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Dernière révision le 27 juillet 2017

Comprendre le Dieu qui est Un, dans ses différentes manifestations.


Pour la plupart d’entre nous, ce que nous connaissons effectivement du Saint-Esprit pour l'avoir expérimenté, n’est en réalité qu’un minuscule avant-goût de ce qu'il nous destine. En lisant ces pages, vous vous dites peut-être que mes propos ne sont qu'une théorie, et si vous me connaissiez, vous en seriez convaincu. Mais vous savez, je suis aussi jardinier. Un jardinier se doit d'être patient. Jésus a passé trois ans à défricher, à labourer, enlever les pierres et aplanir, à semer, arroser, désherber, à greffer, tailler, relever et tuteurer, avant qu'au jour de la Pentecôte il puisse commencer à récolter les fruits de son labeur. Comme la pluie ne retourne pas au ciel sans avoir au préalable donné du pain au laboureur, la Bible dit que la Parole de Dieu ne restera pas sans effet. Seul un oeil averti saura dire que le champ nu a été ensemencé et qu'il va bientôt pouvoir verdir. Dieu fait jaillir la vie au milieu d'un désert aride, et de la même façon, il veut se glorifier dans la vie du plus incapable d'entre nous. Mais le désert ne fleurira avec les pluies de l'arrière-saison, que si une semence s'y trouve enfouie. Nous sommes maintenant arrivés dans cette phase de l'histoire décrite par Jésus dans ses paroles prophétiques. Et si, pour l'instant, nous ne voyons pas le témoignage de la puissance de Dieu, c'est qu'en réalité nous n'en avons pas encore besoin. Notre engagement n'est pas absolu. Mais lorsque les circonstances seront telles qu'elles nous feront penser que tout est désormais perdu, alors préparons-nous à vivre des choses extraordinaires ! L'important est de permettre maintenant à Jésus d'ensemencer notre coeur avec la parole de Dieu. «Jésus dit encore: Il en est du royaume de Dieu comme quand un homme jette de la semence en terre; qu'il dorme ou qu'il veille, nuit et jour, la semence germe et croît sans qu'il sache comment. La terre produit d'elle-même, d'abord l'herbe, puis l'épi, puis le grain tout formé dans l'épi; et, dès que le fruit est mûr, on y met la faucille, car la moisson est là.» «Il est aussi semblable à un grain de sénevé, qui, lorsqu'on le sème en terre, est la plus petite de toutes les semences qui sont sur la terre; mais, lorsqu'il a été semé, il monte, devient plus grand que tous les légumes, et pousse de grandes branches, en sorte que les oiseaux du ciel peuvent habiter sous son ombre.»[18]

Ezéchiel eût cette vision d'un torrent, jaillissant du sanctuaire. Au début, il n'y avait qu'un filet d'eau. Mais cette eau s'est multipliée de façon exponentielle, et bientôt c'était un torrent dans lequel il fallait nager ! La promesse d'une nouvelle Pentecôte concerne notre temps. Cette Pentecôte n'aura pas lieu dans les églises traditionnelles, mais elle aura lieu partout où les homme se tourneront vers Jésus afin qu’il intervienne pour les sauver : Sur les champs de bataille, dans les hôpitaux, dans les camps de réfugiés et dans les prisons, dans les stades et dans les salles, dans les rues et sur les places publiques, sur les lieux de travail et dans les maisons. Préparons-nous à l'idée d'un jour prochain où l'Esprit de Dieu nous emportera dans son flot. «Là où parviendra le torrent, il y aura profusion de vie. Des pêcheurs se tiendront sur ses rives. Il y aura des poissons de diverses espèces, comme les poissons de la Méditerranée, et il y en aura en grande quantité.» «Le long du torrent, sur chaque côté de ses rives, pousseront toutes sortes d'arbres fruitiers. Leur feuillage ne se flétrira pas et ils ne cesseront jamais de porter du fruit. Ils donneront du fruit tous les mois, parce que l’eau qui les arrose sort du sanctuaire. Leurs fruits serviront de nourriture, et leurs feuilles de remède.»[19] La vision d'Ezéchiel est une métaphore de ce que Dieu va faire à travers son peuple d'adorateurs, pour sauver notre monde d'une destruction totale et pour guérir notre Terre.

Mais qui est ce Saint Esprit dont l'effusion va bouleverser notre monde? Le Saint Esprit est-il l'esprit du Christ, du Messie? Oui, parce qu'il s'est lui-même incarné en Jésus de Nazareth et qu'il l'a animé dans tout ce qu'il a fait sur Terre. Oui, parce que Jésus nous l'a envoyé afin qu'il reste avec nous jusqu'à la fin. Mais la personne de Jésus—celle que nous pouvons appréhender—n'est pas la seule manifestation du Saint Esprit, comme le Fils et le Père sont des manifestation distinctes de Dieu, mais qui sont de la même essence. Nous touchons là à un aspect sensible de la compréhension de la personne de Dieu, qui nous reste très difficile à appréhender dans notre finitude. Dieu est Un. Le verset de la Bible que les Juifs de toutes les époques ont récité le plus souvent se trouve dans le Deutéronome, 6:4.[20] En hébreux, il se lit ainsi : «Sh’ma Yis’ra’eil Adonai Eloheinu Adonai echad.» Jésus le cite également dans Marc 12:29[21]. En français, il se traduit par : «Écoute, Israël, l'Éternel notre Dieu, l'Éternel Un.» A l'aube du peuple d'Israël et de la foi juive, cet encouragement à écouter le Dieu qui parle, le Dieu Un, était une prise de position radicale face à la multiplicité des dieux muets de la religion païenne qui avait pignon sur rue. Cette affirmation reste, du moins en théorie, le point central de la foi juive, mais également celui de la foi musulmane. Et la façon dont les chrétiens ont aménagé cette vérité en élaborant le concept de la Sainte Trinité, un concept auquel ils n'ont cessé d'ajouter de nouveaux éléments—la Vierge, la papauté, les saints—, constitue pour ces cultures une sérieuse pierre d'achoppement et une raison suffisante pour ne pas envisager la foi chrétienne comme une option viable.

