Page: 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | Précédente | Suivante | Index | Liens




Cette page a été réactualisée le 16 août 2017

L'art de faire apparemment tout juste… et d'avoir cependant tout faux.


A qui appartient l’église?

Mais alors, me direz-vous peut-être : si toutes les églises sont contrôlées par le monde à des degrés divers, où se situe la véritable église de Jésus-Christ? Existe-t'elle seulement sur la Terre? Une chose devrait nous mettre sur la piste : Dans le nouvel ordre établi par Dieu, Christ devient la tête—il est l'architecte,[17] le chef et le prêtre de son Eglise.[18] A tout Seigneur tout honneur : c'est à Lui que reviennent les initiatives, grandes et petites.[19] Le corps est constitué de l'ensemble des croyants qui sont en communion avec Lui, non par l'entremise d'une organisation religieuse, mais par des liens immatériels—par le Saint-Esprit. Ce corps bien organisé[20] tire sa croissance de celui qui est sa tête, et sa structure transcende tous les cloisonnements établis par les hommes. Jésus n'est pas seulement celui qui suscite la foi, mais il la conduit à sa perfection[21] pour l'investir dans des projets concrets. Plongés dans le brouillard du monde, nous ne voyons bien souvent que le bout de notre nez. Nous allons à l'église pour y passer un moment agréable, en étant édifiés et encouragés avant d'avoir à affronter la semaine qui vient. Mais Dieu établit un Royaume! Il a une vue d'ensemble très détaillée de son monde et il sait exactement ce qu'il doit faire, où, avec qui et à quel moment. C'est pourquoi le Saint-Esprit doit impérativement disposer d'une pleine liberté d'agir[22] au sein de son Eglise. Le Saint-Esprit n'est pas comme l'esprit du monde qui cherche à encaserner les gens : Lui ne s'imposera jamais. Semblable à la colombe, il est agile, vif, doux et gracieux, perspicace et créatif, puissant, mais il est aussi très vite attristé![23] Et si nous ne lui cédons pas la place qui lui revient, il s'envolera pour toujours vers des lieux qui lui seront plus propices, et nous continuerons à servir Dieu sans même qu'il en soit informé.

Jésus nous a certes donné des apôtres et des prophètes, des pasteurs, des enseignants,[24] des pères et des mères, des frères et des soeurs,[25] des communautés de croyants. Il nous les a donnés pour notre édification,[26] pour nous mettre sur les rails, pour veiller sur nous et pour nous accompagner. Mais il l'a fait à dessein ! Car une fois qu'il est formé, le disciple doit poursuivre l'oeuvre de son maître. Il doit entrer dans sa moisson[27] afin de transmettre[28] au travers de ses dons particuliers,[29] la bonne nouvelle du Royaume de Dieu qui vient.

Pour revenir sur l'événement de la nouvelle naissance de Pierre, mentionné précédemment : si on lit attentivement ce texte[30] en oubliant un instant ce que certains ont voulu lui faire dire, on s'aperçoit de plusieurs choses très significatives. Quand Simon s'est écrié: «Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant!», Jésus lui a répondu : «Tu es heureux!» Car pour Jésus, cette déclaration de Pierre ne pouvait jaillir que d'une révélation, et cette révélation lui était forcément venue du Père, de Celui qui dorénavant sera également le Père[31] de Pierre. Et Jésus poursuit en affirmant que cette relation grandissante qu'il va pouvoir entretenir avec le Père, va faire de lui une personne nouvelle : Simon—Celui qui entend—deviendra Petros ou Cephas—Le Roc—, un homme solide et capable d'être dirigé par Dieu, au terme toutefois d'un apprentissage parfois douloureux et qui fut jalonné de faux pas.[32] Et ceci constitue le fondement—petra=rocher—sur lequel Jésus va pouvoir bâtir son Eglise, une église constituée de pierres vivantes et bâtie sur le fondement des apôtres, qui consiste en cette relation personnelle et vivante que chacune de ses entités entretient avec Jésus et avec le Père. Jésus est lui-même la pierre d'angle de l'édifice, selon ce que les prophètes avaient annoncé. L'Eglise de Jésus est un corps constitué de pierres vivantes, d'hommes et de femmes qui auront reçu avec l'humilité nécessaire, la révélation de Dieu. Et ce corps tire son accroissement de sa tête, qui est le Christ. Et Jésus poursuit en disant que dans cette architecture spirituelle se trouvent les clés de la puissance et de la vie éternelle. Le croyant habité par Dieu peut désormais prendre part au gouvernement divin et régner avec le Christ dans le domaine spirituel,[33] ce qui constitue l'une des prérogatives que le Christ nous a acquises lors de l'événement de la croix. Pour illustrer ceci, voyez le petit gendarme qui lève son bras au milieu du carrefour : les camions pourraient facilement donner un grand coup de klaxon et passer outre. Mais à cause de l'autorité que l'homme représente, chacun va maintenant obéir bien sagement. Le mot “chrétien” dérive du mot Christ et signifie littéralement : “petit christ”. L'homme “en Christ” est oint de son autorité, il est l'ambassadeur du Royaume,[34] et les dominations spirituelles du monde invisible doivent se plier à ses injonctions, comme à Dieu. Car ce qu'il demande[35] «avec la foi de Dieu»,—c'est ainsi qu'une traduction littérale aurait dû le rendre—, lui est accordé,[36]puisqu'en réalité il ne fait qu'appliquer ce qui a été décidé en haut lieu. Encore faut-il qu'il ne s'aventure pas au-delà de ce que Dieu a pourvu ! La mort[37] même n'aura pas d'emprise sur cet homme, une mort qui bientôt sera définitivement vaincue par l'Eglise lorsqu'elle aura su s'emparer de ses prérogatives. C'est en évoluant dans cette proximité avec le pouvoir divin[38] que les disciples ont pu guérir les malades, ressusciter les morts, supporter l'opposition, ouvrir le ciel sur des régions qui demeuraient jusque-là sous la chape de plomb des puissances démoniaques, afin que l'Evangile puisse y être annoncé, et fait bien d'autres choses encore.[39]

L'Eglise vivante est une église conquérante. Mais lorsque l'église se croit parvenue, lorsqu'elle se referme sur elle-même pour se préserver du monde, lorsqu'elle devient un club exclusif des “éclairés” du samedi ou du dimanche matin, il ne faut pas longtemps pour qu'elle commence à mourir, et c'est alors qu'elle risque de se cannibaliser. L'esprit de contrôle qui sévit dans le monde et qui relève de la sorcellerie est omniprésent dans l'église. Attention aux personnes qui se laissent emporter par leur autorité. Nul n'a le droit de prendre le pouvoir[40] sur nos vies et Dieu lui-même ne se l'autorise pas. Attention à ceux qui condamnent, car Jésus n'est pas venu pour juger le monde mais pour le sauver.[41] Attention à ceux qui dissimulent leurs intentions,[42] car nous devons être la lumière[43] du monde. Au lieu de chasser les ténèbres, allumons une lumière, dit un proverbe chinois. Si le diable[44] est trop omniprésent dans nos paroles et dans nos actes, c'est qu'il nous a obnubilés. Ceux qui sont pour nous[45] sont en réalité plus nombreux et infiniment plus puissants que ceux qui sont contre nous. Et si chasser les démons[46] est un service qui s'avère être plus que jamais nécessaire, nous vaincrons dans la mesure où nous garderons nos regards fixés sur Dieu qui nous donne la victoire.[47] Méfiez-vous des visionnaires[48] qui veulent se donner trop d'importance, car l'Eglise de Jésus Christ s'édifie dans une émulation mutuelle. L'église n'est pas un spectacle où l'on vient admirer l'homme-orchestre, mais elle se construit à partir d'humbles pierres vivantes. Ne vous laissez pas dicter votre conduite, mais demandez à ce qu'on vous convainque par de vrais arguments.[49] Si l'on vous imposait un sacrifice et que vous y consentiez pour vous conformer,[50] vous n'en retireriez aucun avantage. Pire : vous risqueriez de pécher contre votre âme.[51] Quelques-uns sont passés maîtres dans l'art de faire s'ouvrir les porte-feuilles en plaçant les gens “sous le regard de Dieu”—une forme de manipulation morale—afin de financer leurs projets extravagants. D'autres se servent du chapitre 3 de Malachie avec le même dessein.[52] En appliquant le principe des semailles et des moissons et en permettant que l'église devienne un canal de bénédiction pour le monde, ils vous permettront d'être bénis en participant à la bénédiction et à la croissance du bien commun, et vous leur apporterez par la même occasion votre soutien spirituel et votre amour. Vous êtes un fils, une fille de Dieu. Aussi ne devriez-vous accepter de faire les choses qu'avec une pleine conviction[53] et en vous sentant partie prenante[54] dans le projet concerné. Vous pourrez ainsi conserver votre intégrité et votre force.


Enthousiasme, ou baptême de feu?

Les hommes s'imaginent être en charge de l'oeuvre de Dieu et ils veulent exercer un contrôle spirituel, au lieu de faire en sorte que leur prochain soit enseigné dans la vérité. Vous savez ce qu'on dit : “Donnez-leur du pain et vous en ferez vos esclaves. Mais si vous voulez en faire des hommes libres, apprenez-leur à semer et à récolter.”

J’ai le privilège de compter parmi mes proches, une amie atteinte d’une maladie incurable. Je dis privilège, car même si cette situation est difficile pour elle comme pour moi, elle nous a permis de recevoir une formation accélérée. Au cours de ces années d’accompagnement, cette amie a été tentée de faire appel à tout ce qui portait l'ombre d'un espoir, tant sur le plan de la médecine et des pratiques paramédicales, que dans le domaine spirituel. De mon côté, je l’ai épaulée dans ses démarches, et ceci m’a énormément appris. Mais je vais vous dire : Satan sait flairer la proie facile et il va envoyer ses chacals sur sa trace. Heureusement, mon amie était entourée de chrétiens qui ont su canaliser ses démarches. Cependant, même lorsqu’on évolue parmi des chrétiens, il faut encore exercer son discernement. Trop de chrétiens n'agissent pas en chrétiens, mais sont simplement religieux. Ils savent supplier Dieu que sa volonté s'accomplisse, mais ils ne connaissent pas sa volonté. En un mot: ils ne sont pas prêts à devenir la réponse de Dieu aux souffrances des autres. Malgré la très haute opinion que j'ai parfois de mes théories, je dois encore trop souvent m’inclure dans cette catégorie. Nous voyons avec chagrin le malheur atteindre ceux qui nous entourent, et nous supplions Dieu de leur venir en aide, mais rien ne se produit et leur condition empire. Alors nous prions la prière des fossoyeurs : “Inshallah, Mon Dieu si cette personne doit mourir, donne lui la paix et la certitude qu'elle sera beaucoup plus heureuse auprès de toi, et donne à ses proches le courage de supporter son absence.” Le domaine de la guérison divine est très convoité, mais il est en réalité trop peu exploré et il reste pratiquement inexploité, et ceci en raison de nos fausses conceptions. Nous prions parce que nous savons qu'en théorie, la foi en Dieu et la prière peuvent guérir. Mais nous ignorons le plus souvent que c'est nous qui devons être les porteurs de la guérison. Oh, ce n'est bien sûr pas nous qui guérissons. Ce ne sont pas nos mérites, ou notre connaissance de la parole de Dieu, ce n'est pas notre compassion, ce ne sont pas nos paroles et ce n'est même pas notre foi ! Combien d’apprentis guérisseurs n’avons-nous pas laissé prier sur mon amie, sans autre résultat que de la pousser vers le sentiment d'être indigne de cette guérison et abandonnée par Dieu. Je dois avouer qu'à un moment donné, j'ai ressenti une indignation croissante à l’égard de cette quête du thaumaturge entretenue par l'angoisse d'une âme à certains égards histrionique. Ces pages se sont d'ailleurs largement inspirée des constats accumulés au cours des années.

