imaginer la situation explosive qui pourrait résulter de ce projet. Mais cette prophétie, comme beaucoup d'autres, possède vraisemblablement plusieurs niveaux d'interprétation. Dans la bouche de Jésus, les mots «temple» et «lieu saint» désignent la nouvelle réalité : «Emmanuel», Dieu dans le coeur des hommes et marchant avec eux. «Détruisez ce temple et en trois jours je le rebâtirai», avait-il dit. On peut imaginer, au vu de la tournure que prennent les choses, qu'un «chrétien nouveau» soit promu, habité par des souffles qui émuleront le Saint-Esprit mais qui lui seront en réalité contraires. Le chrétien deviendra alors ce lieu saint dans lequel sera établie la chose abominable qui apportera la stérilité dans l'église. Dans Matthieu 24, Jésus prévient que, de cette substitution et de la pollution des valeurs saintes qui en résultera, jaillira un jugement sans appel et pratiquement immédiat qui touchera l'église et le monde. Une épuration qui n'aura rien de politique ou de militaire, puisque ses acteurs seront cette fois-ci des anges, comme pour prouver au monde que les hommes qui ne sont pas «intrinsèquement libres», restent les marionnettes de puissances spirituelles qui sont engagées dans un conflit qui nous dépasse.

La prophétie de Daniel mentionnait que beaucoup seront séduits par «des paroles flatteuses et par des promesses mielleuses» et deviendront «des traîtres à l'alliance». «Quelques hommes sages succomberont, afin qu'ils soient épurés, purifiés et blanchis, jusqu'au temps de la fin». Daniel avait conclu la prophétie par ces mots: «Mais ceux du peuple qui connaîtront leur Dieu, agiront avec fermeté, et les plus sages parmi eux donneront instruction à la multitude». Que peuvent bien vouloir signifier pour nous, hommes du vingt-et-unième siècle, ces propos énigmatiques?

 


LIENS EXTERNES

• Voir ce témoignage: Kundalini : Ils invitent le Serpent dans leur colonne vertébrale.
• Voir également : cette séquence en anglais.
• Témoignage — Libéré du démon du Tunnel de Feu de Bethel Church
• Jean-Marc THOBOIS
— Son regard sur le Mouvement de la Nouvelle Réforme Apostolique.
• Le chritianisme cantique de Bethel, ou l'alliance universelle retrouvée.
• Un site
suisse propose une analyse détaillée du phénomène.
• Strange Fire Conference — What is happening to Christianity?
• New Age “Jesus” in the Church — The Pentecostal Church has derailed by the Word of Faith movement.
• Eric BARGER — Is your Church New Age, Emergent, or Christian? Learn to exercise your discernement.
• Christians Together — Kundalini in the church.
• A. STROM — the New Age shift at Bethel church – Shocking.
• OTG Ministry — Demons Are Real - Holy Spirit versus Kundalini - Must Watch
• Be Vigilant  ! — The Kundalini Spirit has Invaded The Church, masquerading as The Holy Spirit !!!
• TLR — Man set free from the spirit of Bethel.
• TLR — Warning about false spirits creeping into the church.
• Rod AGE — “The Bethel Menace.” Words from a man who lived the changes from within.
• BE WATCHFUL — Is my Church under the influence of the “NAR”, the New Apostolic Reformation movement?
• CHALK TALK — Is Your Church Practicing New Age?
• Paul WASHER — Unbiblical church music
• Rise on Fire
— What is the Kundalini aiming for, maskerading the Holy Spirit in the Church?
• Heidi BAKER — The drunken Delusion.



ÉCOUTER (dernière mise à jour : 5 septembre 2019)

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Première partie

Deuxième partie

 

• L'ESPRIT DE LA KUNDALINI  (Un film à voir, mais s'il vous plaît ne regardez que ce qui est nécessaire à vous convaincre et prenez ensuite une grande bouffée d'air frais en lisant la Bible).

Une des particularités des temps de la fin dans lesquels nous sommes entrés, est une confusion spirituelle sans précédent. Après les faux évangiles de l’Église, de l'hyper-grâce et de la prospérité, nous sommes désormais confrontés à un évangile de manifestations et de prodiges dont la source n'est certainement pas le Saint-Esprit.

Importée il y a plusieurs décennies déjà au sein même d'une frange du christianisme pentecôtiste par les promoteurs des techniques méditatives orientales, la Kundalini ou esprit du «Serpent de Feu» ne cesse de se répandre autour du monde, propagée par les apôtres et évangélistes du mouvement de la Nouvelle Réforme Apostolique. Alliant une sorte d'envahissement spirituel décrit comme une charge d'électricité et d'«amour liquide», à la foi chrétienne, cette expérience séduit des gens de tous âges, mais principalement des jeunes qui n'ont pas connu la chose véritable.

De nombreuses personnes, après avoir reçu le Saint-Esprit, ont témoigné avoir fait l'expérience d'une grande libération intérieure et s'être senties plus vivantes que jamais. Mais lorsque l’Esprit de Dieu accomplit une œuvre belle et pure, le Christ de Babylone — le gouverneur de ce monde et l'auteur de toutes les contrefaçons religieuses — n'est jamais loin derrière! Ayant fréquenté une église locale évangélique nouvellement implantée, quelle ne fut pas ma surprise d'y voir évoluer quelques jeunes aux manières étranges, émettant des cris de manière involontaire, pris de spasmes et de soubresauts comme s'ils étaient frappés, rejetant la tête et se balançant de droite et de gauche à la façon des serpents durant les temps de prière. Je le dis d'emblée, ces manifestations, qui rappellent parfois un syndrome de Gilles de la Tourette, ne sont pas des manifestations du Saint-Esprit. Mais elles émanent des démons propagés par l'hindouisme et présents dans les disciplines telles que le Reiki New Age et le yoga. Elles sont tout particulièrement liées à l'éveil à la Kundalini, le «Serpent de Feu». Après avoir enquêté sur l'origine de ce phénomène étrange dans l'église, j'ai découvert que ces jeunes gens avaient été en contact avec le mouvement de l'église Bethel, de Redding en Californie. Plusieurs organisations chrétiennes émettent des mises en garde à l'égard de ce mouvement, expliquant qu'il serait infiltré par les démons du New-Age. Des noms très connus dans les milieux évangéliques sont activement impliqués, mais beaucoup d'autres pasteurs pourraient avoir été contaminés à des degrés divers. La tendance est promue par quelques chaines de télévision chrétiennes, et se propage d'une manière exponentielle vers de nombreuses églises locales à travers le monde. Soutenue par une école biblique, par des pasteurs et évangélistes charismatiques et par des maisons de disques, cette mouvance se nourrit principalement des forces vives d’autres églises, et de par l'ampleur que prend le phénomène, ceci devient un réel sujet de préoccupation. Une situation en réalité consternante car beaucoup de personnes engagées dans ce mouvement sont exceptionnelles tant sur le plan humain que par leur foi et leur investissement. Contrairement à d'autres églises où l'on sommeille «en attendant que Jésus vienne nous chercher», ils sont très actifs dans les domaines de la guérison et de la transmission de la connaissance spirituelle. Ils évangélisent les jeunes et ont a cœur de promouvoir une culture de l'honneur envers leurs membres et les nombreux visiteurs qui se rendent à Redding pour une école ou simplement pour un voyage initiatique. Ces églises font par ailleurs un travail humanitaire remarquable. Le mouvement inspire confiance. Mais malheureusement, ici doit s'arrêter la louange car derrière cette apparente honorabilité se cache une réalité beaucoup plus sombre, et qui a trait à la nature de l'esprit qui se manifeste en ce lieu. Pour une personne attirée par les manifestations du réveil, il est déroutant et consternant de se retrouver face à des chrétiens qui sont dominés par ces mauvais esprits qu’ils imaginent être le Saint-Esprit. Le reste du monde étant prompt à faire des amalgames, ceci cause un tort considérable au véritable mouvement de Dieu. Vous pensiez avoir enfin trouvé la famille spirituelle engagée que vous recherchiez. Mais après vous y être investi quelques temps, vous devez vous rendre à l'évidence: cette église n'est pas la communauté locale où vous pouviez espérer partager Jésus avec d'autres frères et soeurs. Mais de par son adhésion à un ensemble de doctrines très controversées formulée par feu Peter Wagner, et regroupées sous le titre de «Nouvelle Réforme Apostolique», elle est une expression de cette orientation théologique qui lui fournit son cadre, son contenu et qui dicte jusqu'à ses objectifs. Une fois l'effet de surprise passé, vous vous sentez profondément préoccupé à l'idée de la manipulation à laquelle des jeunes gens qui recherchaient pourtant une vie sainte et engagée avec Dieu sont soumis, et vous vous efforcez de comprendre quels sont les enjeux et la portée de ce qui est en train de prendre place dans l'église, afin de pouvoir attirer l'attention sur le phénomène. Car, sans doute pour de nombreux responsables, c'est en toute bonne foi et malgré eux qu'ils vont conduire dans une impasse, ces petits qui croient en Jésus.

 

L'erreur: cet esprit «très malin».

L'erreur est une herbe folle qui prolifère dans les friches du savoir. Une connaissance incomplète ou altérée du plan divin pour l'humanité laisse le champ libre à toutes les «interprétations» possibles. Combattre l'erreur pour ce qu'elle représente, équivaudrait à faire la guerre à des moulins à vent, à l'instar du célèbre Don Quichotte de Cervantes. Notre mission en tant que chrétiens ne consiste pas à critiquer d'autres églises ou des hommes. Au lieu d’être productive, cette attitude nous placerait au milieu d'un panier de crabes où ceux qui tentent d’en sortir sont agrippés par d'autres et tirés en arrière. Le regretté Derek Prince disait: «Ne vous laissez pas prendre au jeu de vouloir corriger les erreurs, mais exposez plutôt la pleine vérité (n.d.l'a. : à la façon d'Étienne, ou en nous inspirant de la confession de foi rapportée dans Néhémie 9). L'erreur est volubile comme la femme infidèle du Livre des Proverbes, celle qui se cherche un amant. Vous tentez de la ramener dans le droit chemin et une douzaine d'autres sollicitations auront surgi avant même que vous y soyez parvenu.» Les démons sont par nature, menteurs et trompeurs. L'erreur est un jeu malsain où ils excellent et dans lequel ils voudraient nous entrainer. Accorder aux esprit de l'erreur une légitimité en acceptant d'enter dans un débat revient à nous soumettre à un jeu de dupes dont nous ne sortirons probablement pas vainqueurs. Jésus n’a jamais accepté de débattre sur la vérité. En réalité, Jésus était le chemin, la vérité et la vie. Tel un brise-glace se frayant un chemin dans la banquise, sa progression était une confrontation permanente entre sa personne et l’esprit du monde. Mais si elle nous dissuade d’ambitionner une réforme des systèmes religieux, ce qui serait une impasse, ces systèmes étant par définition rétrogrades, la Bible nous enjoint en revanche à ouvrir la voie, en veillant à ce que l’Évangile que nous retenons ne soit pas un Évangile dénaturé et en ne cédant pas à ceux qui voudraient promouvoir un message différent de celui que Jésus nous a laissé.

Lorsque des manifestations peu conventionnelles surgissent, l'occasion est parfois trop belle pour les esprits chagrins de discréditer tout l'aspect surnaturel de l’Évangile. Ce site par exemple, fournit des informations détaillées et qui peuvent être utiles sur de nombreux courants sectaires. Le problème, et il est de taille, c'est que ses initiateurs ne croient pas que la puissance surnaturelle de l'Évangile ait pu survivre au Livre des Actes. Or si vous ôtez le surnaturel de l'Évangile, il vous reste tout au plus une légende: «Dieu visitant les siens et les siens ne le reconnaissant pas». Les histoires nourrissent l’inconscient collectif mais elles ne changeront pas le monde. Cette autre initiative mérite d'être saluée. Cependant, à en croire le contenu, tous ceux qui ont voulu sortir du statu-quo évangélique sont désormais surveillés et n'ont plus droit au moindre faux pas, sans égard pour les fruits qu'ils portent. On y trouve également les hésitations habituelles quant à la volonté de Dieu de guérir, qui trop souvent servent à justifier l'absence de résultat des chrétiens. Car là où il y a hésitation, il ne peut y avoir la foi, et la Bible est claire à ce sujet : sans la foi nous ne recevons rien. Gardons-nous en conséquence de jeter le bébé avec l'eau du bain, mais ne soyons pas naïfs : La Bible regorge de mises en garde à l'encontre des influences du monde cherchant à s'infiltrer dans l'église, et Dieu considère leur promotion au même titre qu'une trahison conjugale. Parfois certains vous diront : «Prenez ce qu'il y a de bon chez les uns et chez les autres, et crachez les pépins». Mais Jésus sait de quoi nous sommes pétris et il est beaucoup plus radical : «Ou dites que l’arbre est bon et que son fruit est bon, ou dites que l’arbre est mauvais et que son fruit est mauvais; car on connaît l’arbre par le fruit». La meilleure façon de contenir un feu de forêt est d’allumer des contre-feux. Les faux évangiles doivent être confrontés au plein évangile — un évangile de puissance qui trouve sa légitimité dans le message de la croix.

 

Les magiciens de Dieu.

Vous avez sans doute vu cette émission de télé-réalité qui montre à quel point les hommes peuvent être influençables, et sont parfois suffisamment inconscients pour se prêter à de telles manipulations, dans laquelle le sorcier hypnotiseur Messmer prend le contrôle d'un groupe d'individus, en les faisant tomber à terre ou en les transformant en animaux si cela lui chante. Ceci existait au temps des apôtres. Dans Actes 8, nous est relatée l'histoire de Simon le magicien, «qui, se donnant pour un personnage important, exerçait la magie et provoquait l’étonnement du peuple de la Samarie. Tous, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, l’écoutaient attentivement, et disaient : Celui-ci est la puissance de Dieu, celle qui s’appelle la grande. Mais quand Simon vit les miracles qui s'opéraient par les apôtres, il fut impressionné et il voulut leur acheter ce pouvoir. Simon s’était pourtant fait baptiser et il se considérait comme un disciple de Jésus. Il voulait lui-même devenir un apôtre. Mais Pierre et Jean le reprirent sévèrement : «Tu n’as ni part ni droit dans cette affaire, car ton cœur n’est pas droit devant Dieu. Détourne-toi donc du mal qui est en toi, et demande au Seigneur de te pardonner, s’il est possible, d’avoir eu de telles intentions dans ton cœur. Car, à ce que je vois, tu es rempli d’amertume et de méchanceté et tu es captif du mal.» Une caractéristique de ce phénomène, c'est la confusion spirituelle. Ceux qui sont pris par cet esprit s'imaginent faire le bien et ne sont pas conscients de la véritable nature de ce qui les habite. C’est exactement ce qui était arrivé à Jean quelque temps auparavant, qui voulait appeler le feu d’en haut sur une bourgade dans laquelle Jésus et ses disciples n’avaient pas été reçus dignement. Ceci nous laisse supposer que les principaux évangélistes de l'époque étaient influencés, voire largement acquis, à une forme de puissance qui n'avait rien à voir avec le Saint-Esprit, et Jésus fut forcé de les admonester : «Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes animés !». C'est pourquoi, dans Matthieu 7, Jésus nous met en garde, et ceci constitue une phrase clé de l’Évangile: «Pour entrer dans le royaume des cieux, il ne suffit pas de me dire: «Seigneur! Seigneur!», mais il faut accomplir la volonté de mon Père céleste.  Au jour du jugement, nombreux sont ceux qui me diront: «Seigneur! Seigneur! Nous avons prophétisé en ton nom, nous avons chassé des démons en ton nom, nous avons fait beaucoup de miracles en ton nom.»  Je leur déclarerai alors: «Je ne vous ai jamais connus! Allez-vous-en, vous qui pratiquez le mal!»   La pensée que beaucoup de ceux qui accomplissent des miracles puissent en fin de compte être réprouvés, est troublante. Nous pensons à tort, car ceci a été largement enseigné par la religion, qu'accomplir des miracles est une preuve de sainteté en soi. En réalité, les miracles ne prouvent rien. Les magiciens du pharaon reproduirent la plupart des miracles de Moïse. Comme il existe des lois physiques qui s'appliquent à tous, bons et méchants, il existe des lois spirituelles. La Bible dit que Dieu ne se repend pas de ses dons, c'est à dire qu'il ne va pas automatiquement sanctionner un homme en lui retirant ses acquis spirituels. Les gens de Babel par exemple, avaient découvert la clé divine à la réalisation des vœux. Mais parce qu'ils agissaient indépendamment de lui et en réalité dans un autre esprit, Dieu dut intervenir. Il sapa leur unité pour les empêcher de mener à bien leurs projets mégalomanes. Et dans 2 Thessaloniciens 2, Paul dit que «la venue de «l'homme de la révolte» se fera par toutes sortes d’actes extraordinaires, de signes impressionnants et de prodiges trompeurs, et qu'il usera de toutes les formes du mal pour tromper ceux qui se perdent, parce qu’ils sont restés fermés à l’amour de la vérité qui les aurait sauvés». Ceci pour répondre à ceux qui verraient dans ces mises en garde, une attaque à l'encontre de l'unité des chrétiens. Dans 2 Corinthiens 11, Paul implore les Grecs de Corinthe: «Oui, supportez-moi! Car je brûle pour vous d’un amour qui vient de Dieu lui-même. Je vous ai, en effet, fiancés à un seul époux pour vous présenter à Christ comme une jeune fille pure. Or, j’ai bien peur que vous laissiez votre esprit se corrompre et se détourner de votre attachement sincère et pur à Christ, comme Ève s’est laissé séduire par le mensonge «tortueux» du serpent. Si quelqu’un vient vous annoncer un autre Jésus que celui que nous avons prêché, vous le supportez fort bien! Vous supportez bien, aussi, de recevoir un autre esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre Évangile que celui que vous avez accepté.» Peut-on être chrétien et ne pas être fondé sur l’amour de la vérité? Je crains que la réponse soit un oui, sans hésitation. Tous ceux qui ont substitué à la paternité du Saint-Esprit, une tradition, un mouvement, un saint-père ou un apôtre, sont en grand danger d’être perdus. Un escroc —peut-être le plus talentueux que le 20e siècle ait connu—, a dit ceci : «La clé de mon succès, c'est que j'ai compris très vite que chacun est prêt à vous donner quelque chose en échange d'une chose dont il a faim. Il m'a ensuite suffit de découvrir de quoi les gens avaient faim». Avons-nous faim de sécurité? De reconnaissance? De réussite sociale? Faim d'amour? Nous sommes tous affectés culturellement par des réflexes qui nous servent à préserver la paix sociale, mais qui compromettent notre intégrité. La société prétend être contre le mensonge, pourtant elle l'admet implicitement. Tant que nous aurons faim de quelque-chose, nous chercherons à satisfaire ce besoin, peu importe sa légitimité. Ces désirs que la Bible qualifie de charnels nous placeront sur un terrain émotionnel où nous serons à la merci des escrocs, ou des loups en costume de brebis comme Jésus les appelle. Dieu sait que la faim fait partie de notre nature et qu'elle doit être assouvie afin que nous croissions. Il dit : «L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole venant de la bouche de Dieu». Le mot grec Stoma désigne ici la bouche. Ce mot dérive du mot Tomoteros qui qualifie le tranchant d'une épée, et qu'on retrouve par exemple dans Hébreux 4:12 : «Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles; elle juge les sentiments et les pensées du coeur». Si Dieu nous a donné des dents, c'est pour qu'on ne nous fasse pas avaler n'importe quoi. Lorsque, dans Matthieu 5:5-7, Jésus dit : «Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés!», il précise ensuite dans Jean 6:35, à quelle justice il fait allusion :«Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim, celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif».

 

Le transfert de la bénédiction.

Nous devrions être enracinés dans une relation personnelle avec le Seigneur, ceci impliquant que nous soyons entièrement et fermement fondés sur sa Parole. «Le ciel et la terre passeront mais mes paroles ne passeront pas», a dit Jésus. Ces paroles nous sont rapportées dans les Évangiles. De plus, dans Apocalypse 22, Jésus nous avertit solennellement de ce qui sera fait à ceux qui voudront ajouter ou retrancher à ses paroles. L'église primitive était en proie à une hérésie appelée gnosticisme, un terme qui vient du mot grec gnosis, qui signifie connaissance, et qui implique qu'il existe une connaissance expérimentale de Dieu que peu de gens possèdent et qui intervient au même titre que la parole de Dieu. Or, vouloir adapter la parole afin de légitimer l'expérience nous met en grand danger de nous tromper nous-même, et peut être à la source de toutes les erreurs imaginables. Genèse 3 nous raconte comment le malin a tenté nos ancêtres pour qu'ils se nourrissent du fruit de l'arbre de la connaissance. En acquérant pouvoir et sagesse par ce raccourci et par eux-mêmes, ils deviendraient alors «comme des dieux» et seraient suffisamment indépendants pour ne plus avoir à rester dans la proximité de Dieu, à subir son éducation. C'est du moins ce que le serpent leur a fait croire, puisqu'il avait lui-même ouvert cette voie vers l'indépendance par sa rébellion. Mais nous savons ce qui s'est en réalité passé. Par leur désobéissance à Dieu et leur allégeance au malin, les hommes ont pénétré dans l'autre camp et ils ont transféré les prérogatives sur le monde que Dieu leur avait confiées, aux anges déchus. Par conséquent, ils devaient être bannis du conseil de Dieu.   Des résurgences de ce gnosticisme païen sont apparues tout au long de l'histoire de l'église, et ont conduit dans les années soixante à des mouvements sectaires comme la Science chrétienne et à des dérives hippies. Cette forme déviante de réveil spirituel est réapparue en 1994, avec la «bénédiction de Toronto», également connue sous le nom de «Lakeland's Revival», et sévit désormais par le biais du «Bill Johnson's Tunnel of Fire», une expérience spirituelle supportée par la NAR, la Nouvelle Réforme Apostolique, qu’il ne faut toutefois pas confondre avec TLR, le mouvement dit de la Dernière Réforme, un mouvement dont la candeur confirme l'authenticité. Cette contrefaçon du réveil est propagée d'une manière subtile et parfois imperceptible pour ceux qui n'ont pas ce discernement, par quelques mouvements évangéliques qui se sont saisis de ce qu'ils n'ont pas su reconnaitre comme étant un ersatz New-Age de puissance et de vision évangélique, avec l'ambition de s'en servir pour conquérir le monde «pour Jésus» — mais peut-être pas exactement «avec lui».