Le concept d'une Trinité divine ne serait pas faux en soi. Reste, que la façon dont nous comprenons ce concept, prête le plus souvent à controverse. Le terme ne se trouve pas dans la Bible, mais il fut créé par Tertullien de Carthage pour tenter d'expliquer le Dieu unique manifesté en trois personnes : Dieu le Père, Jésus le Fils de Dieu, et l'Esprit Saint—l'Esprit de Dieu.[22] Ce concept n'a aucun équivalant sur Terre et il nous est donc très difficile de le visualiser. La seule référence à laquelle nous pourrions faire appel, en nous remémorant nos souvenirs scolaires, serait cette représentation gréco-romaine des dieux du Panthéon ou de l'Olympe. Une hiérarchie pyramidale au sein de la famille des dieux, famille divisée contre elle-même, véritable panier de crabes, également sujette à tous les conflits qui occupent le quotidien des hommes. Cette conception est justement de nature à nous égarer ! On entend dire beaucoup de choses de la part de ceux qui tentent une explication à l'inexplicable, des choses comme : Les Elohim furent à l'origine de la création, et Elohim est un nom pluriel. Abraham, justement, eut une théophanie : la visite de trois hommes près des chênes de Mamré. On dit aussi que l'eau peut se présenter sous trois états, et que Père, Fils et Esprit seraient donc des états plutôt que des personnes. Certains affirment que la Trinité ne serait qu'un mensonge et que Jésus serait lui-même le Père dont il parle. C'est un courant erroné que l'on rencontre parfois dans les milieux pentecôtistes, chez les disciples de Branham et dans les mouvements new-age. Face à des conceptions dissidentes, demandons-nous à qui peut profiter le crime. Si Jésus est lui-même le Père, alors la personne de Dieu est réduite à une forme de la conscience de l'homme, et l'homme devient Dieu. A l'inverse, les Témoins de Jéhovah fondent leur secte sur l'affirmation que Jésus est une créature et qu'il n'est en aucun cas Dieu. C'est aussi ce que pensent les Musulmans. J'ai entendu le récit d'un jeune musulman—nous l'appellerons Jude—à qui l'on avait témoigné de Jésus Christ. Un soir, il pria Dieu en lui disant qu'il ne pouvait pas concevoir une foi où l'on prie trois Dieux et où l'on vénère des statues, une foi telle qu'il l'avait vue être exprimée dans les messes télévisées. Cette nuit-là, Dieu vint à lui. Et dans un songe, il lui montra le soleil et lui dit : Tu vois le soleil? Eh bien, imagine que le soleil descende sur la terre : elle serait aussitôt détruite. Le soleil est comme moi : le Père. Mais tu vois ce rayon qui vient l'éclairer ? Ce rayon de lumière, c'est Jésus. Et tu ressens la chaleur qui émane du soleil? La chaleur est l'amour qui émane de l'Esprit Saint. Tout cela vient de moi car j'en suis la source, mais mes manifestations sont diverses… A ce moment-là, toutes les résistances de ce jeune homme sont tombées et il a pu confier sa vie à Jésus. Une autre image qui me vient personnellement à l'esprit, et qui reste sans doute très imparfaite, est celle d'un feu. Si vous sortiez un tison du brasier, vous auriez maintenant un deuxième feu plus petit, mais qui serait de la même nature que le feu principal. Et si le vent soufflait sur le feu, les flammes qui s'en échapperaient embraseraient d'autres éléments en leur conférant la nature du feu. Le feu principal représenterait le Père. Le tison incandescent jeté sur le monde, serait ce Fils de Dieu que nous appelons Jésus. Et le souffle de l'Esprit est cette flamme qui s'échappe du feu pour venir caresser la Terre et les Vivants. «Je suis venu jeter un feu sur la terre, et qu'ai-je à désirer, s'il est déjà allumé?»[23] «Il fait des vents ses messagers, Des flammes de feu ses serviteurs.»[24] «Des langues qui semblaient de feu leur apparurent, séparées les unes des autres, et elles se posèrent sur chacun d'eux.»[25] Tous procèdent du feu unique, mais Dieu se manifeste sous différentes formes et entités, afin de s'adapter à la diversité de sa création. Par contre, nous sommes des combustibles plus ou moins propres à brûler ou qui nous enflammons à des températures variables.

Une autre image qui me vient à l'esprit, tout simplement en lisant les Evangiles, est celle d'une entreprise. Cette entreprise a été fondée par un patron, qui s'est entouré d'un conseil d'administration, et elle possède des filiales. Le père destine une de ses filiales—la Terre—à son fils. Il va faire en sorte de former son fils en s'assurant qu'il lui sera loyal et qu'il saura se préoccuper de l'essor de l'entreprise, comme des besoins des employés, avant de lui en confier la direction. Et en attendant que ce fils ait grandi et qu'il ait apporté la preuve qu'il est désormais digne d'être placé à la tête de cette entreprise, le père va placer sur cette filiale, un gérant. Lucifer—l'Ange de Lumière—, s'est jadis vu confier la responsabilité d'être l'intendant et le précepteur de notre monde. Ce fils qui devait parvenir à la maturité afin d'hériter de tout, c'est Adam, et c'est nous. Nous savons que le précepteur s'est enflé d'orgueil, et qu'il sut tirer parti de l'irrésolution du fils pour l'entrainer dans sa propre rébellion, afin de s'approprier l'héritage familial. C'est pourquoi, ce père a maintenant choisi, au sein de son conseil d'administration, un autre fils, le seul fils dont il reconnaît les qualités et la loyauté à son égard, et il l'a envoyé dans cette filiale pour qu'il remette le méchant intendant à sa place, et pour qu'il restaure son frère dans la relation et dans les prérogatives qui lui revenaient au départ. Cet autre fils est le seul qui jusqu'ici, a su faire la preuve de son amour total et inconditionnel pour son Père, et dans lequel le Père peut se reconnaître et mettre tout son plaisir. Il est par conséquent, “unique”. Jésus, le second Adam, est désormais mandaté par le Père pour accomplir une mission, et c'est pourquoi il peut affirmer qu'il est “Un” avec lui. Durant sa mission, il va—pardonnez-moi cette image—, rester en contact téléphonique permanent avec son père et avec le conseil d'administration, desquels il recevra ses instructions ainsi qu'un soutien logistique. En réalité, Jésus est habité par son Père au point qu'il pourra dire: «Celui qui me voit, a vu le Père». Sa mission accomplie, Jésus va retourner d'où il était venu, et son père va lui remettre la direction générale de cette filiale, à la place du traître intendant. Quant à la gestion pratique de l'entreprise, Jésus va la confier à ses frères restés sur terre, qui entretemps seront revenu à de meilleures intentions, à ceux qui auront pris leurs distances par rapport au système corrompu du monde, en étant réintégrés au sein de la famille de Dieu à travers le fils bien aimé. Vue sous cet angle, la Trinité de Dieu est-elle si difficile à comprendre? L'éternité nous cache de grands mystères de simplicité, avec sans doute de tout aussi grandes surprises. La personne de Dieu reste dissimulée à nos yeux, tout simplement parce-que nous ne pouvons la concevoir tant que nous sommes dans notre péché. Et Satan sait en profiter pour nimber ces choses de mystère.

