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Page actualisée le 28 août 2017

Qu'est-ce que la Vérité?


Mes amis, ce que je vais maintenant partager, il m'a fallu une vie pour l'apprendre et je dois le réapprendre pour ainsi dire chaque jour. D'où provenait la puissance de Jésus? Il nous est rapporté dans les Evangiles que Jésus parlait et agissait avec autorité, contrairement aux scribes et aux pharisiens auxquels il reprochait d'être des hypocrites. «Dis-nous par quelle autorité tu fais ces choses», lui rétorquaient ces derniers, cherchant à se justifier en se persuadant qu'ils se tenaient face à un sorcier, ou face à un renégat à leur foi. «La sagesse est rendue manifeste par la diversité des oeuvres qu'elle produit, et les aprioris ne sont pas une base suffisante pour juger», leur dit Jésus.[16] Mais d'où lui vient cette autorité qu'il exerce à l'encontre de tout ce qui vient pervertir la création de Dieu, une autorité qui semble être sa marque de fabrique? Jésus n'en fait pas un secret. Il le mentionne en réalité si souvent que nous n'y prêtons plus attention. «Je suis le chemin, la Vérité, la vie». Trois mots qui nous sont devenus si familiers que nous pensons tout savoir sur leur signification. Mais au delà du sens entendu, qu'est-ce que Jésus veut nous dire par ces trois mots? Nombre de chrétiens que j'ai rencontrés—et j'en ai fait partie—semblent s'imaginer que s'il ne se passe rien durant leur prière pour les autres, c'est parce qu'ils n'y mettent pas assez de conviction. Ils n'ont pas suffisamment jeûné pour pénétrer l'esprit de la personne, ou n'ont pas su faire preuve de l'autorité nécessaire à bien se faire comprendre du diable. Quelques-uns pensent être plus spirituels en disant: «Nous avons prié, comme Dieu nous le demande dans sa parole, et maintenant la réponse lui appartient.» D'autres encore se contentent de prier d'une manière rituelle, et se sentent ensuite dégagés de leur responsabilité. Mais il ressort que d'une façon générale, nous avons tendance a élaborer une théologie qui s'accorde à nos expériences. Et si nous échouons lorsque nous prions pour les malades, nous allons en déduire que Dieu ne voulait simplement pas les guérir. “Dieu reste souverain”, dirons-nous. Mais nous ne songerons que rarement à nous remettre nous-mêmes en question, et encore moins à nous excuser auprès du malade en lui expliquant que cet échec n’est pas attribuable à Dieu, mais à nous. Mes amis, je fréquente depuis suffisamment d'années toutes sortes de milieux chrétiens pour savoir que s'il y avait une enquête de satisfaction derrière chaque pasteur, chaque prêtre, chaque groupe de prière et chaque évangéliste qui prient pour les gens, ce qui ressortirait de cette enquête ne serait peut-être pas très reluisant. Oui, et c'est peut-être la chose la plus frustrante lorsqu'on désire de tout son coeur pouvoir aider son prochain : il faut bien admettre que nos prières n'ont pas les résultats escomptés. Les disciples de Jésus sont passés par là. Le père d'un jeune homme pour lequel les disciples avaient prié est même venu se plaindre auprès de Jésus : «Tes disciples ont prié, mais ils n'ont rien pu faire pour lui.» Et, chose frappante, plutôt que de prendre encore une fois ses disciples avec lui pour leur enseigner “sa méthode”, Jésus les admoneste vertement en les mettant dans le même sac que tous les autres… «Race incrédule et perverse, répondit Jésus, jusqu’à quand serai-je avec vous? jusqu’à quand vous supporterai-je? Amenez-le-moi. Jésus parla sévèrement au démon, qui sortit de lui, et l’enfant fut guéri à l’heure même.»[17] Pourquoi les disciples n'ont-ils pas obtenu ce même résultat?… Rappelons-nous également ces prophètes de Baal, attachés à la cour de la reine Jézabel, auxquels le prophète Élie avait lancé un défi.[18] Aucune manifestation de puissance n'avait suivi leurs invocations, faites pourtant à grand renfort de cris, d'imprécations contre eux-mêmes et de lacérations. Mais lorsqu'Élie prépare son sacrifice, calmement et avec un certain détachement même, et en faisant ce qui semble être contraire au bon sens religieux, alors le feu descend du ciel et consume non seulement l'offrande mais également les pierres de l'autel, l'eau du fossé, et la terre tout autour.

Quel est donc ce secret que Élie et Moïse connaissent, et qui personnifié en Jésus suscite à ce point la jalousie et les critiques des religieux? Jésus nous met sur la piste lorsqu'il affirme que son salut est destiné à ceux qui ont en eux «l'amour de la vérité». Or, cet amour pour la vérité conduit Jésus à mettre l'appel du coeur en opposition à l'esprit religieux—une prise de position radicale et qui dérange. Lorsque Jésus reprend ses disciples en qualifiant toute une génération de perverse et d'incrédule, il leur reproche en réalité d'avoir plié le genou devant les démons du doute et de l'incrédulité qui les dominent. Au lieu de croire en l'autorité que Jésus leur a confiée et de s'en remettre à son commandement dans une foi totale, ils ont permis à ce que leur yeux leur montraient de neutraliser leur foi, en leur communiquant des sentiments de peur et d'incrédulité. Or, la foi ne s'appuie pas sur un sentiment de puissance, ou sur des raisonnements religieux, mais elle s'appuie sur la parole de Dieu. La foi est une puissance divine qui débute là où l'humain se termine. La foi, c'est lorsque l'homme choisit de mourir à ses sentiments et à ses pensées, et lorsqu'il permet aux promesses de Dieu de prendre le relais.

Ce que nous appelons “vérité” n'est pas la vérité suprême. Pour entrer dans une vie de foi, nous devons commencer par sortir de notre cadre religieux et tout simplement humain. Dans Matthieu 5, Jésus dit a plusieurs reprises : «Vous avez appris qu'il a été dit… Mais moi je vous dis…» «Vous avez appris qu'il a été dit: oeil pour oeil, et dent pour dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre». «Vous avez appris qu'il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes». «Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux».

«Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende» répète-t-il sans cesse. Et à ses disciples qui lui demandent pourquoi il parle en paraboles, Jésus répond: «Il vous a été donné de connaître les mystères du royaume de Dieu; mais pour les autres, cela leur est dit en paraboles, afin qu'en voyant ils ne voient point et qu'en entendant ils ne comprennent point.»[19] Ce que leur dit Jésus les renvoie aux paroles de Jérémie 5 : «Écoutez ceci, peuple insensé, et qui n'a point de coeur ! Ils ont des yeux et ne voient point, Ils ont des oreilles et n'entendent point. Ne me craindrez-vous pas, dit l'Éternel, ne tremblerez-vous pas devant moi? … Ce peuple a un coeur indocile et rebelle. Ils se révoltent, et s'en vont. Ils ne disent pas dans leur coeur : Craignons l'Éternel, notre Dieu, qui donne la pluie en son temps, la pluie de la première et de l'arrière saison, et qui nous réserve les semaines destinées à la moisson. C'est à cause de vos iniquités que ces dispensations n'ont pas lieu, ce sont vos péchés qui vous privent de ces biens. Car il se trouve parmi mon peuple des méchants. Ils épient comme l'oiseleur qui dresse des pièges, ils tendent des filets et prennent des hommes. … Des choses horribles, abominables, se font dans le pays. Les prophètes prophétisent avec fausseté, les sacrificateurs dominent sous leur conduite, et mon peuple prend plaisir à cela[20]

En réalité, Jésus sait très bien que ceux qui viennent à lui n'ont pas tous la bonne motivation. Beaucoup sont venus en curieux en espérant assister à un spectacle. D'autres sont là pour tenter de le prendre en faute. Quelques-uns, plus sincères, viennent chercher un bienfait afin d'être soulagés et enrichis. Mais rares sont ceux qui viennent auprès de Jésus, parce-qu'ils ont réellement soif de connaître le Dieu vivant ! Or, Dieu n'apprécie pas les fraudeurs. Ce que Jérémie, et plus tard Jésus, nous rappellent, c'est que ceux qui n'ont pas la bonne attitude n'entendront rien. Ils verront des miracles, mais ils ne réaliseront pas que ce pouvoir leur est offert. Ils tâtonneront en plein jour, nous est-il dit ailleurs. Ils viendront voir un show religieux, et ils repartiront aussi méchants que lorsqu'ils étaient venus. Ils passeront à côté de la vie éternelle sans en avoir reconnu le chemin.