 

Dieu: une puissance, ou une Personne?

Certains prédicateurs contemporains transmettent par l'imposition de leurs mains, ce qu'ils appellent : une onction de puissance, ou de «dunamis». La pratique semble biblique, à première vue. Dans le livre des Actes, nous lisons à plusieurs reprises que les apôtres ont posé leurs mains sur les gens et qu'ensuite le Saint-Esprit est venu sur eux, ou qu'ils ont reçu l'Esprit de Jésus suite à l'imposition des mains des Apôtres. Après avoir reçu le Saint-Esprit, les gens étaient désormais capables de faire les choses que Jésus avait faites — à savoir : parler en d'autres langues, accéder à une sagesse inhabituelle, voir dans l'invisible, écouter ce que dit l'Esprit et suivre ses instructions, annoncer avec hardiesse le Royaume qui vient et voir les hommes être convaincus de leur besoin de repentance, guérir les malades, chasser les démons; parfois même: se déplacer dans l'espace temps à la manière de Jésus ou de Philippe, travailler de concert avec les anges, vivre ensemble en bonne harmonie et en réalité une foule de démonstrations très convaincantes, nécessaires à la propagation de la bonne nouvelle de Jésus le Sauveur de l'Humanité. Parmi les Juifs, une pratique ancestrale consistait à imposer les mains. Il faudrait un livre pour en expliquer toutes les facettes, mais pour ce que je peux comprendre, ce geste était à double sens. Il servait aussi bien à transmettre une bénédiction au sein d'une famille, par exemple lorsque Jacob bénit ses fils sur son lit de mort, ou à réhabiliter au sein du groupe la personne qui avait été temporairement exclue, qu'à transférer sur une personne qui avait gravement fauté, la responsabilité de sa faute, afin que la communauté soit libérée des conséquences d'une faute qui avait été commise en son sein. Dans 2 Timothée 1:6, Paul demande à Timothée de raviver le charisme qu’il lui a transmis par l’imposition de ses mains. Nous comprenons par le contexte que ce charisme consistait en une hardiesse particulière qui devait aider Timothée à surmonter sa timidité pour proclamer l’évangile. Paul précise que L’Esprit que Dieu nous a donné n'est pas un esprit de timidité—ou de crainte et de lâcheté—, mais un esprit de force (dunamis), d'amour (agape), et de sagesse (sophronismos). Paul dit également à Timothée qu’il ne doit pas imposer les mains avec précipitation, de peur de participer aux péchés d’autrui. Mais si la Bible nous raconte que le Saint-Esprit fut accordé aux croyants suite à l'imposition des mains de ceux qui l'avaient déjà reçu, la Parole ne dit pas explicitement que les Apôtres ont transmis l'Esprit par l'imposition de leurs mains. Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'en plaçant leurs mains sur les gens, les apôtres les ont préparés pour qu'ils puissent recevoir le Saint-Esprit. Après que les nouveaux disciples furent baptisés, d'autres croyants leur ont imposé les mains pour le pardon de leurs péchés, comme Jésus l'avait demandé. Ceci correspondait à l'ancien rite d’expiation des fautes. Plus important encore, ils leur ont transmis la bénédiction rédemptrice, en les libérant des maladies et des mauvais esprits qui avaient prise sur eux. Nous recevons le Saint-Esprit et le parler en langues par le moyen de notre foi. Pour que notre foi agisse, nous avons parfois besoin d'être délivrés d'esprits qui vont vouloir résister et nous empêcher de capituler au niveau de notre raison. Raison et foi ne font pas bon ménage, tant que notre raison n'a pas été renouvelée par l'Esprit. Et ce n'est que dans la mesure où le verre a été vidé de son contenu, qu'il peut ensuite être rempli avec un vin nouveau.

Cette autre image peut nous aider à comprendre. L’esprit de Dieu plane au-dessus des eaux, raconte le texte de la Genèse. Dans la Bible, le mot «eaux» est un langage imagé qui désigne les peuples de la terre. Ceci veut dire que l'Esprit de Jésus est en réalité partout, comme les ondes radio invisibles sont partout. À la différence toutefois que l'Esprit de Jésus remplit la terre et qu'il n'est pas limité par des concessions qui ne l'autoriseraient à émettre que dans les églises. Ce n'est donc pas à nous, vases insignifiants, de transmettre l'Esprit de Dieu aux autres. Mais lorsque nous le manifestons, comme lorsqu'un poste radio réglé sur la bonne fréquence fait entendre un certain programme, les autres vont prendre conscience de sa présence et ils pourront ajuster leur récepteur afin de le capter eux aussi. Dans Actes 10:45, alors que Pierre parlait, le Saint-Esprit descendit sur les païens qui l’écoutaient, et au grand étonnement des Juifs, ils reçurent le Saint-Esprit et se mirent à parler en d'autres langues. Ils n'avaient pourtant pas été baptisés et personne ne leur avait imposé les mains. Le Grand Architecte nous a tous dotés des circuits nécessaires à capter son Esprit, puisque c'était là son intention lorsqu'il a créé l'homme au milieu des animaux. Mais le péché nous avait branchés sur le bruit de fond de l’Univers, ou sur d’autres stations émettrices. Alors, pourquoi l'imposition des mains, et pas une autre forme de rituel? L’église est une famille, et le Sain-Esprit veut être notre père. Quel geste symbolise davantage la paternité et la filiation, qu’un père qui pose ses mains sur les épaules de son fils? Nous pouvons recevoir une certaine mesure de l'Esprit-Saint, en écoutant une prédication inspirée. Ou simplement en lisant la Bible, comme cela m'est arrivé. Le Saint-Esprit avait alors posé ses mains sur mes épaules—un grand moment d'émotion. Mais Dieu a choisi de nous demander d'accueillir les nouveaux membres en leur transmettant la Vie et toutes les bénédictions qui reposent sur la famille. Le Saint-Esprit de Dieu est un esprit de famille. Il peut être tour à tour maternel ou paternel, fraternel, selon les besoins de chaque individu à un moment précis. Vous rencontrez des chrétiens d'autres cultures, et il ne vous faudra pas longtemps pour réalisez que vous êtes de la même famille, alors que vous vous sentirez parfois comme un étranger dans votre propre famille parce que vos proches se seront contentés de vivre dans un esprit religieux.

Mais tout ce sens—et il est infiniment plus vaste que ce que j'ai pu en traduire ici—, peut échapper à ceux qui n'ont pas les bons motifs, comme ce fut le cas pour Simon le magicien, qui s'imagina que le Saint-Esprit était une puissance que possédaient les Apôtres, et qu'ils transmettaient par l'imposition de leurs mains, à l'image des pouvoirs des guérisseurs et des sorciers. Simon ne voyait dans le Saint-Esprit qu'une énergie, une «dunamis» dont il pourrait tirer profit, et il était prêt à payer les apôtres pour se voir attribuer ce pouvoir, et pourquoi pas d'une manière exclusive. Cette compréhension sur laquelle Dieu m'a fait m'achopper, est en réalité ce qui m'a permis de découvrir comment distinguer le vrai du faux. Car à cause de nos imperfections, de notre éducation, des avertissements et menaces parfois de ceux qui vont qualifier nos interrogations d’attaques à l’encontre de ceux qui ont été établis par Dieu, il peut être très difficile de faire cette distinction et d'oser exprimer son ressenti. Vous connaissez la devise des capitaines de navires : «Seul maître à bord, après Dieu». Dans Matthieu 23, Jésus lui-même nous encourage à ne pas céder aux intimidations du paternalisme religieux : «Un seul est votre Père, un seul est votre maître, un seul est votre conducteur». Le Saint-Esprit est tout cela à la fois, et l'église est sa famille avant d'être aussi la nôtre. Dans 2 Corinthiens 16, Paul nous rappelle qu'en nous donnant son Esprit, Dieu nous a dotés par là même de la capacité d'évaluer chaque chose. Nul n’a le droit, sous prétexte d’obéissance, de nous dissuader d’exercer ce libre arbitre.

 

Un caillou sur l'avenue des prophètes.

Voici une histoire très instructive: Dans 2 Chroniques 18, nous lisons que le prophète Michée dit au roi: «L’Éternel a mis un esprit de mensonge dans la bouche de tes prophètes». Sédécias, qui était l'un des quatre cents prophètes égarés visés par Michée, lui répondit après l'avoir frappé : «Par quel chemin l’Esprit de l’Éternel est-il sorti de moi pour te parler?» Nous comprenons à travers cet événement que l'avis de la majorité ne correspond pas forcément à la vérité, et ce quand bien même nous serions en présence de toute une assemblée de prophètes. Nous voyons également à quel point l'orgueil peut aveugler les hommes de Dieu, et les rendre arrogants dès lors qu'ils ont des appuis politique. Dans le premier Livre des Rois au chapitre 19, Élie le prophète vivait à une époque où les Baal étaient vénérés en Israël. Le roi Achab et sa Reine Jézabel entretenaient une foule de prophètes qui tous étaient à leur botte, et le peuple avalait l'eau. Au point qu'Élie se demandait s'il était seul à voir encore clair dans leur jeu, ou s'il était peut-être devenu fou. Dieu le rassura sur ce point. Il lui révéla aussi que ces gens allaient tous périr, mais qu'il s'était réservé un reste parmi le peuple : sept mille hommes qui n'avaient pas fléchi le genou devant les Baal. Une étude sur ce que représentent les Baal serait sans doute très instructive. Achab et Jézabel représentent un paradigme que l'on retrouve régulièrement dans le monde du business et des arts, en politique, mais également dans les églises : l'alliance d'une personnalité masculine aux grandes responsabilités mais influençable et par certains aspects puérile, et d'une personnalité féminine perturbée mais décidée à effacer ses frustrations en usant du statut et du pouvoir décisionnaire de son mari. Jézabel était la fille d'Ithobaal, roi de Tyr et de Sidon. Elle représentait au sein d'Israël, les valeurs du New-age de son époque. Toute cette intelligentsia politique et religieuse semblait florissante et prospère. Mais Dieu allait placer sur leur trajectoire une pierre d'achoppement en la personne d'un certain Jéhu, pour faire s'écrouler tout l'édifice et mettre un terme à cette folie. Dans Matthieu 21, Jésus a affirmé être lui-même un rocher de scandale : «Celui qui tombera sur cette pierre s'y brisera, et celui sur qui elle tombera sera écrasé». Pratiquement tous les mouvements religieux prêchent l'allégeance à une idéologie et à des points de vue doctrinaux. Cette transmission du savoir, par des dirigeants à leurs subordonnés, représente l'essence du culte des Baal. On nous dépeint parfois Baal comme étant un sauvage mangeur d'enfants. Pas du tout ! Moloch est le mangeur d'enfants. Baal est un statut : celui des gardiens de la maison. Les Baal sont les gardiens de la religion et des traditions, des valeurs, les patriotes et les gardiens de la terre. Si la terre est surpeuplée, n'est-il pas salutaire pour la planète que Baal ait recours aux services de Moloch? Mais Dieu n’est pas limité à notre petite planète. En nourrissant cinq mille hommes, leurs femmes et leurs enfants, à partir de quelques pains et d’une poignée de petits poissons, Dieu nous a montré qu’il dispose de ressources renouvelables en quantités illimitées. C’est pourquoi Dieu a dit: Tu n'auras pas d'autre Dieu devant ma face. Est-ce faire preuve d'orgueil que de refuser de se soumettre à la sagesse limitée des hommes, et de s’en remettre à Dieu et à sa providence?

Paul prétend avoir reçu du Seigneur ce qu'il a enseigné. Ces propos sont étonnants lorsqu'on sait que Paul n'a jamais suivi Jésus sur les routes de Galilée, comme Pierre et d'autres l’ont fait, qui auraient sans doute été mieux placés pour avancer cet argument. Plus étonnant encore, Paul s'est vu parfois contraint de réfuter les positions doctrinales de ces «plus excellents» apôtres, justement parce ces derniers s'étaient pliés à la loi des Baal. Pourtant, s'il en est un à qui l'on aurait pu reprocher d'avoir servi «les ordres», c'est bien Paul. Pour le Jésuite, la fin justifie les moyens. Paul n'était pas jésuite, mais il était probablement son équivalant le plus abouti. Il s'est si bien consacré à sa tâche d'épuration qu'il était devenu malgré lui, un ennemi personnel du Dieu de ses pères. Sa conviction, et la repentance qui a marqué le reste de sa vie, furent sa force pour réfuter les idéologies qui ont prise d'assaut le christianisme naissant. De nos jours, de moins en moins de chrétiens sont établis sur une relation personnelle avec le Christ, au travers de sa parole. Ou alors, ils vous diront qu'ils sont établis sur le Christ, et sur la théologie promue par tel ou tel mouvement. Dans Marc 7, Jésus cite Ésaïe lorsqu'il dit : «Ce peuple m’honore des lèvres, mais, au fond de son cœur, il est bien loin de moi ! Le culte qu’il me rend n’a aucune valeur car les enseignements qu’il donne ne sont que des règles inventées par les hommes». Et dans Matthieu 15:6, Jésus a dit aux théologiens de son temps : «Vous annulez la parole de Dieu au profit de votre tradition». «Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux», dit-il encore dans Matthieu 5:20. Les religieux avaient multiplié les règles et les préceptes tout en oubliant ce à quoi ces choses devaient servir. Dans leurs efforts pour se justifier aux yeux des hommes, ils avaient substitué la mise en pratique de leurs préceptes, à Dieu. Ils étaient esclaves d'une religion. Je vais vous dire une chose qui va peut-être vous surprendre : Dieu considère avec beaucoup d'attention ceux qui sont indignés ou révoltés. Jésus était un indigné. Si je n'avais pas moi-même été indigné par l'hypocrisie du système dans lequel j'avais grandi et si je n'avais pas tourné le dos aux principes généralement admis, jamais je n'aurais trouvé le courage nécessaire à envisager la quête de vérité qui m'a conduit à me confronter à ce qui m'habitait, et à finalement trouver mon lieu de refuge au pied de la croix. «Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés». Si nous ne permettons pas à Jésus de défaire les chaînes de notre héritage culturel et religieux, nous ne connaîtrons pas l'Esprit de Jésus mais nous resterons des chrétiens propre-justes asservis à un esprit de service religieux. Pour domestiquer un éléphant, on lui attache les pattes avec de solides chaines alors qu'il est encore jeune et vigoureux. Pendant des semaines, l'éléphant va épuiser ses forces à essayer de se libérer, avant de capituler. Dans le même temps, son futur cornac va lui infliger des mauvais traitements et l'éléphant lié ne pourra ni fuir ni l'attaquer. Il va finir par comprendre qu'il ne peut rien changer à sa situation, et accepter la captivité. Il suffira alors d'une corde et d'un petit crochet pour qu'un enfant le garde et lui fasse faire ce qu'il veut, moyennant un peu de nourriture et quelques bons soins. La religion représente pour beaucoup d'entre nous, un refuge. Après avoir tenté une percée personnelle qui nous aura confrontés à notre mauvaise nature, nous nous serons résolus à accepter un système qui a aussi ses qualités. Alors, il ne s'agit pas de prétendre que nous sommes meilleurs que les autres. Si nous avons besoin du Médecin, c'est parce que nous sommes malades. Mais Jésus veut que nous cessions de nous bercer d'illusions. S'il nous a donné des yeux, c'est pour que nous voyions avec honnêteté où nous en sommes, et des oreilles, c'est pour que nous entendions ce que l'Esprit dit aux églises dont nous sommes les briques. Il n’y a que deux attitudes: Nous pouvons nous résigner et nous asseoir sur les bancs de la tradition, ou nous pouvons nous indigner, nous lever et agir. Nous pouvons rester les esclaves du monde en intégrant une des religions qu'il nous propose, ou alors comme l’apôtre Paul, nous pouvons choisir de devenir les esclaves de Jésus-Christ en marchant à sa suite. Le monde ne sait pas où il va et la religion ignore où elle nous conduit, mais Jésus nous a promis la Vie. Il dit que si nous venions à lui, le joug qu’il mettrait sur nous serait facile et qu’il ferait en sorte que son fardeau reste léger à nos épaules.

 

Accompagnés, et pas utilisés.

Contrastant avec la prétention stérile de la classe politique et religieuse, lorsque Paul et Barnabas guérirent cet homme qui n'avait jamais marché, ils durent ensuite s'humilier pour ne pas qu'on les élève au rang de dieux, à tel point qu'on les méprisa et qu'on finit par les lapider. Et lorsque Pierre et Jean guérirent le paralytique de la Belle Porte, ils s'exprimèrent ainsi: «Pourquoi nous fixez-vous avec tant d’insistance, comme si c’était nous qui, par notre propre pouvoir ou notre piété, avions fait marcher cet homme? C’est parce que nous croyons en Jésus, que la puissance de ce Jésus que nous avons invoqué a rendu à cet homme que vous voyez et que vous connaissez, la force de se tenir debout. Oui, cette foi qui est efficace par Jésus a donné à cet homme une parfaite guérison, comme vous pouvez tous vous en rendre compte.» Nous devrions comprendre que la puissance du chrétien n'habite pas en lui, mais elle se trouve —dans sa foi dans le nom de Jésus—. Le programme ne réside pas dans l'ordinateur, mais il est dans «le Cloud», si je puis m'exprimer ainsi. Si nous désirons savoir en quoi consiste la guérison divine, nous devrions écouter ce qu’en disent ceux qui obtiennent des résultats plutôt que les théoriciens des facultés de théologie. J'aime la façon dont Art Thomas, qui est un excellent enseignant en matière de guérison, l'exprime: «C'est une union avec lui, un partenariat. C'est une danse dans laquelle nous le laissons conduire. Les sarments portent les fruits, mais c'est le cep qui porte les sarments.» Du reste, Jésus l'avait clairement décrit de cette façon lorsque nous lisons dans Actes 1:8 : «Vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant —sur vous—, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre.» Et effectivement, le jour de la Pentecôte, «des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent —sur— chacun d'eux. Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer.» Nous voyons encore une fois que dans sa sagesse, Jésus ne nous a pas équipés de telle manière à ce que nous puissions agir indépendamment de lui. Nous ne sommes pas programmés pour faire une chose ou une autre. Des gens racontent parfois comment ils ont commis un crime sous l'impulsion irrépressible d'une présence spirituelle ou d'une voix intérieure. Ceci est une forme de possession. Le Saint-Esprit nous laissera toujours le choix de décider ou non si nous voulons obéir à sa voix. Mais si nous lui obéissons, il promet de nous accompagner et d'intervenir lui-même par des actes surnaturels, pour confirmer que ce que nous annonçons est vrai. «En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m'en vais au Père; et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai». Jean 14. Le but premier des miracles n'est donc pas de soulager les maux de l'humanité. Il n'est pas non plus d'attirer les gens vers les église. Dieu ne veut pas faire de nous des super-héros dotés de super-pouvoirs qui les mettrions au service de l'humanité. Mais il veut faire de nous des super-serviteurs du Christ remplis d'une super-confiance en leur Seigneur, et qui entretiennent avec lui une super-relation à travers son Saint-Esprit, et cette relation privilégiée devrait donner envie aux gens de connaître Dieu. Les miracles sont destinés à glorifier—non pas nous, mais notre Père en nous. Si nous l'honorons de cette manière, notre Père se glorifiera en nous et ceci nous sera plus que suffisant. Qui est notre Père sinon Celui qui nous a donné son Esprit dans une nouvelle naissance? «Et ils s'en allèrent prêcher partout. Le Seigneur travaillait avec eux, et confirmait la parole par les miracles qui l'accompagnaient». Marc 16:20.

 

Jésus, Tout-Suffisant.

Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de lire le livre que le prédicateur anglais John Bunyan a écrit en 1678, alors qu'il était emprisonné pour sa foi, intitulé: le Voyage du Pèlerin (disponible en lecture audio). J'ai eu la chance de lire cet ouvrage alors que j'étais moi-même un jeune converti. La sagesse que le récit des péripéties du jeune chrétien en chemin pour la Cité céleste m'a transmise, continue à me servir bien des années plus tard. Les apparences sont trompeuses et même dans le cadre de la vie chrétienne, nos amis le sont rarement pour longtemps et réciproquement. «Large est le chemin qui mène à la destruction, mais étroit et resserré est celui qui mène à la vie, et il y en a peu qui le trouvent», a dit Jésus. La guérison est un domaine des plus indispensables et elle est forcément l'objet de bien des convoitises. Dieu souhaite que nous comprenions d'où vient la guérison. Mais avant que nous y parvenions, l'autre aura su mettre dans notre esprit cette théologie de l’incrédulité qui domine l'église, et toutes sortes d'idées fausses qui nous empêcheront de concevoir la simplicité de ce don de Dieu. Le marketing a inventé un concept brillant pour enrichir les commerçants : les options et les consommables. Vous achetez un produit, une imprimante par exemple. La machine est proposée à un prix d'appel, mais rapidement votre budget sera explosé en cartouches d'encre et en papiers spéciaux, qui eux seront hors de prix. Pareil si vous décidez d'acheter un ordinateur : le modèle de base est proposé à un prix relativement abordable, mais pour que votre investissement puisse vous servir à faire autre chose que de la correspondance, vous devrez l'équiper du processeur le plus puissant, de la carte graphique de dernière génération, de plus de mémoire et d'un espace de stockage gigantesque. Ces options vont pratiquement doubler son prix de départ. Mais que diriez-vous si je vous offrais l'ordinateur dernier cri avec toutes les options, tous les programmes et les mises à jour matérielles et logicielles incluses, et ceci gratuitement? Vous me regarderiez sans doute de travers en vous disant : «Ce type cherche à m'avoir.»