Pourquoi les chrétiens cherchent t’ils à se constituer un nom, une identité propre ou une réputation? Le pouvoir de guérir les malades est considéré par beaucoup d'hommes comme un privilège divin, et de fait il constitue un moyen très efficace de se faire un nom dans les milieux chrétien et d’asseoir une réputation. Le pouvoir de guérir peut représenter pour l’homme vaniteux, une forme de reconnaissance, et parfois même un excellent moyen de s'enrichir. Mais sont-ce là les motivations qui étaient dans le coeur de Jésus?

Qui est-ce qui opère en réalité la guérison lorsque nous mettons notre volonté à la disposition de Dieu? La Bible révèle que Jésus a pris sur lui nos maladies, nos péchés et nos fardeaux, lorsqu'il a été battu, fouetté, et qu'il est mort sur la croix. Jésus, Que son Nom soit béni, est devenu par ses meurtrissures et par son sang versé, la guérison de l'homme pécheur. Après sa résurrection, alors que Jésus les avait quittés pour retourner auprès du Père, les disciples sont passés par une sorte de mort en restant enfermés dans la chambre haute. C'est alors que Jésus est soudain revenu au milieu d'eux sous la forme de l’Esprit Saint. Il est entré en eux et il leur a ainsi conféré une identité nouvelle, et sa domination sur le monde du diable. L'obéissance totale de Jésus avait constitué ce remède qui allait pouvoir guérir le cosmos infecté par Satan et par la rébellion des hommes et des anges. Cette oeuvre d'obéissance se poursuivra désormais à travers l'obéissance des disciples à l'Esprit qui les habite. Le pouvoir de guérir les malades est donc un des fruits de cette obéissance. Paul dit que le mystère caché de tout temps, mais révélé maintenant à ses saint, c'est : «Christ en vous, l'espérance de la gloire». Paul dit également de lui-même : «Ce n'est plus moi qui vis mais c'est Christ qui vit en moi». Et c'est bien là que réside le secret du pouvoir de guérir les malades : L'Esprit de Jésus, en nous, va réaliser les miracles si nous acceptons de mourir à nos ambitions et à notre mentalité propres et de vaincre nos Goliath—nos inhibitions et nos peurs—, pour permettre à la compassion de Jésus de s'exprimer à travers nous. Et la compassion de Jésus se manifeste toujours sous la forme d’un combat contre les forces d’oppression que sont la maladies et les démons. Jean dit, dans 1 Jean 4:4 : «Vous, petits enfants, vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde». Alors, quelle gloire et quels avantages pourrions nous retirer de cette collaboration? Jésus a dit : «Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement». «Le disciple n'est pas plus que le maître, ni le serviteur plus que son seigneur. Il suffit au disciple d'être traité comme son maître, et au serviteur comme son seigneur. S'ils ont appelé le maître de la maison Béelzébul—maître des démons—, à combien plus forte raison appelleront-ils ainsi les gens de sa maison». La seule satisfaction que le disciple peut retirer de son action, c’est la joie de voir le Royaume de Dieu s'approcher des hommes et les soulager de leurs souffrances.

Mais comment pouvons-nous distinguer ce qui est l'authentique guérison chrétienne, de ce qui représente sa contrepartie obscure et qui fait appel aux forces occultes? Il semble que les pays où un Catholicisme moralisant est venu déposer un vernis de christianisme sur le fond d'animisme, soient un terreau propice au foisonnement de nombreuses sectes. Mais je vous rassure : les pays à tradition protestante n'en sont pas exempts. Animisme et Catholicisme font assez bon ménage. Les gens vont à la messe le matin, et l'après-midi ils iront sacrifier auprès du prêtre de la Santéria, de la sorcière du Vaudou, ou offrir une libation à la Pachamama. Chez nous, ils consulteront leur horoscope ou leur voyante, brûleront un cierge à la Vierge Marie, et iront en cas de besoin se faire soigner auprès du guérisseur local, d'un naturopathe ou d'un représentant de l'ordre des médecins. Je remercie Dieu pour nos médecins ! Car dans l’état où se trouve l’église, ceux qui devraient être capables de secourir le monde ont eux mêmes cruellement besoin d’être secourus. Mais, si nous n’avions pas accès aux médecins, peut-être redécouvrions-nous la puissance de la foi guérissante. Car pour Dieu, consulter représente un compromis avec le monde païen. Nos médecins sont en effet assermentés à un ordre occulte, au même titre que les franc-maçons et les membres d’autres confréries. Le serment d'Hippocrate commence de cette façon : «Je jure, par Apollon, médecin, par Asclépios, par Hygie et Panacée, par tous les dieux et toutes les déesses, les prenant à témoin, que je remplirai, suivant mes forces et ma capacité, le serment et l'engagement suivants : Je mettrai mon maître de médecine au même rang que les auteurs de mes jours. Etc… Même si la médecine se targue d'être laïque et temporelle, le serment des médecins commence pourtant par une invocation aux dieux. Ce serment est récité, encore aujourd'hui, par les nouveaux médecins passant leur thèse. Ce syncrétisme culturel demeure très présent au sein des cultures religieuses qui n'ont pas jugé bon de s'en détacher. Mais revenons sur le sacerdoce des prêtres. Les prêtres catholiques—et nous pourrions sans doute leur assimiler les pasteurs protestants et les conducteurs d'autres congrégations—, reçoivent régulièrement de leur magistère, des encycliques visant à adapter le contenu de la foi au quotidien et à la tradition des hommes. Chez les protestants, certains courants cherchent à faire adopter l'homosexualité dans l'église comme une chose normale, et même à la promouvoir. Les catholiques restent plus conservateurs à cet égard et également à l'égard de l'avortement. Cependant, la “Constitution dogmatique Mounificèntissimouss Déouss”, adoptée en 1950 sous la pression de nombreux fidèles, va désormais officialiser le culte marial. Ce culte n'est autre que la réinstallation, dans l'église chrétienne, du culte d'Isis ou de Cybèle, Mère des dieux. Et d'ailleurs, si l'on prenait le temps de réfléchir sur les fondements du sacerdoce catholique en se référant aux chapitres 6 et suivants de l'Epître aux Hébreux, on prendrait conscience d'un renversement des valeurs. Dans l’ancienne alliance, les prêtres lévites avaient effectivement leur place et leur rôle à jouer à l’égard du peuple de Dieu. Mais dans la nouvelle alliance, cet ordre a été supprimé, puisqu’il n'y a désormais qu'un seul prêtre et sacrificateur : Jésus Christ, mort pour tous. Par le moyen de son sacrifice, nous sommes désormais admis dans le ciel pour devenir un peuple d'adorateurs, vivant dans la présence continuelle de Dieu notre Père. Vases de terre porteurs de la présence de Dieu, nous devenons à notre tour un peuple de prêtres et nous oeuvrons à la réconciliation du monde avec Dieu. Mais les traditions ont la vie dure, et vouloir conserver le sacerdoce d’un prêtre humain placé entre le chrétien et son Dieu, est une aberration et une hérésie ! Ceci signifie que le chrétien n'est en réalité pas né de Dieu. Dans Matthieu 15, Jésus reproche justement aux religieux d'invalider la loi de Dieu au profit de leur tradition. Et ce qui fait la différence entre une secte et un groupe de chrétiens authentiques, c'est le fait que ces groupes ont ajouté à la révélation biblique, des traditions et des règles d'interprétation qui leur sont propres. Lorsqu'on fait cela, on réintroduit dans l'église les esprits du monde antique, qui derrière une façade chrétienne vont pouvoir perpétuer un monde qui est en réalité opposé au Christ. Et là où règne Satan, l'accusateur, il n'y a pas de liberté. «Mais là où il y a l'Esprit du Seigneur, là est la liberté», dit Paul aux Corinthiens, une liberté qui est inhérente au Christ et au Christianisme et dont les apôtres font mention à mainte reprise dans leurs lettres.[54b] Même si les Corinthiens ont justement tendance à prendre un peu trop de libertés par rapport à la loi de Dieu, Paul, tout en les reprenant dans leurs consciences, se garde bien de les replacer sous la loi. Car Paul sait que si l'engagement d'une conscience envers Dieu n'est pas un acte libre et délibéré, il ne servira pas la cause du Christ. Paul ne veut pas que la foi au Fils de Dieu soit récupérée par la tradition pour devenir à son tour une forme de contrainte religieuse. Dans Romains 10, Paul fait l'éloge de ses anciens coreligionnaires : «Frères et sœurs, je souhaite de tout cœur que les Israélites soient sauvés, et c’est ce que je demande instamment à Dieu dans mes prières. Car je leur rends ce témoignage: ils ont un zèle ardent pour Dieu, mais il leur manque le discernement. En méconnaissant la manière dont Dieu déclare les hommes justes et en cherchant à être déclarés justes par leurs propres moyens, ils ne se sont pas soumis à Dieu en acceptant le moyen par lequel il nous déclare justes. Car Christ a mis fin au régime de la Loi, afin que tous ceux qui croient soient déclarés justes.»[54c] La foi qui vient par le don du Saint Esprit, et le zèle religieux, sont deux choses très différentes et qui sont antinomiques. Comme il existe un enthousiasme sportif, ou un fanatisme politique, il y a bien une sorte d’exaltation religieuse, soutenue par la croyance en la vertu des traditions, qui a pour effet d’empêcher les hommes d'entrevoir leur liberté en Dieu en les gardant asservis aux esprits sataniques qui contrôlent ces mouvements. On ne peut pas être rempli du Saint Esprit et rester soumis à l’esprit religieux, ce serait comme vouloir allumer un feu qu'on arroserait ensuite avec le tuyau du jardin. Le problème c’est que certains pensent avoir reçu le Saint Esprit, alors qu’ils sont animés d’une sagesse et d'un zèle très humains. Certains mouvements se servent maintenant des technologies récentes pour constituer des réseaux, et contrôler leurs adeptes à distance, mais il faut dire que ces moyens sont également utilisés à bon escient. Tout particulièrement au sein des cultures de tradition animiste, il existe des groupes qui sont rattachés à la foi évangélique, au sein desquels sévit encore l'esprit des chamans. Le geste de l'imposition des mains n'est pas un geste anodin puisqu'il permet le transfert d'une puissance spirituelle. J'ai été autrefois délivré de démons et rempli du Saint-Esprit par l'imposition des mains d'hommes de Dieu. Mais au cours de cette quête d'un miracle pour mon amie, un homme issu d'un groupe sectaire a un jour posé sa main sur moi, et cela m'a fait l'effet d'un coup de poing dans l'estomac ! Cette sensation, je l'ai tout de suite compris, était la réaction du Saint-Esprit qui a immédiatement fait barrage à la tentative d'incursion de l'esprit de contrôle du sorcier. Nous allons au devant de temps… intéressants !