L'Evangile du Sauveur et Seigneur—c'est l'une des significations du nom grec Ièsoûs christos, traduction très imparfaite de l'Hébreux Yeshua, ou Yehoshoua Ha Mashiah, puisque Josué ( celui qui fit entrer les Hébreux en Terre Promise ) et Jésus, sont le même Nom—, ne consiste pas en l'adhésion à un système de valeurs universellement reconnues, comme on adhère au parti politique qui remporte les suffrages en espérant qu'il saura nous emmener vers la sécurité de l'emploi et vers la prospérité—en l'occurrence, vers une vie bénie ici-bas et plus tard, vers le Ciel. Car quelques-uns pensent encore que le christianisme consiste à rejoindre telle église, en se persuadant qu'elle est la bonne, celle qui a su retenir les traditions et que Dieu a choisie parmi toutes. Mais le christianisme consiste en réalité en un changement radical de mentalité. Devenir chrétien, c'est en fait choisir de mourir à tout ce sur quoi ma vie est établie. C'est creuser, en ignorant ce qui tient de la personnalité et de l'homme, et creuser encore pour enlever ce qui tient des valeurs héritées, toutes choses qui sont pas la parole de Dieu et qui sont représentés par l'instabilité du sable, pour finalement établir sa maison sur le Roc, qui consiste en l'obéissance aux commandements de Jésus. L'homme religieux cherchera toujours à se donner bonne conscience par des pratiques, mais son coeur ne pourra pas changer. Pour qu'un changement puisse s'opérer, il faut que l'homme aligne non seulement sa pensée, mais aussi et surtout sa conduite, sur l'enseignement de Jésus. Jean Baptiste disait à ceux qui venaient en foule se faire baptiser par lui : «Espèces de vipères ! Qui vous a enseigné à fuir la colère de Dieu qui va se manifester? Montrez plutôt par vos actes que vous avez changé. Ne vous contentez pas de répéter en vous-mêmes : «Nous sommes les descendants d'Abraham! » Car, regardez ces pierres : je vous déclare que Dieu peut en faire des enfants d'Abraham. Attention ! La hache est sur le point d'attaquer les arbres à la racine: tout arbre qui ne porte pas de bon fruit sera coupé et jeté au feu. Les foules lui demandèrent alors: —Que devons-nous faire? Il leur répondit: —Si quelqu'un a deux chemises, qu'il en donne une à celui qui n'en a pas. Si quelqu'un a de quoi manger, qu'il partage avec celui qui n'a rien». (Luc 3:7-11). Et Jésus étendra plus tard la notion de partage, au don gratuit des richesses du Royaume de Dieu : «Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement». (Matthieu 10:7-9). Si Jésus nous a donné un tel ordre de marche—et Jésus n'était pas stupide—, ce n'est pas parce qu'il entrevoyait déjà à cette époque les progrès de la médecine et de la psychiatrie auxquels nous sommes parvenus aujourd'hui, mais c'est parce qu'il savait qu'un nouvel ordre spirituel allait voir le jour, qui allait procurer aux hommes le pouvoir de réaliser ces choses extraordinaires.

Il fut un temps où je m'efforçais de “vendre” l'Evangile par des arguments et en minimisant l'aspect du sacrifice. Mais le véritable Evangile n'est pas une promesse de bien-être, comme la publicité pour Coca-Cola. Ceux qui recherchent dans la foi, la garantie d'un bonheur sans faille, seront très vite déçus. Mais si nous avons soif de vérité et d'authenticité, si nous sommes prêts à lever les voiles par lesquels nous avons voulu adoucir notre réalité, si nous pensons que l'amour de Dieu vaut mieux que la vie—celle que nous avons présentement sous le règne de la méchanceté—, alors l'Evangile va redonner un sens profond à notre vie et également aux épreuves que nous traversons tous. Le véritable évangile, c'est Emmanuel : Dieu avec nous—la puissance de Dieu agissante au milieu des hommes. Cet évangile n'a pas besoin d'être vendu mais il doit simplement être démontré. La nouvelle position dans laquelle Dieu nous emmène, et qui n'est autre que le regard du Christ à travers nos yeux, changera notre perspective sur le monde. Dans Actes 1:8, Jésus dit : «Vous recevrez une puissance, le Saint Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre». Dès qu'ils furent remplis de cette puissance, les disciples, instantanément délivrés de la peur, partirent aussitôt sur les routes du monde pour transmettre le message de la puissance d'un Dieu qui habite désormais parmi les hommes—Emmanuel. Et si nous lisons attentivement les lettres des apôtres, nous y voyons que l'évangile de la croix, celui que les apôtres annoncent, n'est autre que cette puissance de Dieu mise en oeuvre pour le salut de quiconque croit, comme il est écrit dans 1 Corinthiens 1:18. Le salut dont il est question, c'est le salut de l'esprit, mais c'est aussi la promesse de santé pour l'âme et pour le corps. Les premiers disciples se reconnaissaient entre eux par le fait qu'ils étaient capables de guérir les malades et de chasser les démons par le nom de Yeshua. Et à cause des espions d'un système qui cherchait à les réprimer, le chrétien devait parfois faire la preuve de son appartenance à Jésus, en démontrant la puissance dont il était capable en guérissant les malades.

Mais qu'avons-nous fait de cet évangile? Nous l'avons émasculé en le privant de sa puissance, et l'avons ensuite assimilé aux légendes du passé. Sous Constantin, le christianisme a définitivement cessé d'être cette révélation des Fils de Dieu qu'attendait la création toute entière, pour se substituer à la religion officielle du monde en transférant sur les dieux anciens une identité nouvelle. En parcourant les livres de l'Ancien Testament déjà, on y découvre que Dieu devait constamment rappeler son peuple à l'ordre. Dans 1 Samuel 7:3, nous lisons : «Samuel dit à toute la maison d'Israël: Si c'est de tout votre coeur que vous revenez à l'Éternel, ôtez du milieu de vous les dieux étrangers et les Astartés, dirigez votre coeur vers l'Éternel, et servez-le lui seul; et il vous délivrera de la main des Philistins». Dans Ézéchiel 8:14, Jésus apparaît au prophète, et il lui montre quelques-unes des abominations qui se commettent au sein même de la religion juive. Au verset 14 il est écrit : «Et il me conduisit à l'entrée de la porte de la maison de l'Éternel, du côté du septentrion. Et voici, il y avait là des femmes assises, qui pleuraient Thammuz. Et il me dit : Vois-tu, fils de l'homme? Tu verras encore d'autres abominations plus grandes que celles-là». Et dans Apocalypse 2: 21-23, Jésus prévient les églises qu'au terme du délai imparti pour leur laisser le temps de se repentir, il soumettra ceux qui se livrent à d'autres cultes à la souffrance, et qu'il va également priver de vie spirituelle leurs enfants et les faire mourir sous leurs yeux, afin qu'ils soient comme un exemple au milieu des églises, de ce qui arrive à ceux qui se détournent du véritable évangile pour adopter les principes de celle qu'il nomme ici «Jézabel». Mais pourquoi Jésus estimerait-il qu'il soit mauvais pour les églises de vouer un culte à sa maman, la Vierge Marie? Nous devons nous efforcer de comprendre d'où nous viennent certaines de nos valeurs et traditions, afin de retrouver le véritable sens des choses, et notamment celui de l'Evangile. Bien avant Constantin, le culte babylonien d'Ishtar, Reine du Ciel, portant Tammuz, le dieu mourant, fut transféré sur cette figure de la Bible qu'est la Vierge Marie portant l'enfant Jésus, et plus tard, pleurant sa mort. Les catholiques vous diront : —Marie est notre mère, et en tant que mère de notre Seigneur, elle fait le lien entre Jésus et nous. Nous prions Marie pour qu'elle intercède auprès de Jésus en notre faveur. Et ils vous citeront le passage où Marie suggéra à Jésus de fournir du vin pour les noces de Canna, et cet autre passage où du haut de la croix, Jésus dit à Jean : Voici ta mère, et à sa mère : Voici ton fils. Pourtant, lorsque je lis ces passages, rien ne me porte à vouloir substituer à la relation directe que j'entretiens avec Jésus par son Saint-Esprit qui en moi, sa mère ou un quelconque intermédiaire. Si par exemple, je n'ai plus de sucre, et que je pense que mon voisin du dessus en a, je ne vais tout de même pas téléphoner à la mère de mon voisin pour lui demander de prier son fils de m'en descendre un peu. Et si en plus, celui qui a du sucre est mon colocataire et qu'il vit dans le même appartement que moi…