Pourtant, en s'offrant à nous par le Saint-Esprit, Dieu met son meilleur à notre disposition. Il nous offre tout ce qu’il est, et pas juste un modèle bridé de sa personne. Mais pour pouvoir conserver sa proximité, nous devrons lui rendre la pareille en lui offrant tout ce qui nous rattache au monde et en nous attachant à lui comme à notre âme. Le mystère du couple concerne également Christ et ceux qui lui appartiennent, rappelle l'apôtre Paul. La foi en Jésus nous est offerte avec l'accès à toutes les richesses de Dieu, au prix de notre engagement envers lui. Mais lorsque les chrétiens sont simplement des consommateurs de distractions spirituelles, certains vont en profiter pour leur offrir ces options qu'ils qualifieront d'indispensables et qu'à leur grand soulagement ils vont pouvoir leur proposer. Ce seront des séminaires ou des cours, de la relation d'aide, des livres, dans lesquels nous sera proposée toute une supplémentation destinée à édifier notre foi — doctrines connexes, délivrance des malédictions intergénérationnelles, fin d'une errance dans les parvis de Dieu, voyages astraux dans notre passé, ouverture de fenêtres sur l'espace-temps, expérience du tunnel de feu, école du surnaturel, guérison des blessures de l'âme, onctions spirituelles particulières, bénédictions relatives à un lieu ou à un mouvement, célébrations d’imprégnation dans la «présence», et j'en passe. Je ne voudrais pas affirmer que toutes ces choses sont mauvaises en soi — il arrive sans doute que certaines aient leur utilité. Mais lorsque nous devenons dépendants d'une émulation extérieure, c'est au préjudice de la sincérité et de la puissance de notre foi personnelle. Cette propension qu'ont certains à vouloir vivre de l’Évangile en commercialisant des produits dérivés, va résulter pour d'autres en une compréhension altérée de la puissance effective que met à notre disposition cette Présence qui nous accompagne, souvent en toute discrétion. Si notre maturité spirituelle devait dépendre de la réfection et de la consolidation de notre homme naturel, il se pourrait que nous soyons condamnés à rester toute notre vie des nourrissons criards et affamés. L'apôtre Paul nous donne la clé qui nous ouvre la porte de la maturité spirituelle. Dans Galates 2:20, il dit : «En effet, je suis crucifié avec Christ. Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi. Ma vie en tant qu’homme, je la vis maintenant dans la foi au Fils de Dieu qui, par amour pour moi, s’est livré à la mort à ma place». Paul raconte dans Philippiens 3 comment il est entré dans la Vie nouvelle en ayant un passé chargé. Ce passé l'aurait vite rattrapé s'il s'était confié dans une psychothérapie. La solution que Dieu lui a offerte, fut une nouvelle vie. Il dit qu'il s'est conformé à la mort de Jésus, afin de vivre avec lui. Paul est mort à son ancienne identité. Paul ajoute dans 2 Corinthiens 5:17 : «Ainsi, si quelqu’un est uni à Christ, il appartient à une nouvelle création : les choses anciennes sont passées : voici, les choses nouvelles sont arrivées». Sa devise était : «Débarrassons-nous de tout fardeau, et du péché qui nous cerne si facilement de tous côtés, et courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée. Gardons les yeux fixés sur Jésus, qui nous a ouvert le chemin de la foi et qui la porte à la perfection». Paul savait que tant qu'il porterait ses regards sur Jésus et non sur sa propre personne, l'Esprit de Dieu le soutiendrait et prendrait soin de le faire progresser dans les domaines où il devait encore grandir. C'est aussi ce qu'avait dit Jésus : «Faites donc du royaume de Dieu et de ce qui est juste à ses yeux votre préoccupation première, et toutes ces choses vous seront données en plus. Ne vous inquiétez pas pour le lendemain; le lendemain se souciera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine».

Jésus avait dit aux disciples que lorsque l'Esprit Consolateur leur serait envoyé, sa première mission à leur égard serait de les conduire dans toute la vérité. Comme Jésus nous l'a montré par son exemple, la Vérité doit être le fondement de toutes nos actions. Or la Vérité incarnée par Jésus est toujours une forme de résistance, et jamais un compromis visant à obtenir un consensus. Car lorsque Paul dit aux Ephésiens que Dieu a établi des apôtres premièrement et des prophètes, des enseignants, pour nous aider jusqu'à ce que nous soyons parvenus à l'unité de la foi, il ne faut pas oublier que la tâche que Jésus a assignée à ces hommes et femmes, est précisément de nous aider à nous dépouiller du vieil homme émotionnel et religieux pour envisager Christ et parvenir à sa pleine stature, et pas celle de nous remettre une couche de religiosité. Si le baptême nous fait entrer dans l’Eglise, Eglise au sens premier du terme, c'est parce que le baptême consiste à mourir à ce que nous étions et à renaître en Christ. L’unité se fera autour de la connaissance d'une Personne, et pas en conciliant des points de vue doctrinaux. Mais le héros du roman de Bunyan fut bientôt sollicité par de faux amis chrétiens qui avaient cédé au chant des sirènes, et qui suggérèrent qu’au lieu du chemin difficile d'une confrontation personnelle à l'Esprit de Dieu, il les accompagne plutôt sur ce chemin d'un tourisme d'inspiration biblique. «Apprenant toujours et ne pouvant jamais parvenir à la connaissance de la vérité», comme le dit Paul à Timothée. Le but de l'adversaire étant comme toujours de nous faire perdre de vue l’Évangile de puissance qui nous est acquis par Jésus, au profit d'un système religieux dont nous dépendrons, et de substituer à cette foi simple mais agissante à un niveau surnaturel, le besoin d'une initiation spirituelle à des principes résolument ésotériques. Et il faut laisser à notre adversaire ceci : c'est que ses manoeuvres semblent réussir. Paul dit que cette maturité dont nous héritons en revêtant Christ «permettra que nous ne serons plus de petits enfants ballottés comme des barques par les vagues et emportés çà et là par le vent de toutes sortes d’enseignements, à la merci d’hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur. Mais qu’au contraire, en exprimant la vérité dans l’amour, nous grandirons à tous égards vers celui qui est la tête : Christ». Le risque qu'il y a à nous laisser entretenir par des apôtres qui sous prétexte d'unification de la foi ou d'accélération de notre processus de croissance, instillent des notions qui s'apparentent aux théories nébuleuses du New Age et aux sagesses du monde, c'est que nous perdions de vue l'essentiel. L'essentiel étant cet homme nouveau que nous sommes invités à revêtir, dans la mesure où nous nous sommes dépouillés de l'ancien. L'homme naturel ne peut évoluer que dans des résolutions purement humaines et dans la magie. Il restera inféodé à un monde religieux qui est voué à disparaître. Si nous voulons pouvoir participer au monde nouveau, nous devons accepter la perte de ces rudiments qui nous ont conduits dans l’impasse. Un choix on ne peut plus judicieux sur le plan de l’Esprit, mais auquel notre homme charnel ne pourra jamais se résoudre. La seule solution, c'est la croix. Jésus dit que pour pénétrer le Royaume des Cieux, il faut se faire violence en mourant à soi et en s’emparant de l'héritage qu'il nous a laissé.

 

Devenir un «Prince de Dieu».

Grâce aux enseignements qui m’ont été prodigués dans les milieux que j’ai fréquentés après ma conversion, j’ai pu comprendre très tôt que mon salut ne dépendait aucunement de mes bonnes actions. Il me suffisait en réalité de croire que Jésus avait assuré mon salut. «Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu». Ephésiens 2:8. Cette réalité me convenait parfaitement car je ne suis pas doué pour les actes religieux et l’altruisme n’a jamais été pour moi une seconde nature. Seulement voilà : en acceptant trop facilement d’être désengagé de mes responsabilités d'homme, je me suis privé de tout moyen de grandir dans la foi. Si l'on ne grandit pas harmonieusement, on finit par prendre la grosse tête. J’imagine que Dieu voit beaucoup de ses enfants comme des têtards qui naviguent crânement dans la soupe de la mare. Il doit espérer que nous ressentirons bientôt cette envie de croquer une libellule qui va nous faire pousser des pattes. Un jour ou l'autre, il nous faudra cesser de fuir nos responsabilités, et ceci pourrait être lorsque se présentera une situation désespérée. Car si notre salut nous a été offert par Dieu, l'effort que nous devrons fournir pour nous saisir des dons que Dieu a mis à notre disposition, sera notre offrande à Dieu. «Mon juste vivra par la foi, mais s'il se retire, mon âme ne prend pas plaisir en lui», dit notre Dieu. Vivre par la foi demande un effort. Nous pouvons sans trop d'efforts adhérer par principe à la foi commune étayée par la connaissance des principes bibliques. «Oh, ce fut un très bon sermon et je suis entièrement d'accord avec ce qui a été dit». Mais pour que cette foi soit partie intégrante de notre nouvelle identité, il faudra que nous la fassions descendre depuis notre intellect jusqu'à notre coeur, et c’est là que les choses se compliquent parfois. Je parle de choses qui m'affectent personnellement car ce chemin de remise en question me concerne au premier plan. Nous pouvons construire notre identité sur le sable d'un savoir superficiel, comme je le fais par exemple en écrivant cette page —car la plus complète des connaissances théoriques restera une connaissance superficielle tant qu'elle ne sera pas traduite en actes. Ou nous pouvons creuser en nous mêmes afin de nous établir sur le roc de la Vérité. La vérité au sens où Jésus l'entend, c'est lorsque je permettrai à l'amour de Dieu de m’habiter et que je laisserai cet amour me conduire vers l'autre, afin d'être pour lui le bienfait que la parole de Dieu lui promet. C'est cette motivation qui a conduit Jésus vers nous, et c'est ce qu'il nous demande d'être pour les autres.

Pour parvenir à ce résultat, il faudra consentir à délaisser nos tours d'ivoire et nos domaines d'études pour envisager les situations perdues, dans une vraie confrontation qui nous engage avec Dieu. Jésus n'est jamais arrivé dans une situation avec des réponses toutes faites. Mais nous, nous débarquons parfois dans la vie de ceux qui souffrent avec notre Sainte Bible, et nous leur assénons cette Bible sur la tête. Paul dit: «Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent; pleurez avec ceux qui pleurent. Ayez les mêmes sentiments les uns envers les autres. N'aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble». Et il ajoute : «Ne soyez pas sages à vos propres yeux». La foi commence là où nous ne maîtrisons plus les choses. Pour se manifester, Dieu attend que nous admettions notre incapacité et que nous invitions Jésus à entrer dans nos situations. Mais en voulant garder la main mise sur nos circonstances, nous court-circuitons le miracle. Cette résistance à Dieu est due au fait que nous n'avons pas encore cédé le volant à ce «moi» nouveau que Dieu souhaite voir grandir en nous.

Sur un navire, il ne peut y avoir deux capitaines. Tant que nous laisserons notre vieil homme disputer les commandes à cet homme spirituel, nous n'irons nulle part. Dans Galates 5, la Bible dit que «notre personne livrée à elle-même a des désirs qui sont diamétralement opposés à ceux de l'Esprit, et c'est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas rester notre propre maître». Mais si nous permettons à l'Esprit de prendre les commandes, notre coeur, qui est le siège de l’esprit, pourra alors se développer, et nos muscles également. Le regard bienveillant que nous permettrons à l'Esprit de Dieu de nous donner pour les autres sera générateur de joie et garant d'une conscience pure, et ce bonheur nous guérira et nous fortifiera pour que nous puissions progresser avec hardiesse et autorité —une expérience irremplaçable. J'aimerais partager un exemple qui me touche personnellement : Tout imparfait qu'il était, mon père m'aimait et il ne ménagea pas ses efforts pour tenter de me transmettre son esprit entrepreneurial, avant de comprendre et d'accepter finalement que mon chemin était ailleurs. Je l'ai néanmoins servi bon gré mal gré durant de longues années, en mettant entre parenthèses mes propres ambitions. Bien que nous fussions très différents l'un de l'autre, j'ai énormément reçu de sa pédagogie, qui était parfois à l’emporte pièce. Nous avions nos colères, mais nous avons pu développer malgré tout, dans nos moments de connivence comme au travers de nos relations conflictuelles, une belle complicité. Pourtant, bien qu'il ait formulé le souhait que je lui succède un jour, il m'a fallu comprendre qu'il ne pouvait y avoir deux capitaines à bord. Lorsque j'ai cédé à une de mes bonnes idées sans lui en référer préalablement, parce que je savais qu’il n’en tiendrait pas compte, ce fut parfois une réussite à mes yeux, mais ce fut une occasion de conflit et le plus souvent une perte de temps pour l'entreprise. Mon père avait une vision globale de l'entreprise et des objectifs qu’il fallait tenir, tandis que je ne voyais que ma petite occupation. Pourtant, j'ai bientôt appris à apprécier le fait de me laisser conduire. Ce que mon père entreprenait portait ses fruits et je n'avais pas à me soucier des résultats. J'ai appris à exprimer mes vues, sans remettre en question son autorité, et cette connaissance, qui au-delà des dissensions et de nos réactions épidermiques du début, n'envisageait plus que l'amour que nous nous portions l'un à l'autre, était une forme de vérité. J'avais finalement compris que tout ce que mon père faisait, il le faisait par amour du bien, et pas juste par ambition personnelle ou pour un gain. Ce sont des choses qui au fil du temps étaient devenues si profondes que les circonstances ou ce que d'autres pouvaient en dire n'y changeait rien. Et la souplesse d’esprit qui m’a permis de survivre à ce parcours relationnel, continue à m’être indispensable au quotidien.

C’est justement dans cette lutte, mais avec Dieu cette fois-ci, une lutte pour le triomphe du bien au travers des aléas de notre condition humaine, qu'est la signification du nom Israël. Jacob signifie : “le fourbe”. Malgré toute l’éducation et les principes dont nous l'entourons, notre homme naturel reste une entité trompeuse. Jacob avait laissé derrière lui des hommes blessés, parce qu'il était rusé. Si Jacob a souffert sous l'autorité d'un oncle dont l'attitude envers lui lui semblait injuste, c'est parce que Jacob avait une poutre dans son oeil, pour reprendre une expression de Jésus. Dieu nous confronte à ce que nous sommes en utilisant l'autre comme un miroir qui va nous renvoyer nos défauts de caractère. Mais Jacob lutta avec Dieu tout au long de la nuit, et au matin il avait vaincu son vieil homme. Il avait perdu de sa prestance, mais il avait gagné en stature et son nom fut changé pour Israël qui signifie : “Prince de Dieu”. Or, même si le chemin qu'il nous propose est étroit et rocailleux, car ce chemin conduit chacun à travers les aléas de son caractère vers ce qui sera son propre jardin extraordinaire, nous avons au niveau de l'Esprit un Père irréprochable. Ce père sait d'où nous venons, il sait où nous allons, et rien de ce que nous aurons à traverser ne va lui échapper. Il a compassion et il se tiendra prêt à nous relever, chaque fois que nous trébucherons à cause des pierres qui encombrent encore notre sentier. Le projet extraordinaire que ce père a conçu pour ses enfants, c'est de nous faire quitter l'anonymat d'une vie larvaire dans le marécage de ce monde, pour nous faire revêtir une identité nouvelle et personnelle —il ne peut y avoir une identité si elle n'est pas personnelle. Cette identité éternelle est rattachée au Ciel, et elle est cachée en Christ. Nous en prenons conscience dès le moment où nous recevons le Saint-Esprit, mais nous n’en connaîtrons la pleine dimension que le jour où Dieu aura fait en sorte que nous ayons pu voir Jésus tel qu'il est. Alors nous serons rendus semblables à Lui, affirme la Bible.  Paul dit aux Philippiens : «Frères et sœurs, nourrissez vos pensées de tout ce qui est vrai, noble, juste, pur, digne d’amour ou d’approbation, de tout ce qui est vertueux et mérite louange». Pourquoi la méditation est-elle une chose si importante? Je deviens ce que je pense, disent les adeptes de la médecine holistique. Et nous sommes transformés en ce que nous adorons, dit la Bible. Paul dit dans 2 Corinthiens 3:18: «Nous tous qui le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur l'Esprit». Voilà pourquoi il est primordial que nous gardions nos regards fixés sur le Christ ressuscité. A travers l'adoration s'opère un transfert de la nature même des choses que nous adorons ou contemplons. Je ne voudrais blesser personne, mais il est important que nous ne contemplions pas trop longtemps un crucifix, une madone ou une icône triste. Nous n'adorons pas non plus une religion ou une tradition aussi magnifiques soient-elles à nos yeux, sinon nous deviendrions des «églisiens religivores». En réalité, tout ce que nous adorons devient une idole et nous affecte dans notre âme, qu’il s’agisse pour certains de leur chien, de nourriture, de paysages éphémères, de jeux vidéo ou de mauvais cinéma. Je le dis parce que certains parfois se demandent pourquoi ils font des cauchemars ou perdent leur santé mentale, alors qu'ils s’imprègnent de contenus violents, de sexualité virtuelle ou de téléréalité. En ce qui me concerne, la chose qui est peut-être la plus triste, ce n'est pas la pauvreté et ce ne sont pas les grands maux de l'humanité —on peut avoir faim, être malade, ou même être rendu en esclavage, et conserver sa dignité d'être humain. Mais ces jeunes gens qui malgré une apparence désinvolte, ont le regard sombre et tourmenté parce qu'on les viole dans leur identité profonde, puisqu’ils n’ont d’autre choix pour se démarquer d’un conformisme mortel que d’embrasser le dictât des cultures déviantes aux moeurs étranges qui envahissent le monde: c’est là qu’est le véritable drame qui se déroule sous nos yeux. Ils vous diront parfois qu'ils sont fiers d'arborer les attributs de leur culture et de leur identité et qu'ils demandent qu'on les respecte dans leurs choix. Ils ont droit à notre respect, quels que soient leurs choix. Car même s’il souffre comme on peut souffrir de voir un enfant dans l’errance, Dieu respecte nos choix et les orientations que nous prenons tous, et pas toujours avec sagesse. Vous rencontrez quelques années plus tard ces hommes et ces femmes qui ont survécu à la perte de leur identité et qui se sont réfugiés dans les paradis artificiels ou chimiques : drogues, médicaments, alcool, sexualité, occultisme… Le modèle qui correspond à la quête innée qui est au fond de chaque être humain n'est pas une image du diable. Le bonheur n’est pas dans la liberté de faire ce que bon nous semble, pas plus qu'il n’est dans une quelconque identité religieuse. Mais le bonheur est dans ce moi nouveau selon l'homme universel —le Christ, et qui est suscité en nous par l'Esprit de Jésus. Heureusement, de nombreux jeunes mais aussi des moins jeunes se laissent rejoindre par Jésus dans leur mirage identitaire et terminent leur parcours d’une manière formidable.

 

Évoluer dans une nouvelle dimension.

«Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle création. Les choses anciennes sont passées et toutes choses sont devenues nouvelles». «Vous avez reçu l’Esprit en conséquence de votre adoption par Dieu comme ses fils et ses filles. Ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu». Romains 8:13-15. Or, cette créature d'un genre nouveau a besoin d'évoluer dans un terrain neuf. Dieu n'a rien laissé au hasard et tout a été parfaitement planifié en prévision de notre exploration, comme dans ces aventures où les randonneurs trouvent un sac rempli de nourriture et d'objets de première nécessité à chacune de leurs étapes. Le chemin est tracé, nos besoins sont provisionnés, et en théorie rien ne devrait pouvoir nous séparer de lui ou nous empêcher d'atteindre les objectifs communs. Rien non plus ne devrait nous retenir : ni rappel de fautes passées, ni blessure de l'âme, ni maladie, ni malédiction ancestrale, ni opposition, ni même cette ancienne nature qui cherche constamment à reprendre le dessus. Toutes ces choses ne sont que des aspects du péché, et le seul moyen de nous délivrer du péché c’est d’avancer en gardant nos regards fixés sur Jésus. Mais il est vrai que si nous nous arrêtons, l'inactivité nous rendra sensibles à l'appel de la forêt. L'incrédulité et un sentiment d'impuissance vont alors s'immiscer et nous entraîner, comme Pierre, à vouloir retourner à la pêche ou à ce que nous avons toujours pratiqué. «Si quelqu'un met la main à la charrue et regarde en arrière, il n'est pas digne de mon appel», nous rappelle Jésus.

L’homme n’existe qu’en relation avec Dieu et avec ses semblables. L’Évangile de Jésus-Christ concerne cette synergie retrouvée, d'abord entre l'homme et le Père céleste par l'entremise du Saint-Esprit, et qui se manifestera ensuite à travers des relation enrichies, vivifiantes et guérissantes. Mais voici la chose que notre ennemi ne veut pas que nous sachions : Pour être pleinement équipés et actifs dans cette relation, il nous suffit d'avoir reçu le Saint-Esprit, point barre. A travers lui, nous sommes introduits dans de nouvelles façons d'envisager chaque chose. Car en envoyant le Saint-Esprit, Dieu renouvelle la face de la terre. Les choses ne sont plus comme elles étaient avant que Jésus ait porté nos péchés en mourant à notre place, car le Saint-Esprit agit désormais en toute circonstance de manière à démontrer qu'une réalité nouvelle existe, par la victoire du Christ. Que ce soit pour progresser, pour croître, pour parler, pour délivrer les captifs ou pour guérir les malades, nous sommes pleinement équipés pour les tâches que Jésus nous a assignées. Même si la maturité s'acquerra avec l'expérience, il n'est nul besoin de recevoir une onction apostolique ou un manteau prophétique ou que sais-je, pour pouvoir apporter la guérison —ces prétendues onctions sont un concept de l'ancienne alliance au cours de laquelle les choses n'avaient pas atteint leur complétude. Les prophètes et les rois de l'ancienne alliance n'avaient pas l'Esprit de Jésus avec eux tous les jours comme il est désormais avec nous. Les disciples de Jésus n'ont pas connu cette plénitude avant le jour de la Pentecôte. Nous aurons probablement besoin d'une activation, c'est à dire d'apprendre à mettre en marche notre foi à travers l'exemple de quelqu'un. Mais ce ne devrait jamais être un bonus spirituel ou une prétendue onction de ministère transmise par ce quelqu'un. Le monde religieux est rempli de personnes qui par un manque de discernement, ont reçu ce qu’ils n’ont pas su reconnaitre comme étant un esprit de contrôle, et qui au travers de l’imposition des mains, souhaitent placer les autres sous cette même influence. Bien sûr n'allez pas penser cela de votre berger. Mais en réalité, il nous suffit d'avoir une foi entière dans le fait que Jésus est tout puissant et tout suffisant, et qu'il nous accompagne, pour voir des signes extraordinaires se produire en réponse à la parole que nous portons. Si, en obéissance à ses paroles, nous nous engageons à apporter son Évangile, et pas celui de quelqu'un d'autre, son Saint-Esprit se tiendra à nos côtés et il manifestera la guérison et la délivrance aussi sûrement que la lumière du matin chasse ce qui reste encore de la nuit précédente. Le problème s'il y en a un n'est jamais du côté de Dieu. Nous pourrions cependant devoir apprendre, et moi le premier, ce qu'avoir une pleine confiance en lui signifie. «Mon peuple est détruit, parce qu'il lui manque la connaissance». Osée 4:6. Avoir confiance en Jésus s'apprend par la connaissance de son caractère. Il n'y a en Jésus aucune mesquinerie. Il est aussi droit et sincère qu'on peut l'être. Un jour, un lépreux s'approcha de lui et se jetant à terre il lui dit : «Seigneur, si tu le veux, tu peux me rendre pur». Les hommes qui virent cela frémirent sans doute à l'approche de ce «pestiféré», et lui-même savait qu'il lui était interdit de s'approcher des hommes «sains» comme il le faisait. Mais Jésus vint à lui, il le toucha et le releva en disant : «Je le veux, sois pur». Alors en lisant cela on pourrait se dire que Dieu était dans un bon jour et que ce lépreux a eu de la chance. Après tout, de tous les malades qui se rendent à Lourdes, une infime partie seulement seront guéris. Mais lorsqu'on étudie le texte original grec, on voit que le mot qui est traduit par «je le veux» est le mot «thelo». Ce mot, proche également du mot «haireomaï», est utilisé lorsque quelqu'un aime faire une chose et qu'il y prend plaisir en se passionnant pour cette chose. En d'autres mots, Jésus a très envie de transmettre la guérison, car avoir compassion et relever les hommes est sa nature et son caractère. Guérir est sa passion, son partage et le butte qu’il s’est fixé. A aucun moment nous ne voyons Jésus transiger avec la maladie et dire : «Mon ami, sois courageux car ton infirmité est la croix que tu dois porter et par laquelle Dieu va être glorifié». Au contraire, Jésus a glorifié son Père céleste en délivrant les hommes de toute forme d’oppression, et c'est aussi le commandement qu'il a laissé à ses disciples.

