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Le vin nouveau.


La foi est de nature beaucoup plus humble et spontanée, que cette contrainte religieuse, bien trop présente dans la tradition chrétienne.[51] Il ne s'y trouve aucune place pour la suprématie politique d'une nation sur une autre, d'une race, d'une église, d'une condition sociale ou d'un genre par rapport à l'autre. La foi est de l'ordre du surnaturel et l'homme n'y est pour rien.[52] Abraham fut choisi pour donner naissance au peuple de Dieu, précisément parce qu'il n'était personne. Dieu choisit les choses qui ne sont pas, afin qu'il soit manifeste aux yeux de tous que Dieu est tout. C'est lui qui vient rejoindre l'homme, à partir du moment où il a placé en lui son espérance en reconnaissant sa faiblesse[53] et en renonçant à faire appel à sa propre sagesse.[54] Car l'homme spirituel[55] n'est spirituel que parce qu'il est secouru[56] par Dieu en toute circonstance.[57] Ne pas comprendre ce principe,[58] ou penser que l'état de sainteté nous est acquis, c'est nous assurer de rester sous la domination de la «chair» et du monde. Comme l'écrivait Pascal: «Celui qui veut faire l'ange, fait la bête», et Pierre est passé en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, de l'état de fils de Dieu à celui de fils du diable.[59] L'intention de Pierre semblait pourtant louable puisqu'il cherchait simplement à protéger son maître. Mais en cédant à la crainte que Dieu ne soit pas en mesure de contrôler la situation, en faisant intervenir ses sentiments humains et en se croyant désormais investi d'une responsabilité à l'égard de Jésus, il a ouvert toute grande la porte à la chair et au diable ! Et c'est ce que fait la religion : elle pense que Dieu est parti en voyage et qu'elle doit dorénavant administrer en mains humaines, les choses qui le concernent. Mais Dieu ne le permet pas ! Un certain Uzza[60]—son nom signifie “Force de l'homme”—, nous a laissé un exemple édifiant et qui lui a coûté très cher. Je ne saurais trop vous recommander de tirer les leçons de son histoire.

Au temps des Juges, les Philistins étaient en guerre contre Israël.[61] A cause de la façon dont les prêtres s'étaient rendus méprisables aux yeux de tout Israël, les Philistins furent en mesure de les battre. Ils avaient capturé l'Arche de Dieu et l'avaient ensuite déposée dans leur musée aux idoles. Mais sa présence dans leur monde non sanctifié avait fait venir sur eux bien des misères, notamment des crises d'hémorroïdes épouvantables, ainsi qu'une invasion de souris. Leur dieu, Dagon, fut retrouvé face contre terre et brisé en morceaux dans son temple. Aussi décidèrent-ils de mettre l'Arche sur un char tout neuf et tiré par des vaches, en ayant soin d'y déposer des modèles de leurs hémorroïdes et des souris qui ravageaient le pays, et la laissèrent-t'ils ensuite regagner le territoire d'Israël par ses propres moyens. Voyant arriver ce cadeau inespéré, les habitants de Beth Schémesh sacrifièrent l'attelage, et les Lévites mirent l'Arche en sûreté à Kirjath Jearim. Le retour de l'Arche fut fêté comme il se doit. Mais parce que, malgré cela, Israël continuait à avoir le coeur partagé, les Philistins continuèrent à les opprimer. «Il s'était passé bien du temps depuis le jour où l'arche avait été déposée à Kirjath Jearim. Vingt années s'étaient écoulées. Alors, toute la maison d'Israël poussa des gémissements vers l'Éternel. Samuel dit à toute la maison d'Israël: Si c'est de tout votre coeur que vous revenez à l'Éternel, ôtez du milieu de vous les dieux étrangers et les Astartés, dirigez votre coeur vers l'Éternel, et servez-le lui seul; et il vous délivrera de la main des Philistins». Et c'est ce que le peuple fit, et Dieu leur donna du repos. Après la mort de Samuel, lorsque David songea à rapatrier l'Arche dans sa ville, on se souvenait encore du char et des vaches des Philistins. David pensa bien faire en prenant exemple sur eux. L'Arche fut donc transportée sur un char tiré par des vaches, en étant précédée par les chantres et par les musiciens. Pourtant, souvenez-vous : le Dieu d'Israël avait dit que l'Arche devrait toujours être transportée sur les épaules d'hommes sanctifiés. L'attelage était conduit par les fils d'Abinadab : Uzza et Achjo. Abinadab signifie “père généreux et promesses de liberté”, Uzza signifie “force de l'homme”, et Achjo: “fraternité”. Ne sont-ce pas là trois des constituantes de la religion conduite par les hommes? …Il y eut un chaos en chemin. L'Arche manqua de tomber du char et Uzza se précipita pour la retenir… il mourut sur le champ. La fête fut gâchée, et David fut très contrarié d'avoir à assumer la mort de ce serviteur. Il ne voulut plus entendre parler de l'Arche, ce d'autant que dans la ville de Beth Shémesh où elle avait séjourné précédemment, une ville dont le nom dérive de celui de la déesse cananéenne du soleil, l'Arche avait déjà tué plus d'une soixantaine d'hommes, lorsqu'on l'ouvrit pour en vérifier le contenu. On la mit donc chez un homme qui habitait le long de la route, et chacun rentra chez lui. Quand David apprit plus tard que cet homme était richement béni depuis que l'Arche était dans sa maison, il s'y intéressa à nouveau. Mais cette fois, il fit les choses comme Dieu l'avait enseigné. L'Arche de Dieu fut transportée sur les épaules d'hommes aux mains pures et au coeur sanctifié, en étant précédée des acclamations de tout Israël. On s'arrêtait tous les six pas pour se sanctifier, en offrant un sacrifice à l'Eternel Saint.