Mais, heureux les coeurs purs car ils verront Dieu, a dit Jésus. Et j’aimerais encore ajouter ce magnifique témoignage qu'une maman nous offre de ce qui est arrivé à son fils. Devenu autiste profond à l'âge de deux ans, une perspective sans retour d'après les médecins, et terrifiante pour ses parents, l’enfant est pourtant sorti partiellement de son autisme à la suite d'une visitation angélique. Et, bien qu’on ne lui ait jamais enseigné à écrire, il s’est mis a communiquer avec sa maman, en retranscrivant sur une tablette électronique les révélations étonnantes qu’il recevait, alors que des anges l'emmenaient pendant son sommeil à l'école de Dieu ! Des révélations comme : “La foi c’est s'imaginer que la chose est faite”. Ou, “Dieu est un festin qui s'offre”. Et voici ce que cet enfant de sept ans au moment des faits, a su dire au sujet de la nature triunitaire de Dieu : “In the Trinity, the Father is the manager. The son is the lover of the operations. The holy spirit is the worker. And so, it's the three in one that gets the things done. He is Papa, he is Healer, he is Helper. The world has been created by only three functions that went like this : Father thought it, Son loved it, Holy Spirit carried out the plan. That is how the Trinity works. So, men must voice: Father what do you think ? Jesus, what do you love? Holy Spirit, what should we do about it? That's our mission.” Traduire en paraphrasant n’est pas évident, mais pourrait donner ceci : “Au sein de cette nature triunitaire, le Père est le concepteur et le chef de projet. Le Fils est passionné par la réalisation des projets. Et l’Esprit Saint est l’agent par lequel les choses se font. Ainsi ce sont les Trois en Un qui réalisent toutes choses. Il est notre Papa, celui qui nous restaure, et il nous assiste. Le monde est venu à l’existence à partir de ces trois fonctions, et les choses se sont déroulées de la façon suivante: Le Père l’a conçu, le Fils y a investi son amour, et le Saint-Esprit a pourvu à sa réalisation. C’est de cette façon que la Trinité fonctionne. Alors, voici comment les hommes devraient s'exprimer. Ils devraient dire : Père, à quoi songes-tu ? Jésus, que désires-tu? Saint-Esprit, qu'allons-nous faire? Vivre en restant dans ces dispositions constitue notre mission.

Heureux les coeurs purs car ils verront Dieu. Et ce qu'il nous faut absolument saisir sur un plan spirituel, si nous voulons entrer dans cette relation qui doit nous unir à lui, c'est la réalité de la nature divine du Messie. Les prophètes ont été intégrés à une généalogie, dans une chronologie historique, de même que les saints, les rois, ou encore Marie, la mère de Jésus dans la chair. Mais le Messie existe de toute éternité. Ses origines sont en Dieu, mais il nous a rejoints en prenant une forme semblable à la nôtre. Jésus se présente à nous comme étant «le Fils de l'Homme». D'où lui vient cette appellation? On pourrait penser qu'il est devenu membre de la race humaine en prenant chair de la vierge Marie. L'origine de cette fonction, car il s'agit bien d'une fonction, au même titre que celles d'ange, d'archange, de chérubin, ou encore de roi, de prophète ou de sacrificateur, remonte en réalité à bien avant son incarnation sous la forme que nous lui connaissons, lorsque le Fils de l'Homme était auprès du Père, dans le ciel. Cette fonction est sans doute en rapport avec la chute de l'homme. Le Fils de l'Homme est en quelque sorte “celui qui devra quitter le ciel pour aller sauver l'homme”. Pour ce faire, il devra lui-même devenir un homme. Imaginez les membres d'une mission Apollo, subissant une avarie et échoués sur la lune. Il faudra former un ou plusieurs volontaires, pour aller chercher ces astronautes. Ces volontaires seront peut-être des scientifiques ou des aviateurs, mais ils devront devenir eux-mêmes des astronautes, afin de pouvoir aller sauver les astronautes en perdition… Dieu, dans son ciel, a dit un jour : Qui veut se porter volontaire pour devenir un homme et aller sauver les hommes de la Terre? Les anges, horrifiés à l'idée d'être jetés en pâture aux hommes, ont fait un pas en arrière. Le Fils de Dieu s'est avancé et il a dit : J'irai. Je deviendrai un homme comme eux, afin de leur permettre de rentrer à la maison.

Il existe un livre qui, au début de notre ère, a été retiré du canon biblique, car jugé non conforme par les promoteurs de la religion. Ce livre, on pourrait aussi bien l'appeler «La Genèse—ou l'Apocalypse—selon Hénoch». Il s'agit bien du Livre d'Hénoch. Hénoch fut le père de Mathusalem, dont nous savons qu'il vécut jusqu'à un âge très respectable. La Bible dit de Hénoch qu'il marcha avec Dieu jusqu'à l'âge de 365 ans, et qu'ensuite il ne fut plus «parce que Dieu le prit.»[26] Il existe dans la Bible une foule de références à des événements qui nous semblent mystérieux, et dont l'inspiration a simplement été puisée dans le livre d'Hénoch. Cet Hénoch, qui ne doit pas être confondu avec son homonyme, fils de Caïn, fut un descendant de Seth, lui-même fils d'Adam, et il fut l'arrière grand-père de Noé. On retrouve l'inspiration propre à ses écrits dans les Psaumes, par exemple le Psaume 45 : «Tu es le plus beau des fils de l'homme, La grâce est répandue sur tes lèvres : C'est pourquoi Dieu t'a béni pour toujours.»[27] Ou encore, dans le Psaume 110 de David : «Le Seigneur, à ta droite, brise des rois au jour de sa colère. Il exerce la justice parmi les nations: tout est plein de cadavres; Il brise des têtes sur toute l'étendue du pays. Il boit au torrent pendant la marche: C'est pourquoi il relève la tête.»[28] Il ne fait aucun doute que les Apôtres, et Jésus lui-même, connaissaient très bien le livre d'Hénoch, puisqu'ils le citent à plusieurs reprises. Pierre y fait allusion lorsqu'il dit : «Audacieux et arrogants, ils ne craignent pas d'injurier les gloires, tandis que les anges, supérieurs en force et en puissance, ne portent pas contre elles de jugement injurieux devant le Seigneur.»[29] Jude mentionne sa prophétie : «Le Seigneur a réservé pour le jugement du grand jour, enchaînés éternellement par les ténèbres, les anges qui n'ont pas gardé leur dignité, mais qui ont abandonné leur propre demeure.»[30] Il s'agit là des Fils de Dieu, qui au nombre de deux cent, se liguèrent pour transgresser l'ordre établi par Dieu en venant s'installer parmi les hommes et en procréant avec les femmes. Ils furent à l'origine des Nephilims, ces géants méchants que Dieu dut faire ensuite périr par le déluge. Jude dit encore : «A eux aussi s'applique la prophétie d'Hénoc, le septième patriarche depuis Adam, lorsqu'il dit: Voici, le Seigneur va venir avec ses milliers d'anges pour exercer son jugement sur tous…» Et Jésus cite encore une fois le Livre d'Enoch lorsqu'il parle de lui-même en ces termes : «Lorsque le Fils de l'Homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s'assiéra sur le trône de sa gloire».[31]