 

Jésus aurait-il échoué?

Mais la tentation a toujours été de recevoir les dons et de laisser de côté le donateur, ou de recevoir la domination sans accepter la soumission. L'idée initiale de Jésus n'a jamais été de constituer des églises qui fonctionneraient pour elles-mêmes. Jésus veut que nous soyons une lumière dans la maison, ses témoins au milieu du monde. Dès qu'un groupe de chrétiens s'éloigne ou se ferme à cette vision, ce groupe perd la conduite et le renouvellement de l'Esprit. Ceux qui sont appelés à des responsabilités se mettent alors à cannibaliser le troupeau, et tout devient pathétique. Dans Apocalypse 17, nous voyons que les dirigeants obtiennent leur pouvoir en passant une heure avec la bête. C'est tout ce qui leur est demandé: Trois ans passés avec Jésus à recevoir ses instructions, et entretenir ensuite une relation permanente avec lui par le moyen du Saint-Esprit, ou alors juste une heure passée avec le diable, et vous êtes intronisé apôtre ou dirigeant. Ceci nous indique que lors de cet entretien, un esprit est transmis à ces dirigeants, et cet esprit les utilise désormais comme des marionnettes pour accomplir l'œuvre du diable. Dans la première lettre de Jean, au chapitre 2, nous lisons que le signe distinctif de l'esprit de l'Antéchrist est à rechercher dans le statut qu'il accorde à Jésus. Par exemple, le Pape François a dit que la mort de Jésus sur la croix a représenté un échec. Dieu aurait-il échoué? Et comme c'est le cas dans de nombreuses sectes, les dirigeants de la N.R.A. croient que Jésus a marché dans la chair en tant qu’homme, et non en tant que Dieu. Pour eux, l'expérience de la foi doit aller au-delà de ce que Jésus a pu accomplir. Il nous faudra recevoir un pouvoir spirituel que nous devrons apprendre à canaliser, comme le font les guérisseurs du Reiki. Ainsi, ceux qui ont reçu le pouvoir en eux-mêmes à travers l'expérience du tunnel de feu, dans le cadre de l’École du Ministère Surnaturel mise en place par l'église de la Nouvelle Réforme Apostolique, décrivent cette expérience comme une charge d'électricité et «d'amour liquide», coulant sur leur tête, envahissant leur bras et qui leur fait perdre le contrôle d'eux-mêmes et se comporter d'une manière étrange. Bizarrement, cette formule correspond à ce que décrivent ceux qui ont été activés ou éveillés à la Kundalini. Elle correspond également à ce qu'ont ressenti certaines personne qui ont eu recours à des guérisseurs hindous ou à des magnétiseurs. Si vous ressentez, lorsque vous priez ardemment pour votre propre délivrance, qu'une force vous contrôle, enserrant votre tête et présente dans vos bras comme s'ils étaient traversés par une charge d'électricité, n'allez pas penser qu'il s'agit du Saint-Esprit. Il s'agit en réalité d'un pouvoir satanique et vous avez besoin d'en être délivré (voir ce témoignage). Dans les religions orientales, la Shakti permet aux gourous de captiver leurs fidèles en les plaçant sous de puissants esprits de contrôle. Les personnes qui, subissant l'oppression d'esprits qu'ils peuvent localiser le long de leur colonne vertébrale, sont ensuite contraintes de consulter en psychothérapie, se décrivent comme se sentant désengagées par rapport à leur sentiment de soi d’avant (n'étant plus vraiment elles-mêmes), ayant des comportements irrationnels, des visions étranges, subissant des mouvements involontaires habituellement associés à la maladie mentale, souffrant de douleurs et de changements physiques. Cette onction charismatique, vous l'aurez compris, n'est qu'une perversion de l'effusion du Saint-Esprit imputable à l'esprit de la Kundalini. N'oublions pas que Satan est un imposteur depuis le commencement. Son intention a toujours été de ravir l'attention que les hommes portent à Dieu afin qu'ils l'exaltent lui en lieu et place de son rival : le Christ. Plus il pourra nous rapprocher de la chose véritable et plus ses pièges seront efficaces et pourront perdurer. Qu'on l'appelle Jéhovah, Allah, Krishna, Saint-Esprit, Marie Reine du Ciel ou même Jésus, pour lui tout masque est bon tant qu'il lui permet d'usurper l'identité christique afin de garder les hommes captifs de ses esprits de domination terrestres. C'est triste à dire, mais les chrétiens sont les meilleurs missionnaires du diable. L'adoration et les louanges que le faux christianisme offre à ses dieux, nourrissent ce monde de ténèbres et l'élèvent bien plus que ne pourrait le faire le satanisme à proprement parler. Son but en trompant les âmes est de les maintenir en esclavage. Jusqu'au jour, bien sûr, où le véritable Christ apparaissant en gloire d'une extrémité du ciel à l'autre, fera tomber tous les masques.

 

 

La 2e partie de l'enregistrement audio débute ici.

Deuxième partie

 

Amour, ou Vérité?

L'impression qui émane de ce mouvement, c'est que les gens y sont manipulés à travers des émotions. On voudrait les conditionner par des déclarations verbales et musicales fortes, soutenues par des démonstrations charismatiques et un affect de type universaliste qui n'est pas sans rappeler l'esprit du bouddhisme, afin de gagner leur allégeance à leurs leaders, pour ensuite les entraîner dans le sillage de la «Jesus Culture». Alors certes, nous avons besoin d'être apprivoisés par le Saint-Esprit, mais afin d'être conduits en toute humilité et dans la pleine vérité jusqu'à Celui qui doit être élevé. Car si Dieu est amour, l'amour dissocié de la vérité caractérise la séduction de la fausse religion. Le risque, c'est en effet que le mouvement devienne Dieu et qu'une sorte d'exaltation amoureuse qu'il faut garder vibrante par toutes sortes d'artifices, soit son Saint-Esprit. Et pourquoi pas? Les gens ont le droit de faire ce qu'ils veulent ou presque dans notre société. S'ils veulent une meilleure humanité dont la religion sera une autre mouvance pseudo-chrétienne —une de plus—, qu'on la leur donne. Mais les chrétiens qui se veulent authentiques doivent être avertis, et c'est aussi la raison pour laquelle j'ai dû supprimer certains liens sur ma page, et d'autres pourraient devoir l'être également. Le Christianisme ne consiste pas à s'entourer de gens cool et qui nous ressemblent. L’Évangile n'est pas une tournure d'esprit visant à améliorer notre vie. Comme vous le savez, la beauté, la puissance, la sagesse, la gloire, la joie, l'amour, le bien-être, les richesses, les miracles de guérison —l'autre sait aussi comment nous procurer ces choses. Mais fonder sa religion sur l'innocence d'un cœur pur, acceptant de s'offrir en sacrifice sur l'autel de la folie des hommes afin de nous réconcilier avec le Père, la chose reste très malvenue dans le monde diabolique. Tuer les autres ou les damner pour se nourrir de leur substance, il continuera à le faire sans hésiter. Le christianisme véritable n'existe que dans une pleine obéissance au Père. Le comportement qui a conduit à la chute de l'homme et à la malédiction doit être renversé. Et incidemment, nous ne pouvons prétendre aimer le Père et lui obéir et continuer à frayer avec les traîtres à son autorité qui détiennent le pouvoir spirituel sur terre. Nous avons le pouvoir de choisir entre deux paternités, et Jésus n’a pas hésité à dire à ses coreligionnaires qu’ils avaient pour père le diable.

Jésus a dit que l'on reconnait un arbre à ses fruits. Un jardinier doit apprendre comment les plantes ont été classifiées par les botanistes selon certains critères, comme la structure de leurs fleurs, la forme de leur racine, l'architecture de leur tige et de leurs branches. Mais parfois ces critères visuels ne suffisent pas. On froisse alors une feuille ou l'on gratte la tige avec l'ongle pour tenter de reconnaître une fragrance caractéristique qui va confirmer ou infirmer notre impression initiale. Il est rare de rencontrer un prédicateur, un pasteur, un prêtre ou un chrétiens ordinaire, qui laisse entrevoir un caractère qui soit en parfaite adéquation avec sa confession de foi. Il existe mille et une façons de dire : «Je vous aime». Nous pouvons affirmer une chose avec notre bouche et dire exactement son contraire au travers de notre langage corporel. Nous pouvons édifier par de bonnes paroles dites en public, et démolir tout ce que nous venons de construire par nos bavardages autour d'un verre. Jésus n'a pas été tendre avec les hypocrites. Il l'a fait parce qu'il les aimait et qu'il voulait leur éviter l'enfer. «Vous êtes comme des mausolées qui sont magnifiques lorsqu'on les voit de l'extérieur, mais qui à l'intérieur puent car ils sont remplis de pourriture et d'ossements secs». «Vous prétendez vouloir partager Christ, mais ce que vous recherchez c'est l'approbation et le soutien de ceux qui vous dirigent». Comment pouvons-nous distinguer un homme au coeur sincère d'un homme qui s'est simplement «parfumé»? Il faudrait pouvoir le suivre dans sa vie privée. Parfois, ce sera en blessant son écorce afin de sentir la fragrance qui est libérée. Un homme sincère ne vit plus pour lui-même mais c'est Christ qui vit en lui. Or, Christ a une odeur caractéristique qui le distingue entre tous. Dans 2 Corinthiens 2, Paul affirme que si Dieu continue à le traîner dans son cortège triomphal après toutes ses années au service de l’Évangile, c'est afin de répandre par lui le parfum de la connaissance de Christ. Alors, quelle odeur dégageons-nous lorsqu'on nous traîne? L'eau de toilette du matin aura ranci et disparu. Un vernis religieux ne suffira pas. Comment pouvons-nous être la bonne odeur de Christ dans les épreuves de la vie si Christ ne vit pas en nous? La première mission du chrétien c'est d’aimer Jésus de tout son coeur, de toute son âme et de toute sa pensée. Mais le visage du Christ ressuscité ne nous sera pas communiqué dans la contemplation du voile de Sainte Véronique ou sous le fouet des prédications électriques du pasteur Kakadimotou. Et pas davantage en suivant un École du Ministère Surnaturel et en recevant l'onction du serpent. Mais apprenons plutôt à connaître Jésus et à nous en faire un ami, en acceptant les rendez-vous secrets auxquels il nous convie afin d'y méditer la Parole avec lui. Laissons-le nous communiquer son regard sur nous-mêmes, sur le monde, sur l'église. Comme je le précise ailleurs, la contemplation nous transfère dans la réalité que nous contemplons. Grâce au recul que nous procure la contemplation, nous comprendrons qu'au delà des apparences, la seule chose qui mérite le qualificatif de magnifique au travers des âges, c'est Jésus le Vivant et c’est le Père qu’il représente. Et lorsque nous connaîtrons Dieu de cette façon, nous n'aurons aucun mal à repérer les imposteurs. Jésus est l'image du Père. Lorsque nous vivons par son Esprit, Dieu nous crée à l'image de Jésus afin que Jésus règne, non pas sur des serpents, mais sur un peuple de rois.

 

Des signes conçus pour tromper.

«De faux messies surgiront, ainsi que de faux prophètes. Ils produiront des signes extraordinaires et des prodiges au point de tromper même, si c’était possible, ceux que Dieu a choisis.» Mat 24:24. Dans 2 Corinthiens 11:13-15, Paul nous rappelle que, comme son nom l'indique, Lucifer s'est fait une spécialité d'apparaître sous la forme d'un ange de lumière. Des siècles de christianisme lui ont permis de parfaire son talent de mystificateur. Ses ambassadeurs et ambassadrices sont au-dessus de tout soupçon et ont un talent fou pour séduire et corrompre les serviteurs de Dieu les plus aguerris. Car tout ce que Satan touche, se corrompt. Ceux qui surfent sur cette vague n'hésitent plus à menacer d'une rétribution divine, ceux qui oseraient s'opposer à l’avancement de leurs projets. Bientôt, les chrétiens auront pour ennemis les gens de leur propre maison —le Christ l’avait annoncé. La technique du contre-feu n'a pas échappé à notre adversaire, qui maintenant se sert des promesses d'un grand réveil sur terre pour embrigader les hommes de bonne volonté et les conduire en terrain miné. «Je suis venu jeter un feu sur la terre, et qu'ai-je à désirer, s'il est déjà allumé?» Jésus sait bien que son adversaire a anticipé le sens et le but de sa mission sur terre, et qu'il a lui aussi son plan d'action. Ses méthodes ne changent pas et s'appuient toujours sur le même ingrédient : la contrefaçon. C'est pourquoi Jésus nous dit: «Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre? Non, vous dis-je, mais la division. Car désormais cinq dans une maison seront divisés, trois contre deux, et deux contre trois; le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère». «Hypocrites, pourquoi ne discernez-vous pas de vous-mêmes ce qui est juste?» Luc 12.

Certes, Lucifer avait été initialement établi avec la charge légitime de transmettre la lumière de Dieu aux hommes. Mais par son orgueil et sa rébellion, il s'est séparé de Dieu. La lumière qui était en lui s'est éteinte et la mort et les ténèbres ont envahi son camp. Or, la vie est dans la Lumière. Jésus représente la nouvelle Lumière du monde. Celui qui le suit ne marche pas dans les ténèbres mais il a la lumière de la vie. C'est pourquoi Satan et ses anges se tiennent dans le giron des hommes qui cherchent Dieu, afin de pouvoir tirer parti de la lumière qu'ils reçoivent d'en haut, pour pouvoir ensuite anticiper les actions de l'Esprit de Jésus. Qu'y a-t-il de plus fort qu'une contrefaçon diffusée avant la chose originale? En réalité, beaucoup de choses peuvent sembler bonnes et authentiques dans ce mouvement. Ils produisent une musique entraînante qui dans le monde chrétien, passe pour être inspirée, mais qui tend à conforter le «moi» sentimental, au lieu d’affirmer la nature et le caractère de Dieu et ses véritables promesses à notre égard et pour le monde, et qui souvent est scandée de manière répétitive afin d'obtenir un effet hypnotique. Durant certaines de leurs célébrations, des moyens sonores et visuels importants sont déployés afin de créer une atmosphère — jeux de lumière, projections, et jusqu'à des générateurs de brume. Les jeunes y retrouvent un peu de leurs ambiances disco et semblent déborder d'enthousiasme. Leurs prédicateurs mettent ensuite le feu en prétendant pouvoir apporter au christianisme une dimension jusqu'ici inconnue, qui dépassera l’œuvre du Maître — Jésus n'a-t-il pas dit que ceux qui croiraient en lui feraient de plus grandes choses que lui? Ces gens savent comment mettre leur foi et celle des autres en action et ils obtiennent parfois des miracles. Pour celui qui est à la recherche d'un christianisme efficace, le discours peut séduire. Je dois confesser qu'à un moment donné, après une longue période de sécheresse spirituelle, j'ai été ranimé au contact de ce bel enthousiasme. Avant de devoir comprendre que toute cette émulation n'est qu'illusion et poursuite du vent, à l'image des orgues, des brumes d'encens et des homélies des messes de ma jeunesse. Mais —et c'est là qu'est le danger—, le but non avoué des esprits qui se sont emparés du mouvement est de donner envie aux jeunes d'aller chercher cette onction particulière si controversée. Pourtant si vous êtes sensible à la vérité, vous ne devriez pas tarder à comprendre que quelque chose ne va pas et à revenir ensuite au bon sens biblique.

 

La révolte de Koré, ou lorsque le disciple cherche à dépasser le maître.

«Le disciple n'est pas plus que le maître, ni le serviteur plus que son seigneur. Il suffit au disciple d'être traité comme son maître, et au serviteur comme son seigneur», avait dit Jésus dans Matthieu 10:24. Nous les hommes, considérons qu'il est normal de vouloir exceller en dépassant le maître qui nous a instruits. Mais Jésus nous rappelle à une différence fondamentale entre le maître qu'il incarne, et ce que nous sommes. «Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie, s'appuyant sur la tradition des hommes, sur les rudiments du monde, et non sur Christ. Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. Vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute domination et de toute autorité» dit l'apôtre Paul dans Colossiens 2. Pourtant, tout Dieu incarné qu'il était, Jésus n'a jamais fait usage des attributs naturels du leader pour convaincre. Esaïe dit qu'il n'avait rien pour nous plaire. Paul rappelle que ce n'est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse qu'il a annoncé le témoignage de Dieu. Jésus affirme que la sagesse de ses propos n'est validée que par les actes que cette sagesse peut accomplir. «Prenez mon joug sur vous et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vous-mêmes», dit encore Jésus.

«Ah, Jérusalem! Jérusalem ! Toi qui fais mourir les prophètes et qui lapides ceux que Dieu t’envoie ! Combien de fois j’ai voulu rassembler tes habitants auprès de moi comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes ! Mais vous ne l’avez pas voulu !» Les religions du monde ne disposent que des règles établies par leur tradition pour affirmer leur légitimité. Pas seulement dans les Evangiles mais en réalité tout au long de la Bible, on constate que les gardiens d'une certaine conception de la religion s'opposent continuellement et parfois avec une grande violence, à tout ce qui vient questionner leur légitimité. De fait ils ont maltraité la plupart de leurs prophètes et sont allés jusqu'à tuer le Sauveur que Dieu leur avait donné. Cette constante s'est vérifiée tout au long de l'histoire de l'église. Les gens qui servent la religion servent des principes d'hommes. Remettre en question leur conception des choses est envisagé comme une agression. La religion attribue un statut qui correspond au rôle que la personne occupe au sein du système religieux, mais elle ne reconnait pas à l'homme une valeur hors du système, parce qu'il serait habité par Dieu par exemple. Cette étroitesse d'esprit est l'expression d'une forme de révolte, et débouche sur ces situations où la religion entre en conflit ouvert avec Dieu. Mais Jésus peut se permettre d'être détendu, car il n'a pas besoin de défendre sa légitimité puisque celle-ci s'appuie, non sur une accréditation, mais sur ses actes qui démontrent son statut. Jésus dérangeait au plus haut point, parce qu'il prouvait par ses actes et par ses paroles qu'il était la nature même du Dieu que la religion prétendait servir. Dieu ne dépend pas d'un système religieux. Bien qu'il se soit désolidarisé du sysème religieux, Jésus portait spontanément tous les fruits que la religion ne parvenait pas à produire. Le problème de fond auquel on se heurte dans les religions et dans les mouvements religieux en général, c'est que ces organisations fonctionnent selon un ordre qui reste inféodé au monde diabolique. En se substituant à Dieu, elles ne manqueront pas de vouloir l'évincer, comme Jésus le démontre dans sa parabole des méchants vignerons. Les cinq ministères mentionnés dans Éphésiens 4 sont ainsi devenus, non plus des talents mis au service de l’édification la communauté, mais le prétexte à l'instauration d'une hiérarchie gouvernante dans l'église, comme d'autres ont un système de castes.