Certaines personnalités éprouvent le besoin de materner. Ces grands frères, ou grandes soeurs, ont un coeur aussi vaste qu'une cathédrale. Remplis d'un amour protecteur, ils vont vouloir faire entrer dans «leur» église tout ce qui à leurs yeux a de la valeur, et celle-ci deviendra bientôt une arche des cultures antiques et un véritable musée. Les choses vont y être longuement planifiées et organisées de manière à ce qu’ils puissent parfaitement y jouer leur rôle de prêtre ou de pasteur, en imitant tout ce qu'ils auront appris de leurs pères. Malheur[55] à ceux qui voudront échapper à leur contrôle, car on ne résiste pas à l'oint de l'Eternel… Mais lorsqu'on se contente de vivre dans l'imitation—fût-ce l'imitation du Christ !—, le pas à ne pas franchir ne nous apparaîtra pas toujours de manière évidente. Ruben, l'aîné de Jacob, se fit prendre à ce jeu et il y laissa sa bénédiction.[56] Ruben s'identifiait à son père Jacob, mais il ne se comportait pas comme un digne fils de Dieu. Ainsi en sera-t'il de ceux qui prennent le Pape ou les pères de leur congrégation pour modèles, et qui finiront par se rendre odieux envers ceux qu’ils parodiaient en pensant leur être agréables. Marthe était peut-être une de ces personnalités responsables et protectrices. Mais en déplaçant le sens des vraies valeurs vers les tâches et vers les choses qui passent, l'activisme peut nous éconduire. Nous deviendrons bientôt hargneux et jaloux à l'égard de ceux qui auront trouvé un accès auprès de Dieu dans le repos et dans l'écoute, comme Marthe le fut de sa soeur Marie.[57] Le frère aîné de ce fils prodigue dont Jésus nous conte l'anecdote, représente justement cette église active, responsable, morale et bien dans ses marques, mais qui, parce qu'elle se complaît dans un rôle et dans une fonction, ne connaîtra pas la satisfaction qui nous vient au travers de l'abandon à l'amour du Père. «Voici, il y a tant d'années que je te sers, sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour que je me réjouisse avec mes amis. Et quand ton fils est arrivé, celui qui a mangé ton bien avec des prostituées, c'est pour lui que tu as tué le veau gras!»[58]

D'autres sont si sincèrement et si complètement impliqués dans ce qu'ils considèrent comme étant “leur ministère”, qu'ils vont vouloir réaliser eux-mêmes ce qui relève des attributions de Jésus : «Tu es monté dans les hauteurs, Tu as emmené des captifs, Tu as pris en don des hommes; les rebelles habiteront aussi près de l'Éternel Dieu.»[59] Ils vont se laisser emporter par la grandiloquence, et d'une voix tonitruante relayée par une sonorisation assourdissante, ils vont vous asséner les vérités bibliques et vous traîner devant le trône de la grâce, avant de poser sur vous des mains pesantes en ordonnant à Dieu de faire ce qu'ils lui diront de faire. Et ils ne vous lâcheront pas avant que vous soyez étendu sur le sol, inanimé. Ensuite ils vous prendront dans leurs bras en vous déclarant sauvé et guéri… une guérison qu'ils vous inviteront ensuite à sceller en participant à l'offrande ! Vous ferez bien de leur laisser croire ce qu'ils veulent, car le verset suivant du Psaume dit ceci : «Quand on nous accable, Dieu nous délivre». … Je ne voudrais pas que l'on pense que les signes de la puissance du Saint-Esprit n'ont pas leur place dans l'Eglise, car je suis persuadé du contraire. Mais il existe peut-être un malentendu dans la façon de comprendre ce que Jean Baptiste dit à propos de Jésus : «Lui, il vous baptisera du Saint Esprit et de feu.» Quelques-uns semblent en avoir déduit que le Saint Esprit va nous communiquer un tempérament enflammé. Sans vouloir dénigrer la valeur d'une nature enthousiaste, et encore moins la joie qui émane de la présence de Dieu, je crois de plus en plus que ce feu dont Jésus nous baptise désigne en réalité la mort de notre nature charnelle, progressivement consumée par la sainteté de Sa présence, et finalement supplantée par un être nouveau—l'expérience que fit Jacob. Au début de son ministère, Jésus a dit : «Depuis le temps de Jean Baptiste jusqu'à présent, le Royaume des Cieux est malmené car des violents veulent s'en emparer.» Jean était probablement l'un de ces évangélistes de feu aux propos véhéments. Et Jésus affirme que, bien que Jean fut le plus grand des «prophètes nés d'une femme», c'est à dire, mus par ce mélange de sentiments qui surgissent lorsque la nature humaine est aiguillonnée par le Saint-Esprit, et qui parfois produit l'esprit des fanatiques et des révolutionnaires, le plus petit de ceux qui sont véritablement nés de l'Esprit de Dieu est en réalité plus grand que lui. Une réalité que Jean Baptiste a su reconnaître et devant laquelle il s'est incliné : «Il faut qu'il croisse, et que je diminue.»

Peut-on être rempli du Saint-Esprit et avoir encore des démons? En théorie, je ne le pense pas. Mais il faut bien comprendre que le baptême dans le Saint-Esprit ne constitue pas la plénitude du Saint-Esprit. Jésus est parti au désert rempli du Saint-Esprit, mais il en est revenu revêtu de la puissance d'en haut. Lorque l'Esprit de Dieu nous baptise de feu, il nous rend éminemment maîtres du diable et libres de notre expression. Mais j'ai peur que cet état soit une chose plutôt rare dans les églises, la plupart d'entre nous nous étant contentés d'un attouchement du Saint-Esprit. Nous parlons en langues, nous louons Dieu, nous enseignons ce que dit la Bible. Nous sommes d'excellents théoriciens, mais nous n'avons pas la puissance ! Et c'est l'état dans lequel se trouvent la grande majorité des chrétiens. Il n'y aurait qu'une façon d'en sortir, ce serait en remettant la doctrine de la domination du chrétien sur le monde des ténèbres au coeur de l'église, et ceci impliquerait beaucoup plus que simplement secouer ces démons et les balayer hors des églises. Peu de chrétiens sont en réalité prêts à se livrer entièrement à Dieu, à vaincre leurs peurs et leur démons et à sortir des églises pour affronter le véritable monde en étant revêtus de la puissance de l'Esprit… Alors, pour l'instant nous voyons partout ces situations où des chrétiens parvenus à mi chemin se servent des moments de louange et d'adoration pour tenter de désarçonner ce qui les oppresse intérieurement, en se livrant parfois à des comportements compulsifs et à des formes d'expression bizarres, tout en se persuadant que “l'onction de la présence de Dieu” les conduit à se comporter de cette façon. Et lorsque personne n'est là pour veiller au grain, ces personnes se sentiront parfois “poussées” à faire preuve de leur spiritualité en prophétisant et en imposant les mains aux autres. Oh mes amis, ne soyons pas des enfants sur ce plan là. Notre ennemi cherchera par tous les moyens à nous empêcher d'accéder à la puissance du saint Esprit. Et lorsqu'il ne pourra pas nous garder prisonniers de la tradition, il va tenter de discréditer la chose authentique. Combien de mouvements de réveil ne se sont-ils pas heurtés à un moment donné à des attaques virulentes, à cause des dérives qui s'y étaient installées.

Ce grand spectacle évangélique—il faut toutefois du discernement pour ne pas rejeter le bon grain avec la balle—contraste avec l'approche de Jésus ! Il est écrit, concernant le Messie : «Voici mon serviteur, celui que je soutiendrai, celui que j’ai choisi et qui a toute mon approbation. J'ai mis mon Esprit sur lui; il révélera le droit aux nations. Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton et ne fera pas entendre sa voix dans les rues. Il ne cassera pas le roseau froissé et n'éteindra pas la mèche qui fume encore, mais c’est en toute vérité qu’il révélera le droit aux nations Et le chapitre 42 d'Esaïe[60] se poursuit en décrivant la manière prophétique dont ce serviteur va transmettre, en toute humilité et obéissance, la parole que le Père lui aura communiquée, une parole appropriée pour chaque situation. Cette parole est concise, mais elle a réellement le pouvoir de guérir, de délivrer et de soulager ! Dans Matthieu 6:7, Jésus dit: «En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés.» Et dans Proverbes 25:11, il est écrit: «Comme des pommes d'or sur des ciselures d'argent, ainsi est une parole dite à propos.» C'est aussi pourquoi Paul dit : «Aspirez aux dons les meilleurs, et particulièrement au don de prophétie.»

Jésus se rendait totalement disponible à l'Esprit, afin de pouvoir offrir à chacun une parole personnelle et qui constituerait pour la personne qui la recevrait, une véritable clé qui allait lui permettre de dénouer son problème. Cette parole d'autorité, venue du coeur du Père et transmise avec l'empathie que procure la révélation, reconstruisait les vies détruites, guérissait les destins paralysés, tranchait les liens qui rattachaient la personne aux démons responsables de maladies et d'afflictions.[61] En permettant à ceux qui la recevaient d'envisager que Dieu les connaisse véritablement et d'une façon intime, elle communiquait l'émerveillement et la foi.[62] Jésus a dit: «Que votre parole soit oui, oui,— non, non; ce qu'on y ajoute vient du malin[63] Jésus n'enrobait jamais ses paroles de déclamations oratoires du genre : “Ainsi parle le Seigneur…”, ou “Le Seigneur me montre que…”, mais il prophétisait comme nous parlons vous et moi, en laissant la personne libre de prendre ou non cette parole. La chose avait-elle une portée prophétique significative? Il disait alors: «Vraiment, vraiment, je vous le dis…» N'avait-il rien à dire? Il restait silencieux, dans l'attente d'une révélation qui ne tardait en général à lui parvenir. Jésus s'est attaché plus que tout à rester authentique et proche du coeur des hommes.