Réfléchissons un peu à nos contradictions. Lorsque Marie suggère à Jésus de faire quelque-chose pour ces mariés qui n'ont plus de vin, Jésus lui répond : «Femme, qu'y a-t-il entre moi et toi? Mon heure n'est pas encore venue». Cette façon qu'à Jésus de remettre sa mère à sa place en l'appelant femme, nous renvoie à un autre passage où Jésus dit—mais à Pierre cette fois-ci : «Arrière de moi, Satan! car tu ne conçois pas les choses de Dieu, tu n'as que des pensées d'homme». Marc 8:33. Si on lit le passage des noces de Canna dans son contexte, on découvre qu'il se situe au moment où Jésus appelle ses disciples, en leur annonçant qu'il est le messie attendu par les Juifs. Et juste avant que lui, sa mère et ses disciples soient invités à ce mariage, Jésus avait fait cette déclaration : «En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l'homme». Jésus est dans la situation d'un homme qui s'apprête à accomplir sa mission de sauveur de l'humanité. Je ne sais pas si une telle mission vous a été un jour confiée, mais je sais que si elle m'était confiée, “ça craindrait”, comme disent les jeunes. Dans sa jeunesse, Jésus était d'ailleurs soumis aux hommes et à ses parents. Mais pour pouvoir mener à bien la mission qui va devenir la sienne, Jésus va désormais devoir se séparer de beaucoup de choses très humaines et faire particulièrement attention à quelle sera la source de toute information qui lui sera transmise. Il va devoir faire taire les voix terrestres, qu'il assimile à Satan, prince de ce monde, pour ne plus recevoir ses directives que d'en haut, afin d'accomplir le plan élaboré par le Père des lumières. En évoluant dans un monde où se mêlent les attentes politiques les plus diverses, les appels à la raison maternels et familiaux, et où le compromis religieux s'élève en juge de ses actions, le succès de la mission de Jésus dépendra d'une liaison parfaite avec son Q.G., et il devra veiller avec une attention particulière pour pouvoir déterminer sans délai l'origine des messages subversifs expédiés par la partie adverse. Si Jésus a dû rester aussi vigilant et aussi parfaitement intransigeant quant à la vérité, nous devrions nous aussi faire très attention à ne pas nous laisser berner par le prince de ce monde, et être ainsi détournés de notre destinée. Le culte de Marie, et autres croyances, ne serait peut-être pas si grave si ce culte ne nous faisait passer totalement à côté du véritable Evangile. Le véritable Evangile ne souffre aucune altération, et cet évangile, c'est «Christ en nous : L'espérance de la gloire». C'est pourquoi, malgré toute l'affection que je porte à ceux dont je suis issu, je me dois d'affirmer que l'évangile catholique est diamétralement opposé au véritable évangile. Mais ne nous leurrons pas car toute église ou dénomination qui ne fait pas de Jésus le chef, en lui donnant la place qui lui revient dans le coeur de l'homme et en encourageant l'homme a grandir dans sa stature de fils en exprimant le surnaturel de Dieu par les signes miraculeux qui selon Jésus sont le sceau de cette nouvelle nature, est encore sous la coupe du diable. Voyez-vous, si nous professons Christ mais ne permettons pas à Dieu de nous transformer de l'intérieur, nous ne sommes que des bouffons et le diable se rit d'une telle église, comme Goliath se riait de l'armée du roi Saül et du petit David prétentieux ! … avant que le petit David ne s'empare de son autorité et qu'il déclare s'avancer au nom du Dieu d'Israël. Un petit caillou a alors suffi, mais un caillou propulsé à une vitesse supersonique par la main même de Dieu. Goliath a alors cessé de rire, et de respirer. Et en apercevant sa tête tranchée au bout du bras de David, l’armée entière des philistins sut qu’Israël avait un dieu puissant, et tous s’enfuirent sans demander leur reste. David a sans doute pu compter sur une intervention angélique, mais nous sommes désormais investis de la puissance de Dieu, et c'est là que réside toute la beauté du véritable Evangile. … – Oooh, doucement ! C'est très dangereux de penser cela, diront certains. Oui sans doute. Jésus fut crucifié parce qu’étant un homme, il s’est fait Dieu. Le disciple n’est pas plus grand que le maître. Marcher dans l’Esprit et dans la vérité est une position qui a coûté la vie à de nombreux chrétiens qui sont morts en martyres. Pourtant, si Dieu nous donne le pouvoir de devenir ses enfants, c’est pour que nous servions nos frères. «Mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et celui qui gouverne comme celui qui sert». Et tant que nous refuserons d’être revêtus de notre identité et investis de notre autorité, nous n’accomplirons rien, et le diable pourra continuer à voler, à égorger et à détruire, impunément.

Il existe de nombreuses familles chrétiennes, pratiquantes et dont les enfants restent pourtant prisonniers de la maladie et des tourments, parce-que dans leur ignorance et en croyant bien faire, ces gens ont ouvert la porte de leur maison à un ordre spirituel très ancien. Et comment ont-ils fait cela? En installant dans leur maison une représentation de la Vierge, ou de la Vierge à l'enfant, et en vouant un culte à ces entités. Ces chrétiens croient en Jésus Christ, mais ils sont en réalité passés au large de la compréhension de ce qui fait la force du véritable Evangile. Ils sont désormais la proie d'un monde spirituel qui va les maintenir dans l'ignorance en les affaiblissant par la maladie et en les tourmentant. Vous leur parlez des miracles et des guérisons que Jésus accomplit aujourd'hui, et ils vous répondent que leur maladie et leurs problèmes sont la croix qu'ils doivent porter. “– Oh, si vous saviez comme nous avons prié ! Et nous sommes allés à Lourdes”. Dans l'Ancienne Alliance, Dieu ne cessait de marteler par la bouche de ses prophètes : «Otez du milieu de vous les Baal et les Astarté, et alors je serai votre Dieu et je pourrai vous guérir». Dans notre culture, les Baal peuvent être assimilés au culte des valeurs patriotiques et morales, à la quête d'un accomplissement professionnel ou extra-professionnel, à la science et à la médecine élevées en absolus, mais et surtout, aux valeurs vertueuses patronnées par la religion hiérarchisée. Les Astarté sont le culte des anges intégrant maintenant la Vierge Marie promue au rang de Reine du Ciel, l’astrologie, l’ésotérisme. Mais également tout ce qui touche au culte de soi, au bien-être sensuel, et à de nombreuses formes d’expression artistique.