Lorsque les Israélites quittèrent le Mont Sinaï pour entreprendre leur traversée du désert, il se produisit un fait significatif, relaté dans le Livre des Nombres. La loi avait été donnée, les responsabilités avaient été établies et cette marche d'humiliation avait maintenant pour but de révéler à l'homme ce qui habitait son coeur afin de l'amener à reconnaître quelle était la nature et la source de la véritable élévation. Mais tous ne comprirent pas quel était le dessein de Dieu. L'orgueil se saisit de Koré et de quelques autres, qui s'arrêtant au premier degré de la démarche, se mirent à jalouser Aaron et ceux qui avaient été établis comme responsables sur eux. Or, «Aaron représentait Christ dans ses fonctions de souverain sacrificateur en notre faveur, et convoiter une telle place c'était vouloir occuper celle de Christ», écrit Philippe Laügt dans une excellente étude que je mets ici en LIEN. Je n'ai pas ces dispositions, mais d'autres n'ont pas manqué de relever l'existence de luttes de pouvoir et d'influence, dès l'origine du mouvement de la Nouvelle Réforme Apostolique. Je me souviens avoir entendu dans ma jeunesse un enseignant nous dire : Lorsque le diable sait qu'il ne pourra plus nous arrêter dans notre marche avec Christ, il va nous pousser pour que nous avancions sans lui. Il citait cet épisode de la marche dans le désert dans lequel une nuée conduisait le peuple. Le peuple avait reçu instruction de ce qu'il devrait s'arrêter lorsque la nuée serait stationnaire, et reprendre sa marche sitôt qu'elle se déplacerait à nouveau. Les étapes de la vie spirituelle ne sont pas optionnelles. Il y a cependant des chrétiens qui se sont arrêtés et qui sont restés figés dans le traditionalisme. Et d'autres qui dans leurs trépignements d'impatience, se sont fabriqué leur propre nuée. Il est instructif de noter que Koré était un rubénite. Ruben, fils aîné de Jacob, avait incarné la prééminence de l'homme. Mais une trop grande conscience de sa valeur l'avait conduit à pécher, par présomption. L'intention qui monta au coeur de Datan et d'Abiram, qui pensèrent que cette forme de mort à soi était une étape bien inutile puisqu'ils se sentaient désormais prêts à montrer au peuple ce dont ils étaient capables, leur fut funeste. Abiram signifie: «Mon père soit exalté». Le nom Koré vient de la racine «Qarach» qui signifie «se raser la tête en faisant un voeu». Dans Actes 23, quelques prosélites des pharisiens avaient fait voeu de faire mourir Saul de Tarse. Seulement, l'exaspération de l'homme n'accomplit pas la justice de Dieu, dit Jacques. D'ailleurs pas davantage que nos meilleures intentions. Par leur impatience, Koré et ses fils s'engagèrent dans un chemin de rebellion et attirèrent sur eux une punition exemplaire. Je frémis lorsque j'entends parfois des pasteurs transmettre leurs objectifs: «Nous allons gagner en Europe d'ici à 2020, tant de millions de personnes à notre mouvement». Loin de moi l'idée que nous ne devrions pas donner tout ce que nous avons pour faire connaître au monde le plan de Dieu caché en Jésus Christ. Mais Jésus a dit à certains : «Vous parcourez la terre entière pour faire des prosélytes, et quand vous en trouvez, vous en faites des fils destinés au châtiment futur encore pires que vous». Les chats ne font pas des chiens. Ceux dont les intentions ne sont pas pures feront des adeptes à leur mouvement, mais ceux-ci ne seront pas pour autant les Fils de Celui par qui ont été créées toutes choses, et auquel tout est finalement destiné.

 

Est-ce maintenant le temps de l'avènement du nouvel Adam?

L’église de Bethel prône le dominionisme, ou dominationisme. Cette doctrine, qu'il convient de ne pas confondre avec ce que d'autres appellent «dominion life», que l'on pourrait traduire par «la vie victorieuse», enseigne que les chrétiens doivent prendre le contrôle de «sept montagnes», qui sont sept sphères de la société: la religion, la famille, l’enseignement, les gouvernements, les médias, l’art et les divertissements, l’économie. Or cette intention peut sembler tout à fait louable. Après tout, Dieu a dit à Moïse que si nous obéissions à ses ordres, il nous mettrait à la tête et non à la queue. Jésus a dit que nous sommes «le sel de la terre». Le sel apporte du goût et c'est aussi un conservateur. Il a ajouté que «personne n'allume une lampe pour la cacher sous la table ou sous un pot. Au lieu de cela, on la place sur un pied afin que tous ceux qui sont dans la maison voient la lumière». Mais en réalité, nulle part dans les évangiles nous ne trouvons la mention d'un ordre de mission nous invitant à conquérir les domaines d'influence de ce monde pour en faire «un monde chrétien». Sommes-nous plus malins que Jésus? «Le serviteur n'est pas plus grand que son maître» a dit Jésus, si toutefois nous sommes encore ses serviteurs. Si le monde nous aime, alors nous avons du souci à nous faire. Lorsque Pierre pensa pouvoir interférer dans le plan divin en sollicitant la bienveillance du monde à l'égard de son maître, Jésus lui dit très clairement d'où lui venait cette pensée. Quand Joseph reçut de Pharaon, la gouvernance sur l’Égypte, ils purent manger le blé de l’Égypte à satiété. Mais il en coûta à son peuple quatre cents ans de captivité et toute la génération qui sortit fut perde dans la traversée du désert. Il fallut une génération qui soit née dans le désert pour que la mentalité de l’Égypte s’estompe enfin. Lorsque Constantin a promu le christianisme au rang de religion d'État, les chrétiens furent comme le chien qui retourne à son vomi. Délaissant leur pouvoir dans le domaine spirituel, ils ont voulu dominer sur les hommes et sur le monde matériel. Mis en confiance et désormais intégrés aux systèmes politiques, ces chrétiens devenus traditionnels ont adopté le fascisme et plus tard le nationalisme, et sont devenus les pires contrevenants aux lois de Dieu. En 2011, Al Jazeera a publié un article désignant la New Apostolic Reformation comme «les Talibans de l'Amérique», soulignant que le dominionisme de la NAR ressemblait à l'extrémisme islamique observé dans des groupes tels que les Taliban en raison du langage de la NAR concernant le combat spirituel. Si, selon le sens que l'on donne à ce mot, le dominionisme doit être considéré comme un piège et une erreur, l'Évangile en revanche représente notre appel en tant que chrétiens. Appliquer l’Évangile consiste à régner, non pas sur le monde présent, mais sur le monde spirituel, sur le péché et sur ce qui découle du péché comme la maladie et la mort. Nous ne voulons pas nous emparer du monde pour Jésus et encore moins le revendiquer pour nous-mêmes au nom de Jésus —ce serait nier l’existence d’une réalité qui a déjà pris place. Mais nous voulons annoncer le Royaume qui vient en affirmant la souveraineté du Christ sur l'Univers, et le faire à travers des signes forts à l'égard du chaos et du monde démoniaque. Je recommande à ce sujet, l’enseignement du pasteur Curry Blake intitulé «God's Master Plan» (malheureusement non traduit), que je mets ici en lien.

La Bible nous enseigne que Dieu reste fidèle à ses méthodes et à ses objectifs. Sa façon d’agir ne varie guère et elle ne devrait pas nous surprendre. Même si, bien évidemment, nous constatons une progression dans l'histoire de l'homme et dans sa conquête d'une terre promise, le film qui se projette sous nos yeux ne laisse jamais entrevoir une fin qui serait une digne apothéose de tous les millénaires d'histoire. Au contraire, c'est une éternelle histoire de recommencements, avec les mêmes illusions et souvent les mêmes erreurs. On dit que les pieuvres ont une intelligence si prodigieuse que si elles étaient capables de transmettre leur expérience à leur progéniture, elles auraient déjà conquis le monde. L'homme est comme les pieuvres à certains égards. Je pense en ce moment à un film drôle intitulé «Un jour sans fin», qui avait pour objet la médiocrité d'un journaliste sensé faire un reportage sur le réveil printanier de la marmotte fétiche de la bourgade de Punxsutawney. Ce film drôle mais sensible est une allégorie du monde, et de la façon dont beaucoup de gens conçoivent leur vie, jusqu'à ce qu'une prise de conscience les fasse sortir de leur procrastination. Lorsque Dieu a choisi Abram et Saraï pour manifester au monde sa nouvelle création, il leur a d'abord fait quitter leur pays et la maison dans laquelle ils avaient grandi, pour ensuite les conduire vers une terre nouvelle et promise. C’est ce que Paul nous rappelle dans 2 Corinthiens 6 : «C'est pourquoi, sortez du milieu d'eux, et séparez-vous, dit le Seigneur. Ne touchez pas à ce qui est impur, et je vous accueillerai. Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout puissant». Quelqu’un a dit : «La valeur d’un homme n’est pas dans ce qu’il atteint, mais dans ce qu’il aspire à atteindre.» (Kahlil Gibran). «L’important arrive non pas au terme de la route, mais bien avant, pendant le trajet lui même.» (Milorad Pavic). Abraham et Sara ont-ils atteint leur terre promise? L’Épître aux Hébreux nous dit que : «C’est dans la foi qu'ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi montrent qu'ils cherchent une patrie. … Mais maintenant ils en désirent une meilleure, c'est-à-dire une céleste. C'est pourquoi Dieu n'a pas honte d'être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité». Ce que nous voyons aujourd’hui, c’est que nous avons mis en oubli la promesse d’une cité céleste pour revenir à des considérations plus immédiates. Or, ce que nous ambitionnons, c’est ce que nous recevrons. «C’est là qu’il y aura des pleurs et d’amers regrets, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, tandis que vous-mêmes vous en serez exclus», nous prévient Jésus. La quête et la conquête d'une patrie terrestre est une entreprise bien périlleuse, et qui nous laissera très certainement sur notre faim. Dans la révélation qu'il a accordée à Jean, Jésus lui a montré l'avenir. «Et je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s'est parée pour son époux». Mais avant cela, Jean vit un nouveau ciel et une nouvelle terre; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n'était plus.

Les courants sectaires font leur lit dans le délitement de ces valeurs évangéliques qui devraient être les piliers de notre foi. Au siècle dernier, on avait beaucoup mis l’accent sur l’eschatologie, c’est à dire sur l’enchaînement probable des événements des derniers temps. Mais on était parvenu à une conclusion peu convaincante et qui nous désengageait face à nos responsabilités vis-à-vis du monde, qu'on avait appelée : l’enlèvement de l’église. Alors que Dieu avait tant aimé le monde qu'il avait donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu'il ait la vie éternelle, Dieu maintenant, allait juger le monde pour avoir fait fi de sa générosité. Comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu, le monde allait se réveiller un beau matin abandonné de tous les chrétiens qui auraient subrepticement quitté le navire. Ceci avait donné lieu à une guerre d'idées parmi les théologiens, concernant un enlèvement pré-tribulationiste ou post-tribulationiste, ou pourquoi pas, survenant au milieu de la grande épreuve. En réalité, chacun y allait de ses prédictions, alors que Jésus avait pourtant affirmé que nul ne pouvait connaitre cette date, car Dieu le Père allait la fixer le moment venu et de sa propre autorité. La grande angoisse des chrétiens avertis de cette fin impromptue, n'était plus de voir leurs frères périr sans connaître le Christ, mais c'était celle de s'assoupir dans la halle d'attente, de manquer le seul vol d’évacuation prévu et de se retrouver dispersés sur une terre désertée par Dieu et qui allait rapidement se transformer en un enfer. Certains films nous montrent encore la manière dont les gens se représentaient les choses. Bien qu'il y ait un fond de vérité dans cette conception, l'angle sous lequel nous avons abordé cet espoir d’un sauvetage miraculeux était certainement erroné.

On avait également adopté une conception très étriquée de la guérison divine appelée «souveraineté de Dieu», selon laquelle l’homme propose, ou intercède pour les malades, mais c'est ensuite à Dieu de décider de s’il veut guérir ou non. En gros, cela consistait à dire que même si Jésus nous a demandé de guérir les malades et qu'il a payé la note pour tous, Dieu continue de décider au cas par cas. Quelqu'un a décrit cette situation de cette façon : Lorsqu'un policier surprend un voleur en train de dépouiller un passant, va-t-il appeler son commissariat pour en référer à son supérieur? Ou va-t-il agir selon les instructions qu'il a préalablement reçues et arrêter le voleur au nom de l'autorité qui lui est conférée? Lorsque nous prions : «Que ta volonté soit faite», la volonté de Dieu est précisément que nous apportions en son nom la guérison et la délivrance, et ce n’est pas que nous nous déchargions sur lui des responsabilités qui nous incombent. Or, par formalisme ou par une politesse déplacé, nous étions revenus à la situation d'avant le Christ et le résultat fut qu’il n’y eut plus de guérisons dans les églises. Aujourd’hui, quelques uns s’appuient sur des versets des Écritures pour affirmer que c’est Dieu qui nous envoie la maladie. Si de tels versets existent bien, il faut les comprendre dans leur contexte. Prenons cet autre exemple: A l’époque où les juges gouvernaient Israël, Dieu a admis que les Juifs veuillent se donner un roi, et il a composé avec cette réalité bien qu’il ait dit au prophète Samuel : «Ils m’ont rejeté pour se donner un roi, afin que je ne règne plus sur eux». Nous devons comprendre que Dieu compose avec le libre arbitre de l’homme, et également avec les pouvoirs auxquels l’homme a fait allégeance. Autrefois, le gouvernement de Satan possédait une certaine légitimité, puisque Adam et son épouse s’étaient alliés à l’esprit du monde qui les avait séduits et avec lequel ils s’étaient acoquinés. Or la Bible nous enseigne que, même si Dieu en prend la responsabilité en disant: je vous frapperai de diverses maladies si vous n’écoutez pas ma voix, c’est en réalité Satan qui est le destructeur, le meurtrier, le perturbateur de la Création et l’auteur de nos souffrances. L’homme, vivant désormais sous la juridiction de Satan, devait s’acquitter d’une pénalité envers Dieu s’il ne voulait pas mourir à cause de son péché. Et c’est la raison de tous ces sacrifices qui pendant des siècles ont rempli le temple de sang. Mais ensuite, Dieu nous a donné Jésus qui est venu pour accomplir en sa personne les choses préfigurées par ces signes. La promesse est ainsi devenue réalité et c’est pour cela que nous considérons cette alliance en son sang comme l’alliance nouvelle et définitive entre Dieu et les hommes. A travers Jésus, Dieu ne s’est pas contenté de remettre l’alliance du temple et du pardon des péchés au goût du jour, mais il a renouvelé l’alliance qu’il avait faite avec l’homme tout au début, avant sa chute et avant que l’homme ne délègue à Satan le pouvoir de régner sur la terre. Retirer à Satan les droits qu'il s'était octroyés n’était pas chose simple, puisqu’il bénéficiait d’une certaine légitimité, étant donné que l’homme s’était volontairement placé sous sa juridiction. L’homme a en effet établi Satan, et il continue à le protéger. Si Dieu avait anéanti Satan sans égard pour l’homme, les dommages collatéraux auraient été énormes, comme lors du déluge de Noé. Peut-être ne serait-il resté aucun homme vivant puisque la Bible affirme que tous les hommes sans exception ont péché. Jésus nous a sauvés en nous offrant une porte de sortie diplomatique. Donc, nous vivons désormais sous une nouvelle législation, mais sur une terre qui est encore en plein processus d’amnistie. Le salut s'adresse aux hommes sur un plan individuel, mais le monde organisé qui a prévalu jusqu’à présent sera démantelé et ses gouverneurs seront emprisonnés dans les profondeurs de la terre. Ce qu'il est important de comprendre, c’est que l’alliance d’éden qui donnait à l’homme la domination sur la terre, mais également sur tout ce qui règne sur la terre, Dieu excepté, Dieu l’a maintenant restaurée à travers l’acte d’obéissance du Christ.

Dans Colossiens 2, Paul dit ceci: «Dieu vous a donné la vie avec Christ. Il nous a pardonné toutes nos fautes. Car il a annulé l’acte qui établissait nos manquements à l’égard des commandements. Oui, il l’a effacé, le clouant sur la croix. Là, il a désarmé toute Autorité, tout Pouvoir, les donnant publiquement en spectacle quand il les a traînés dans son cortège triomphal après sa victoire à la croix». Il faut s’imaginer ce qui s’est passé sur le plan juridique, lorsque Satan a fait mourir le seul homme qui était parfaitement juste et sans péché. En commettant l’erreur irréparable, Satan a saboté les bases de son gouvernement qu’il a rendu illégitime. Le résultat fut que dans le Ciel, toute légitimité lui a immédiatement été retirée. Sa face fut voilée et il fut traité comme un ennemi vaincu. A sa place, le règne de l’Esprit de Vie a pu être restauré. Et si maintenant, Satan exerce encore un pouvoir de mort évident sur la terre, c’est parce que la plupart des hommes, chrétiens y compris, n’ont pas encore pris conscience du changement de régime. C'est un peu comme ces Japonais qui, mobilisés sur des îles perdues du Pacifique durant la seconde guerre mondiale, ne pouvaient pas être informés de la fin de la guerre et de l'armistice, et qui continuaient à se battre jusqu'à la mort pour leur empire. C’est pourquoi nous prions selon ce que le Seigneur Jésus nous a enseigné : «Que ta volonté soit faite, sur la terre, comme au ciel». Dieu souhaitant qu'aucun homme ne soit perdu, il étend sa patience envers nous tous, et il demande aux graciés de convaincre leurs frères d’abandonner le mauvais combat pour venir se placer sous la juridiction du Christ, en les arrachant ainsi au feu qui est destiné aux ennemis de Dieu. La maladie et la mort sont au nombre de ces ennemis qui doivent désormais être considérés comme vaincus.

Une autre conception erronée, et qui a fait énormément de tort à ma progression personnelle, est la fausse notion d'un «rhéma» ou d'une révélation spécifique qui devrait précéder la mise en action de notre foi. Cette erreur est sans doute à mettre en corrélation avec notre propension à douter de la volonté de Dieu, surtout lorsqu'elle nous concerne. Gédéon demanda par trois fois un signe spécifique avant de se laisser convaincre que Dieu lui avait réellement adressé la parole et qu'il lui fallait maintenant obéir à ce qui lui était demandé. Pierre pria Jésus de lui adresser une invitation personnelle à venir le rejoindre en marchant sur l’eau du lac. Jésus y accéda, mais ceci n'empêcha pas Pierre de douter de la parole de Jésus et de commencer à couler. «Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse», dit Paul. Le Christianisme est par essence, teinté de cette défiance à l'égard de la parole, ou de procrastination lorsqu'il s'agit de quitter nos habitudes, qui caractérise la culture juive. Et les Grecs dont nous sommes les héritiers culturels nous ont légué l'art de la sophistication. Vous écoutez une émission religieuse à la télévision, et Dieu disparait derrière des propos emphatiques qui font la part belle à la tradition. «Dieu a fait les hommes droits; mais ils ont cherché beaucoup de détours», conclut L'Ecclésiaste, et je prétends que si le coeur sait s'emparer des choses de Dieu, notre intelligence s'efforcera toujours de nous en dissuader. «Mais heureux ceux qui croient sans avoir vu». «Quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera pas», dit encore Jésus. C’est comme pour le jeûne : Je m’étais également laissé persuader qu’il fallait avoir jeuné pendant quarante jours pour oser espérer voir Dieu agir. Or, même si beaucoup d'hommes de Dieu affirment que leur ministère de puissance leur à été communiqué au terme d'un long jeûne, le jeûne ne nous rend pas plus méritants. Mais il est vrai qu'il est utile en ce qu’il nous aide à placer notre nature charnelle sous la domination de l'esprit, et ceci est particulièrement utile lorsqu'il s'agit d'échanger nos ambitions personnelles contre celles qui nous sont proposées par l’Esprit, selon Ephésiens 4:20-25. Le jeûne n’ajoute cependant rien à la réalité spirituelle qui est en Christ. Si notre esprit est entièrement soumis à celui de Dieu, peu nous sert de jeûner. Jésus a dit que tant que l'Epoux est avec ses amis, ceux-ci sont plus encleins à se réjouir avec lui qu'à se mortifier. Le Christ a mis à notre disposition tout ce qui est nécessaire à la mise en pratique de notre foi, et le jeûne nous aidera à trouver cette volonté qui nous manque parfois, pour entrer dans son magasin et pour nous servir, et pour ensuite dispenser ses bienfaits aux autres. Mais, quel chrétien évangélique un tant soit peu engagé n'a pas gardé un traumatisme dans sa foi occasionné par de pathétiques réunions de prière pour les malades. Je ressens encore cette crispation, alors que nous étions tous dans l'attente d'une parole ou d'une révélation par laquelle Dieu allait guérir la personne malade. Chacun verbalisait ses meilleures intentions de la manière la plus avantageuse possible, en espérant pouvoir convaincre Dieu de venir toucher cette personne en réponse à l'onction d'huile que les anciens lui administraient. Et comme à la fin de la réunion, rien ne s'était produit, nous mettions une tape consolatrice sur l’épaule de la personne et l’encouragions à revenir à la réunion suivante, si toutefois elle était encore en vie. Je ne dis pas que la guérison n'arrive jamais dans ces circonstances, car tout est possible à Dieu. Mais en voulant donner à la guérison le sens d’une expérience mystique, nous avons fait une règle de l'exception et toute une génération de chrétiens évangéliques a ainsi été privée de la possibilité de manifester du fruit, parce qu'on nous a enseigné qu'il fallait t’attendre de recevoir cette révélation particulière. Certaines personnes reçoivent effectivement des révélations ou paroles de connaissance, qui sont précieuses pour mettre la foi en action, et j’en ai d’ailleurs bénéficié. Mais notre foi ne doit pas dépendre de ces dons. Car en étudiant l’Écriture, on comprend que ce «rhéma» suit t’en réalité la mise en pratique du «logos» exprimé dans l’Écriture. Je me souviens d'une petite histoire que racontait le pasteur Maurice Ray : Une dame venait à ses réunions de prière et exprimait régulièrement la même préoccupation: «Seigneur, tu vois qu'il y a cette araignée qui continue à tisser sa toile dans ma vie et qui l'assombrit». Un jour, un participant sans doute un peu excédé s'écria : «Mais enfin, que quelqu'un se lève et tue cette araignée!». Il faut être excédé par le mal qui s’insinue dans notre vie et dans celle des autres pour trouver le courage de lui faire face. «Pourquoi m’appelez-vous «Seigneur! Seigneur!» alors que vous n’accomplissez pas ce que je vous commande?». «Rien de ce que j’enseigne ne vient de moi. J’ai tout reçu de celui qui m’a envoyé. Si quelqu’un est décidé à faire la volonté de Dieu, il reconnaîtra bien si mon enseignement vient de Dieu ou si je parle de ma propre initiative». Jésus nous dit que la mise en pratique de son commandement, un commandement qui peut se résumer à faire pour les autres ce que nous aimerions qu’ils fassent pour nous, en les délivrant, en les guérissant, en les aimant et en les aidant de toutes les manières qui nous seront inspirées par notre nouvelle nature animée par l'Esprit, nous apportera la révélation que Dieu prend plaisir à ces actions, puisqu’au delà de notre possible, Dieu manifestera sa puissance miraculeuse au travers de nos actions. Il suffit parfois de prendre les paroles de Jésus à la lettre pour que nous puissions voir des résultats surprenants. Jésus avait dit : Priez le Maître de la moisson pour qu'il envoie des serviteurs pour sa moisson, et il avait ordonné à ses serviteurs de guérir les malades et de chasser les démons. Au lieu de cela, l'Eglise a ordonné ses serviteurs et elle continue de prier Dieu d'envoyer la guérison.