Cet Hénoch ayant appris à marcher avec Dieu, il fut admis dans le ciel, où les anges lui expliquèrent de nombreux mystères. Il parle abondamment du «Fils de l'Homme» et il dit notamment : «Là je vis l’Ancien des jours, dont la tête était comme de la laine blanche, et avec lui un autre, qui avait la figure d’un homme. Cette figure était pleine de grâce, comme celle d’un des saints anges. Alors j’interrogeai un des anges qui était avec moi, et qui m’expliquait tous les mystères qui se rapportent au Fils de l’homme. Je lui demandai qui il était, d’où il venait, et pourquoi il accompagnait l’Ancien des jours. Il me répondit en ces mots: “Celui-ci est le Fils de l’homme, à qui toute justice se rapporte, avec qui elle habite, et qui tient la clef de tous les trésors cachés; car le Seigneur des esprits l’a choisi de préférence, et il lui a donné gloire et domination sur sa création.”» (Hénoch 46:1-2). Hénoch a donc vu le Messie élevé à la droite de Dieu, bien avant sa venue en chair, et ces choses furent écrites des siècles avant les prophéties de Daniel et de Jean.

Daniel eut une vision similaire à celle de Hénoch : «Je regardai, pendant que l'on plaçait des trônes. Et l'ancien des jours s'assit. Son vêtement était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête étaient comme de la laine pure; son trône était comme des flammes de feu, et les roues comme un feu ardent. (…) Je regardai pendant mes visions nocturnes, et voici, sur les nuées des cieux arriva quelqu'un de semblable à un fils de l'homme; il s'avança vers l'ancien des jours, et on le fit approcher de lui. On lui donna la domination, la gloire et le règne; et tous les peuples, les nations, et les hommes de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera jamais détruit.»[32] Plus tard, dans une autre vision, Daniel vit à nouveau le Fils de l'Homme. Mais cette fois, le Messie avait une apparence glorifiée : «Le vingt-quatrième jour du premier mois, j'étais au bord du grand fleuve qui est Hiddékel. Je levai les yeux, je regardai, et voici, il y avait un homme vêtu de lin, et ayant sur les reins une ceinture d'or d'Uphaz. Son corps était comme de chrysolithe, son visage brillait comme l'éclair, ses yeux étaient comme des flammes de feu, ses bras et ses pieds ressemblaient à de l'airain poli, et le son de sa voix était comme le bruit d'une multitude.»[33]

Et enfin, dans le livre de la Révélation, Jean reçoit une vision du Messie : «Je me retournai pour connaître quelle était la voix qui me parlait. Et, après m'être retourné, je vis sept chandeliers d'or, et, au milieu des sept chandeliers, quelqu'un qui ressemblait à un fils d'homme, vêtu d'une longue robe, et ayant une ceinture d'or sur la poitrine. Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche, comme de la neige; ses yeux étaient comme une flamme de feu; ses pieds étaient semblables à de l'airain ardent, comme s'il eût été embrasé dans une fournaise; et sa voix était comme le bruit de grandes eaux. Il avait dans sa main droite sept étoiles. De sa bouche sortait une épée aiguë, à deux tranchants; et son visage était comme le soleil lorsqu'il brille dans sa force. Quand je le vis, je tombai à ses pieds comme mort. Il posa sur moi sa main droite en disant: Ne crains point! Je suis le premier et le dernier, et le vivant. J'étais mort; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts.»[34] La description que Jean fait correspondre au Fils de l'Homme ressemble à celles de Hénoch et de Daniel. Sauf que Jésus y a maintenant pris l'apparence de celui que Hénoch décrit comme le Père des Esprits. Voici qui va déconcerter les adeptes d'une certaine conception trinitaire, et qui va certainement perdre ceux qui ne voyaient en Jésus qu'un prophète… Ce Fils de l'homme est désormais, par son rang, au-dessus des anges et des archanges et de la même nature que le Père des Esprits. Jésus a été élevé au rang de Seigneur tout puissant. Plus fort encore, Jésus affirme ceci : «Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône.»[35]

En apportant avant l'heure sa vision messianique et apocalyptique, on comprend que le Livre d'Hénoch ait pu déranger les gardiens d'une certaine façon de voir les choses. Autant les Juifs que les Chrétiens, mais également les Musulmans, tous l'ont évincé de leur canon des Ecritures. On en a retrouvé des fragments parmi les manuscrits de Qumran, mais le livre a pu subsister dans la Bible arménienne ainsi que dans la tradition éthiopienne, d'où il est réapparu en diverses traductions. Mais on attribue en réalité à Hénoch, un ensemble de livres qu'il convient d'aborder avec circonspection. Certains des livres qu'on voudrait lui attribuer, notamment ceux qui ont inspiré la Kabbale et les Illuminati, seraient des écrits d'une époque ultérieure, issus d'une tout autre source d'inspiration. Le véritable Livre d'Hénoch, par toutes les confirmations qu'il contient, sera un outil puissant pour aider à la compréhension des événements des derniers temps et pour affermir la foi des croyants, à l'instar du Livre de Daniel : «Toi, Daniel, tiens secrètes ces paroles, et scelle le livre jusqu'au temps de la fin. Plusieurs alors le liront, et la connaissance augmentera.»[36]