Jésus—dont le nom hébreux est le même que celui de Josué, celui qui délivra les Hébreux des dieux de l'Egypte et de Canaan en les encourageant à conquérir leur Terre Promise—, veut nous faire entrer, corps, âme et esprit, dans la connaissance du Dieu véritable. «Mais ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, dira Paul, à cause de Christ. Et même, je regarde toutes choses comme une perte à cause de l'excellence de la connaissance de Jésus Christ mon Seigneur, pour lequel j'ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ». Dieu nous offre, en échange de nos facultés héritées et de nos dons naturels déposés à la croix, d'entrer dans un monde spirituel où toutes choses nous deviennent accessibles—c'est l'accès au Royaume de Dieu dont a parlé Jésus.

Si nous revêtions l'identité christique que Jésus nous offre, notre prière connaîtrait une autre dimension. Cette identité christique va de pair avec les dons et avec la puissance de Dieu, qui sont mis en mouvement par notre foi. Imaginez le conducteur d’une pelleteuse. Il lui suffira d’appliquer une légère pression sur les leviers, et l’engin va fournir toute la force nécessaire pour attaquer la montagne. Lorsque nous prierons pour un malade, au lieu d'être tellement désemparés face à sa souffrance que nous ne pourrons que bénir la personne en l'encourageant à supporter sa croix, l'Esprit nous donnera de distinguer derrière la façade qu'est la maladie, la présence des démons qui affligent la personne et de leur commander de sortir. Jésus est plein de compassion pour la personne, mais il est sans complaisance pour le mal qui la ronge. Et parce-qu'il sait distinguer, au sein de la personne, la création de Dieu, de ce qui se manifeste dans sa vie comme un tourment, une maladie ou une perversion de la personnalité, et qui ne sont autres que les manifestations d'une infestation des ténèbres, son action est toujours et immédiatement efficace. La première des chose significatives que Jésus a accomplies après les noces de Canna, c'est lorsqu'il s'est fait un fouet et qu'il a chassé les voleurs du temple. Par ce geste, Jésus signifiait la libération de tous les temples de chair qu’un système religieux compromis maintient infestés de brigands. Jésus ne supporte pas l’idée que ceux qui sont créés pour être le temple de Dieu soient cannibalisés par un système perverti. Nous ferions bien de nous inspirer de sa colère pour ne plus tolérer que des voleurs de promesses se tiennent dans notre temple personnel.

La lumière qui émanait de Jésus, le précédait. Elle était cette même lumière qui fut à l'origine du monde. «Que la lumière soit, et la lumière fut. Et Dieu sépara la lumière des ténèbres». Lorsque nous allumons une lampe, les ténèbres ne peuvent pas s'opposer à sa lumière. C'est pourquoi, lorsque Jésus approchait d'un lieu—et Jésus est notre soleil de justice—, les serpents se faisaient réveiller par cette lumière, et ils savaient qu'ils allaient devoir s'enfuir par quatre chemins, comme ce fut le cas pour ceux qui tourmentaient le Gadarénien. La lumière de Dieu s'oppose constamment aux ténèbres, et cette lumière est en vous, nous dit Jésus : «Vous êtes la lumière du monde». C'est une chose que nous devons comprendre et assimiler, si nous voulons prier efficacement pour nous-mêmes et pour les autres. Car l'échec des disciples dans la situation de ce jeune homme épileptique nous le montre : l'acuité et la force spirituelle n'appartiennent pas à l'homme charnel. Mais elles s'obtiennent dans la vie de communion avec le Christ. La vraie vie de prière consiste à s'emparer des prérogatives qui sont les nôtres, et à les faire valoir, et le jeûne nous aide à faire taire notre moi égoïste et faible, pour permettre à la nature omnipotente que Dieu nous a offerte par la nouvelle naissance, de s'exprimer. Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature—littéralement : «Une nouvelle espèce d'homme», dit Paul dans 2 Corinthiens 5 :17. «Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles». «Je puis tout par celui qui me fortifie», dit-il encore dans Philippiens 4 :13. Car pour être efficaces dans nos actions, nos capacités d'évaluation naturelles devront avoir fait place à la perception de l'esprit, et nos bons sentiments à la révélation biblique. «Jésus dit : Otez la pierre. Marthe, la soeur du mort, lui dit : Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là. Jésus lui dit : Ne t'ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu? Ils ôtèrent donc la pierre. Et Jésus leva les yeux en haut, et dit : Père, je te rends grâces de ce que tu m'as exaucé. Pour moi, je savais que tu m'exauces toujours ; mais j'ai parlé à cause de la foule qui m'entoure, afin qu'ils croient que c'est toi qui m'as envoyé. Ayant dit cela, il cria d'une voix forte : Lazare, sors !» Jean 11:39-43. Jésus, et notre Père Céleste, n'ont pas été avares de promesses. A travers Jésus, toutes les promesses de Dieu deviennent pour nous oui et amen, dira Paul aux Corinthiens. La démonstration pratique de cet évangile de puissance éclate au grand jour, lorsque nous appliquons les commandements énoncés par Jésus avec une foi entière, et voyons Dieu confirmer ses promesses à travers notre obéissance, tout simplement ! J'espère trouver moi aussi le courage d'entrer à nouveau dans cette dimension de la foi. Je dis “à nouveau”, parce que comme beaucoup de chrétiens nés de l'Esprit, j'ai connu cette dimension d'une manière intuitive lorsque je suis venu à Dieu. Mais comme beaucoup de chrétiens naguère nés de nouveau, j'ai laissé les épines étouffer la bonne semence. Il ne suffit pas de prendre un jour une décision, mais il faudra s'y tenir sa vie durant.

Jésus a donné aux hommes le pouvoir de devenir enfants de Dieu, dit Jean dans son Evangile. Nous savons bien que nous somme les enfants de Dieu. Mais savons-nous pour autant ce qu'est un enfant de Dieu ? Un enfant-tigre doit devenir un tigre, et un enfant-lion va devenir un lion. – Oh, Monsieur, n'allons tout de même pas trop loin ! Pourtant, Jésus a dit : «Le disciple n'est pas plus que le maître. Mais tout disciple accompli sera comme son maître». Luc 6:40. Dieu est amour et compassion. Et lorsqu'un enfant de lumière est confronté aux souffrances que traversent son frère, quelque chose doit se passer. C’est ainsi qu'on verra parfois un évangéliste déployer des moyens surprenants. Le pasteur Smith Wigglesworth fut réputé pour ses combats épiques. Un jour, une femme atteinte d'un cancer de l'estomac s'avança pour recevoir la prière. Ce grand monsieur s'élança à sa rencontre en admonestant le diable, et il administra un solide coup de poing dans le ventre de la femme… Les gens qui virent cela furent choqués—je l'aurais été aussi. Mais avant la fin de la réunion, cette femme avait pu vomir son cancer, et elle fut guérie ! Une autre fois, Wigglesworth administra le même traitement à un homme qu'on avait amené sur un brancard depuis un hôpital voisin. L'homme mourut, et le médecin qui l'accompagnait menaça le pasteur, qui tout en continuant à guérir d'autres malades, lui lança par dessus son épaule : —il est guéri !  Et effectivement, cet homme revint à la vie, et il trottait derrière le pasteur en levant les bras au ciel et en criant : —Je ne me suis jamais senti aussi bien ! N'allons toutefois pas imiter un geste pour en faire une méthode—nous pourrions tuer quelqu'un définitivement si nous ne sommes pas conduits par Dieu. Mais imitons la foi des homme de foi, et soyons remplis de cette indignation que Jésus éprouve—et que tout homme qui aime sincèrement son prochain devrait éprouver— à l'égard de la souffrance. Si nous ne sommes pas indignés face à la souffrance, c'est que nous avons plié le genou devant le mal. Comprenons aussi que l'Esprit de Vérité peut nous inspirer des paroles et des actes surprenants et qui vont sans doute offenser ceux qui sont plus préoccupés à préserver les formes de la religion qu'à soulager les souffrances d'autrui. Jésus lui-même s'est fait passablement d'ennemis parmi les religieux, en guérissant un jour de sabbat, en laissant une pécheresse s'approcher de lui, en inscrivant un nouveau commandement dans le sable, et en affirmant ce qu'il était. Car en faisant à mainte reprise la démonstration de sa créativité, il a établi qu'il n'appartenait pas au système religieux, mais qu'il était habité par le Dieu créateur. Il a par exemple, mis de la boue dans les yeux d'un aveugle pour signifier l'homme que Dieu a tiré de la terre. Il a mis sa langue sur la langue d'un muet pour signifier l'homme fait à la ressemblance de Dieu … et il a aussi traité une étrangère et ses enfants de “chiens” —on aurait parfois pu penser que Jésus était un rustre. Mais dans le monde spirituel, tous ces gestes et ces mots avaient leur importance. Et pour la personne à laquelle ils s'adressaient, ils constituaient une clé qui allait ouvrir leur esprit afin qu'ils puissent croire et recevoir leur guérison.