Foi, ou esprit de compétition?

Face au harcèlement d'un monde gouverné par l'esprit de compétition, ne perdons jamais de vue que nous ne sommes pas ici sur terre pour y exécuter une prestation. – Bonjour frère, comment t'appelles-tu? – Je suis Abraham, le croyant. – Ah? Et que fais-tu? … je veux dire, à part croire? Quel est ton rôle, ton ministère, et où est ton église? – Euh, je suis fils et l'ami du Très-Haut ! En réalité je me contente de croire en ses promesses, ce qui n'est déjà pas si facile. Dieu m'a demandé de quitter ma patrie et ma famille, et de marcher vers le pays qu'il me montrerait. Il m'a dit qu'arrivé là, il allait multiplier ma postérité comme les grains de sable qui sont sur le bord de la mer. – Oh, très bien ! Et alors, vois-tu maintenant cette terre promise ? Et où sont tes femmes et tes enfants ? –C'est justement là qu'il y a un problème. Je suis marié à Saraï que tu aperçois là bas assise à l'ombre de la tente. Elle est belle et c'est une merveilleuse épouse. Nous avons partagé tant de choses. Seulement voilà : elle est stérile elle va bientôt avoir soixante-seize ans.… –!!! Comment ???… Mon pauvre ami ! … Et toi tu attends encore que le fruit des promesses tombe du ciel dans ton assiette ! Il serait peut-être temps que tu passes à l'action ! Aide-toi un peu et le ciel t'aidera ! Tu dois prendre les choses en mains. Et tu tombes bien car j'ai justement un diplôme en théologie et un autre en relations publiques. Nous allons pouvoir t'arranger ça. …

Etre libre est une chose, mais le rester en est une autre. L'apôtre Paul se targuait de pourvoir lui-même à son entretien au travers de son activité de fabricant de tentes. N’étant à la charge de personne, il n'avait pas de comptes à rendre et il conservait ainsi sa liberté d'opinion. Car nos bergers pourraient se sentir liés par la fonction, puisqu'ils doivent justifier d'une rémunération. Ce sont parfois des artistes qui exécutent une prestation, en se laissant emporter par des émotions très humaines. Mais les dons spirituels[64] sont une chose, une chose précieuse, et les fruits de l'Esprit en sont une autre.[65] Manifester un don spirituel ou une aptitude, ne signifie pas pour autant que nous soyons semblables à Jésus.[66] Abraham fut agréé par Dieu, non parce-qu'il fit preuve de qualités exemplaires dans l'exercice de son ministère, loin s'en faut. Mais il devint «l'ami de Dieu» pour avoir su cultiver une totale confiance en leur relation, et pour avoir permis à Dieu de changer son coeur au travers de ses épreuves.

Jésus a accepté de perdre la vie—car personne n'aurait pu la lui prendre contre son gré—en permettant que son coeur soit déchiré par la dureté du coeur des hommes. Mais beaucoup de serviteurs de Dieu vont au devant de graves problèmes de santé, parce-que leur congrégation a placé sur leurs frêles épaules une responsabilité qui n'est pas la leur, mais qui incombe en réalité à chaque croyant ![67] Il y a en effet une différence fondamentale entre le sacerdoce de l'Ancienne Alliance, dans lequel le prêtre officiait comme un intermédiaire et selon la charge de l'homme Aaron et des lévites, et le sacerdoce de la Nouvelle Alliance dans l'Esprit, dans laquelle chacun de nous se voit attribuer la prêtrise[68] selon l'ordre de Melchisédech, le roi éternel. Le rôle du prêtre selon l'Ancienne Alliance, tel que la religion le perpétue, n'a en réalité plus cours ! Épargnons donc à nos bergers la tentation de vouloir reprendre un rôle en s'attribuant la charge d'un sacerdoce humain, au risque de devenir malgré eux des sorciers chrétiens ! Le Roi Saül perdit sa royauté, et même la vie, pour avoir voulu dans un moment de détresse, forcer la main du prophète en ayant recours à une manipulation spirituelle. C'est une chose beaucoup plus sérieuse qu'il n'y paraît. Le Saint Esprit est en perpétuelle mouvance. Et si nous acceptons de le suivre, il va nous guider en terre inconnue, au devant de véritables aventures spirituelles. Sa conduite nous emmènera toujours à l'opposé de la pratique des gestes rituels de la tradition, qui constituent désormais une forme de manipulation à laquelle il se refuse.

«Tu ne prendras pas le nom de ton Dieu en vain», nous est-il demandé dans les commandements. Jésus n'a jamais fait appel au pouvoir divin, simplement pour gérer une situation qu'il aurait rencontrée. Il n'a pas reçu ses directives d'un homme. Et contrairement à ce que certains ont su retenir du récit des noces de Canna, il n'a pas agi en obéissance à des sentiments filiaux. Sa volonté et sa parole n'étaient pas siennes, mais elles étaient celles de Celui qui l'avait envoyé. Si la mission de Jésus avait consisté à proposer des solution aux problèmes des hommes, il aurait fondé une chaîne internationale de dispensaires où lui et des acolytes auraient prodigué la guérison surnaturelle. Mais ce que Jésus voulait, c'est que le règne de Dieu s'établisse dans les coeurs et la guérison en serait le signe. N'allons pas renverser l'ordre des choses.

Mais pour les organisations que sont les églises, être à même de dispenser la guérison en gérant l'expression du surnaturel constituerait un moyen très efficace d'attirer les hommes pour ensuite les encaserner. Mais comme elles n'y parviennent pas, elles doivent fournir une explication, et chacune y va de sa théorie et de ses dogmes. Certaines églises ont clos le débat en affirmant que la guérison et les miracles étaient sans doute nécessaires à une époque, mais que de nos jours, Dieu utilise la médecine conventionnelle. D'autres ont entouré la guérison de mystère en introduisant la notion de mérite. Dieu ne guérit qu'en certaines circonstances, mais l'onction d'huile peut être administrée par le prêtre, de préférence en privé car la maladie fait désordre. Il vaudra mieux s'être résigné à n'en attendre qu'un certificat de bonne conduite pour le ciel. Et si quelqu'un veut espérer obtenir une guérison dans l'église, la personne devra être adressée à tel lieu où l'on détient les reliques d'un saint dont la notoriété en matière de guérison subsiste. Ou ce seront les pèlerinages vers des lieux où la Vierge s'est manifestée, et qui deviennent en saison de véritables infirmeries à ciel ouvert. Il faudra alors compter sur sa bonne étoile pour avoir une chance, parmi les centaines de milliers de participants à la grande cagnotte du surnaturel, de remporter un prix. Commence alors pour le malade un véritable parcours du combattant, qui va le conduire de lieu saint en église et de prêtre en ermite… Pour d'autres chrétiens plus pragmatiques, il faudra suivre les enseignements des lettres des apôtres et avoir recours aux prières sages et paternelles des anciens de l'église—ceux dont le degré d'incrédulité correspond en général au niveau d'ancienneté—avec l'imposition de mains d'hommes. Ou alors il faudra se rendre aux réunions d'évangélisation, avec l'espoir illusoire de voir la foudre nous atteindre un jour.

Le prophète Jérémie relaie l'expression de l'écoeurement de Dieu face à cette situation. «A qui m'adresser, et qui prendre à témoin pour qu'on écoute? Voici, leur oreille est incirconcise, et ils sont incapables d'être attentifs. Voici, la parole de l'Éternel est pour eux un opprobre, ils n'y trouvent aucun plaisir. … Car depuis le plus petit jusqu'au plus grand, tous sont avides de gain. Depuis le prophète jusqu'au sacrificateur, tous usent de tromperie. Ils pansent à la légère la plaie de la fille de mon peuple: Paix ! paix ! disent-ils ; et il n'y a point de paix.»[69]

«Jésus parcourait toutes les villes et les villages, enseignant dans les synagogues, prêchant la bonne nouvelle du royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant la foule, il fut ému de compassion pour elle, parce qu'elle était languissante et abattue, comme des brebis qui n'ont pas de berger. Alors il dit à ses disciples : La moisson est grande, mais il y a peu d'ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d'expédier des ouvriers dans sa moisson».


Le fruit de nos paroles et la guérison.

Notre imagination est une chose beaucoup plus concrète et redoutable que ce que nous pensons parfois. Nous pensons peut-être qu'il est permis de fantasmer, aussi longtemps que nous ne passons pas à l'acte. Mais Jésus dit : «Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son coeur.»[72] Notre imagination nous ouvre à un monde spirituel—Avis donc à ceux qui mâtent des films porno ou qui sont passionnés de jeux vidéo. Dieu a créé chaque aspect du monde en deux étapes. Il l'a d'abord imaginé : «l'esprit se mouvait au dessus des eaux», puis il est passé à l'action : «Dieu dit, et la chose fut.» Nous ayant faits à son image, Dieu nous a également dotés de cette capacité créatrice. Ce que nous pourrions imaginer tous ensemble, qu'il s'agisse de quêtes non sanctifiées ou de ce que nous demandons dans la prière, nous pourrions l'obtenir. C'est pourquoi Babel constitua une entreprise dangereuse aux yeux de Dieu, car on s'y était emparé de ce principe divin.[73] Satan connaît parfaitement les principes spirituels et il est très à même de les contrefaire. Les miracles ne sont pas l'exclusivité de Jésus. Et ceux qui attendent un miracle d'une autre source, s'engagent sur un chemin de traverse…[74] C'est pourquoi notre foi doit être solidement établie sur la parole de Dieu, et notre coeur, ancré dans une relation personnelle et croissante avec Celui qui est notre guide.