Le Messie est un personnage aux origines éternelles. Il n'a pas de commencement et il n'a pas de fin. A l'échelle de la Création, il est l'alpha et l'oméga, c'est-à-dire qu'il initie toute chose, et toute chose lui est destinée. Le père a créé notre monde avec son Fils, et notre monde lui est destiné. Ceux qui sont des chefs d'entreprise comprendront. Sa typologie est représentée par Melchisédek,[40] Roi de Salem ( Roi de paix ), un roi qui surgit soudain dans le récit biblique sans être rattaché à une généalogie. C'est pourquoi Jésus dit affectueusement à sa mère : «Femme, qu'y a-t-il entre moi et toi?»[41] Autrement dit : «Qu'avons-nous en commun, toi et moi, pour que tu t'immisce dans le conseil de Dieu?» Le Messie n'a pas commencé son existence dans le ventre de Marie, ou dans une mangeoire. De nombreux passages de la Bible nous parlent de sa divinité et de son éternité et en voici quelques-uns : Paul affirme : «Frères, je ne veux pas que vous ignoriez que nos pères ont tous été sous la nuée, qu'ils ont tous passé au travers de la mer, qu'ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer, qu'ils ont tous mangé le même aliment spirituel, et qu'ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ. Mais la plupart d'entre eux ne furent point agréables à Dieu, puisqu'ils périrent dans le désert.»[42] Jean a dit : «Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle.» «Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père.»[43] Esaïe a prophétisé ainsi : «Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, Et la domination reposera sur son épaule; On l'appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix.»[44] Et enfin, Jésus demande à Jean d'écrire ceci pour nous : «Voici, je viens bientôt, et ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon ce qu'est son oeuvre. Je suis l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d'avoir droit à l'arbre de vie, et d'entrer par les portes dans la ville!»[45]

Car, dans ce Jésus marchant sur les routes de Galilée, habite potentiellement toute la plénitude de Dieu,[46] certes manifestée sous une forme dont la proximité ne va pas consumer les hommes pécheurs—et nous le sommes tous—, mais qui, projetée dans la perspective de l'avènement de son règne, est sans limitation aucune. Quelle relation existe-t-il entre le Père et le Fils? Une relation de profond respect, d'obéissance et d'amour. Les versets de la Bible foisonnent, qui nous permettent de mieux comprendre la nature de cette relation. Par exemple, le Psaume 40,[47] et Hébreux 2.[48] Dans Luc 10 on lit : «A ce moment même, Jésus tressaillit de joie par le Saint Esprit, et il dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l'as voulu ainsi. Toutes choses m'ont été données par mon Père, et personne ne connaît qui est le Fils, si ce n'est le Père, ni qui est le Père, si ce n'est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler.»[49] De nombreux passages des Evangiles nous révèlent le coeur de Jésus : «Vous m'appelez Maître et Seigneur; et vous dites bien, car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres; car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait.»[50] «Mes brebis entendent ma voix; je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. Moi et le Père nous sommes un[51] Et Paul dit : «Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n'a pas regardé comme une proie à arracher d'être égal avec Dieu, mais s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme, il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix.»[52]«Dieu, en effet, a tout mis sous ses pieds. Mais lorsqu'il dit que tout lui a été soumis, il est évident que celui qui lui a soumis toutes choses est excepté. Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous[53] C'est à mon sens, la signification du Dieu unique. En lisant ces lignes et les nombreux autres passages qui nous parlent de l'éternité du Christ, nous réalisons que le niveau de confiance et d'intimité qui règne au sein de la personne de Dieu—la sollicitude, la soumission réciproque, l'intégrité, l'humilité, une loyauté indéfectibles, le conseil, l'union essentielle et l'obéissance jusqu'à accepter la mort, et par dessus tout : l'amour parfait—toutes ces qualités et sans doute bien d'autres qui nous seraient plus difficilement accessibles, constituent la nature même du Dieu unique. Et ce sont ces qualités que Jésus veut nous communiquer, afin que lorsque nous serons entrés dans son Royaume, nous puissions nous y sentir “en famille”.

Lorsque je me suis converti—j'avais vingt-deux ans—, j'ai continué pendant quelques temps à batailler avec l'idée de savoir qui est Dieu, qui nous sommes par rapport à lui, et qui nous sommes en tant qu'êtres humains. Après m'être quelque peu distancé de mon arrière-plan catholique, j'avais goûté aux philosophies orientales, lu Krishnamurti, assisté à une conférence de la scientologie, rencontré des gens de la secte des enfants de Dieu, et d'autres, et m'étais ouvert aux affirmations du New Age. L'idée générale qui se dégageait de toutes ces philosophies était que l'homme possède en lui-même une part cachée qu'il doit découvrir, et que cette part est dieu. Aussi, lorsque j'ai abordé l'Evangile, j'ai d'abord tenté d'intégrer Jésus à ces philosophies, mais quelque-chose ne collait pas. En somme, fallait-il que je trouve les réponses en moi-même, ou devais-je m'en remettre à une conscience extérieure à moi-même? Alors, pour m'aider, Jésus s'est un jour présenté à moi dans une vision spirituelle au cours d'un moment de prière et de méditation. Il était tel qu'il est décrit dans les visions que nous avons évoquées plus haut. Son visage était comme un soleil, rayonnant dans toutes les directions, et il portait une ceinture d'or sur sa robe. Il émanait de cette vision, à la fois une toute puissance et une grande simplicité. Il n'y avait en cette personne aucun artifice, aucune méchanceté, mais elle était la pureté, la lumière et la vérité. Tès honnêtement, lorsque son regard m'a pénétré et que les pensées de mon âme ont été dévoilées, je me suis senti défaillir. J'ai néanmoins pris une feuille de papier et j'ai dessiné ce que j'avais vu. Lorsque j'ai montré ce que j'avais pu dessiner à celle qui devint ma femme, elle prit peur et elle me dit que cela ne pouvait être Jésus. J'ai mis ce dessin dans une malle et il n'en est jamais ressorti. Voyez-vous, nous avons chacun nos conceptions étriquées de Dieu et de l'homme. Dieu des antiquaires, qui vit dans les ambiances feutrées éclairées par les cierges et au milieu des odeurs de vieil encens. Dieu des jeunes filles qui volète au milieu des fleurs et des papillons. Dieu, “j'exige à n'importe quel prix!” qui va permettre aux affairistes d'obtenir ce qu'ils veulent. Dieu guerrier qui m'accorde de dominer les hommes. Dieu noble et généreux, Dieu magnanime et seigneurial, Dieu courtois et bienséant, Dieu patricien et aristocrate, Dieu honorable et prestigieux, Dieu fastueux qui est au coeur de la beauté, Dieu de douceur et d'amour maternel, Dieu d'amour sensuel, Dieu qui chaque jour renouvelle la face de la terre, Dieu que l'on accommode aux couleurs du ciel et à l'humeur du moment… Les anciens avaient donné des noms à ces conceptions. Ils vénéraient, —qui, Baal, Zeus ou Jupiter, Mars ou Apollyon, Lucifer ou Satan, —qui, Astarté, Gaïa, Aphrodite ou Vénus, Isis, Semiramis ou Ishtar, la Reine du Ciel, ou encore Cybèle, mère des dieux, et désormais Marie. Ce sont là quelques-uns des visages empruntés par ces deux cents anges magnifiques auxquels avait été confiée la charge de faire prospérer l'homme et la terre. Mais ces fils de Dieu furent rebelles à leur père. Non contents de s’être immiscés dans le coeur des hommes en y mettant le désordre et la haine, ils ont également dénaturé la création en y intégrant leur propre ADN. Ils se sont approprié la Terre, et ils y font maintenant régner la discorde et la violence, en lieu et place de l’Esprit du Dieu Un. Rusés et d’une audace sans limite, ils se font passer pour le Christ et ils emmènent les hommes qui n’ont pas aimé la vérité à la perdition, en faisant d’eux les persécuteurs de la vérité. Lorsque Jésus s'est révélé à moi, tel un soleil et en les éclipsant tous, j'ai compris que Dieu était bien plus qu'une forme de la conscience ou qu’une conception de l'homme, et ceci m'a rasséréné et ramené à des pensées plus humbles. Pourtant, si Dieu m'a permis de voir son aspect, ce n'était pas pour que je me sente comme une limace et pour m'écraser. J’ai senti au contraire que Jésus m'attirait ta lui ! C’était comme s’il me disait : “Ton salut et ton avenir sont cachés en moi”. 