La vérité… Dans un monde bruyant du bavardage qui le maintient à l'envers, Dieu parle pour nous communiquer sa vérité. Et l'obéissance à cette parole révélée recrée un monde à l'endroit. La parole de vérité est réellement la puissance de Dieu, celle par laquelle le monde fut créé, et nous pourrions ajouter qu'elle est sa présence ! C'est une réalité dont Élie a vécu: «Au moment de la présentation de l'offrande, Élie, le prophète, s'avança et dit: Éternel, Dieu d'Abraham, d'Isaac et d'Israël! que l'on sache aujourd'hui que tu es Dieu en Israël, que je suis ton serviteur, et que j'ai fait toutes ces choses par ta parole!»[21] Moïse l'a également expérimentée au quotidien, comme le rappelle Josué: «Béni soit l'Éternel, qui a donné du repos à son peuple d'Israël, selon toutes ses promesses! De toutes les bonnes paroles qu'il avait prononcées par Moïse, son serviteur, aucune n'est restée sans effet[22] Jésus quant à lui, a pleinement incarné cette Vérité: «Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père.»[23]

Jésus était différent de vous et moi en ce qu'il était parfaitement spontané. Lorsque nous devons intervenir dans une situation, nous allons réfléchir un instant. Une conviction va alors se dessiner—ce que nous appelons aussi : l'intuition. Mais nous avons appris à ne pas donner libre cours à cette intuition, pour ne pas risquer de susciter l'incompréhension. Nous allons plutôt adapter notre réponse à la situation présente, en fonction du contexte particulier, de l'effet souhaité et de la recherche ou non de l'adhésion de l'auditoire. Notre cerveau va mettre quelques millisecondes à établir les milliards de connexions nécessaires à pondre une synthèse de toutes les informations qui y sont stockées, avant de communiquer à notre âme, un certain nombre d'injonctions et d'avertissements. Cette synthèse, sensée nous fournir une réponse pondérée, sera tout, sauf une expression spontanée. D'une manière générale, nous parlons et agissons avec intention, c'est à dire en triturant l'information que nous allons transmettre afin d'obtenir le résultat escompté. Le consensus, c'est à dire l'obtention de l'approbation de nos pairs et de l'acquiescement de nos maîtres, c'est ce que Dieu appelle : la crainte des hommes—«La crainte des hommes tend un piège». Jésus va plus loin en affirmant que la génération toute entière est perverse et corrompue. En disant cela, Jésus ne désigne pas une frange de la population qui aurait des comportements répréhensibles, mais il parle de notre mentalité à tous et il s'adresse en premier lieu à ses disciples, à ceux-là même qui l'aiment et qui souhaitent le suivre et appliquer ses principes ! Voyez-vous, la société toute entière fonctionne comme une sorte de “commedia dell'arte”. Chacun s'efforce d'y jouer un rôle, et aussi longtemps que les apparences seront sauves, cela nous conviendra. Les Grecs anciens sont passés maîtres dans cet art, qu'ils appellent : hupokrínomai, qui signifie «jouer une pièce». Aujourd'hui nous appelons ces hypocrites : les comédiens. Mais Jésus nous dit de ne pas être avec Dieu «comme les hypocrites, qui font les choses pour l'apparence et pour être vus des hommes». «Vous êtes comme ces tombeaux crépis de blanc, qui sont beaux au-dehors. Mais à l'intérieur, il n'y a qu'ossements et pourriture». Qu'y a-t'il de plus triste que le fait de simuler la vie spirituelle, alors qu'au dedans de l'homme, il n'y a que la mort? Au temps des Juges en Israël, Dieu suscita le jeune prophète Samuel afin qu'il réveille les consciences. Il y avait pourtant des prêtres, et qui jouaient leur rôle. Mais c'est justement là qu'était le problème. Car s'ils perpétuaient bien une tradition en s'adonnant à des pratiques religieuses, le coeur des prêtres s'était en réalité éloigné de Dieu. Cette mort intérieure se manifestait à travers toutes sortes d'attitudes impures, qui les rendaient méprisables aux yeux du peuple. Comme de nos jours, des scandales sexuels et d'un autre ordre viennent éclabousser l'image de l'église et de la chrétienté. Un dictionnaire dit des hypocrites, qu'ils sont “ceux dont les conduites n'expriment pas les pensées du cœur”. Et lorsque vous parlez avec des personnes qui sont simplement religieuses, vous vous apercevez que la foi qu'elles professent ne correspond pas à une réalité profonde. Elles ne croient tout simplement pas qu'il pût y avoir une dimension surnaturelle à leur foi. Mais Jésus n'était pas soumis au dictât de la raison, parce qu'il n'était pas limité à ce que nous appelons : l'intellect, et qui fait partie de ce que la Bible appelle aussi «l'arbre de la connaissance». Jésus était d'une certaine façon, vierge de la contamination du coeur par la raison. Il n'avait pas suivi la Faculté de théologie, il n'avait pas fait le séminaire, ou l'école biblique. Il n'avait pas été “initié” par des maîtres dans une religion, ou dans une connaissance spirituelle. Pourtant, Jésus a été—et de très loin—, l'homme le plus sage qui ait marché sur la Terre. Et il n'était pas seulement sage, mais il était aussi parfaitement spirituel et divin, en même temps qu'il était parfaitement humain ou animal, dans le sens naturel du terme. L'apôtre Jean affirme dans sa première épître, au chapitre 5, que Jésus nous a fait connaître le véritable Dieu. «Nous savons que nous appartenons à Dieu, alors que le monde entier est sous la coupe du diable. Mais nous savons aussi que le Fils de Dieu est venu et qu'il nous a donné l'intelligence pour que nous connaissions le Dieu véritable. Ainsi, nous appartenons au Dieu véritable par notre union à son Fils Jésus-Christ. Ce Fils est lui-même le Dieu véritable et la vie éternelle».[23b] Le mot grec pour «Véritable» est «Alethinos». Il signifie : “Ce qui n'a pas seulement le nom et la ressemblance, mais qui a la réelle nature correspondant au nom, dans le respect de l'idée signifiée par le nom. Le terme est l'antonyme de ce qui est factieux, contrefait, imaginaire, simulé ou prétendu. Il souligne le contraste entre la vérité et ses ressemblances. Il suggère ce qui est authentique, parfaitement sincère, inébranlable, par opposition à ce qui est imparfait, déficient, fragile ou incertain”.