«Pierre lui répondit : Seigneur, si c'est toi, ordonne que j'aille vers toi sur les eaux. Et il dit: Viens! Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux, pour aller vers Jésus.[71] J’ai récemment entendu d’un serviteur de Dieu, quelle était la clé du miracle que Pierre a expérimenté. Il disait qu’en réalité, Pierre ne s’est pas aventuré sur les eaux, mais qu’il a pris pied sur la parole de Jésus. Il a littéralement marché sur l’ordre de Jésus, qui lui avait dit: Viens! Mais lorsque ses yeux se sont détournés du Maître pour se porter sur les circonstances, c’est là qu’il a commencé à marcher sur l’eau, qui comme chacun sait, n’est pas un support adapté à la marche à pied. Et l’expérience de Pierre a été partagée par d’innombrables hommes et femmes dont les histoires nous sont racontées dans la Bible. Tous ont accompli de grandes choses, aussi longtemps qu’ils ont porté leurs regards sur Dieu en s’appuyant sur la parole qu'il leur avait donnée. Et c’est également ce que veut dire cette parole que nous trouvons dans Romains 10:17, souvent traduite d’une façon imparfaite : «Ainsi, la foi vient par l’audition—et l’audition du verbe du Christ». C’est donc bien la parole créatrice d’une nouvelle réalité, une parole qui nous est communiquée par le Christ—dans la lecture des Evangiles—mais également dans un moment de prière et d’écoute ou par la prédication prophétique et l’exercice des dons de l’Esprit, qui constituera cette passerelle qui va permettre à notre foi de traverser l’invisible pour atteindre la promesse.

Certains pasteurs vont prier systématiquement pour les gens, et leur dire ensuite: «Maintenant, crois que le Seigneur t'a guéri, et tu verras bientôt ta guérison s'accomplir». Ce qu'ils te disent c'est que si ta guérison ne pointe pas le bout de son nez, tu n'auras qu'à te reprocher ton manque de foi. Paul a conseillé à son disciple Timothée de ne pas imposer les mains avec précipitation, pour ne pas prendre le risque de participer aux péchés d'autrui. Ce que Paul voulait dire, c'est qu'en priant superficiellement et sans véritablement s'impliquer dans la vie de la personne malade, Timothée aurait participé à cette grand' messe des incrédules qui ne font qu'enfoncer les malades dans leurs difficultés. Jésus ne veut pas que nous poussions nos pasteurs et nos prêtres à entrer dans un rôle, en faisant de la prière pour les malades un geste rituel. Car, quel recours va-t'il ensuite rester à ces gens pour qui l'on a prié de cette façon? Imaginez leur désarroi ! Dieu leur a promis dans les Ecritures qu'il allait les guérir, mais dans les faits, rien ne s'est produit. Sont-ils incapables d'avoir la foi nécessaire à revendiquer cette promesse? Dieu n'en a-t'il pas été capable? Ou n'a-t'il pas voulu accéder à cette demande, parce qu'il a vu en eux une chose qui lui a déplu? Doivent-ils maintenant être religieux jusqu'au bout des ongles et entrer dans une relation idolâtre à ceux qui les dominent, en les gratifiant au passage de leurs biens, afin d'espérer hériter cette promesse de guérison? Ou cette guérison n'est-elle qu'une vue de l'esprit qui nous ferait vivre avec la maladie en prétendant qu'elle n'existe pas? Ou peut-être est-ce par le pouvoir de notre mental que nous guérissons, et alors, ceux qui prônent les valeurs du New Age auraient raison? Ou est-ce finalement l'homme de Dieu qui serait investi du pouvoir de guérir, et faudra-t'il faire le tour des évangélistes, en priant Dieu de nous en envoyer de plus puissants? Et dans ce cas, pourquoi n'irions-nous pas tout simplement chercher de l'aide auprès du guérisseur local, qui lui, promet des résultats?

Mais Jésus voit les choses autrement. Dans Matthieu 10:1, nous lisons: «Jésus ayant appelé ses douze disciples, il leur donna le pouvoir de chasser les esprits impurs, et de guérir toute maladie et toute infirmité». Puis dans Luc 10: «Le Seigneur désigna encore soixante-dix autres disciples, et il les envoya deux à deux devant lui dans toutes les villes et dans tous les lieux où lui-même devait aller. Dans quelque ville que vous entriez, et où l'on vous recevra, mangez ce qui vous sera présenté, guérissez les malades qui s'y trouveront, et dites-leur : Le royaume de Dieu s'est approché de vous». Dans Matthieu 18:28, «Jésus, s'étant approché, leur parla ainsi: Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre». Et dans Marc 16: «Puis il leur dit : Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons; ils parleront de nouvelles langues; ils saisiront des serpents; s'ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur feront point de mal; ils imposeront les mains aux malades, et les malades, seront guéris. Le Seigneur, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel, et il s'assit à la droite de Dieu. Et ils s'en allèrent prêcher partout. Le Seigneur travaillait avec eux, et confirmait la parole par les miracles qui l'accompagnaient».

A travers ces textes, nous voyons Jésus établir successivement deux principes. Dans un premier temps, Jésus investit ses disciples d'un pouvoir. Ce pouvoir peut être comparé à une autorité déléguée. En son nom, les disciples sont autorisés à chasser les démons et à guérir les malades. Les disciples ont maintenant reçu la permission d'exercer le pouvoir du Christ, mais ils n'ont pas encore acquis son caractère. Et en réalité, beaucoup d'hommes de Dieu se sont arrêtés à ce premier état. Ils sont exorcistes, guérisseurs, prophètes. Mais ils ne sont pas pour autant en communion d'esprit avec le Christ. Dans Matthieu 7, Jésus nous avertit de ne pas nous arrêter à ce stade de notre croissance spirituelle : «Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé par ton nom? n'avons-nous pas chassé des démons par ton nom? et n'avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom? Alors je leur dirai ouvertement: Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui êtes ouvriers d'iniquité». Jésus n'attribue pas aux hommes un pouvoir que nous pourrions utiliser à notre guise, pour en faire notre fonds de commerce ou celui de notre église. Mais ce pouvoir doit accompagner la proclamation de l'évangile du royaume qui vient, celui dont Jésus est réellement le roi. La guérison du corps ne sert qu’à peu de chose si elle ne précède la guérison de la personne toute entière, en l'amenant à se livrer à Jésus en reconnaissant sa seigneurerie. Et à ceux qui ont faite ce pas, Jésus concède ensuite une nouvelle identité. Dans Jean 15, Jésus déclare : «Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé».

S'il reste tout à fait possible d'exercer une autorité spirituelle en étant simplement un homme d'église, la puissance que Jésus promet s'adresse en revanche à ceux qui annonceront l'évangile de son Royaume. Et cette puissance n'émane plus d'une simple autorité de délégation, mais elle émane d'une nouvelle identité. Le disciple ayant renoncé à s'appartenir à lui-même, s'unit à Christ, et à Dieu. «Ce n'est plus moi qui vis, mais c'est Christ qui vit en moi», disait l'apôtre Paul. Nous ne mettons pas en doute cette affirmation de l'apôtre Paul, car nous savons que pour accomplir ce qu'il a accompli en endurant ce qu'il a enduré, il fallait être un peu plus qu'un homme. Et lorsque nous lisons les promesses de Jésus, par exemple Marc 16:17, où il est écrit : «Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons; ils parleront de nouvelles langues; ils saisiront des serpents; s'ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera pas de mal; ils imposeront les mains aux malades, et les malades, seront guéris», ces promesses concernent ceux qui après être passés par la nouvelle naissance, sont désormais unis avec le Christ. Il en est de même lorsque Jésus dit, dans Marc 11: «Ayez foi en Dieu. Je vous le dis en vérité, si quelqu’un dit à cette montagne: Ote-toi de là et jette-toi dans la mer, et s’il ne doute point en son cœur, mais croit que ce qu’il dit arrive, il le verra s’accomplir. C’est pourquoi je vous dis: Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous le recevez, et vous le verrez s’accomplir.»[70] Jésus ne voit pas ses disciples comme de pauvres pécheurs impuissants et à la merci de la maladie et des esprits malfaisants. Mais en leur permettant d'accéder à cette nouvelle identité, il leur ouvre véritablement l'accès à Dieu. Et manifester la puissance de Dieu fait désormais partie intégrante de notre nouvelle identité ! Dans cette parole, Jésus nous offre la clé qui va conduire à la concrétisation de nos prières : Tout ce qui vous tient à coeur, tout ce pour quoi vous priez, ayez foi que vous l’avez reçu et vous le verrez s’accomplir. Chose significative, dans le récit de l’évangile, cette parole vient juste après que Jésus ait chassé les marchands du temple et desséché le figuier sans fruits, en prononçant ainsi la condamnation de la religion stérile.

Mais contrairement aux critères admis parfois jusque dans l'église, l'accomplissement de miracles et la démonstration de la puissance de l'esprit ne constituent pas en eux-mêmes une marque de sainteté. Le Pharaon avait opposé les prodiges réalisés par ses magiciens à ceux du prophète Moïse. Elymas le magicien s'était opposé à la prédication de l'apôtre Paul. Nous voyons aujourd'hui, à la télévision, des thaumaturges capables de réaliser des choses formidables pour amuser la galerie. N'allez pas penser que ce sont juste des tours de passe-passe. Ce sont parfois de véritables miracles ! Un miracle désigne un fait défiant les lois de la matière, de l'espace et du temps, et dépourvu d'explication scientifique. Cet événement est alors perçu comme surnaturel et imputable à une puissance divine. Il est accompli, directement par cette dernière, ou par un serviteur de cette divinité. En réalité, techniquement, n'importe quel homme pourrait réaliser un miracle. Les savants appellent «énergies » les forces qui soutiennent l'univers. Nous savons que l'univers est en réalité soutenu par des énergies spirituelles. Il suffit donc d'appliquer certains principes, en étant en connexion avec une entité spirituelle, pour organiser un événement qui va modifier le cours du temps en relation à l'espace, et donc la matière—ne m'en demandez pas plus. Cependant, si, pour cette intervention, l'homme n'est pas connecté a Jésus à travers son Saint Esprit, à qui est-il connecté? Cet homme se fait aider par les esprits qui régissent ce monde, ceux-là même qui s'opposent farouchement à l'avènement du Royaume dont Jésus est le Roi. Peu importe la couleur de l'habit, cet homme doit être considéré comme un sorcier. «Celui qui ne travaille pas avec moi est contre moi», à dit Jésus. Il suffit d'extrapoler pour comprendre comment la quête du surnaturel, hors du cadre de la révélation biblique, a pu conduire l'église à perdre l'authentique pouvoir de guérison, et comment elle l'a maintenant transféré à cet ange de lumière qui prétend être seul habilité à accomplir les miracles. Un ange qui avec une facilité déconcertante peut t’apparaître sous les traits d'un saint défunt, ou de celle que les fidèles mal avertis prennent pour la mère de Jésus glorifiée. Un ange que Jésus qualifie de sarment retranché du cep, complètement sec et qui sera jeté au feu.

Rechercher la puissance sans être entièrement soumis à l'Esprit de Jésus nous exposerait à accueillir en nous-même une force qui pourrait bientôt nous dévorer.