Jésus a été élevé deux fois. Il a été élevé sur la croix, et il a été élevé dans la gloire. L'homme au visage défait, couvert de sang, tuméfié par les coups et méconnaissable, a été élevé pour devenir cet astre brillant du matin d'une ère nouvelle pour la Terre et pour l'homme. Et l'homme est désormais invité à entrer dans la glorieuse destinée qui a été préparée pour les fils et les filles de Dieu. David a chanté ce psaume magnifique: «Eternel, notre Seigneur, que ta gloire est admirable sur la terre tout entière! Au-dessus du ciel, on célèbre ta splendeur. De la bouche des enfants et des cris des nouveau-nés, tu fais jaillir la louange qui confond tes adversaires, pour imposer le silence à ceux qui chargés de haine se rebellent contre toi. Quand je contemple le ciel que tes doigts ont façonné, les étoiles et la lune que tes mains ont disposées, je me dis: Qu'est-ce que l'homme, pour que tu en prennes soin, et qu'est-ce qu'un être humain pour qu'à lui tu t'intéresses? Pourtant, tu l'as fait de peu inférieur à Dieu, tu l'as couronné d'honneur et de gloire. Tu lui donnes de régner sur les œuvres de tes mains. Tu as tout mis sous ses pieds: les bêtes et les animaux sauvages, tous les oiseaux dans les airs et les poissons de la mer, tous les êtres qui parcourent les sentiers des océans. Eternel, notre Seigneur, que ta gloire est admirable sur la terre tout entière». Psaume 8.

Mais revenons à ce qui nous occupe : le Saint-Esprit, ou l'Esprit de Jésus, puisque la Bible utilise ces terminologies en alternance.

Il y a dans la Bible une histoire qui me plaît beaucoup et à laquelle je découvre de temps à autres une nouvelle dimension. C'est celle d'Elie, qui au Mont Carmel a fait une démonstration magistrale de ses talents de prophète aux yeux de tout Israël. Ce faisant, il s'est mis à dos la méchante Reine Jézabel et son mari le veule Roi Achab.[54] Il doit maintenant s'enfuir pour sauver sa vie. Dans le désert, il se retrouve seul face à lui-même, en proie à la peur. Et voici qu'il n'entend plus la voix de Dieu, et c'est sans doute la chose la plus terrible qui puisse arriver à un serviteur de Dieu, prophète de surcroît. Lorsque Dieu ne s'identifie pas pleinement aux motivations profondes qui vont conduire nos actes et nos paroles, il va nous le faire comprendre en restant silencieux. Et si nous persistons, il se retirera définitivement, sainteté oblige. Dans sa façon de gérer la crise, Elie a sans doute outrepassé ses prérogatives et fait montre d'une certaine arrogance. Dieu a néanmoins fait descendre le feu du ciel, par fidélité, et pour attester de la véracité de la position d'Elie, qui a agi sur sa parole. Mais Dieu ne s'est pas réjoui du massacre des prophètes de Baal. Dieu ne se réjouit jamais de la mort des pécheurs, fussent-ils ses opposants. Et il ne s'est pas davantage réjoui du triomphe du prophète, qui maintenant attire les regards sur lui, ce qui va attiser chez ses opposants un esprit de revanche, au lieu de faire naître dans les coeurs un esprit de repentance. Jésus a dit: «Lorsque vous aurez fait tout ce qui vous aura été prescrit, dites en vous-mêmes : je suis un serviteur inutile.»[55]