Jésus nous a montré ce que doit être l'homme fait à l'image de Dieu : Un homme à la fois spontané, tendre et aimant, et qui est en même temps d'une irrésistible authenticité. L'homme, créé avec les pieds sur terre et connecté en permanence au ciel de Dieu. Paul nous dit dans Philippiens 2 : «Faites toutes choses sans murmures ni hésitations, afin que vous soyez irréprochables et purs, des enfants de Dieu irrépréhensibles au milieu d'une génération perverse et corrompue, parmi laquelle vous brillez comme des flambeaux dans le monde, portant la parole de vie». Jésus vivait ainsi, évoluant au milieu des pauvres alors qu'il était le Roi des Rois. Il puisait toute sa substance et son identité dans son union d'Esprit avec le Père. Et c'est pourquoi il pouvait affirmer à ses disciples que ce qu'ils voyaient et entendaient de lui, était la manifestation de la nature et du caractère du Père. Toutefois, aux yeux de ceux qui étaient encore sous la coupe du diable—c'est à dire, pour les hypocrites, et plus tard, pour les hommes de culture romaine ou hellénique qui furent évangélisés—, Jésus rendait les choses beaucoup trop simples. Dieu ne pouvait pas être à l'image de Jésus, mais il était plutôt comme eux : Un être généreux, mais aussi parcimonieux. A la pensée globalement positive, mais possédant ses zones d'obscurité. Dieu se devait d'intégrer en lui-même la dualité du monde—il était l'équilibre entre les forces du bien et du mal, le Zeus des Grecs, le yin et le yang des chinois. Jésus s'est efforcé de casser ce cliché. Car, nous dit Jacques : «Ne vous y trompez pas, mes frères bien-aimés : toute grâce excellente et tout don parfait descendent d'en haut, du Père des lumières, chez lequel il n'y a ni changement ni ombre de variation. Il nous a engendrés selon sa volonté, par la parole de vérité, afin que nous soyons en quelque sorte les prémices de ses créatures».

Ce qu'il est important de saisir, c'est que contrairement aux Juifs et aux chrétiens traditionnels de notre époque, Jésus ne puisait pas les éléments nécessaires à sa vie spirituelle dans une connaissance dogmatique des choses de Dieu. Et s'il déclarait s'inscrire pleinement dans leur tradition religieuse, il démystifiait en revanche une tradition morte et pervertie par l'usage. Par exemple : Dans Marc 12:27, Jésus dit aux sages qui le questionnent sur la résurrection des morts : «Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants. Oui, vous êtes complètement dans l'erreur». Si, comme l'affirme Jésus, Dieu n'est pas le Dieu des morts mais des vivants, alors la relation que nous entretenons avec lui ne doit pas se limiter à une connaissance dogmatique, mais elle se doit d'être interactive et vivante. Jésus manifestait par ses paroles et par ses actes qu'il était en permanence rempli d'Esprit—ce même Esprit qui représente pour nous le salut et la Vie en Dieu. Dans cette communion, il arrivait à Jésus de se surprendre à entendre, et même à dire des choses auxquelles il n'avait pas songé ! Il en tressaillait de joie, à cause d'une nouvelle réalité qui allait en découler pour lui-même et pour tous ceux qui croiraient en lui. C'est ainsi que la foi et la mise en pratique de cette parole devenaient pour Jésus et pour ses disciples, une véritable aventure, chaque jour apportant son lot de rencontres et de révélations nouvelles. Il n'y avait en Jésus, aucune crainte des autres, mais un immense respect pour Dieu. Aucun préjugé et aucun favoritisme, mais une compassion sincère. Aucune forme de malice, aucune fraude, aucune dissimulation, aucune manipulation morale ou spirituelle, aucune exagération, aucune vanité, mais une soif inextinguible de révéler la gloire de son Père au monde. Car cette spontanéité, à laquelle nous avons nous aussi accès par le Saint Esprit, est la nature même du Dieu véritable. Elle est diamétralement opposée à la nature de l'esprit du monde, qui est un esprit de suggestivité et de remise en question de toute révélation spirituelle, un esprit de scepticisme et d'incertitude, un esprit qui se doit de mettre en doute toute révélation afin de contrôler moralement et spirituellement les gens, en suscitant la jalousie par une disparité de traitement—c'est un esprit de sorcellerie issu des origines du monde— l'esprit de Lilith, qui selon le Talmud fut suscitée par le monde pour être l'épouse d'Adam, mais qu'Adam rejeta en raison de son impureté. Pour avoir trompé nos lointains parents, par jalousie, elle fut châtiée en étant condamnée à ramper sur son ventre. Cet esprit a néanmoins traversé les âges, et il s'efforce de regagner le ciel en y étant porté par la ferveur de ceux qui l'ont s'intronisé comme la Reine du Ciel. Cet esprit est représenté par l'obscurité originelle, une obscurité dont la Terre reste recouverte, partout où l'oeuvre de re-création qu'est l'Evangile n'a pas encore été mise en oeuvre. L'Esprit de Vérité qui conduisait Jésus était précisément la Lumière du monde : la Ruach Hakodesh, la gloire de Dieu, la Shekhinah. L'Esprit de force, d'amour et de sagesse, L'Esprit de l'Eternel. Et cette Lumière est l'épouse qui est destinée dès les origines du monde aux enfants du Christ, qui constitue le nouvel Adam. Et que voit-on lorsque le Saint-Esprit est déversé et que la Vérité habite parmi les hommes? «Le Royaume de Dieu est désormais parmi vous : Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.»[24]

Vers la fin de sa vie terrestre, Jésus a fait une rencontre avec un personnage pour le moins ambigu. «Pilate lui dit: «Tu es donc roi?» Jésus répondit: «Tu le dis, je suis roi. Si je suis né et si je suis venu dans le monde, c’est pour rendre témoignage à la vérité. Toute personne qui est de la vérité écoute ma voix.» Pilate répliqua: «Mais, qu'est-ce que la vérité?» [25] La question ironique de Pilate résume à elle seule l'état moral du monde et celui de nos âmes, depuis que le serpent malin a rétorqué à Eve: «Oui c'est vrai, Dieu a bien dit: «tu ne mangeras pas du fruit de cet arbre, sinon tu mourras». Mais, écoute ce que je vais te révéler, et s'il te plaît, crois-moi ! En réalité, Dieu ne voulait pas dire ce que tu sembles avoir compris. Laisse-moi te donner un cours accéléré de théologie. La vérité c'est que si tu manges de ce fruit, tu t'en trouveras plutôt bien ! Si Dieu t'a donné une intelligence, c'est pour que tu t'en serves ! Car vois-tu, le fruit de cet arbre te permettra de te déterminer. La clairvoyance te rendra libre, comme je le suis moi-même. Tu n'auras plus à recourir à Dieu en toute circonstance et tu pourras t’émanciper». . … Pilate voulait aider Jésus à trouver un arrangement, une façon d'aménager la vérité qui puisse servir à justifier sa conduite. Car il cherchait en réalité à le faire échapper aux cerbères du Sanhédrin à cause de prémonitions que sa femme avait eues à son égard. Mais, incapable de se renier lui-même, Jésus a choisi de mourir en rendant un dernier hommage à cette Vérité qu'il a incarnée sur Terre, et nous pouvons lui en être éternellement reconnaissants. Car, par son intégrité, la Grâce et la Vérité ont pu être restaurées comme les seuls véritables fondements du monde créé. Nous sommes tordus voyez-vous, et c'est l'Ecriture qui l'affirme. Dieu a dit: «Tu ne commettras pas d'adultère, sinon tu mourras». Mais notre petite voix, parfois même encouragée par le pasteur ou par le prêtre, nous dira peut-être: “Si tu es réellement amoureux, tu peux avoir avec cette personne des relations, même si vous n'êtes pas mariés. Dieu n'y verra pas de mal puisqu'il est le Dieu de l'amour.” Jésus a reproché aux religieux de détourner la loi pour leur propre bénéfice. Dieu a dit: «Tu ne tueras pas». “Oui mais cet enfant conçu hors mariage va détruire notre vie si nous le laissons vivre !” Jésus a dit: «Celui qui prendra l'épée, périra par l'épée» . Nous y avons ajouté : “Sauf si nous sommes en situation de légitime défense”. Jésus lui-même n'était-il pas dans une situation de légitime défense lorsque Judas a conduit jusqu'à lui et nuitamment, ceux qui venaient pour le prendre? Nous vivons dans un mensonge entendu, et notre société toute entière, église comprise, repose sur des aménagements et sur des compromis faits à l'égard de la vérité. La chose est si bien intégrée que nous n'y prêtons plus attention. Mais Dieu a ses raisons que notre raison ignore. «Si ta main est pour toi une occasion de chute, mieux vaudrait pour toi la couper et la jeter loin de toi, que d'aller avec elle dans le feu éternel.» «Vendez vos richesses injustes et donnez en le produit en aumônes, afin que vous ayez un trésor dans les cieux, puis venez à ma suite.» Jésus semble avoir des exigences extrêmes. Elles sont en réalité minimales. J'ai longtemps pensé que Jésus parlait de manière figurée, qu'il nous demandait simplement d'avoir un certain détachement vis à vis des choses du monde dont nous jouissons. C'était avant que j'aie pu saisir quelle est la véritable nature du conflit dans lequel nous sommes engagés. Car voyez-vous, l'Evangile n'est pas un «manuel de la vie spirituelle accomplie». Mais il est plutôt le «guide de la survie de l'homme spirituel dans le monde des morts-vivants» ! … Savez-vous comment on attrape les singes avec une noix de coco? On y perce un trou de la bonne grandeur, et on la remplit de cacahuètes. Après l'avoir solidement arrimée, on laisse les singes s'en approcher et il s'en trouvera bientôt un qui aura l'idée d'y mettre la main. Mais lorsqu'il tentera de retirer une poignée de cacahuètes, le trou ne laissera plus passer la petite main refermée sur son butin. Et avant qu'il ait l'idée de lâcher ce qu'il tient, le singe se retrouvera pris dans un sac, avant d'être envoyé vers un de ces laboratoires où l'on fait souffrir ces animaux… Nos cacahuètes en valent-elles le coup? Mes amis, j'ai appris qu'il ne faut pas sous-estimer la tentation de vouloir aménager la vérité pour la faire se plier aux désirs de notre nature. Et je prie Dieu qu'il me garde en mettant la crainte de son nom dans mon coeur. Ceci va être particulièrement vital en ces temps de la fin. Nous sommes prévenus que de l'abîme montent des millions de démons. Certains sont semblables à des grenouilles—des esprits de mensonge, qui ne deviendront pas des princes charmants, mais qui nous changeront en crapauds si nous les embrassons. Leur ambition est de séduire les habitants de la Terre—tous ceux qui n'ont pas en eux l'amour de la vérité, pour les entraîner avec eux vers l'enfer. Et c'est ce que nous voyons se produire un peu partout : Les hommes font sans aucune gêne ce que ces démons les poussent à faire, et pour s'en justifier, ils font changer les lois, en appelant bien ce qui est mal, et mal ce qui est bien.