Pourtant, lorsqu'elle est sanctifiée et actionnée par l’Esprit de Dieu, notre imagination constitue notre atout le plus précieux pour obtenir ce qui nous tient à coeur. A travers elle nous pourrions mettre en mouvement des force créatrices qui seraient sans limite aucune, sinon celles que nous nous imposerions. Dieu nous donne accès à sa puissance, mais c’est à nous de nous en saisir. Le pasteur Joël Spinks raconte qu'un jour il devait prendre la parole devant un auditoire. Mais durant la prière, la puissance de Dieu était tombée sur lui d'une manière telle qu'il restait allongé sur le sol, incapable de se relever. Et soudain il a vu deux anges face à lui. Ces anges lui ont dit: “Give us words to work upon—Donne-nous des paroles sur lesquelles nous pourrons agir”. Naturellement, il ne s'agit pas pour nous de donner des ordres aux anges. Mais si, au lieu de nous tenir à attendre comme des mendiants devant Dieu, nous commencions à déclarer les réalités que Dieu veut que nous amenions à l'existence, comme Jésus nous l'a commandé, les anges, qui sont là pour nous épauler pourraient agir et nous verrions les montagnes se déplacer. Voyez par exemple, cette femme qui souffrait d'une perte de sang depuis de longues années. Par le pouvoir de son imagination, elle devint l'artisan de son propre miracle ! Elle avait sans doute entendu parler de quelques uns des miracles que Jésus avait faits, et sa foi avait été suscitée. Ses amies lui avaient peut-être suggéré de se rendre auprès de Jésus. Elle s'était d'abord imaginée se tenant devant lui, et Jésus étendant son bras et la guérissant en posant sa main sur elle. Mais elle s’était rendue compte qu’il y avait une montagne, et cette montagne était de taille. Car à cause de son impureté, il lui était interdit par la loi de s’approcher d'un homme de Dieu sous peine d'être lapidée.

Qu’à cela ne tienne, elle avait un plan. Peut-être ce plan lui avait-il même été suggéré dans un rêve.  Elle profiterait de la bousculade générale pour s'approcher de Jésus en catimini et par derrière, sans être reconnue. Et puisque Jésus ne pourrait pas la toucher, c'est elle qui allait toucher Jésus. Toutefois, pas lui, pour ne pas prendre le risque de le rendre impur. Mais elle allait se saisir de la frange de son vêtement. Peut-être le savait-elle, ou alors était-ce là une pensée prophétique : La frange du vêtement des maîtres de la Tora est constituée de brins qui représentent les différents noms de l’Eternel. Et l’un des noms par lesquels l’Eternel s’est fait connaître, est El Rapha : L’Eternel qui guérit. Donc, lorsque cette femme apprit que Jésus passerait dans la région, elle partit à sa rencontre, et tout se déroula selon le plan qu’elle avait imaginé. La femme se faufila dans la foule et elle put toucher la frange du vêtement de Jésus. Elle se sentit aussitôt guérie, et voulut s'éclipser. Mais ce qui se passa ensuite, elle ne l'avait pas prévu! Jésus se retournant, scruta la foule et demanda d'une voix solennelle : «Qui m'a touché ?» Il est intéressant de noter que Jésus s'identifie à la signification de la frange de son vêtement lorsqu'il dit: «Qui m'a touché?». Ses disciples lui ont alors fait remarquer que dans cette bousculade, tout le monde pouvait le toucher. – Non, quelqu'un m'a touché «autrement». Lorsqu'on désire toucher Dieu, notre détermination peut faire toute la différence. Il est écrit dans le récit de l’Evangile que la femme fut très effrayée—on le serait à moins—, et qu’elle revint toute tremblante aux pieds de Jésus. La femme fut très embarrassée lorsqu'elle dut fournir à Jésus l'explication de ce qu'elle avait fait. Et si Dieu fait parfois peur, c'est parce que la religion nous a fait peur… Mais sans doute fut elle bientôt remplie d'une profonde gratitude, parce que Jésus n'avait pas permis qu'elle ait fait tout ce chemin pour toucher le Dieu qui guérit, sans lui donner maintenant l'occasion de rencontrer Abba, le Père qui la chérit.


Pourquoi as-tu douté?

Dans Actes 3, l'imagination du paralytique de la Belle Porte fut suscitée par la foi de Pierre, et elle le mit droit sur ses pieds. Et dans Actes 14, Paul guérit un impotent d'une façon similaire : «A Lystre, se tenait assis un homme impotent des pieds, boiteux de naissance, et qui n'avait jamais marché. Il écoutait parler Paul. Et Paul, fixant les regards sur lui et voyant qu'il avait la foi pour être guéri, dit d'une voix forte: Lève-toi droit sur tes pieds. Et il se leva d'un bond et marcha». Jésus nous dit que si nous voulons goûter aux fruits du Royaume de Dieu, nous devons redevenir comme de petits enfants sur le plan de la foi. Dans le Royaume de Dieu, la foi et les miracles sont la norme, et le “normal” l'exception. Le philosophe Sénèque, dont la vie fut contemporaine de celle de Jésus et dont l'oeuvre s'inspire de la croyance en un Dieu unique qui remplit l'Univers, nous a laissé cette sentence pleine de sens: “Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, mais c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles”. En d'autres termes, les choses nous paraissent difficiles parce que la pression de la conformité nous prive de cette audace naturelle et de la spontanéité qui sont propres aux enfants. Nous devons être désinhibés, et c'est pourquoi Paul dit, dans Ephésiens 5 :18 : «Ne vous enivrez pas de vin car ce serait de la débauche, mais soyez toujours remplis de l'Esprit». Là aussi, il y a lieu de veiller aux contrefaçons. Etre rempli de l'Esprit procure des sensations très agréables en nous désinhibant de manière à ce que nous surmontions nos peurs et l'incrédulité.

Car la malice et l'incrédulité neutralisent la foi. Et lorsque Dieu suscite en nous la foi, notre intellect ne tarde pas à lui opposer une réaction d'incrédulité. La raison pour laquelle il y a si peu de miracles dans les églises, c'est parce que les églises sont des lieux où la foi est censurée par la sagesse que nous avons acquise de cet arbre de la connaissance du bien et du mal, un arbre dont Dieu avait pourtant dit : “Tu n'en mangeras pas sinon tu mourras”. Mais le serpent avait alors fait cette insinuation : «Dieu a-t'il réellement dit ?» La philosophie nous ouvre l'esprit, mais elle tue l'obéissance. En devisant sur le pourquoi et sur le comment des choses, au lieu d'agir sans délai sur l'impulsion de la foi, nous cultivons un climat d'incrédulité. … Pierre, ayant soudain pris la mesure de la situation surréaliste dans laquelle il se trouve, perd pied et il se sent maintenant aspiré vers les profondeurs sombres et glacées du lac. Tout comme cet homme qui amena un jour son enfant à Jésus : «Si tu peux quelque chose, viens à notre secours, aie compassion de nous. Jésus lui dit: Si tu peux !... Tout est possible à celui qui croit. Aussitôt le père de l'enfant s'écria : Je crois! viens au secours de mon incrédulité !» … Sentant les terreurs l'envahir, Pierre s'en remet à Jésus : «Seigneur, sauve-moi ! Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit: Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? Et ils montèrent dans la barque, et le vent cessa.» … La question cruciale est donc celle-ci : Qu'est-ce qui, à chaque fois que Dieu m'offre la possibilité de m'émerveiller, va me faire court-circuiter son miracle ? Quelle est la chose qui en moi va crier plus fort que l'envie initiale de m'emparer d'un cadeau de Dieu ? Sur quel niveau ma foi va-t'elle s'achopper ? Sera-ce dans le souvenir de mes expériences du passé ? Dans mon coeur encore partagé avec le monde? Dans la conscience d'une désobéissance ou d'un forfait qui me hante et dont je reste prisonnier ? Dans la décision que j'ai prise à un moment donné de ne plus aimer, pour ne plus être déçu, et par là même, de ne plus mériter d'être aimé ? Ou est-ce dans ma volonté obstinée d'indépendance vis-à-vis de Dieu et des autres ? Ou suis-je peut-être pris par cette atmosphère d'incrédulité qui entoure la prière pour les malades dans beaucoup d'églises ? … Quelle que soit cette chose ou cette raison, l'Esprit de Jésus sera l'antidote. La foi qui nous permet de croire en Dieu est une certitude. Mais la foi qui produit les miracles est un esprit : l'Esprit d'obéissance et de foi du Messie. Si nous voulons entrer dans une vie de puissance, nous devrions nous approcher de ceux qui manifestent cet Esprit et rechercher sa contagion. Et lorsque l’Esprit de Foi, précédé par l'Esprit de Vérité, sera libéré en étant accompagné par l’Amour et par la Compassion de Dieu, alors le Feu de Dieu pourra être déversé dans nos coeurs.

Jésus est ému de compassion face à la souffrance des hommes. Dans Marc 12:32, un scribe lui dit: «Bien, maître; tu as dit avec vérité que Dieu est unique, et qu'il n'y en a point d'autre que lui, et que l'aimer de tout son coeur, de toute sa pensée, de toute son âme et de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, c'est plus que tous les holocaustes et tous les sacrifices». Jésus, voyant qu'il avait répondu avec intelligence, lui dit: «Tu n'es pas loin du royaume de Dieu».

Lorsque nous aurons décidé d’aimer Dieu sans réserve, en lui permettant d’exprimer à travers nous sa compassion pour les autres, nous serons assurés de voir Dieu accompagner sa parole par les signes tangibles de son amour. Le pasteur natif américain Mel Bond, a vu de très nombreux miracles se produire lors de ses croisades d’évangélisation. Il raconte que Jésus lui est apparu un jour et qu’il lui a dit: Tu vas prier pour les malades, et les malades seront guéris lorsque tu prieras pour eux avec tout ton coeur. Prier pour les autres avec tout son coeur, c'est à dire en impliquant son être tout entier, est devenu pour lui la clé de la libération de la puissance miraculeuse de Jésus. Car lorsqu’il s’implique de cette manière dans la vie des gens, Dieu lui donne le discernernement spirituel et il peut littéralement voir les démons responsables de maladies et d’infirmités, et les chasser. L’onction de la présence de Dieu peut alors recréer les corps abîmés, et parfois d’une façon très spectaculaire. Curry Blake est un autre pasteur américain qui a appris à faire se manifester la guérison divine. Il raconte qu'une de ses filles était tombée de la fenêtre, et s'était tuée. Cet homme avait perdu sa première fille quelques années plus tôt, alors, lorsqu'il a contemplé son enfant sans vie et défigurée, il a compris qu'il allait revivre le même traumatisme. Mais quelque-chose en lui s'est réveillé, et il a refusé l'évidence. Il a commandé avec insistance que sa fille revienne à la vie. Quarante-cinq minutes plus tard, alors que d'autres auraient baissé le bras, son insistance porta ses fruits. Sa fille eut un soubresaut, et elle ouvrit les yeux en disant : j'ai faim ! Cet homme raconte aussi cette autre histoire : Un jeune homme avait accompagné un homme plus âgé qu'il admirait, à la pêche à la truite. Pendant qu'ils pêchaient dans la rivière, il lui avait posé cette question : –Quelle a été la clé de votre succès ? L'homme lui avait alors pris la tête et l'avait maintenue sous l'eau. Le jeune homme, croyant qu'il allait se noyer, commençait à se débattre. Quand enfin il lui permit de sortir la tête et de prendre une inspiration, l'homme lui a dit : –Lorsque tu voudras obtenir les choses avec la même détermination que cette inspiration, tu les obtiendras.