C'est toujours une grande tristesse de devoir constater qu'un serviteur que Dieu a utilisé pour apporter un réveil puissant de son Esprit, s'est approprié le témoignage qu'il rendait à la Vérité pour en faire “son ministère”, allant parfois jusqu'à détourner la gloire de l'Esprit de Dieu pour en faire un fonds de commerce. Non pas que l'Esprit se laisse détourner au profit d'un homme, mais l'Esprit s'est retiré au profit d'un autre esprit : un esprit que l'on peut qualifier d'“esprit de Balaam”.[56] Moïse, dont il est pourtant dit qu'il était l'homme le plus doux de la Terre, céda à cet esprit lorsqu'il frappa le rocher, au lieu de lui parler comme Dieu le lui avait demandé. Nous voyons régulièrement des prédicateurs et des prédicatrices qui jusqu'ici ont été une vraie bénédiction pour les croyants, s'enorgueillir sous l'effet de leur succès et se laisser emporter par l'arrogance au point qu'ils vont faire des imprécations publiques à l'encontre de ceux qui oseront s'opposer à eux et remettre en question leur ministère. Si cette pensée nous monte au coeur, méfions-nous.[56a] C'est la voie de Caïn, nous avertit Jude. Lucifer a jadis inauguré cette route vers la séparation d'avec Dieu et vers la déchéance.[56b] Jésus a dû faire face à cette tentation dès le début de son ministère. Il y a répondu, non par les résolutions fluctuantes de son âme, mais par la parole de Dieu : «Il est écrit».[57] Et plus tard, il s'en est constamment remis au Père dans la prière : «Non pas ma volonté, mais ta volonté». Au point qu'il a pu accepter la croix, allant même jusqu'à prier pour ceux qui l'insultaient et pardonner ceux qui le crucifiaient. «Heureux les doux, car ils hériteront la terre». Mais Elie est un homme intègre et les choses n'en restent pas là. Fortifié par l'Ange de Dieu, Elie marche pendant quarante jours sans manger, jusqu'à atteindre la montagne de Horeb, un nom qui signifie: «se perdre» et «sécheresse», et qui désigne également le Mont Sinaï, le lieu où la loi fut donnée à Moïse. Parvenu à cet endroit, il entend la voix de Dieu qui lui dit: «Que fais-tu ici, Élie?» C'est la première fois que Dieu lui adresse la parole depuis l'incident du Mont Carmel. Élie l'informe alors de ses actes de bravoure et de comment il a pu faire en sorte que l'honneur de l'Eternel soit sauf aux yeux d'Israël. Et il lui dit aussi combien il est malheureux de se retrouver maintenant tout seul au milieu d'un peuple qui s'est entièrement voué aux idoles. Dieu lui fait alors comprendre qu'il n'est pas aussi seul qu'il se l'imagine, mais que l'attitude de son coeur l'a isolé de Dieu et des autres. Il doit réapprendre Dieu et se remettre au diapason de son coeur.

La suite de l'histoire est un des grands classiques de la Bible : Dieu suscite d'abord un ouragan, puis un tremblement de terre, et ensuite un feu. Constatant que Dieu ne se trouve pas dans ces éléments, Elie saisit le message. Il se souvient sans doute de la façon dont l'Eternel s'était révélé à son serviteur Moïse à ce même Mont Sinaï, quelques siècles plus tôt. L'Eternel était descendu dans la nuée, et il se tint là près de Moïse et proclama son nom : «Il passa devant lui en proclamant: —L'Eternel, l'Eternel, un Dieu plein de compassion et de grâce, lent à se mettre en colère, et riche en amour et en fidélité ! Je conserve mon amour jusqu'à la millième génération: je pardonne le crime, la faute et le péché, mais je ne tiens pas le coupable pour innocent, et je punis la faute des pères sur leurs descendants jusqu'à la troisième et même la quatrième génération».  Pourquoi l'Eternel ne voulait-il pas que Moïse voit son visage? … Pourquoi Joseph, pris d'émotion, s'est-il caché la face lorsqu'il retrouva ses frères après tant d'années? Pourquoi Jésus pleura-t'il lorsqu'il tressaillit en réalisant que la résurrection de Lazare serait les prémices d'une très longue liste de résurrections? Oui, Dieu souffre de nous voir souffrir dans l'éloignement, et ce qu'il souhaite le plus au monde c'est notre bonheur et notre proximité, car nous sommes sa race et sa famille…  Aussi, lorsqu'un murmure presque silencieux parvient à ses oreilles, Elie se voile la face et il sort de son abri à la rencontre du Seigneur.[58] … Oh, la suite nous montre qu'Elie ne changea pas son bâton d'épaule. Il resta Elie le Tishbiy—le captif de Dieu. Mais cette expérience constitua probablement sa Pentecôte personnelle en lui procurant un sens inédit de la sainteté de Dieu. Si bien que lorsqu'il confronta plus tard le Roi Achab au sujet d'une possession mal acquise, celui-ci fut cette-fois si profondément convaincu de son péché qu'il s'en repentit amèrement, à tel point que le châtiment promis lui fut même épargné.[59]

Nous pouvons moraliser et affirmer tout ce que nous voulons, nous pouvons le crier sur les toits, et nous pourrions le démontrer par la force persuasive des prodiges et des miracles, ceci ne ferait qu'endurcir davantage ceux qui l'entendront. Jésus affirme que le Saint Esprit est celui qui convaincra le monde de son péché.[60] Il y a cette phrase entendue, qui me revient à l'esprit, et qui est le titre d'un roman de Milan Kundera, que je n'ai pas lu et dont je ne saurais recommander la lecture. Mais cette pensée me parle : «L'Insoutenable Légèreté de l'Être.» La présence du Saint Esprit sait être insoutenable dans sa légèreté. Non pas la légèreté des sentiments féminins évoluant dans le contexte du pesantisme d'un système politique totalitaire, dont traite le roman de Kundera, mais la légèreté de l'attouchement spirituel de Dieu, contrastant avec le paternalisme épais de la religion moralisante. La morale religieuse se borne à condamner nos actes et nos pensées, sans pour autant nous offrir une réelle alternative. Et parce que nous sommes programmés pour résister à toute forme de condamnation, la confrontation à une morale va nous endurcir et nous rendre en réalité pires que nous sommes. Nos péchés sont comme la mauvaise herbe : A peine pensons-nous nous en être débarrassés que nous la voyons repousser à l'autre bout du champ ! Jésus dit des religieux, «qu'ils ne font que lier des fardeaux pesants pour les mettre sur les épaules des hommes, et qu'eux-mêmes ne daignent pas les bouger du petit doigt». Les religieux savent bien, pour l'avoir expérimenté avant les autres, que tous ces efforts sont inutiles. Ils acceptent néanmoins de jouer une comédie, par obéissance à leur tradition. Mais en récupérant nos manquements mis en lumière de manière diffuse par la pratique religieuse, Satan nous maintient sous la condamnation. Il utilise la morale religieuse pour nous empêcher de nous approcher de Dieu avec foi et confiance. Dès qu'un élan du coeur nous poussera à vouloir nous approcher de Dieu, Satan va nous stopper net en nous accusant en notre for intérieur. Et notre conscience fera le reste : “C'est vrai : j'ai fait ceci et je n'ai pas fait cela. J'ai cette mauvaise habitude. Je ne suis pas digne pour l'instant de m'approcher de Dieu, mais je parviendra sans doute un jour à régler mes problèmes”. Et tant que nous chercherons à mériter l'approbation et la compassion de Dieu, Satan en sera très content, car nous n'y parviendrons jamais. C'est exactement comme pour le fumeur ou pour celui qui est accro à une drogue quelconque et qui souhaite arrêter. Plus cette personne se focalise sur son addiction et plus elle s'enchaîne. Je le sais! Il m'a été impossible d'arrêter de fumer. Jusqu'au jour où un cher frère a prié pour moi, en brisant le lien de la cigarette et en demandant à Dieu remplir la place laissée vide par l'arrêt de la cigarette, par son Esprit de paix, de force et de maîtrise de soi. Je n'ai plus jamais été tenté. C'est de cette façon que Dieu nous délivre de tout péché.