Nos aménagements à la vérité et nos compromis avec le monde, nous privent de voir la gloire de Dieu être manifestée dans nos vies, dans l'église et dans le monde. «La crainte des hommes tend un piège, mais celui qui se confie en l'Éternel est protégé.»[26] Pourquoi, nous les chrétiens, restons-nous confinés dans une dimension naturelle, alors que Dieu est sensé faire partie intégrante de notre nature? Car l'Esprit qui a animé Jésus et qui l'a ressuscité d'entre les morts, habite en nous, affirme l'Apôtre Paul. L'homme n'est en réalité limité dans l'expression de sa spiritualité, que dans la mesure où il est limité dans sa capacité à entrevoir les choses de Dieu. Si nous étions pleinement conscients de notre nouvelle nature, et si notre principale préoccupation était de partager cette bonne nouvelle avec le monde, nous nous déplacerions comme les anges sans être soumis aux lois de la gravité, de l'espace et du temps. Nous visiterions le Ciel chaque fois que nous en aurions envie. Marcher sur l'eau, chasser les démons, guérir les malades, ressusciter les morts, ne seraient qu'une entrée en matière en comparaison des choses grandioses auxquelles Dieu nous donnerait accès. Tout ceci—cet accès au Royaume de Dieu en étant sur terre, et que Jésus nous a promis—, ne dépend que de notre capacité à croire et à mettre en oeuvre ses paroles. Et si nous ne pouvons pas croire que l'homme puisse vivre la dimension de Dieu en étant sur terre, eh bien : «qu'il vous soit fait selon votre foi», nous dirait peut-être Jésus.

Dans le passage d'Esaïe 42 cité précédemment, Dieu conclut l'introduction de son serviteur Jésus par une affirmation qui est sans équivoque: «Je suis l'Éternel, c'est là mon nom; et je ne donnerai pas ma gloire à un autre, ni mon honneur aux idoles.»[27] Pour la plupart des gens, croire en Jésus et en sa guérison représente “un plus qui ne peut pas faire de mal”. Mais c'est sans compter avec le caractère de Dieu ! Dieu nous aime avec jalousie, voyez-vous, et il ne va pas vouloir nous offrir un don—un don extrêmement coûteux, puisque pour nous l'offrir, son Fils a dû livrer sa vie—, tant qu'une ambiguïté subsistera sur l'origine de ce don. Mais il attendra patiemment que vous et moi soyons devenus conséquents, et ce quand bien même nous devrions mourir avant d'y être parvenus.[28] «Jusqu'à quand clocherez-vous des deux pieds?» disait Élie au peuple. Prions-nous Jésus, mais également la Vierge? Avons-nous demandé l'intercession d'un saint ou laissé une personne non agréée par Dieu invoquer un quelconque pouvoir de guérison?[29] Avons-nous placé tous nos espoirs dans les qualifications d'un praticien? Avons-nous fait appel à un guérisseur, à un sorcier, ou recouru aux “médecines douces” qui se revendiquent d'une certaine spiritualité? Et même : avons-nous placé notre vie entre les mains d'hommes de Dieu en les idolâtrant, et les avons-nous poussés à prophétiser faussement notre guérison? Ou avons-nous peut-être, chez nous, un talisman ou des objets “bénis” sensés nous protéger et nous apporter la guérison? Si nous voulons accaparer le temps des autres, afin qu'on nous plaigne, et si nous voulons être ballottés au gré des circonstances pour ne pas avoir fait face à notre inconséquence, continuons à recourir à toutes les “solutions” que le diable mettra sur notre route, et qui sont destinées à nous perdre. Mais si nous voulons que Dieu nous vienne en aide, alors rompons définitivement avec ces choses qui ne nous seront de toute façon d'aucun secours. Leur seul pouvoir sera de nous faire perdre la force que procure une foi virile en Dieu seul, en nous plaçant sous la tutelle d'esprits qui nous emmèneront sur une trajectoire déviante. Et rompons également avec tout ce qui, dans notre conduite, attriste Dieu et nous empêche de nous approcher de lui avec un coeur entier, comme le péchés, ou encore, certains griefs que nous nourririons à l'égard d'une personne, d'un groupe ou d'une race.[30] Toutes ces choses nous maintiennent dans l'incrédulité, et une foi entière—une foi d'enfant—, est la clé de la libération de toutes les promesses de Dieu ! Ensuite, lorsque nous lui aurons prouvé notre loyauté sans réserve, Dieu fera en sorte que nous nous approchions avec une pleine confiance et jusqu'à pouvoir toucher son vêtement de lumière, de ce Jésus qui est Fils—notre défenseur—et qui est également Père[31] et source de tout don parfait.[32] Dieu utilisera peut-être à ce moment-là, un homme, et pourquoi pas ! Mais nous saurons que l'homme n'est qu'un canal par lequel notre Père Céleste se sera réjoui de nous faire parvenir sa provision en réponse à notre désir sincère.