Il est important de comprendre que sur un plan factuel ou théologique, Dieu ne va pas nous guérir dans le futur, puisqu'en réalité il l'a fait il y a deux mille ans. Dieu ne va pas nous justifier lorsque nous aurons jeûné pendant quarante jours afin d'être sanctifiés, mais il nous a rendus parfaitement justes il y a deux mille ans. Ésaïe avait prophétisé très en détail tout ce que Jésus allait accomplir en notre faveur en livrant sa vie en sacrifice pour le péché. Mais comme le rappelle Paul dans Romains 10 : «Tous n'ont pas obéi à la bonne nouvelle. Aussi Ésaïe dit-il : Seigneur, qui a cru à notre prédication? Ainsi la foi vient de ce qu'on entend, et ce qu'on entend vient de la parole de Christ». Jésus est l'incarnation même des paroles de l’Écriture. Sa vie a consisté à mettre en pratique la Bible, et le résultat fut saisissant. La pensée qui devrait nous aider à libérer l'expression de notre foi, c'est que le fruit ne dépend ni de nos mérites, ni de notre sainteté, ni même de la foi de ceux à qui nous nous adressons. Mais le fruit découle naturellement de cette nouvelle réalité spirituelle qui prévaut depuis plus de deux mille ans, et à laquelle il nous suffit d'adhérer. Les fruits dans la vie du chrétien sont le produit de deux choses indispensables et complémentaires : la connaissance de ce que Jésus a accompli—le substrat, et la conscience de la personne que nous sommes en Dieu—nos racines. Tout le reste est superflu.

L’enfer est pavé de voeux pieux. Comme en politique où les informations et le travail des autres sont abondamment récupérés et manipulés, la gratuité peut être rédhibitoire pour ceux qui recherchent un gain ou qui font les choses par vanité. Satan cherche depuis toujours à embrouiller les choses de Dieu afin de les conserver hors de notre portée. Mais —et c'est peut-être la seule influence positive que l'on pourrait attribuer à ce déferlement des valeurs du New-Age—, nous devons nous réapproprier notre héritage spirituel. Ces conceptions issues de la mythologie ancienne et autres vues réductrices qui ont cours dans les églises, ont fait leur temps. La maladie et les tempêtes de la vie ne doivent pas être considérées comme des outil pédagogique divins, mais elle sont des expressions du chaos sur lesquelles Jésus veut que nous régnions sans partage, en nous servant de l'autorité dans laquelle réside la force de son message. Par l'oeuvre qu'il a accomplie en acceptant la croix, Jésus a payé la pénalité du péché une fois pour toutes et pour toutes les générations. Jésus s’attend maintenant à ce que nous nous saisissions de cette puissance libératrice et que nous la fassions valoir, simplement en exprimant sa parole avec foi avec autorité, puisqu’il a fait de nous les administrateurs de sa domination spirituelle. Tenons-nous en au «oui», ou alors au «non». Tout les reste —les si, les mais, les peut-être— vient du malin qui cherche à nous emberlificoter. Jésus n'a jamais envisagé une discussion ni même considéré des conditions lorsqu'il traitait avec l'ennemi. Sauf lorsqu'il a permis aux démons d'entrer dans les cochons, peut-être parce qu'il savait que les démons allaient bientôt se retrouver au fond du lac et que cette débandade aurait sur une population locale dont les coeurs avait été longtemps tourmentés par ces démons, un impact positif. Jésus ne nous a pas laissés démunis face aux circonstances adverses : «Parlez aux montagnes qui s’élèvent sur votre route, chassez les démons, guérissez les malades». Si les mauvaises herbes et les ronces envahissent notre jardin, allons-nous rester longtemps les bras croisés à chercher à comprendre ce que Dieu pourrait bien vouloir nous enseigner? Nous allons retrousser nos manches et repousser les envahisseurs ! Si du moins nous avons une vision de ce que notre jardin devrait être. Celui qui vous reçoit, me reçoit a dit Jésus. La mentalité du Royaume de Dieu correspond à une conversion complète dans notre façon d’envisager Dieu et les choses de la vie.

 

Faites-vous des trésors dans les Cieux.

Les gens doivent être gagnés de toute urgence à cet autre règne, car il est maintenant grand temps pour nous tous de prendre une décision. «Celui qui ne récolte pas avec moi, disperse» a dit Jésus. Appartenons-nous à cette masse de ceux que la vie et les circonstances poussent en avant, et continuerons-nous à subir la tyrannie du méchant sans comprendre, en attribuant nos réussites à la chance et nos malheurs à une fatalité? Ou allons-nous gagner le camp de ceux que le Christ a rachetés de cette vaine manière de vivre héritée de nos pères? Jésus nous dit : «C'est aujourd'hui le jour où tu dois prendre cette décision. Prie et demande-moi d'être le Seigneur de ta destinée, et si tu le fais, bientôt ta vie prendra un sens nouveau». Une simple prière comme celle-ci peut nous conduire au plus grand miracle que nous connaîtrons dans toute notre existence, qui est notre nouvelle naissance, lorsque le Royaume de Dieu vient s'établir dans notre cœur. Le Royaume de Dieu est «à l'intérieur de vous», a dit Jésus dans Luc 17. Et non pas, «parmi vous», comme cela a été souvent traduit. Car nous ne devrions pas basculer d’une mauvaise conception de la vie dans une autre, et penser que le royaume de Dieu va s'établir dans ce monde, et dès maintenant. Nous ne devrions pas adhérer à ce concept issu du New Age. «Mon royaume n’est pas de ce monde, a dit Jésus. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs se seraient battus pour que je ne tombe pas aux mains des Juifs. Non, réellement, mon royaume n’est pas d’ici». Qui sont ces serviteurs auxquels le Christ fait allusion? Ce ne sont certainement pas cette poignée d’apôtres effrayés et croulant sous la fatigue qui l’accompagnaient. L’avènement du règne du Christ est un combat épique qui se déroule en réalité au dessus de nous, dans les lieux célestes du monde angélique. Nous avons en revanche une responsabilité majeure dans cet avènement : c’est de prier pour que le règne du Seigneur soit établi sur la terre comme il règne déjà dans le ciel, c’est à dire dans l’absolu spirituel, et de nous préparer à l’accueillir. Car si ce règne n’est pas encore établi sur terre, la raison évidente c’est que les hommes n’en veulent pas. Or ce règne ne s'imposera pas sur le monde, mais il viendra récompenser ceux qui l'auront attendu.

 

L'épreuve du feu.

Dans Matthieu 24, Jésus nous a avertis que pour que son royaume céleste devienne manifeste sur terre, il faudra que survienne une terrible épreuve, semblable à celle à laquelle seuls Noé et les siens et ceux qu’ils embarquèrent avec eux dans l'arche, échappèrent. Jésus est désormais la nouvelle arche dans laquelle nous allons trouver refuge, car notre foi ne suffira pas à nous sauver en fin de compte. La Bible annonce que les hommes, sous le patronage des anges rebelles, dont on comprend qu’ils ont tout intérêt à vouloir préserver l’existence d’un monde qu’ils se sont accaparé et dont nous sommes les otages, vont travailler à une paix mondiale. Ils vont y parvenir en instaurant un pouvoir politique fort et centralisé et en établissant une religion unique, syncrétique, c'est à dire réunissant diverses sources d'influences. L'idée générale étant que nul ne détient toute la vérité mais que tous y contribuent pour une part. Il est facile d'imaginer qu'une religion conçue pour réconcilier tous les points de vue aboutira à cette situation dépeinte dans Ésaie 5:20, et que Jésus décrit en disant: «Si la lumière qui est en toi devient ténèbres…». Aussi, Paul dit que lorsque nous y serons parvenus —lorsque les hommes auront fait taire les prophètes et qu'ils se seront entourés de conseillers qui ne leur diront que ce qu'ils voudront entendre, et qu'ils imagineront être parvenus par ce moyen à une situation politique pacifiée et sécuritaire—, une ruine soudaine les surprendra. Mes amis, le monde présent est comme le Titanic : il a heurté un iceberg et il est condamné à sombrer. Contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, Dieu n’est pas le capitaine de ce navire, mais il est l’iceberg! Jésus ne nous demande pas de prendre la barre d’un navire en perdition pour tenter de le ramener à bon port, c'est à dire de dédouaner notre société en lui procurant un certificat de bonne moralité ou de baptême. Mais il nous supplie en revanche de monter sur le pont du navire pour y organiser le sauvetage des hommes. La famille de Lot dût sortir précipitamment de Sodome, sans rien pouvoir emporter. Mais une femme se retourna sur ce qu'ils laissaient derrière eux, et nous connaissons la suite. Jésus nous a prévenus que ceci arrivera pareillement au jour de son avènement. D'où vient alors cette école de pensée selon laquelle les chrétiens vont devoir gagner le monde à la Seigneurie du Christ, avant de lui en remettre les clés? Nous aurions chacun nos raisons d’aimer ce monde et de vouloir le préserver dans sa forme actuelle. Il suffit ensuite d’une gymnastique intellectuelle autour du chapitre 16 de Matthieu pour justifier notre vœu sur un plan théologique. D’autres l’on fait avant nous.

 

Si le grain de blé ne meurt…

Mais Jésus a dit, et nous le trouvons écrit noir sur blanc dans ce même chapitre 16 : «Celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la retrouvera. Que servira-t-il à un homme de gagner le monde entier, s'il perd son âme? Ou que pourra donner un homme en échange de son âme? En effet, le Fils de l'homme va venir dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il donnera à chacun ce que lui auront valu ses actes.»   Pourquoi n'acceptons-nous pas cette parole avec simplicité de cœur? Ces mots laissent peu de place pour une vision dominioniste. L’histoire à elle seule ne devrait-elle pas nous avoir enseignés sur cette aberration que représente une alliance entre l’église et le monde séculier? Dieu avait dit à nos ancêtres que si nous mangions de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, nous mourrions. «Vous ne mourrez pas mais vous serez comme des dieux!» avait rétorqué le serpent—aujourd'hui il dira que nous deviendrons des «super-chrétiens dotés de pouvoirs exceptionnels». Et nous l'avons cru, et nous avons tout perdu. Toutes sortes de théories circulent autour du millenium, qui voudraient que ces événements annoncés dans la Bible ne soient qu'une vue de l'esprit et que nous soyons entrés dans cette période de paix tout en douceur et sans même nous en être aperçus. Ne soyons pas naïfs. Jésus ne nous dit-il pas que pour que son règne puisse venir, il nous faudra mourir d'une façon ou d'une autre? C'est en tout cas ce que je lis dans ce chapitre 16 de Matthieu et j’en suis désolé pour les cœurs sensibles. Mais Jésus n'a pas la même conception que nous des mots vivre et mourir. En mangeant de l'arbre de la connaissance, nous avons appris que mourir est la pire des chose qui puisse arriver à quiconque, et que nous devons l'éviter à tout prix. La théologie de la «troisième vague» fait une quasi fixation sur la «dunamis» et sur le pouvoir de résurrection. Le christianisme se serait-il lancé dans une quête effrénée de l'arbre de vie? Les chrétiens ne devraient pas chercher à échapper à la peur viscérale de la mort, comme le monde, c'est à dire dans une fuite en avant. Mais nous devrions surmonter cette peur, en apprenant la vérité. Et la vérité, c'est que Jésus a privé la mort de son pouvoir sur nous. Jésus a-t-il pour autant promis que nous ne mourrions pas? Dans un sens, oui. Mais voici ce qu'il dit exactement: «L’heure est venue où le Fils de l’homme va entrer dans sa gloire. Vraiment, je vous l’assure: si le grain de blé que l’on a jeté en terre ne meurt pas, il reste un grain unique. Mais s’il meurt, il porte du fruit en abondance. Celui qui s’attache à sa propre vie la perdra, mais celui qui fait peu de cas de sa vie en ce monde la gardera pour la vie éternelle». Jean 12: 23-25. Notre victoire sur la mort ne sera pas en évitant de mourir ou en nous dotant d'une «dunamis», autrement dit: d'un pouvoir qui nous permettra de nous ressusciter les uns les autres. Mais cette victoire consiste à ne plus devoir considérer la mort comme étant l'échec de la vie.

 

Vers une vie indestructible.

Nous savons que lorsque Jésus est mort, la vie qui était en lui a été multipliée par des millions, et les martyrs le savaient également. Jésus dit aussi que ceux qui se seront réellement attachés à lui, ne mourront jamais et qu'ils vivront quand même ils seraient morts. C’est de cette façon que je peux m’imaginer une mise à l'abri de l’église plutôt que son enlèvement. Car ensuite, dans 1 Thessaloniciens 4, Paul parle de la parousie. Il dit que nous les «vivants» qui seront restés, nous serons «enlevés dans les airs pour aller accueillir notre Seigneur». Or nous savons que Paul et tous ceux à qui il s'adressait dans cette lettre sont passés dans l'au-delà. Ceci voudrait dire que dans la pensée de ces premiers chrétiens, ceux qui sont morts en Christ sont vivants pour Dieu, et qu'ils se reposent, ou peut-être pas, dans un lieu où ils attendent le jour de l'avènement de notre Seigneur. Ce lieu ou cette dimension, n'est peut-être pas aussi éloignée que nous le pensons parfois. Il est fait mention dans Hébreux 12, d'une «nuée de témoins qui nous environne». Israël fut à l’abri du pharaon dès qu’ils eurent traversé la mer rouge. Or il est écrit que cette fois, c'est la terre qui s’ouvrira pour engloutir la colère que le dragon aura vomie comme un fleuve afin d'emporter la postérité du Christ. Jésus a dit que nous ne devions pas craindre celui qui tue le corps, mais qui ensuite ne peut rien faire de plus. Quand nous, les chrétiens fidèles, nous mourrons ou nous serons écrasés par les sbires du pouvoir et de la nouvelle religion, les anges nous inviteront à les accompagner dans un endroit sûr, hors de portée du dragon. Sous cette forme immortelle qui est notre véritable identité, nous serons rassemblés dans un lieu ou dans une dimension où nous serons ensemble, nourris, enseignés, envisionnés et affermis, jusqu'à ce que le dragon soit enchaîné par les anges et jeté dans le gouffre de l'enfer. Puis, lorsque la grande épreuve sera passée sur le monde, alors nous apparaîtrons avec notre Seigneur et ses anges, venant sur les nuées comme dit l’Écriture, et ensemble nous rejoindrons ceux qui auront déjà été ressuscités. Comme aux jours de Noé, avait dit Jésus. Dans son Apocalypse, Jean nous annonce que nous ressusciterons tous au son d'une trompette et que nous deviendrons les artisans d'un règne de paix de mille ans sur la terre. Oh, peut-être que certains survivront à ces événements, sinon sur qui règnerions-nous hormis les souffles du chaos? La Bible nous donne beaucoup d'autres détails sur cette pâque, sur ce passage de l’homme et son accès au règne de Dieu et une vie suffirait à peine à en étudier tous les tenants et aboutissants. Il est très facile de s'arrêter au bord de la route et de perdre la vision du but en voulant disséquer la parole de Dieu pour en tirer des pronostics. Mais si nous nous sommes préparés pour le scénario dont Jésus nous brosse le tableau d'une manière simplifiée dans les Évangiles, alors nous devrions pouvoir être intégrés d'une manière optimale, à cette nouvelle création.

 

J'ai aimé Jacob et j'ai haï Ésaü.

Les voyages nous ont habitués à accéder au meilleur de deux mondes. Malheureusement, je crains que certains évangiles ne nous aient entraînés aux antipodes de l’Évangile de Jésus Christ, et moi le premier. Revenons pendant qu’il en est temps. Les hommes de Dieu de la Bible étaient prêts à subir la faim et la nudité, la torture et les bêtes féroces, plutôt que de se compromettre avec l'adversaire en recevant de sa main la gouvernance du monde. Nous ferions bien de nous inspirer d'eux en ces jours où Satan souhaite «prospérer» les chrétiens de toutes sortes de manières. Il veut nous réjouir et nous divertir, il veut nous enrichir, et il souhaite même nous guérir à travers des miracles étonnants! Mais il voudrait surtout s'emparer des chrétiens en mettant en nous l'autre feu, celui de l'esprit de domination et de puissance qui est en abomination à Dieu, et ainsi marquer nos consciences d'une flétrissure faite au fer rouge, comme étant sa propriété. Sommes-nous comme Ésaü: «peu importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse», ou allons-nous subir une disette temporaire s'il le faut, afin d'hériter d'une destinée éternelle sur une Terre enfin délivrée du péché? Cet Évangile adressé à un monde qui se perd est malvenu dans une époque où l'homme pense que tout est sous son contrôle, y compris la façon dont il peut influer sur les événements en interprétant les Écritures de différentes manières. Ce message radical qui nous amène à un constat sans appel et à la repentance, était pourtant l'essence même des grands réveils du passé.

 

Priez pour ceux qui vous dirigent.

Jusqu'à son dernier cri, Jésus est resté entièrement soumis à son Père. «C'est de Dieu que je suis sorti et que je viens; je ne suis pas venu de moi-même, mais c'est lui qui m'a envoyé». «Je ne puis rien faire de moi-même». «Ces oeuvres mêmes que je fais, témoignent de moi que c'est le Père qui m'a envoyé». «Car je n'ai point parlé de moi-même; mais le Père, qui m'a envoyé, m'a prescrit lui-même ce que je dois dire et annoncer». «Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi». Tant de prédicateurs ont bien commencé en étant les fidèles serviteurs de l'Esprit de Jésus. Mais emportés par leur succès ou influencés par leur entourage, ils ont poursuivi leurs programmes dans un esprit très différent, en ambitionnant leur notoriété et celle de leur mouvement au préjudice de l'avènement de leur Maître. Il est très important de prier pour nos dirigeants, et ce quel que soit leur mouvement ou leur église, car les responsables de groupes sont la cible de choix des esprits mystificateurs. Souvenons-nous de la tentation du Christ dans le désert. «Je te donnerai toute cette puissance et la gloire de ces royaumes, car elle m’a été donnée et je la donne à qui je veux.» Aux noces de Caana, ou après la multiplication des pains et des poissons, ou lors de sa montée vers Jérusalem, ou encore, au Jardin de Gethsémané et enfin au Mont Golgotha—en réalité en de très nombreuses occasions, Jésus aurait pu être poussé à faire des choix qui l'auraient conduit à devenir l'Antéchrist avant l'heure. Il aurait pu céder, s'il n'avait été dévoré par l'amour pour son Père Céleste et pour Sa maison. C'est pourquoi, Jean nous exhorte: «Bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit; mais éprouvez les esprits pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde.» 1 Jean 4. Jean doit nous rappeler que, hélas, tout ce qui brille n'est pas de l'or.

 

De Jérusalem à Babel.

Dieu n'a certainement rien contre les gens branchés et sa création nous montre de mille et une façon qu'il n'est pas un promoteur de l'uniformité. Mais dans Apocalypse 2:14, Jésus nous met en garde contre la doctrine dite de Balaam, qui consiste à vouloir importer les influences du monde dans la spiritualité et la foi chrétiennes. Dans Nombres 22, on découvre l'histoire de ce Balaam. Balaam était une sorte de prophète. Imbu de son statut d'homme de Dieu, il aménageait sa théologie selon les besoins et utilisait ses compétences à la demande. Dieu dut finalement le ramener à la raison en lui parlant à travers son âne. La tradition expose l’Église à vouloir créer un substitut humain à l’œuvre de Dieu. Comme les gens de Babel, la religion veut par tous les moyens se faire un nom et rallier le monde à sa cause. Nous voyons clairement cette tendance émerger du catholicisme. Les initiatives du Pape François visant à rapprocher les religions du monde sont conformes à ce que le livre de l'Apocalypse annonce. Ces efforts visant à pacifier le monde en rapprochant les religions sont en réalité destinés à prolonger le règne de Satan sur la terre. En contribuant au développement d'une religion mondiale, le prophète du catholicisme facilitera l'avènement de l'Antéchrist. D'autres mouvements chrétiens médiatiques s'attachent également à ouvrir grands leurs bras aux représentants des grandes religions du monde, en leur présentant un évangile universaliste, comme si l'Evangile était essentiellement une nouvelle culture, respectueuse des valeurs de chacun. Bientôt, tous ces gens pourraient être désagréablement surpris... Parallèlement, certaines prétendues «onctions charismatiques» ne sont rien d'autre qu'un raccourci vers le surnaturel consistant à inviter sans discrimination, des forces occultes à prendre le contrôle d'une communauté. Car si les croyants n'ont pas conscience que la foi en l'Esprit de Jésus fait qu’il habite dans leur coeur et qu'il les accompagne, il devra être invoqué d'une manière ou d'une autre pour l'obliger à se manifester. Les prêtres de Baal, à l'époque d'Elie, avaient leurs messes. Nous avons nos célébrations. Pensons-nous vraiment que le Saint Esprit a besoin d'être tiré de son sommeil ou du ciel pour qu'il puisse se joindre à nous dans nos célébrations? C'est pourtant ce que nous comprenons lorsque nous voyons comment est conduite la louange. Qu'attendons-nous? Le Sain-Esprit ne consiste pas en des picotements sur la peau, la chair de poule, des larmes, un envahissement ou une émotion. Mais il est un Esprit de force, d'amour et de sagesse. La Bible dit que si nous recevons l'Esprit de Christ, nous avons désormais la pensée de Christ. Paul dit aux Thessaloniciens: « Nous rendons continuellement grâces à Dieu de ce qu’en recevant la parole de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l’avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la parole de Dieu, qui agit en vous qui croyez ». Le Saint-Esprit apporte une prise de conscience, et n’est pas une expérience émotionnelle qui contourne notre esprit. Mais les rites de nos célébrations chrétiennes restent souvent calqués sur ce qui a toujours existé dans le monde païen. Invoquer la présence du Saint-Esprit de cette façon nous expose à être visités par toute la faune céleste. La Création a consisté à mettre un certain ordre dans le chaos, et c’est ce que Dieu a voulu rappeler aux Israélites en rétablissant la loi, après qu’ils furent sortis d’Egypte.

 

Un Feu Etranger.