L'Evangile peut être apporté au travers de moyens neutres, comme la télévision ou l'Internet. Mais l'onction de la présence de Dieu ne peut être transmise que par des hommes qui sont eux-mêmes revêtus du Saint Esprit, et qui se sont consacrés à la Vérité. Ces simulacres, que constituent nos services religieux, où l'important n'est pas l'onction, mais plutôt la formation et l'accréditation qui permettent à terme, dans un lieu dûment consacré, en ayant les gestes appropriés, les bons accessoires et les paroles de circonstances, d'administrer la présence de Dieu, correspondent à vouloir apporter Dieu sur un char tiré par des bêtes. Il en résulte une religion de formes où tout est tellement intériorisé et ritualisé, que plus rien ne correspond à la vie réelle.

Dans une de ses paraboles, Jésus nous parle encore une fois de la vigne, et plus précisément des outres en peau qui étaient utilisées à l'époque comme contenants pour le vin. Il dit qu'une outre vieillit avec le vin qu'elle contient, et que de cette façon, tout se conserve. Mais il ajoute que si l'on tente de remplir une vieille outre[62] d'un vin nouveau—du vin pétillant de la foi des chrétiens qui sont réellement remplis du Saint-Esprit et pas simplement saisis d'un esprit joyeux, ou épris d'une connaissance intellectuelle des choses de Dieu—, alors ce vin fera éclater l'outre, et l'outre et le vin seront perdus.  Serions-nous plus malins que Jésus? Vous savez, j'ai fait mes premiers pas hésitants dans la foi il y a bientôt quarante ans. Selon les statistiques, si je m'accroche aux promesses de Dieu, il se pourrait que je voie bientôt la fin du désert.[63] Mais ce qui m'a le plus attristé au cours de ces années qui sont passées comme un souffle, ce n'est pas l'incompréhension des gens qui n'ont pas la foi ou qui ne pensent pas comme moi—je trouve au contraire que leur questionnement est plutôt stimulant—, mais c'est l'incrédulité contagieuse de ceux qui sont sensés être des pères dans la foi et des compagnons d'aventure ! La foi devrait être une aventure.[64] Pourtant, elle reste pour beaucoup une institution ou une simple assurance vie. Touchez aux piliers d'une institution, ou aux termes de l'assurance-vie de quelqu'un, et cette personne va se mettre à hurler comme si vous touchiez à sa vie.[65] En donnant votre vie à Jésus, vous venez au monde dans le Royaume de Dieu en tant qu'enfant de Dieu. Mais presque immédiatement, vous êtes rétrogradé en étant incorporé dans une organisation humaine statique, qui cherchera à vous récupérer[66] au profit de la tradition, et dans laquelle vous ne grandirez plus : c'est l'adaptation du poisson rouge aux dimensions de son bocal. La conformité est le mal de l'Eglise. C'est pourquoi Jésus a dit que tout péché qu'un homme puisse commettre pourra lui être pardonné, mais que le péché contre le Saint-Esprit ne pourra pas être pardonné. Car l'homme qui s'obstine à barrer la route à la mouvance du Saint-Esprit en lui substituant une forme statique de religion, rejette en réalité Dieu ! C'est le péché de Satan, la pensée qui fut à l'origine même de la chute de l'Ange de Lumière,[66a] celle qui consiste à croire que l'on possède en soi les ressources nécessaires à faire ce qui est juste et bien, sans plus avoir à dépendre de Dieu. Jésus s'est réapproprié l'enseignement[67] de la parole de Dieu, sans pour autant cautionner la religion,[68] qu'il a estimée être entre les mains de mauvais gestionnaires[69] servant leurs intérêts[70] et non ceux de Dieu. Quiconque se reconnaît d'une tradition, cautionne et se rend coupable de tous les crimes qui ont été commis au nom de cette tradition, leur dit Jésus.[71] Il leur a d'ailleurs clairement exprimé le fond de sa pensée.[72] Il n'a pas jugé qu'il soit opportun de vouloir[73] transformer cette religion de l'intérieur—de la réformer—, mais il a invité[74] ceux qui se sentent appelés à sortir[75] de leur espace de sécurité pour marcher[76] sur le chemin de la foi. Non pas seuls toutefois, mais en étant précédés par Jésus[77] dans ce qui deviendra leur chemin vers la Vie.[78]