«Petits enfants, n'aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité. Par là nous connaîtrons que nous sommes de la vérité, et nous rassurerons nos coeurs devant lui; car si notre coeur nous condamne, Dieu est plus grand que notre coeur, et il connaît toutes choses».[75]


Panser la blessure, ou guérir la personne toute entière?

Nos maladies et nos problèmes ne nous arrivent pas par hasard, et dans le fond nous le savons bien. Nous tombons malades suite à des blessures émotionnelles qui ont affecté notre âme, ou à cause de nos faiblesses et de nos fêlures, de désobéissances, de déceptions ou d'une perte. L'esprit doit être capable de soutenir le corps et l'âme, et de les régénérer après qu’ils aient subi un traumatisme. Un esprit combatif peut nous protéger des virus, comme des effets des carences alimentaires, et même des effets néfastes des substances que la chimie instille dans notre quotidien. Dans sa parole, Dieu promet de nous protéger des contagions, des infirmités et de toute indigence si nous obéissons à ses commandements, et de nous délivrer de tous nos ennemis si nous marchons dans ses voies en tant que peuple. Un esprit entier et intègre nous protège des agressions, un peu comme le champ magnétique protège la Terre des radiations cosmiques. En réalité la lumière qui est en nous ne permet pas aux ténèbres d'approcher. Mais lorsque l'esprit est blessé, cette protection s'amenuise et le corps ne tarde pas à subir les assauts de son environnement, ou l'attaque de démons responsables de maladies. Une maladie ou une infirmité vont alors se déclarer. Tomber malade est parfois notre façon inconsciente de faire savoir à Dieu que notre vie nous devient difficilement supportable, en tentant maladroitement d'obtenir qu'il en change les circonstances, une disposition d'esprit que les médecins connaissent sous le nom de trouble histrionique. Déterminer les causes, souvent profondément enfouies, de nos fissures, peut être une quête complexe et laborieuse lorsque nous n’avons pas le recul nécessaire, et c'est là qu'interviennent ces dons spirituels précieux que sont la parole de connaissance et de sagesse, et les dons des guérisons. La brèche ayant pu être exposée et colmatée, nous pourrons ensuite nous reconstruire sur une base saine, en étant en harmonie avec nous-mêmes, avec Dieu et avec les autres. C'est du moins ce que prône une certaine approche très à la mode de nos jours, mais qui n'est pas forcément l'approche de Jésus. Car Jésus veut de toute façon que nous mourrions à notre vieil homme pour revêtir l'homme nouveau. Faut-il absolument réparer le vieux costume et recoudre tous ses boutons, avant de le mettre aux vieux chiffons pour enfiler notre nouvel habit ? La question reste ouverte. Mais je crois de plus en plus qu'une guérison complète n'est pas une condition prérequise à notre service, mais qu'elle est plutôt l'un des bénéfices de notre obéissance. Quant à la médecine d'Hippocrate, en signant l'ordonnance du pharmacien dont les médicaments vont soulager nos symptômes avant de nous renvoyer prendre des coups dans l'arène, elle ne fait que maintenir le cadavre en vie.

Je me souviens d'un incident arrivé à l'un de mes enfants : une canette de soda glissée en douce dans le sac à dos. J'avais dû parcourir 40 km pour aller récupérer mon garçon. La gérante l'avait gardé bien au chaud dans son bureau, ce qui lui avait donné l'occasion de réfléchir. Lorsque je suis arrivé, elle lui a serré la main en lui souriant, l'air de dire qu'elle ne lui garderait pas rancune, et qu'il serait toujours le bienvenu dans son magasin. Elle aurait pu se contenter de m'infliger une amende pour faire comprendre à mon fils qu'il était la cause d'un tracas. Mais quelle aurait été la leçon de vie? En nous guérissant, Dieu ne se borne pas à chasser le diable. Mais en mettant son doigt sur la brèche, il nous rassure de sa présence en nous communiquant les qualités morales, émotionnelles et spirituelles, qui nous ont fait défaut. Les médecins de la personne entière, comme l'était Paul Tournier,[ND] ne courent pas les rues. Ils sont une espèce en danger à cause du stress et du surmenage générés par leur qualité d'écoute et par le temps qu'ils acceptent de consacrer à leurs patients. Et c'est pourquoi les gens sont attirés vers ces disciplines désormais très accessibles qu'on regroupe sous le terme de “médecines parallèles”, où on leur parle de courants d'énergie, de lignes vitales et de chakra. Mais ô grand jamais on ne leur parlera de culpabilité! Non pas qu'il faille culpabiliser, car le sens d'une fausse culpabilité est déjà rampant dans la société et dans l'église et il est à l'origine de bien des maux. Mais il est important de rappeler que Dieu ne nous jugera pas tant en fonction de nos péchés, mais bien plus en relation à notre ouverture, ou alors au rejet de l'oeuvre rédemptrice de Jésus.[76] Et un aspect incontournable de l'oeuvre de Jésus, c'est la réconciliation de l'homme avec son Dieu. «En partant, Jésus aperçut sur son chemin un homme qui était aveugle de naissance. Ses disciples lui posèrent alors cette question: –Dis-nous, Maître, pourquoi cet homme est-il né aveugle? Est-ce à cause de son propre péché ou de celui de ses parents? Jésus répondit : Cela n'a pas de rapport avec son péché, ni avec celui de ses parents. Mais c'est pour qu'en lui tous puissent voir ce que Dieu est capable de faire.»[77] Et Jésus lui donna une paire d'yeux tout neufs… Plus tard, Jésus le rencontre à nouveau—l'homme guéri n'avait pas encore eu l'occasion de voir Jésus. «Crois-tu au Fils de l'homme? Il lui répondit: –Qui est-ce? Dis-le moi, Seigneur, pour que je puisse croire en lui. Jésus lui dit : –Tu le vois de tes yeux. C'est lui-même qui te parle maintenant. –Je crois, Seigneur, déclara l'homme, et il se prosterna devant lui.»


Les origines d’une source déterminent quelle est la nature de ses eaux.

Pourquoi ne saurais-je recommander au chrétiens d'avoir recours à l'hypnose, à la sophrologie, au training autogène, au yoga, à la médecine homéopathique, anthroposophique, paracelsienne, spagyrique, chinoise, ayurvédique, ou de se placer entre les mains de guérisseurs, d'acupuncteurs, de naturopathes, magnétiseurs, yogis, chamans, désinhibeurs d'énergies et autres dompteurs d'esprits maléfiques ? Même si certains des principes énoncés par ces médecines pouvaient être valables, ces disciplines nous furent transmises par des esprits réprouvés et elles s'entourent d'une force ou d'une aura qui est le vecteur de l'amélioration que les patients recherchent. Dans les chapitres 7 et 8 du premier livre d'Énoch, on peut lire ceci : «Quand les enfants des hommes se furent multipliés dans ces jours, il arriva que des filles leur naquirent élégantes et belles. Et lorsque les anges, les enfants des cieux, les eurent vues, ils en devinrent amoureux ; et ils se dirent les uns aux autres : choisissons-nous des femmes de la race des hommes, et ayons des enfants avec elles. (…) Voici le nom de leurs chefs : Samyaza, leur chef, Azazel, Urakabarameel, Akibeel, Tamiel, Ramuel, Danel, Azkeel, Sarakmyal, Asael, Armers, Batraal, Anane, Zavebe, Samsaveel, Ertael, Turel, Yomyael, Arazeal. Tel furent les chefs de ces deux cents anges; et le reste était tous avec eux. Et ils se choisirent chacun une femme, et ils s’en approchèrent, et ils cohabitèrent avec elles; et ils leur enseignèrent la sorcellerie, les enchantements, et les propriétés des racines et des arbres Le texte mentionne également d'autres disciplines qui nous furent transmises par ces anges rebelles, comme l'astrologie, l'observation des cycles lunaires, l'art de se peindre les sourcils et d'utiliser les teintures et des bijoux pour séduire, l'art de la divination, et l'art des instruments de guerre. Grâce à cette connaissance, les démons purent dominer la race humaine et la terre ne tarda pas à être couverte du sang des hommes. N'allons pas chercher ailleurs la source de la connaissance qui nous a permis d'accéder à une technologie qui maintenant menace l'humanité toute entière.

Ces disciplines médicales relèvent de différents courants de spiritualité ésotériques, issus du monde, et dont les pères ne sont autres que Satan et ses comparses. Espérons-nous nous trouver bien après avoir mangé à la table du diable? Si nous avons fait un pas en direction de Jésus, Satan ne nous considérera plus comme son “ami”. J'ai constaté que les chrétiens qui, souvent par ignorance ou en désespoir de cause, recourent à ces médecines, n'en retirent qu'un soulagement temporaire. En réalité ils iront de plus en plus mal et se sentiront bientôt aliénés de Dieu.

Dans Apocalypse 22, Jésus dit ceci : «Je suis l'Alpha et l'Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. Heureux ceux qui lavent leurs vêtements. Ils auront le droit de manger du fruit de l'arbre de vie et de franchir les portes de la ville. Mais dehors les chiens, les enchanteurs, les débauchés, les meurtriers, ceux qui adorent des idoles et tous ceux qui aiment et pratiquent le mensonge.» Le mot grec traduit par enchanteur est pharmakoï. On peut donc en conclure qu'en regard de la médecine de Dieu, la médecine des hommes constitue au mieux une forme de mensonge.