Notre nature humaine doit être recentrée sur Dieu et rétablie sur ses principes, par le moyen de l'obéissance à sa parole. Dans le Lévitique au chapitre 10, nous voyons les fils d'Aaron: Nadab et Abihu, apporter sur l'autel des parfums un feu étranger, c'est à dire, un feu qui ne provenait pas de l'autel des holocaustes, comme l'avait exigé le Seigneur. Cet acte profondément irrespectueux irrita l’Éternel au plus haut point. Nadab signifie entre autres: «inciter, rendre bien disposé». La racine Ab du nom Abihu signifie «père d'un individu». Nous retrouvons dans ces deux noms la notion d'une contrainte de soumission et celle de vouloir plaire aux hommes, de plaire à son maître, à ses pères spirituels, ou peut-être à un apôtre. Un feu sortit alors de l'autel de l’Éternel et les consuma tous les deux. Ils furent plus tard remplacés par les deux autre fils d'Aaron : Eléazar et Ithamar. Eléazar signifie : «Le Dieu puissant a secouru», et les racines du nom Ithamar peuvent vouloir dire : «qui désire être redressé», comme un disciple, ou encore : dressé comme un palmier, ou peut-être comme une croix. Tout feu de l'esprit qui ne provient pas de la mort sacrificielle de Jésus Christ et de sa résurrection est assimilable à un feu étranger. Il nous est interdit d'intégrer un tel feu à notre adoration et à notre service. Souvenez-vous de cela lorsque vous entendrez un prédicateur «appeler le feu» d'une voix tonitruante sur une personne ou sur une assemblée. Le vrai feu ne tombe pas du ciel sur notre ordre, mais il accompagne ceux qui adorent Dieu en Esprit et en Vérité et qui marchent avec lui avec humilité et un profond respect. «Les justes croissent comme le palmier, Ils s’élèvent comme le cèdre du Liban. Plantés dans la maison de l’Éternel, Ils prospèrent dans les parvis de notre Dieu; Ils portent encore des fruits dans la vieillesse, Ils sont pleins de sève et verdoyants, Pour faire connaître que l’Éternel est juste. Il est mon rocher, et il n’y a point en lui de méchanceté». Ps. 92:13-16.

 

La Bible Extravagante.

Galates 5:21 nous met en garde contre l'ivresse et contre toute forme d'excès, mais précise au verset 22 : «Le fruit de l’Esprit c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté, la fidélité, la douceur, la maîtrise de soi». Je suis récemment tombé sur une nouvelle traduction de la Bible en anglais que je nommerai ici: la Bible extravagante. Les personnes qui connaissent cette Bible la reconnaîtront. L’écrivain a déclaré qu’il ne souhaitait pas faire de cette interprétation, une bible d'étude, mais qu'il espérait simplement par de nouveaux mots et par de nouvelles tournures de phrases, donner vie au Nouveau Testament pour deux catégories de personnes: celles qui n’avaient pas lu la Bible parce qu’elle leur semblait trop éloignée de la vraie vie et sans pertinence, et celles qui avaient tellement lu la Bible qu’elle était devenue pour elles une vieille habitude. En soi, c'est toujours une excellente idée de vouloir creuser le texte original pour y découvrir les gemmes et les pépites enfouies. Mais un soin particulier doit être apporté pour ne pas biaiser le sens de ce que Dieu dit. Le mot extravagance est utilisé trente-quatre fois dans cette Bible, et sonne plutôt bien dans le contexte. Mais ce qui m'inquiète, c'est que le mot n'apparaisse dans aucune autre traduction de la Bible. D’ailleurs, je n’ai pas pu trouver le mot ou le concept original qu'il traduirait. Le mot extravagance vient des racines latines extra-vagari, et signifie «errer au-delà». Les synonymes de ce mot incluent: errance, licence, dépense, excès, démesure, prodigalité, absurdité, luxe. Je suis sûr que l’écrivain n’avait pas l’intention de mettre en avant ces significations, mais qu'il voulait plutôt qualifier la dépense inconsidérée d’amour et tout l'investissement de Dieu à notre égard. Jésus lui-même nous demande d'être dans un sens, «extravagants» dans notre engagement envers les autres, lorsqu'il dit: «Si quelqu'un te demande de faire un kilomètre avec lui, fais en deux». Cependant, il est dangereux d'instiller dans l'esprit de personnes qui ne sont pas toujours aussi solidement enracinées en Dieu qu'on pense l'être soi-même, un concept étranger à la Bible. Dans 1 Corinthiens 10, Paul énumère de nombreuses chutes, vécues par d'authentiques frères et sœurs en Moïse, et il dit: «Tous ces événements leur sont arrivés pour nous servir d’exemples. Ils ont été mis par écrit pour que nous en tirions instruction, nous qui sommes parvenus aux temps de la fin. C’est pourquoi, si quelqu’un se croit debout, qu’il prenne garde de ne pas tomber». «Fuyez l'idolâtrie». Notre service envers les autres peut facilement devenir une forme d'idolâtrie, tout comme un style de vie extravagant. Si la Bible est austère à certains égards, ce pourrait être pour de très bonnes raisons. Dans sa première lettre, Pierre nous exhorte par trois fois à rester sobres, car notre adversaire le diable est comme un lion rugissant, cherchant à nous dévorer. Pierre dit que nous devrions être sobres, c'est à dire fixés sur l'essentiel, et qu'il nous faut sans cesse prier afin de ne pas devenir ses proies. Lorsque vous êtes en guerre, vous devez vous discipliner et voyager léger afin de rester alertes et pouvoir réagir rapidement et efficacement aux offensives ennemies. Si les gardes errent dans les champs ou s'ils vont chasser au-delà des murs de protection, ils se mettent en danger, et l'ennemi peut aussi profiter de leur manque de vigilance pour s'infiltrer dans le camp et y causer des dommages considérables.

L'auteur du Livre aux Hébreux énumère quelques points fondamentaux de la doctrine chrétienne. Le premier point qu'il mentionne dans le chapitre 6, est le renoncement aux œuvres mortes. Mais qu'est-ce qu'une œuvre morte? Il s'agit de toute action qui n'est pas motivée et habitée par l'Esprit de Vie. Prendre soin des autres fait partie intégrante de notre foi chrétienne. Le bon samaritain s'est arrêté auprès du blessé et il a lavé et pansé ses plaies. Mais ensuite, il l'a confié à un aubergiste et il a continué sa route. C'est ce que Jésus a fait pour nous, et c'est aussi ce qu'il attend de nous. «Le vent souffle où il veut, tu en entends le bruit, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour quiconque est né de l’Esprit». Les oeuvres mortes sont le fruit de l'intelligence et des sentiments humains. Paul dit, dans 1 Corinthiens 3, que l'on peut construire sur le fondement qui est Christ avec différents matériaux. On peut bâtir avec de l'or et des pierres précieuses —les dons spirituels—, ou alors avec le bois et le chaume de nos ressources tout humaines. En se substituant à l’expression d’une identité et d'une créativité individuelles, nos cultures nationales, ethniques, sportives, artistiques ou religieuses, sont des oeuvres mortes. Dans le cheminement de la vie chrétienne, il est facile de se perdre dans l'activisme, ou dans le légalisme, dans le mysticisme, ou le traditionalisme, la liturgie, le biblicisme, le social, les représentations et le symbolisme, la musique et l'iconographie, la communication avec les moyens du monde, et dans la pauvreté comme dans le faste et l'abondance. L'Eglise déploie des moyens parfois considérables, pour des oeuvres qui sont du bois et du chaume pour le jour de l'épreuve dernière. Ces choses par lesquelles nous pensons agrémenter notre vie chrétienne, parce qu'en réalité nous sommes rétrogrades, sont des œuvres mortes. Or, «les mouches mortes infectent et font fermenter l'huile du parfumeur. Un peu de folie l'emporte sur la sagesse et sur la gloire» a dit un sage de la Bible. … Ce sage aurait bien fait de se souvenir de sa sagesse. Car Salomon, non satisfait d'être sage et d'être roi, voulut encore éclipser la gloire des plus grands de ce monde. Entraîné par les extravagances de ses bien trop nombreuses épouses et concubines, il fut bientôt saisi par l'esprit même de l'antéchrist.

J'avais été séduit par la perspicacité des enseignements d'une église d'outremer. Bien que cette église ne fasse aucun secret du mot extravagance, elle semblait ne pas avoir été atteinte par la félonie qui caractérise certaines églises branchées, notamment californiennes. Mais lors de leur récente célébration pascale, une image subliminale faisant apparaître la croix à l'intérieur d'un triangle mit une fin brutale à mes illusions… Je ne suis pas certain que les chrétiens soient toujours conscients de la signification des symboles qu'ils revendiquent. La symbolique est un domaine qui nous dépasse. Certains veulent voir dans le triangle, la représentation du Mont Sion. Mais qu'est-ce que le Mont Sion? L'étoile de David ou sceau de Salomon, le pentacle, le triangle, comptent en réalité parmi les symboles dont l'origine est très ancienne et qui sont les signes de ralliement des organisations occultes et des esprit du mal qui les patronnent. Vouloir enfermer Dieu dans un concept est inapproprié, et ceux qui le font ont comme objectif de s'en servir pour dominer sur les autres. La croix, par laquelle certains d'entre nous ont choisi de représenter leur foi dans le Christ, pourrait avoir une signification parallèle qui leur échappe. Même le nom de Jésus est une traduction très imparfaite du nom du Messie des Juifs, puisqu'il correspond en réalité à un sobriquet chargé de malédictions que lui avaient donné ses opposants. «Adultères que vous êtes! ne savez-vous pas que l'amour du monde est inimitié contre Dieu?» «Dieu ne tolère aucun rival de l’Esprit qu’il a fait habiter en nous», nous dit Jacques, celui qui avait grandi près de Jésus. Dans sa grande sagesse, Dieu nous a demandé de ne nous faire de représentation d'aucune sorte, de peur que ces symboles ne nous rapprochent de ceux qui le haïssent. Le nom de Dieu reste un secret que les Juifs orthodoxes n'osent pas prononcer. Le seul moyen dont nous disposions pour nous faire une idée de qui est Dieu, c'est la trame de la parole qu'il a jugé bon de nous révéler. La Bible est une lettre personnelle qu'il nous adresse. Cette lettre nous transmet un certain sens de l'identité de Dieu, et cette lettre d'amour nous met également en garde contre toute façon d'idolâtrie. Il est dangereux de vouloir ressembler à d'autres et d'adopter leur langage iconographique, leurs expressions et leurs concepts, par mimétisme. Je prie que les yeux de certains s'ouvrent sur le danger des alliances interdites. Le temps viendra où nous pourrons nous détendre et nous réjouir, et pourquoi pas, faire preuve d'un peu d'extravagance. Mais pour le moment, et ceci devrait durer jusqu'au changement de gouvernance, nous sommes au milieu d'une fournaise, comme nous en sommes prévenus dans cette lettre d'amour. Jésus nous a promis sa joie, même dans les épreuves. Mais pour vivre l’Évangile miraculeux de Jésus Christ et ne plus nous cantonner dans des semblances d'évangile, nous devrions renoncer à nous consoler dans ces activités mortes et faire en sorte d'être constamment remplis du Saint-Esprit. Lorsqu'il a dit à Moïse: «Je suis Celui qui suis», Dieu lui a révélé, et pour les générations futures, ce que nous devrions être nous aussi. Ceci n’a rien à voir avec ce que certains appellent: «l’éveil de la conscience». Mais si nous demeurons dans le Tout Puissant et si sa parole habite en nous, que demander de plus? En Lui nous avons tout. Notre joie, même dans les situations les plus ingrates, glorifiera notre Père Céleste.

 

Le garde-fou d'une parole et d'une responsabilité partagées.

Il y a dans certaines églises branchées, un esprit qui se manifeste par beaucoup d'agitation et de bruit. Avez-vous vu ces vidéos montrant des chiens rigolos qui poursuivent inlassablement leur queue? Je ne peux m'empêcher de voir en certains prédicateurs contemporains, des agités. La Bible est à peine citée avant que leurs discours ne fusent dans toutes les directions, comme si leurs paroles devaient frapper plus vite que nous ne serons capables de les esquiver. Il leur faut sans cesse motiver les troupes, et surtout, ne pas laisser le soufflé retomber—on sent que les cours de management d'entreprises sont passés par là. Mais que reste-t-il de leurs discours lorsque les gens sont rentrés chez eux? Notre réaction naturelle face à la pression est l’envie de ne plus y penser et de n'en faire qu'à notre tête. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : les statistiques montrent que pour cent personnes qui se convertissent au cours de leurs campagnes, moins d'une dizaine vont vouloir persévérer. Une sagesse populaire voudrait que la parole soit d'argent et que le silence soit d'or. Mais la Bible dit que «comme des pommes d'or sur des ciselures d'argent, ainsi est une parole dite à propos». Je remercie Dieu pour les micros. Mais Jésus ne faisait pas vibrer les foules dans des salles aux murs peints en noir en les haranguant à travers les mégawatts des amplis. Pouvez-vous imaginer Jésus, mitraillant ses béatitudes de cette façon? Jésus emmenait les gens au soleil de la vraie vie. Et là, il leur parlait des oiseaux, des lis des champs, des figuiers, du blé, de la vigne, du travail et des soucis du quotidien. Il prenait les enfants sur ses genoux, il se penchait sur les estropiés, il touchait les aveugles et les malades. Il prenait à partie les scribes dans leurs bastions, ou félicitait un passant pour sa répartie. Et les gens qui voyaient cela pouvaient apprendre par son exemple. Ils glorifiaient Dieu en découvrant la bonté et la sagesse de son fils. «Je vous donne ma paix», a dit Jésus. «Mais je ne la donne pas comme le monde la donne». La paix selon Jésus, c'est quand l'amour paisible qu'on ressent au-dedans de soi parce que la Parole habite nos coeurs nous permet de nous sentir bien ensemble sans qu'on ait besoin de faire de longs discours. En nous donnant son Esprit, Jésus a fait de nous un peuple de prophètes.

Un homme de Dieu que je respecte avait dit un jour: «Le problème qu'on rencontre dans beaucoup d'églises, c'est que ceux qui devraient écouter ne peuvent pas s'arrêter de parler tandis que ceux qui devraient prendre la parole n'ont pas la possibilité d'apprendre à le faire». Il y a la peur de la page blanche, mais il y a aussi cette logorrhée qui jaillit comme un automatisme afin de repousser la peur du silence, alors qu'on devrait peut-être simplement lâcher prise. Prendre la parole, c'est un peu prendre le pouvoir. Il est ensuite difficile de la rendre… Jésus a dit  : «Que votre parole soit oui, oui, non, non. Ce qu'on y ajoute vient du malin». Il a dit aussi : «En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas; car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez». Quiconque prend la parole dans l'église devrait s'imaginer que Jésus est assis là, au premier rang, et qu'il lui prête toute son attention. Quiconque parle de la part de Jésus devrait être conscient de sa présence à ses côtés. Je pense que Jésus aime les boute-en-train. Sans un peu d'humour, la vie serait triste et monotone. Mais il y a dans les églises beaucoup trop de propos vides ou purement humanistes et d'autres qui se veulent sérieux mais ne font que nourrir un esprit d'indépendance. Même si peu serons prêts à l'admettre, beaucoup d'entre nous allons à l'église parce que nous ressentirions la montée d'une certaine anxiété si nous perdions cette habitude. Cependant, si nous ne cherchions en Dieu qu'un moyen de calmer nos angoisses existentielles, nous donnerions raison à Karl Marx lorsqu'il affirmait : «la religion est l'opium du peuple et l'abolition de la religion en tant que bonheur illusoire est l’exigence que formule un bonheur réel». Mais nous savons que le matérialisme ne nous avancera pas davantage. Tout homme qui n'est pas habité par la parole de Jésus finira par ressentir le vide lorsqu'il aura fait le tour des utopies et que le bruit de ses occupations se sera tu.

«Tribulation et angoisse sur toute âme d'homme qui pèche. Gloire, honneur et paix pour quiconque fait le bien», dit Paul dans Romains 2:8-10. Alors, moi aussi je me rends à l'église en espérant m'en trouver bien. Le prédicateur se sera levé ce matin-là avec ses propres préoccupations auxquelles se sera ajoutée la pression d'un programme qu'il va devoir honorer. Parler devrait lui permettre de calmer ses affres. «La bouche parle de l'abondance du coeur» dit un proverbe. Plus elle parlera et plus elle sera persuasive, plus l'homme pensera maîtriser la situation et plus il se sentira justifié. La parole, comme l'activité, servent de refuge illusoire lorsqu'il y a trop d'agitation dans la maison. Voici quelques citations du monde au sujet de l'angoisse : «Si je savais pourquoi je suis si angoissé, je ne serais pas si angoissé» Mignon MacLaughlin. «Ecrire, c'est se gratifier d'un supplément d'angoisse» Robert Sabatier. «L'angoisse maintient son emprise sur nous tant que nous la laissons nous intimider» Bertrand Russel. «Dans ce monde, l'on n'a que la terreur pour se défendre contre l'angoisse» Louis Scutenaire. Commençons-nous à réaliser à quel point nos vies et nos activités sont régies par des peurs —peur de manquer, peur de faillir, peur de ne pas être à la hauteur, peur du vide, peur de la solitude, peur des autres, peur d'être abandonné, peur de la peur, peur de l'angoisse, peur de faire une crise d'angoisse?…

La peur nous est enseignée dès notre plus jeune âge : Ne touche pas. Ne prends pas. Ne pleure pas. Ne crie pas. Ne sors pas. Suivront bientôt la peur du livret scolaire, celle de ne pas pouvoir accéder à un emploi, la peur du chef et du patron, le service militaire qui amène à cette peur de l'autorité justifiée par la menace d'une invasion. Puis la peur d'une récession économique, la peur des bouleversements climatiques, peur de la vieillesse, de la précarité, peur de la maladie et du cancer, peur de vivre, peur de mourir, peur de l'enfer. Ou encore : les peurs imaginaires inventées par l'industrie cinématographique et qui nourrissent d'innombrables névroses… Peur des riches, peur des pauvres, peur des Juifs, peur des Arabes : les peurs «bouc-émissaire» sont l'arme suprême des tyrans et des dominateurs. Il semble que dans cette vie, tout soit de nature à nous faire peur. Et il s'avère que, que ce soit dans les milieux économiques, politiques et militaires, dans la propagande religieuse, dans la publicité comme dans les assurances, dans le divertissement, et bien sûr dans la médecine, tout est pensé dans le but de calmer nos craintes, parfois simplement en créant d'autres peurs qui vont nous faire oublier celles auxquelles nous ne pouvons rien changer. La médecine a inventé toutes sortes de termes pour des pathologies qui découlent d'un mal unique : l'ennui. Parce qu'il est un lieu où les mensonges du monde vont s'introduire par toutes les failles de notre être, l'ennui est l'antichambre de la mort. Lorsque mon coeur est trop seul et qu'il subit les assauts d'angoisses indicibles, mes pensées vont plonger dans un puits de pessimisme ou de morosité et mon esprit affaibli ne pourra plus me protéger, que ce soit des maux ou simplement des mots. Les substances et les médicaments procureront l'illusion que je suis hors d'atteinte, mais en réalité ils vont sceller la trappe. … L’antidote à ces poisons de l'âme n’est autre que la voix de Dieu qui parle à mon coeur. Oui, le monde peut être effrayant pour des fourmis abandonnées à elles-mêmes. L’univers est effrayant ! Pensez : il n'existe qu'une poussière —un atome à l'échelle d'un univers gigantesque—, où une fine atmosphère permet la vie! Partout ailleurs gravitent d'ardentes fournaises qui se déplacent sans bruit dans la solitude glaciale d'un espace intersidéral colossal. A l'échelle de cet univers, notre Terre est si minuscules que le battement intempestif d'une aile d'ange suffirait à faire basculer l'homme et toute son industrie dans le néant. L'homme est d'ailleurs en train d'abattre l'arbre qui le nourrit. Sans son attache au Tout-Puissant, l'homme ne vaut guère plus qu'un pet de puceron. «L'homme naît pour souffrir, comme l'étincelle pour voler», dit Job. «Une voix dit : Crie! –Et il répond: Que crierai-je? Toute chair est comme l'herbe, Et tout son éclat comme la fleur des champs. L'herbe sèche, la fleur tombe, Quand le vent de l'Éternel souffle dessus. –Certainement le peuple est comme l'herbe : L'herbe sèche, la fleur tombe; Mais la parole de notre Dieu subsiste éternellement». Ésaïe 40:6-8.

 

Qu'il n'en soit pas ainsi parmi vous.

«Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie? Si donc vous ne pouvez pas même la moindre chose, pourquoi vous inquiétez-vous du reste? Considérez comment croissent les lis: ils ne travaillent ni ne filent; cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux. Si Dieu revêt ainsi l'herbe qui est aujourd'hui dans les champs et qui demain sera jetée au four, à combien plus forte raison ne vous vêtira-t-il pas, gens de peu de foi? Et vous, ne cherchez pas ce que vous mangerez et ce que vous boirez, et ne soyez pas inquiets», nous dit Jésus.

Oui me direz-vous. Mais, entre Jésus qui nous dit que nous devrions être comme les oiseaux qui se nourrissent des graines que Dieu dissémine à leur intention le long du chemin, et Paul qui nous avertit que si nous ne travaillons pas, nous ne devrions pas manger non plus, peut-on naviguer dans un juste milieu? Je m'imagine que dans sa parabole des lis des champs, Jésus ne parle pas essentiellement de nos contingences terrestres, même si celles-ci vont découler de ce qu'il tient à préciser. Je crois que ses paroles font référence à ce domicile céleste que Paul mentionne dans 2 Corinthiens 5, et que nous nous bâtissons—ou pas—au cours de notre vie sur terre, ce corps dont Dieu nous revêtira lorsque nous aurons quitté notre corps terrestre. La fibre du vêtement glorieux—la substance de ce corps éternel—, c'est ce que mentionne Ésaïe dans le passage cité plus tôt : la Parole de Dieu. Parole et Esprit sont indissociables. Paul dit aux Romains : «Le Royaume de Dieu, ce n'est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint Esprit». Jésus nous enseigne que si nous nous attachons à la quête qu'il nous propose —celle qui consiste à nous revêtir de sa connaissance, et donc de la présence de Dieu par le Saint Esprit—, nous n'aurons plus à nous préoccuper du reste, puisque cette présence qui est aussi sagesse nous fournira une identité et qu'elle saura en même temps nourrir et revêtir notre corps naturel aussi longtemps que nous aurons besoin de lui. Lorsque nous aurons compris que notre sécurité ne réside pas dans ce monde, mais qu'elle s'obtient en prime avec notre nouvelle identité, nous pourrons dire «halte!» aux angoisses et nous n'aurons plus à dépendre de ceux qui font commerce d'exorciser la société de ses peurs.