L'Amour de Dieu ne met pas le doigt sur nos fautes, mais il nous communique la conviction que nous sommes pécheur, c'est à dire, que nous vivons dans un état d'éloignement par rapport à Celui qui est la source de la Vie. Et cesser de lui résister en acceptant le rapprochement à travers l'Amour totalement gratuit de son Fils, c'est rétablir une relation qui a le pouvoir de nous rendre meilleurs. L'Amour du Christ est irrésistible. Cet amour authentique et sincère sait toucher les coeurs les plus endurcis. Il est intéressant de noter au passage, que la «Ruach Ha-kodesch»—littéralement : «le souffle de sainteté»—, qui désigne l'Esprit Saint dans la Bible hébraïque, est un mot féminin. Le mot grec, qui dans les Evangiles, désigne le Saint Esprit, est «parakletos», un mot qui désigne «celui qu'on appelle à son secours»—son avocat et défenseur—, et qui est généralement traduit par «consolateur». Avant de s'en aller au Ciel, Jésus a dit à ses disciples qu'il leur était avantageux qu'il s'en aille, car de cette façon il pourrait leur envoyer le Consolateur.[61] Nous comprenons bien que Jésus sur terre était limité à son identité physique. Maintenant que le Fils a été glorifié en entrant dans la gloire de son Père, son Esprit a été magnifié, et il est répandu sur la Terre pour qu'il demeure éternellement avec nous, ses disciples. Apocalypse 12:10 dit ceci: «Et j'entendis dans le ciel une voix forte qui disait: Maintenant le salut est arrivé, et la puissance, et le règne de notre Dieu, et l'autorité de son Christ; car il a été précipité, l'accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit». Evangile est un mot qui signifie : “Excellente nouvelle—nouvelle presque trop bonne pour que l'on puisse y croire”. Cette excellente nouvelle, c'est précisément que Dieu nous a envoyé un Consolateur, afin qu'il prenne dans nos coeurs la place qui avait été tenue dans les temps d'ignorance, par l'Accusateur. Dans sa première lettre, Jean affirme ceci : «Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est point en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. Si nous disons que nous n'avons pas péché, nous le faisons menteur, et sa parole n'est point en nous. Mes petits enfants, je vous écris ces choses, afin que vous ne péchiez pas. Et si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ le juste.»[61a]

Si l'on se réfère aux Actes des Apôtres, aux Evangiles, notamment aux chapitres 14[62] et 16[63] de Jean et à sa première épître,[64] voici quelques-uns des attributs du Parakletos qui nous concernent au premier plan: Le Parakletos convaincra le monde en ce qui concerne le péché et le jugement—et il nous convaincra nous-mêmes si nous péchons, en étant attristé en nous. Si nous avons péché, il est notre avocat auprès du Père et il nous permet d'obtenir son pardon. Il est également notre consolateur : celui qui rassure et qui soutient. Si nous sommes accusés—par d'autres ou par notre propre conscience—, Dieu est plus grand que nos détracteurs et même que notre coeur. Il prendra notre défense et il nous justifiera. L'Esprit de Vérité est celui qui nous rappelle en tout temps aux paroles de Jésus, afin que nous demeurions greffés en lui. Il nous conduira dans toute la vérité en nous révélant la pensée même de Dieu. La vérité révélée nous rendra réellement libres. L'Esprit nous remplira d'une joie profonde et il fera que des rivières d'eau vive couleront de notre sein. Il glorifiera Jésus, en prenant les choses qui lui appartiennent pour les confier à ses disciples. Il nous permettra, lorsque nous le ferons dans l'obéissance à ses directives et dans la foi, de guérir les malades et de faire bien d'autres miracles. Il entendra ce qui se dit, non seulement dans le ciel de Dieu, mais également dans le camp adverse, et il nous en préviendra. Lorsque nous aurons besoin de défendre l'Evangile, il nous communiquera une sagesse à laquelle nul ne pourra résister. Il nous protégera en cas d'ingestion d'un poison, ou en cas de morsure venimeuse, et ceci pourrait nous sauver la vie en temps de guerre ou lors d'une pandémie. Il nous soustraira miraculeusement à nos bourreaux. Il nous transportera instantanément d'un lieu vers un autre, pour le bénéfice de l'Evangile. Il manifestera au monde la gloire de Dieu, cachée en Jésus Christ, par des signes et des prodiges… Et il nous ressuscitera au dernier jour ! Cette liste ne saurait être exhaustive. Car du reste, nous est-il dit, si l'on écrivait en détail toutes les choses qu'il a faites, le monde entier ne pourrait probablement pas contenir les livres qu'on en écrirait.[65] Mes amis, en nous accordant son Saint-Esprit, Dieu a largement pourvu à tout ce dont nous avons besoin pour vivre une vie chrétienne authentique au milieu du monde. Le Saint Esprit, c'est la signification de l'échelle de Jacob, ce lien providentiel qui, au milieu d'un monde occupé par l'ennemi, continue à relier l'homme en Christ au ciel de Dieu. Cette pierre, que Jacob a dressée et ointe d'huile, c'est la pierre rejetée par ceux qui bâtissaient et qui est devenue la principale de l'angle. Et c'est l'Eglise véritable, celle que le Christ a reconnue et qu'il a ointe de son Esprit afin qu'elle s'élève pour être une habitation de Dieu en Esprit.[66] Le puits de Jacob est cette source d'eau vive que Jésus fera jaillir de notre sein. Béthel, «le Lieu où Dieu habite», c'est la Terre Nouvelle que nous allons connaître si nous permettons à l'Esprit-Saint d'habiter parmi nous.[67] «C'est lui qui est le Dieu véritable, et la vie éternelle. Petits enfants, gardez-vous des idoles.»[68]


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