Jésus nous rencontre et il pose sur nous son regard franc comme un fil à plomb. Mais en même temps, son coeur est plein de compassion! Il connaît nos tourments, nos inquiétudes, no peurs, nos blessures, nos regrets, notre désir d'avoir une vie différente. Il sait que nos peines sont le résultat, non de la volonté de Dieu, mais de nos conditionnements négatifs. «Mon enfant, prends courage, tes péchés te sont pardonnés.» «Oui, bien sûr que je le veux : sois guéri de ton infirmité!» «Où sont ceux qui te condamnaient? Va en paix, et ne pèche plus.» «Ta foi t'a sauvé!» «Entre dans cette vie nouvelle et suis-moi.» Jésus ne cherche pas simplement à nous guérir, car il sait que tôt ou tard nous retomberions malade. Mais il veut que nous reconnaissions que nous sommes le résultat de ce que nos parents, ou de ce que d'autres, la culture, la religion, en un mot : de ce que le monde gouverné par Satan a fait de nous. Nous sommes potentiellement de merveilleuse créations, mais qui ont été mal façonnée par des mains inexpertes. Et à ce propos, il existe une foultitude d'esprits qui ne recherchent qu'une chose : c'est à trouver une oreille qui soit prête à donner du crédit aux rumeurs et aux mensonges qu'ils colportent. C'est incroyable de voir comment les gens qui s'écoutent, prophétisent parfois leur propre malheur et celui de leurs enfants. Si, par une mauvaise habitude, ou à cause de paroles malheureuses proférées à notre encontre par nos parents agacés ou par d'autres, ou suite à un contact avec la voyance ou l'occultisme, nous laissons des voix intérieures nous entretenir sans cesse de maladie, d'accident, de trahison, de mort, ou nous répéter inlassablement que nous ne sommes que des incapables, indignes d'être considérés par Dieu comme ses fils ou ses filles, ces murmures vont finir par susciter en nous une foi inébranlable en ces choses. «Ce que je redoute, c'est ce qui m'arrive», disait Job dans un moment très sombre de sa vie.

C'est pourquoi Jésus considère qu'il est primordial que nous apprenions à connaître le Père tel qu'il est dans sa réalité! Jésus veut nous recréer en nous amenant à la perfection. Nous sommes créés à l'image de Dieu et nous serons parfaits lorsque l'image de Dieu sera parfaitement rétablie en nous. Suivre les enseignements de Jésus, c'est apprendre à discerner ces esprits qui nous mentent au sujet du Père, et c'est apprendre à cultiver les bonnes semences, celles qui vont nous garantir les fruits que nous espérons. Je racontais tout cela à mon amie malade, alors qu'elle m'avait demandé de m'intéresser à une autre forme de thérapie dont elle avait eu vent. Tout s'est soudain éclairé dans son regard, et elle m'a dit : “Mais tu as raison!” Et elle a ajouté : “Avec Jésus, je crois que je suis comme ces enfants qui vont sonner à la porte des gens, mais qui, soudain effrayés par leur audace, s'enfuient avant qu'on vienne ouvrir.” Avoir une foi totale en l'amour de Dieu est une condition indispensable pour recevoir le miracle que nous attendons. Pour cela, nous devons apprendre à le connaître tel qu'il est. Trop souvent, nous lui collons l'image d'une figure d'autorité qui nous a blessés. “Pourquoi Dieu ne me guérit-il pas? S'il m'aimait, il me guérirait… Mais il effeuille la marguerite : «un peu, beaucoup, passionnément, à la folie…» : ça c'est pour les autres. A la maison c'était pareil : mes parents n'avaient d'admiration que pour mes soeurs… Et quand c'était mon tour, il restait que le petit pétale tout rabougri marqué «pas du tout». … Je vais pourtant à la messe, je me confesse, je prends la communion… et je suis malade. C'est certain : Dieu ne m'aime pas. – Oh Dieu, pourquoi es-tu aussi cruel avec moi? Puisque déjà tu ne m'aimes pas, permets-moi au moins de vivre en bonne santé !” …

Notre façon d'être avec nous-mêmes et avec les autres, est sans doute le plus grand obstacle à surmonter pour parvenir à concevoir Dieu tel qu'il est dans sa réalité. L'aveugle Bartimée—son nom signifie Fils de Timée, “Celui qui est hautement estimé”—toutefois, un malheureux mendiant perdu au milieu d'une foule de gens anonymes, dont sans doute beaucoup d'autres mendiants, malades et estropiés, a su convaincre Jésus de faire une halte pour le rencontrer. Il a crié si fort que les gens voulaient le faire taire ! Mais lui connaissait sa valeur aux yeux de Dieu, et il a crié encore plus fort ! Lorsque Jésus s'arrêta et qu'il l'appela, «l'aveugle jetant son manteau, et, se levant d'un bond, vint vers Jésus. Jésus, prenant la parole, lui dit: Que veux-tu que je te fasse? Rabbouni, lui répondit l'aveugle, que je recouvre la vue! Et Jésus lui dit : Va, ta foi t'a sauvé. Aussitôt il recouvra la vue, et suivit Jésus dans le chemin[78] Jésus apprécie énormément, le fait que nous fassions l'effort de surmonter nos doutes à son égard et nos complexes, pour nous abandonner à lui dans la confiance, et il sait nous en récompenser.


La colombe et le rameau d'olivier.

Dernièrement, alors que je terminais cette pages, j'ai découvert les enseignements d'un homme de Dieu dont le nom ne m'était pas inconnu. Je m'étonne simplement de ne pas avoir connu ses enseignements plus tôt. Mais je suppose que Dieu avait attendu que je sois prêt à écouter comme écoutent les disciples, pour me conduire au gré des liens vers ces ressources. Des enseignements d'une grande profondeur, et qui émanent d'un homme humble bien qu'éminemment instruit des choses de la Bible et de la culture qui l'entoure. J'aimerais ajouter ici une chose qu'il a dite et qui me semble très parlante. Jean-Marc Thobois fait un rapprochement entre ce texte de la Genèse où il est écrit qu'avant que ne débute le processus de la création, l'Esprit de Dieu se mouvait—ou voletait—au dessus des eaux, et cette colombe que Noé fit s'envoler et qui parcourut la surface des eaux du déluge, pour finalement revenir à son point de départ sans avoir pu trouver un endroit où se poser. Les églises qui cherchent à s'ouvrir à la dimension de l'Esprit sont trop souvent le lieu d'un tohu-bohu où se mêlent sentimentalité et un esprit de contrôle, louange et transe hypnotique, positivisme et exaltation de l'homme, une cacophonie charnelle et spirite qui en réalité repousse l'Esprit et le dissuade de s'y joindre. Nos louanges et nos célébrations, aussi nourries soient-elles, ne pourront jamais remplacer la présence de l'Esprit de sainteté et son son adoration suscitée d'une façon authentique, sous son inspiration.[79] Dans certains milieux on va substituer une symbolique à son absence : la lumière d'une lampe, les cierges, l'eau bénite, l'huile des sacrements, les vapeurs d'encens, le souffle de l'orgue. Ailleurs on va simuler sa présence par une joyeuse excitation. Ceux qui l'observent finissent par rejeter la dimension charismatique pour adopter cette théologie de la raison où l'on affirme que le temps des miracles et des prophètes est révolu, car nous n'en avons plus besoin, étant désormais des hommes éclairés…

C'est ainsi que le peuple d'Israël fut longtemps privé d'un prophète—non qu'il n'y en eût point, mais parce que la gloire de Dieu s'était retirée du territoire, on était incapable de les reconnaître comme tels—, et Malachie fut le dernier. Un beau jour pourtant, la colombe de Noé rapporta un rameau d'olivier. Le chapitre 11 du livre d'Esaïe commence ainsi : «Puis un rameau sortira du tronc d'Isaï, et un rejeton naîtra de ses racines.» Suit une description du monde nouveau : «Il ne se fera ni tort ni dommage sur toute ma montagne sainte; car la Terre sera remplie de la connaissance de l'Éternel, comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent.» Durant la période qui a précédé le Christ, l'Esprit a dû se contenter de voleter sur les hommes, saisissant un prophète ici, touchant un homme là. Mais le Saint-Esprit s'est finalement trouvé, sur la Terre, un lieu où demeurer dans toute sa plénitude, en la personne de Jésus.[80] Et lorsque nous sommes dans cette attitude d'ouverture qui lui permet de nous communiquer la révélation du Fils, de «l'Oint sous les pas duquel tout va pouvoir germer»,[81] alors l'Esprit est répandu, et avec Lui la nouvelle création peut commencer. Lorsque la connaissance de Dieu couvrira la terre, alors le monde nouveau paraîtra.


Page: 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | Précédente | Suivante | Page d'accueil | Liens




(17) Zacharie 6:12-13 (18) Éphésiens 1:22-23 (19) Hébreux 9:13-14 (20) Éphésiens 4:10-17 (21) Hébreux 12:1-3 (22) 1 Corinthiens 9:25-27 (23) 1 Thessaloniciens 5:18-20 (24) Éphésiens 4:10-16 (25) Matthieu 12:50 (26) 1 Pierre 2:4-6 (27) Matthieu 9:37-38 (28) Matthieu 24:14 (29) Matthieu 25:14-30 (30) Matthieu 16:13-23 (31) Matthieu 13:43 (32) Matthieu 16:22-23; Matthieu 26:51-53; Marc 14:72; Jean 21:3; Galates 2:11-14 (33) Psaumes 45:3-5 (34) Actes 3:2-16 (35) Marc 11:21-23 (36) Jean 15:7 (37) Hébreux 2:14-16 (38) Actes 4:29-31 (39) Hébreux 11 (40) Jean 10:7-9 (41) Jean 12:46-48 (42) Galates 2:11-14 (43) Luc 8:16-18 (44) Jude 1:8-9 (45) 2 Rois 6:16-17 (46) Luc 10:19-21 (47) Apocalypse 4 (48) Colossiens 2:17-19 (49) 2 Timothée 3:16 (50) Actes 5:1-5 (51) Actes 5:7-10 (52) Malachie 3 (53) Romains 14:23 (54) Actes 4:32 (55) Luc 9:49-55 (56) Genèse 49:2-4 (57) Luc 10:38-42 (58) Luc 15:11-32 (59) Psaumes 68:17-19 (60) Esaïe 42 (61) Matthieu 8:16 (62) Jean 1:47-49 (63) Matthieu 5:37 (64) 1 Corinthiens 12 (65) Galates 5:18-25 (66) Matthieu 7:20-23 (67) Jacques 5:12 (68) 1 Pierre 2:9 (69) Jérémie 6:10-14 (70) Marc 11:24 (71) Matthieu 14:30-32 (72) Matthieu 5:28 (73) Genèse 11:6 (74) Actes 14:7-20 (75) 1 Jean 3:18-22 (76) Luc 12:47-48 (77) Jean 9:3 (78) Marc 10:46-52 (79) Colossiens 3:16 (80) Jean 1:32-34 (81) Zacharie 6:12-13



www.paulschilliger.com