Comme nous le savons aussi, le monde et l'église sont gouvernés par des organisations pyramidales fonctionnant sur le principe d'une hiérarchie gouvernante et d'une distribution déléguée de l’autorité. Les systèmes démocratiques fonctionnent selon ce même principe. L‘homme étant ce qu'il est, il serait sans doute impossible d'atteindre une certaine cohésion sans cette forme de contrainte, quoi qu'en pensent les anarchistes. Mais Jésus, après avoir partagé le pain et la coupe, parla solennellement à ses disciples. Ecoutez ce qu'il dit : «Les rois des nations dominent leurs peuples, et ceux qui exercent l’autorité sur elles se font appeler leurs «bienfaiteurs». Il ne faut pas qu'il en soit ainsi parmi vous. Au contraire, que le plus grand parmi vous soit comme le plus jeune, et que celui qui gouverne soit comme le serviteur. A votre avis, qui est le plus grand? Celui qui est assis à table, ou celui qui sert? N’est-ce pas celui qui est assis à table? Eh bien, moi, au milieu de vous, je suis comme le serviteur». Luc 22. Jésus reconnait la nécessité d'une certaine hiérarchie, mais il renverse la pyramide. La pointe de la pyramide se trouve désormais tout en bas et elle soutient le reste de l'édifice, qui lui-même porte sa base et l'élève vers le ciel. Et c'est exactement ce que fait le Saint-Esprit pour l'église. Et c'est aussi ce que devrait signifier, avoir des responsabilités dans l'église. Une telle organisation doit permettre à chacun d'occuper la place que Dieu lui a attribuée, et de s'épanouir au service des autres, sans se sentir contenu ou utilisé. Et lorsque l'église est bâtie de cette façon, elle est forte par Celui qui la porte toute entière, et capable d'atteindre le but que Jésus lui a fixé dans Matthieu 16. Le Saint-Esprit et la parole de Dieu écrite dans la Bible sont indissociables. Une église forte est établie sur ce rocher qu'est la révélation de Jésus, le Verbe de Dieu, au sein d'elle-même.

 

C'est dans le calme et la confiance que sera votre force.

«Le Fils est le rayonnement de la gloire de Dieu et la représentation exacte de son être», et le Saint-Esprit est l'Esprit de Jésus, nous dit la Bible. Jésus m'est apparu un jour. Pas comme le représentent les images pieuses, mais sous sa forme glorifiée —une expérience unique que je ne suis pas près d’oublier. Lorsque, tel mille soleils, son regard s'est posé sur moi, j'ai été comme transpercé, sondé dans des profondeurs dont je ne soupçonnais pas l'existence. J'étais un jeune converti, j'avais voulu m'approcher de Dieu et j'ai pris peur en réalisant mon audace et le péché qui habitait encore mon coeur. Mais si je m'étais livré à sa présence au lieu de mettre un terme à cette vision, mon cœur et mes résistances auraient fondu comme de la glace emportée dans un courant d'eau chaude, et cette rivière serait probablement devenue un fleuve d'eau vive coulant à travers moi. Lorsque nous sommes dans le Saint-Esprit, tout s'arrête, et tout reprend mais d'une façon différente. Les choses de l'homme cèdent au divin. «Il est un fleuve dont les courants réjouissent la cité de Dieu, le sanctuaire des demeures du Très-Haut. Dieu est au milieu d’elle: elle n’est point ébranlée; Dieu la secourt dès l’aube du matin… Arrêtez, et sachez que je suis Dieu: Je domine sur les nations, je domine sur la terre», dit Dieu dans le Psaume 46. Arrêtons nos raisonnements, nos élucubrations, notre louange égocentrique, et comprenons qu'il y a un Dieu, là, juste à côté de nous. Ce Dieu attend que nous ayons faim de vérité et que nous venions à lui, c'est tout. La femme samaritaine était venue puiser à l'heure où elle était à peu près sûre de ne rencontrer personne. Pourtant, au puits quelqu'un l'attendait et quelques mots prononcés par cette personne allaient tout changer. Son cœur ayant été dévoilé, celle qui se cachait aux yeux des autres se précipita alors en ville pour évangéliser, et tous la suivirent pour voir celui dont elle parlait avec une si grande conviction. «Il m'a dit tout ce que j'ai fait. Ne serait-il pas le Christ?» Alors bien sûr, une génération a grandi avec une console de jeu dans une main et un smartphone dans l'autre… Nous ne pouvons pas rester plus de dix secondes dans le silence sans ressentir le vide et nous sentir mourir par manque de stimulations neuronales. Nous lisons cependant dans Ésaie 30 : «Car ainsi parle le Seigneur, l’Éternel, le Saint d’Israël: C’est si vous revenez à moi, si vous restez tranquilles, que vous serez sauvés, c’est dans le calme et la confiance que sera votre force! Mais vous ne l’avez pas voulu et vous avez dit: «Non, nous fuirons à cheval! » Eh bien: Oui, vous fuirez! Vous avez ajouté: «Nous irons sur des chars rapides! » Eh bien! Vos poursuivants seront rapides, eux aussi!…Et pourtant, l’Éternel attend le moment de vous faire grâce». Paul dit que l'Esprit que Dieu nous a donné est un esprit de «sophronismos». Ce mot grec habituellement traduit par sagesse signifie: discipline, maîtrise de soi, tempérance et modération. Mes amis, apprenons à distinguer la voix de Dieu au milieu du brouhaha du monde. Elie, après avoir expérimenté le vent et la tempête, le feu et le tremblement de terre, l'a reconnue dans un murmure doux et léger. Ésaie a prophétisé sur Jésus en disant: «Voici mon serviteur que j'ai choisi, Mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui, Et il annoncera la justice aux nations. Il ne contestera point, il ne criera point, Et personne n'entendra sa voix dans les rues. Il ne brisera point le roseau cassé, Et il n'éteindra point le lumignon qui fume, Jusqu'à ce qu'il ait fait triompher la justice. Et les nations espéreront en son nom». Jésus nous a dit une chose qui n'a pas tellement plu aux religieux: Il a dit que notre Père nous aime. Un père parle avec douceur et il donne de bonnes choses à ses enfants. L'Esprit de Jésus ne nous contraindra jamais. Il ne s'emparera pas de nous et jamais il ne suggérera que nous simulions une onction spirituelle ou singions les attitudes d'un groupe. Il ne nous humiliera pas en nous jetant à terre, à moins que nous venions contre lui en armes. Il ne nous mettra pas un scorpion dans la main, ou un serpent dans la colonne vertébrale. Mais il sera en toute circonstance ce que son nom indique: Saint, c'est à dire digne d'être aimé car imposant le respect et l'honneur par sa seule Présence. Toutes ses initiatives auront un sens et elles conduiront à glorifier le Père et Seigneur Dieu Tout Puissant, dans et à travers notre vie.

 

Avoir la joie, mais sans l'ivresse.

La leçon à tirer, c’est peut-être de ne pas rechercher une onction particulière auprès des hommes, mais de rechercher Jésus. De ne pas rechercher les frissons et l'effet de groupe, de ne pas aspirer à revêtir le «manteau» d'hommes de Dieu vivants ou décédés—toutes ces choses sont de l'idolâtrie et Dieu les considère comme détestables. De ne pas rechercher non plus une ivresse, mais de rechercher une relation plus profonde, plus engagée et plus sainte avec le Fils de Dieu qui est aussi le Verbe exprimé dans la Bible. Son Saint-Esprit avec nous et en nous est une grâce qui agit avec une puissance sans limite, autres que les restrictions que nous imposons à Dieu en nous les imposant à nous-mêmes. Mais il y a dans les églises dites charismatiques, un énorme problème qui à mon avis trouve son origine dans une mauvaise interprétation du récit de la Pentecôte. Lorsqu'ils furent remplis du Saint-Esprit, les disciples étaient dans un tel état d'excitation et de jubilation que les gens qui les aperçurent se moquèrent d'eux, les accusant d'être ivres. Être joyeux et déshinibés en dépit de la morosité d'un monde qui ne voit que des raisons de se lamenter, peut faire croire à certains que ces gens ont pris des substances. Mais en réalité, personne n'était ivre au jour de la Pentecôte, pas même ivre dans l'esprit. Les gens étaient simplement joyeux et audacieux ! Pierre prit la parole et dit: «Ecoutez-moi bien, vous qui habitez la Judée et vous tous qui séjournez à Jérusalem: comprenez ce qui se passe. Certains d’entre vous insinuent que ces hommes seraient ivres. Pas du tout! Il est à peine neuf heures du matin! Mais maintenant se réalise ce qu’avait annoncé le prophète Joël: Voici ce qui arrivera, dit Dieu, dans les jours de la fin des temps: Je répandrai de mon Esprit sur tout le monde. Vos fils, vos filles prophétiseront, vos jeunes gens, par des visions, vos vieillards, par des songes, recevront des révélations». Recevoir le baptême dans le Saint-Esprit, c'est comme marcher sur la terre en ayant notre esprit branché sur le ciel. Paul dit dans 1 Thessaloniciens 1:6: «Et vous-mêmes, vous avez été mes imitateurs et ceux du Seigneur, en recevant la parole au milieu de beaucoup d’afflictions, avec la joie du Saint-Esprit, en sorte que vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants de la Macédoine et de l’Achaïe». Paul les prend en modèle car dans leurs épreuves, ils ont gardé la parole et la joie du Saint-Esprit. «Car le royaume de Dieu, ce n'est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint Esprit». Le mot enthousiasme vient des racines en-theos «Dieu en nous, ou nous en Dieu». Dieu ne conçoit pas la morosité. Dans Néhémie 8:10, nous lisons: «Ne vous affligez pas, car la joie de l’Éternel sera votre force.» Mais certains, sous l'inspiration de celui dont nous savons qu'il cherche à ridiculiser Dieu, ont voulu nous faire croire, et ceci depuis longtemps, que le signe du baptême dans le Saint-Esprit est une expérience invasive, hilarante et enivrante. Alors, où est passée cette colombe simple et pure qui descendit sur Jésus? Au sein du Pentecôtisme américain, le mouvement “Word of Faith”, dont la dérive n'est plus à prouver, fait appel à des forces capables de projeter une personne à plusieurs mètres et de la maintenir clouée au sol par des décharges de courants électriques, comme en témoigne ici Todd White. Quel rapport peut-il y avoir entre ces démonstrations de force et l'amour de Dieu pour les hommes?… Quant aux évangélistes de cette Nouvelle Réforme Apostolique fondée sur la théologie de Charles Peter Wagner, ils insistent sur la nécessité de supplier le Saint-Esprit d'entrer en nous et de nous posséder. Possédés par le Saint-Esprit?… Plusieurs vidéos montrent ce qui se passe au sein du mouvement Bethel et comment Heidi Baker et d'autres, sous la supervision de l'apôtre Bill Johnson, transmettent ces “onctions spirituelles” aux jeunes qui sont sous leur responsabilité. Nous y voyons les jeunes qui donnent accès à cet esprit, perdre tous leurs moyens et se contorsionner au sol comme des ivrognes ou comme des animaux agonisants en prononçant parfois des mots blasphématoires… Résister ou contester cette compréhension du baptême dans l'esprit revient pour ces gens à mépriser le Saint-Esprit. C'est effrayant ! Voir avec quelle facilité les gens peuvent être trompés a de quoi nous inquiéter, surtout lorsque l'on sait que le phénomène est en pleine expansion. Dans les années 60, une belle utopie religieuse s'est emparée de plus de deux millions d'américains. Usant de tous les subterfuges, le prédicateur pentecôtiste Jim Jones fascina ses adeptes, au point qu'en 1978, 914 d'entre eux se donnèrent la mort ou furent abattus sur son ordre dans une forêt du Guyana. Mais qu'aurait Jésus à nous dire de ces mouvances prétendument chrétiennes?

 

Le blé ou le chemin étroit, et l'ivraie ou la voie large.

«Entrez par la porte étroite. Car large est la porte et spacieuse est la route qui mènent à la perdition. Nombreux sont ceux qui s’y engagent. Mais étroite est la porte et resserré le sentier qui mènent à la vie! Qu’ils sont peu nombreux ceux qui les trouvent!», a dit Jésus. Et Paul a dit à Timothée : «Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi (en Jésus) pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons.» 1 Tim 4. L'église chrétienne a de tous temps été partagée sur certaines questions. Mais désormais, des influences contradictoires se côtoient et se mêlent, non seulement au sein des communautés, mais dans l'esprit même d'un chrétien. Cette situation devenue inextricable est une malheureuse illustration de la parabole de l’Évangile de Matthieu : «Jésus leur proposa une autre parabole, et il dit: Le royaume des cieux est semblable à un homme qui a semé une bonne semence dans son champ. Mais, pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema de l'ivraie parmi le blé, et s'en alla (l'ivraie est une plante herbacée dont la consommation provoque des nausées d'ivresse en raison d'une moisissure qui contamine ses graines). Lorsque l'herbe eut poussé et donné du fruit, l'ivraie parut aussi. Les serviteurs du maître de la maison vinrent lui dire: Seigneur, n'as-tu pas semé une bonne semence dans ton champ? D'où vient donc qu'il y a de l'ivraie? Il leur répondit: C'est un ennemi qui a fait cela. Et les serviteurs lui dirent: Veux-tu que nous allions l'arracher? Non, dit-il, de peur qu'en arrachant l'ivraie, vous ne déraciniez en même temps le blé. Laissez croître ensemble l'un et l'autre jusqu'à la moisson, et, à l'époque de la moisson, je dirai aux moissonneurs: Arrachez d'abord l'ivraie et liez-la en gerbes pour la brûler, mais amassez le blé dans mon grenier.» Matthieu 13. «Je vous le dis, en cette nuit-là, de deux personnes qui seront dans un même lit, l'une sera emmenée et l'autre laissée; de deux femmes qui moudront ensemble, l'une sera emmenée et l'autre laissée. De deux hommes qui seront dans un champ, l'un sera emmené et l'autre laissé. “Où Seigneur”, demandèrent-ils? Il répondit: “Partout où un cadavre sera abandonné, s'assembleront les aigles”». Luc 17.

 

Le Sang de l'Agneau: notre seule garantie.

Comment cet ennemi de Dieu a-t-il pu semer, dans l'église, une herbe étrangère qui de loin ressemble à du blé mais dont la récolte ne produit rien pour le grenier de Dieu, et qui désormais remplit le champ en dérobant le cœur de tant de braves gens qui se revendiquent pourtant comme étant engagés envers Dieu ? — L’église dormait… Réveillons-nous à la chose véritable ! Si un ersatz de réveil peut être aussi démonstratif, combien plus glorieux sera le véritable réveil ! Suivre Jésus est à la fois la chose la plus simple et la plus exigeante. Je me suis longtemps achoppé à ces paroles du livre de l'Apocalypse, dans lesquelles sont mentionnés ceux qui participeront au règne de Jésus. Il y est écrit qu'ils ont vaincu le diable, l'accusateur, «à cause du sang de l'agneau et de la parole de leur témoignage, et parce qu'ils n'ont pas aimé leur vie jusqu'à craindre la mort». En bref, ils n'auront peut-être rien accompli de très extraordinaire. Mais ils auront su reconnaître Celui qui est la Vérité, et ils lui seront restés fidèles en actes et en paroles, jusqu'à la mort. Et aussi peu que cela puisse paraître, tenir cette position représentera le combat ultime de la fin des temps. Ceci devrait nous faire prendre conscience de l'étendue de la perfidie qui prévaudra. Ayons de l’ambition pour Jésus, mais sachons distinguer les temps et reconnaître les valeurs qui vont faire une différence. Aujourd'hui, de nombreux hommes de Dieu prophétisent que nous devrions nous préparer à un transfert de richesses. Voulons-nous devenir ces “soi-disant” Joseph qui vont sucer les richesses du monde pour eux-mêmes et pour en faire profiter leurs églises? On nous dépeint trop souvent Joseph comme ayant été un philanthrope, alors que ce jeune homme était certes habité par des rêves qui dépassaient le cadre de sa personne, mais il était ambitieux et encore dévoré par le rejet qu'il avait vécu de la part de ses frères. Il n'avait qu'une chose en tête : prendre sur la vie une revanche longtemps attendue en montrant de quoi il était capable. Il allait se servir de l’Égypte et de sa magie à cette fin, quitte à détourner toute sa famille du miracle de la foi en Dieu. Le fameux homme de Dieu, John Graham Lake, qui obtint des guérisons divines par centaines de milliers au début du siècle dernier, a dit : «Etre chrétien est un miracle en soi. Mais lorsqu’un chrétien vit par la raison, il quitte le domaine de Dieu et se tient en territoire ennemi. Nous appartenons au surnaturel et au miraculeux». Joseph a su d'une manière admirable, utiliser ses dons et les outils de persuasion qui font le charisme des politiciens, mais également de certains hommes de Dieu dont nous ferions peut-être bien d'évaluer les méthodes. Dieu a donné à Joseph une récompense selon ce qu'il attendait, parce que Dieu fait justice aux opprimés, et il fallait aussi que ses frères soient punis pour ce qu'ils avaient fait. Les noms des fils de Joseph résument ce que fut sa vie : Manassé signifie “l'oubli du passé”, et Éphraïm signifie “double récompense”. Mais Dieu nous demande justement de ne pas mettre en oubli son alliance qu'il a conclue avec nos pères, ce qui nous conduirait inévitablement à la captivité de l'Égypte, comme Abraham l'avait déjà compris. Et Jésus a dit que ceux qui trouveront leur récompense dans ce monde n'obtiendront rien de plus. Joseph est un type du Christ d'une certaine façon. Mais n'allons pas trop loin dans la comparaison : les richesses dont le Christ a spolié Satan ne se trouvent pas dans ce monde, mais elles sont dans le domaine de l'Esprit. Chercher les richesses du monde est un piège et nous promet bien des tourments, dit l'apôtre Paul, qui dit également aux chrétiens de Corinthe: «Je vous assure, frères et sœurs: le temps est limité. Que désormais ceux qui sont mariés vivent comme s’ils n’avaient pas de femme, ceux qui pleurent comme s’ils ne pleuraient pas, ceux qui se réjouissent comme s’ils ne se réjouissaient pas, ceux qui achètent comme s’ils ne possédaient rien. Bref, que tous ceux qui jouissent des biens de ce monde vivent comme s’ils n’en jouissaient pas. Car le présent ordre des choses va bien vers sa fin».

Alors oui, préparons-nous à un transfert de richesses, mais sachons désirer les richesses qui viennent de Dieu et qui s'accompagnent de la glorieuse liberté des enfants de Dieu. Qui voulons-nous être? Jésus enseigne que dans son Royaume, il existe un large éventail de positions ou de fonctions et qu’il nous appartient dès maintenant de choisir celle à laquelle nous voulons aspirer. Il y a forcément les chiens, les lâches, les ennemis, les opportunistes, les religieux qui se sont approprié la vigne et tous ceux qui aiment et pratiquent le mensonge. Ils seront jetés hors de son Royaume. Il y a ensuite les serviteurs, ceux qui ont compris qu’ils ont tout intérêt à accepter que Jésus le Roi des Rois règne sur eux. Mais ils ne savent pas ce que fait Dieu, et dans le fond, ce que fait leur maître ne les intéresse pas car ils n’ont pas saisi le sens de leur filiation. Et puis il y a justement ces fils, ceux qui ont été engendrés selon l’Esprit de Vérité. Dans le Livre de la Genèse, Dieu dit que chaque arbre produit du fruit portant sa semence. Dieu n'a pas semé un Fils pour récolter des serviteurs. Et ce qu’il y a de bon lorsqu’on est un fils, c’est que notre statut n’est plus variable en fonction de notre efficacité ou de notre maturité. Ce statut nous confère une mentalité de fils, que l’on soit enfant ou homme fait. Dans Romains 18, l’apôtre Paul dit que la révélation des fils de Dieu est attendue avec une grande impatience par toute la création. Dans cette catégorie des Fils, il existe un groupe dont le statut est encore plus enviable: il s’agit des amis de l’époux, des confidents du Roi. Ils accompagnent l’Agneau partout où il va, ils contemplent sa gloire et leur joie est complète. Qui a dit que le christianisme devait être ennuyeux? Le Saint-Esprit n'est pas une force impersonnelle. Le Saint-Esprit est une Personne et cette personne est toute puissante, de même que la Vérité est la personne de Dieu. Pour des raisons évidentes, l'évangile de Satan a toujours placé l'homme au centre de l'univers. Les fils de Dieu quant à eux ne se battent pas pour eux mêmes mais ils arborent une bannière. Ils ont un nom écrit sur leur front et ce nom est Admirable. On comprendra que le règne de Dieu ne se limite pas à un prétendu éveil spirituel accompagné de phénomènes étranges—nuée, poussière d'or, plumes d'anges, onctions collectives à caractère impur et déroutant. Rechercher ces choses comme d'autres ont recherché les apparitions à une époque est dangereux et ne fait que renforcer la notion d'un évangile centré sur l'homme et non sur le Christ. «Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez prudents comme les serpents et purs comme les colombes», a dit Jésus. Ces signes, ces phénomènes et ces apparitions pourraient très bien être suscités par des forces occultes pour tromper ceux qui recherchent ces choses. C'est de la poudre aux yeux destinée à séduire les gens simples. Parce que la question ultime, celle que Jésus — l’Époux — nous posera est celle-ci : T'es-tu laissé distraire de la relation filiale que je t’avais destinée par des personnalités charismatiques, séduisantes, que tu m’as substituées et qui t’ont égaré? Ou t'es-tu au contraire attaché à moi qui suis la seule Vérité, parce que tu m'aimais plus que tout?  — Jésus nous rappelle que les règles qui prévalent dans le mariage sont celles qui vont préserver la sécurité de notre relation avec Lui. Par conséquent, examinons chaque chose à la Lumière de la Bible, et retournons à Jésus seul.

 

D'autres passages des Écritures comprennent: Lévitique 10:1-6, Deutéronome 13, Matthieu 7, Matthieu 12:22-35, Matthieu 16:10, Actes 20:28-32, Galates 1:8-9, 2 Thessaloniciens 2, 2 Timothée 3, 2 Pierre 2, Jude 3,4, Apocalypse 22:18-28.

 

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