“Mais en disant de telles choses, vous divisez les chrétiens !” Celui qui divise, c'est en réalité le Christ. «Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée. Car je suis venu mettre la division entre l'homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l'homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi.»[79] Jésus nous invite à le suivre, et nous avons la possibilité de le faire, ou alors nous pouvons lui préférer notre indépendance, nos affections familiales, notre religion et nos traditions—c'est aussi simple que cela. Si je me permets de bousculer les certitudes de quelques-uns, ils n'ont en réalité rien à craindre de moi. Jésus nous avertit que nous ne devons pas avoir peur de ce que peuvent nous faire des hommes, ou même le diable. Mais Celui que nous devons craindre, c'est en réalité Dieu. Les hommes et les démons peuvent nous faire souffrir et même nous tuer, mais ils ne peuvent rien de plus. Tandis que Dieu, après nous avoir fait mourir, peut encore nous condamner à l'enfer éternel. Notre Dieu est il est vrai, compatissant et lent à la colère. Mais prenons garde à ne pas nous moquer de lui en galvaudant son pardon et en mésestimant son courroux à l'égard du péché.

La Bible dit que «nous n'avons pas à lutter contre des êtres de chair et de sang, mais contre les puissances, contre les autorités, contre les pouvoirs de ce monde des ténèbres, et contre les esprits du mal dans le monde céleste.»[80] Jésus et les siens n'ont pas combattu avec des épées en acier, et encore moins contre des personnes. Celui qui prendra l'épée, périra par l'épée. Judas, dont il savait pertinemment et depuis le premier jour, qu'il allait le trahir, a pu demeurer tranquillement aux côtés de Jésus, mangeant avec lui et dormant avec lui, sans être inquiété. Mais lorsqu'au Mont des Oliviers, Jésus ouvrit la bouche pour interpeller les serviteurs des prêtres qui étaient venus pour l'arrêter, ils tombèrent tous à la renverse ! Face à l'épée de la Vérité, leurs arguments ne tenaient plus. Seul Judas, dans le coeur duquel Satan était entré, eut suffisamment d’aplomb pour offrir au prince de la Vie le baiser de la mort. Paul dit aussi que «les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas humaines; mais elles tiennent leur puissance de Dieu qui les rend capables de renverser des forteresses. Oui, nous renversons les faux raisonnements ainsi que tout ce qui se dresse prétentieusement contre la connaissance de Dieu, et nous faisons prisonnière toute pensée pour l'amener à obéir au Christ.»[81] Mais lorsque nous sommes au niveau de la personne, «l'autorité que le Seigneur nous a donnée est pour construire, et non pour renverser». Il existe une expression anglaise que je trouve très parlante : c'est le mot “backbiter” (celui qui vous mord dans le dos). Internet offre l'occasion à de nombreux “backbiters” d'exprimer leur “spiritualité”, en critiquant le caractère de serviteurs de Dieu dont ils n'ont pas su comprendre ou accepter le message. Ils s'estiment investis d'une mission qui est celle de nuire à leur réputation. Il n'y a pas un seul homme qui soit parfait dans la connaissance, ou dans son caractère. David se savait investi de la royauté à la place de Saül. Par jalousie, Saül avait à plusieurs occasions, attenté à la vie du jeune David. Pourtant, même lorsque l'occasion lui en fut donnée, David n'a rien fait pour nuire à son roi mais il a continué à l'honorer. David a même sincèrement pleuré, le jour où il a appris la mort de celui qui se comportait pourtant comme son ennemi. La marque de l'homme qui exerce le véritable discernement spirituel est qu'il va pointer la vérité, tout en respectant la personne et en s'efforçant en contrepartie de l'élever dans l'amour. Sa foi lui permet de voir les choses avec ce recul, car il sait que les circonstances présentes comptent bien moins que la révélation finale de la gloire de Dieu. Dieu se réserve la charge d'être le juge de tous. …J'espère ne jamais trop m'éloigner de cette attitude. Mettre en lumière des actions, des tendances ou des idées, est une chose. Mais condamner et maudire des personnes en est une autre, très différente. Bénissez et ne maudissez pas, nous dit Jésus. Car vous serez jugés avec la mesure dont vous vous serez servis pour juger, nous prévient-il encore. Et Paul nous dit que, pour les mêmes raisons, nous ne devrions pas nous bousculer sur la chaire oratoire.

Aussi, n'allez pas faire dire à mes propos que nous ne devons pas être rattachés à une communauté de croyants. Notre croissance spirituelle doit être guidée et encouragée. Et si nous ne nous confrontons pas régulièrement aux autres, que leur avis soit pertinent ou qu'il ne le soit pas toujours, nous risquons fort de dévier de notre trajectoire initiale et de finir dans une impasse. Jeune chrétien, j'ai lu un ouvrage dont je recommande la lecture à tous. Il fut écrit par un homme emprisonné pour avoir violé l'acte qui punissait toute personne qui organiserait un rassemblement religieux hors de la supervision de l'Eglise Anglicane, alors fortement opposée au mouvement de la Réforme. Dans ce livre intitulé «Le Voyage du pèlerin» ( The Pilgrim's Progress from This World to That Which Is to Come ), John Bunyan décrit le voyage d'un jeune chrétien, confronté aux pièges et aux tentations du siècle, et qui doit apprendre, souvent à ses dépens, à se méfier des apparences, au cours de son voyage qui le conduit du monde présent vers celui qui vient. Une réalité très actuelle! Nous sommes tous des pèlerins en recherche de lumière. Nous bronchons tous et de bien des manières, nous dit Paul. Mais la chose qui reste merveilleuse en tout cela, c'est que Dieu nous a donné son Esprit, et cet Esprit va être notre lumière et notre guide! Même si notre connaissance en est encore à ses balbutiements, il attestera en nous de ce que nous entendrons, et nous permettra de distinguer ce qui est réellement inspiré et productif pour la foi, de ce qui est du domaine de la discipline, de la morale ou de l'émulation religieuse,—en réalité du domaine de l'homme et de l'incrédulité. Il le fera pour ce que nous entendrons, et il le fera pour ce que nous dirons ou écrirons. Je vais vous dire: lorsque je relis certaines des choses que j'ai écrites il y a des années, je me fais parfois honte ou sourire ! Il est donc probable qu'un jour, j'en fasse autant des choses que j'ai exprimées dans ces pages. Notre connaissance et même les prophéties, sont partielles, dit Paul. De temps à autres un léger incident vient me rappeler que je pourrais me considérer comme heureux si l'exemple de ma vie parvenait seulement à la cheville de ceux dont je critique parfois les certitudes. Mais je ne me juge pas trop durement. Je sais que Dieu m'a demandé d'exprimer la vérité telle que je la ressens, et je l'ai fait avec toute la sincérité dont j'ai été capable au moment où j'ai écrit ces choses. Il n'y a finalement que ceux qui ne font rien qui ne se trompent jamais. Nous sommes tous en recherche, cheminant de nos ténèbres vers Sa Lumière ineffable. Aussi je vous invite à faire usage de ce discernement en lisant mes propos.



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