Comprenez-moi bien: Si Dieu exigeait que nous soyons devenus parfaitement saints pour intervenir dans nos vies, nous serions bien peu nombreux à pouvoir expérimenter un miracle. «Les scribes et les pharisiens, le voyant (Jésus) manger avec les publicains et les gens de mauvaise vie, dirent à ses disciples : Pourquoi mange-t-il et boit-il avec les publicains et les gens de mauvaise vie? Ce que Jésus ayant entendu, il leur dit : Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs». Dieu n'a en réalité qu'une seule exigence, c'est que nous cessions de lui tourner le dos et que nous allions à sa rencontre. D'autres pourront également nous aider à accéder à Jésus, comme ce fut le cas pour ce jeune paralytique que ses amis descendirent par la toiture. «Et voici, on lui amena un paralytique couché sur un lit. Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique: Prends courage, mon enfant, tes péchés te sont pardonnés. … Or, afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés: Lève-toi, dit-il au paralytique, prends ton lit, et va dans ta maison». Matthieu 9:2,6. Dieu guérit toujours en réponse à une réelle attente, et cette foi pourra aussi être celle des personnes qui nous aideront à accéder à lui. En cela, tous les moyens seront bons, même la religion traditionnelle ! Mais Jésus renvoie ensuite ce jeune homme chez lui. Car au final, ce que Jésus veut c'est que nous prenions la décision de le rencontrer personnellement. Il veut même nous inviter à sa table ! Après avoir reçu son miracle, ce jeune homme est parti sur ses jambes, rapporter son grabat chez lui sous les yeux des habitants médusés. Et Dieu sait à quoi il a pu penser en chemin, en considérant peut-être toutes les opportunités qui lui avaient été interdites jusque-là, et qui désormais s'ouvraient à lui. Mais j'ose espérer qu'il a pris la décision de revenir sur ses pas, et qu'il a emmené sa famille avec lui !

«Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi». Apocalypse 3:20. Pensons-y la prochaine fois que nous nous rendrons en un lieu avec l'espoir de rencontrer Dieu. Disons-lui : “Seigneur, je te connais encore si mal. Mais je souhaite de tout mon coeur que tu te manifestes dans mon être intérieur lorsque j'irai dans cette réunion chrétienne. Je ne vais pas y aller en observateur, je ne vais pas y aller parce que j'ai besoin d'un miracle, mais je désire accéder à ta personne, et je veux poursuivre une relation avec toi ma vie durant”. J'ai été mainte fois touché dans mon coeur, dans des réunions qui a priori m'auraient semblé peu spirituelles, simplement parce que je m'y étais rendu en étant conscient de la présence de Jésus dans mon coeur. Et il m'est arrivé d'aller dans d'autres réunions en étant dans un esprit critique, et de vouloir condamner un manque de spiritualité… qui en réalité était en moi. Ce que nous appelons “présence de Dieu” dans les églises, n'est qu'une atmosphère émotionnelle suscitée. Nous y avons remplacé les incantations aux dieux païens par des cantiques de louange. Dans l'ancienne alliance, Dieu se présentait de cette façon, au milieu des louanges de son peuple. Mais nous sommes maintenant dans une nouvelle alliance entre Dieu et l'homme. Jésus n'avait pas besoin d'une atmosphère particulière pour démontrer les réalités du Royaume de Dieu, car le royaume était en lui.

Vouloir vivre chaque chose en étant en Jésus, est une attitude que Dieu apprécie. Pour Dieu, la relation est tellement importante ! Elle est la raison même de la création. À un moment de notre vie, Dieu va venir frapper à notre porte. Mais il ne s'impliquera réellement avec nous que lorsque nous lui aurons signifié notre désir d'avoir avec lui une relation vraie, constructive et durable. Beaucoup de gens ont appris à exiger, et l'exigence est devenue le nerf de notre société. Nous sommes, et même à l'échelle de la société, comme ces enfants-rois qui se mettent dans une colère noire lorsqu'ils n'obtiennent pas tout et tout de suite. «Achète-moi ceci, fais cela pour moi—moi, moi et moi…» Nous avons oublié que pour récolter, il faut d'abord semer ! Nous ne savons plus ce qu'est la gratitude. Nous avons perdu le sens de la loyauté, tant cette notion s'est peu à peu diluée dans un mode de vie opportuniste promu par nos états-providence.[34] “D'accord Jésus, je vais te donner ta chance. Mais sache que si je n'obtiens pas ce que j'attends de ta religion, Mahomet Bouddha et Krishna attendent leur tour devant la porte. Et je n'aurai qu'à ouvrir ma boîte aux lettres pour trouver l'adresse d'un bon psi, d'un guérisseur, d'un marabout ou d'un voyant, qui eux seront tout disposés à me donner satisfaction.” Et lorsqu'il nous reste un fond de loyauté, nous la mettons au service du conformisme et de la tradition religieuse, en restant ainsi attachés à des valeurs fondamentalement injustes. Un certain Saul, de Tarse,—son nom signifie “Je demande”—voulait que tout ce qui le touche de près ou de loin soit parfait, efficace et conforme. Il avait étudié auprès du théologien le plus réputé, il avait été éduqué dans la plus haute caste des Hébreux, il était citoyen du monde par sa double nationalité juive et romaine. Alors, lorsqu'un certain Jésus est venu chambouler son petit monde trop parfait, Saul s'est dépêché de vouloir mettre un terme à cette moquerie que représentait pour sa foi et pour sa tradition, le christianisme naissant. Vous connaissez la suite, comment Jésus l'a rencontré alors qu'il conduisait une troupe armée vers Damas,[35] et comment il a été transformé par cette révélation au point de vouloir changer son nom pour Paulus, qui signifie “Petit”. Il avait désormais compris que l'homme qui croit être en droit d'exiger, est un fou. Mais l'homme insignifiant que Dieu va prendre par la main, celui-là va pouvoir faire du chemin ! L'expérience préliminaire de Paul—«Ce qui est bon, je le sais, n'habite pas en moi, c'est-à-dire dans ma chair : j'ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas… Misérable que je suis! Qui me délivrera du corps de cette mort?....»[36]—cette expérience fut bientôt suivie par une réalité libératrice: «J'ai été crucifié avec Christ; ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi; et ce que je vis maintenant dans mon corps, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est donné lui-même pour moi.»[37]

A une toute autre échelle, j'ai connu un de ces perfectionnistes, autrefois. Il avait des rêves pour sa vie, mais il n'avait pas les moyens de ses ambitions. Son coeur n'était pas trop mauvais, aussi a-t'il rapidement compris que vouloir obtenir coûte que coûte l'objet de ses désirs, l'obligerait à y laisser une partie de son âme.[38] Jésus s'est alors révélé à lui dans une vision, en lui dévoilant un peu de sa nature glorieuse. Touché par une telle marque de confiance, ce jeune homme lui a alors promis qu'il serait à jamais l'objet inconditionnel de son adoration, et ce, quand bien même il ne devrait pas être jugé digne d'entrer dans son Royaume. Il a continué à cheminer, faible mais toujours relevé, peiné mais toujours consolé, souffrant parfois mais gardé vivant, commettant des erreurs mais toujours enseigné, irrésolu mais toujours encouragé, seul mais jamais abandonné. Vous savez, Gédéon a dû se sentir petit et bien seul lorsque Dieu lui a demandé d'abattre l'idole de Baal qui avait été élevée aux abords du village par son propre père.[39] Mais en obéissant à ce qui lui était demandé, il s'est aperçu que Dieu avait préparé le coeur de son père à cette éventualité. Face à la colère des habitants du cru, le père se rallia au fils en prenant le parti de Dieu, et tout Israël put ainsi être sauvé de la main de cet Amalek qui sévissait sur la contrée, et dans lequel on peut voir une figure de l'Antéchrist. Et souvenons-nous également de Daniel et de ses compagnons, de leur refus clair et net d'adorer l'empereur, et qui furent jetés dans la fournaise. Jésus apparût au milieu d'eux sous les yeux ébahis de tous, le feu brûla leurs liens mais ne leur fit aucun mal, et l'empereur lui-même, en voyant cela, s'inclina devant le Dieu du ciel. C'est ainsi que Dieu nous veut : loyaux, entiers et vrais. Alors, Dieu interviendra promptement pour nous délivrer de ceux qui voudraient nous asservir au mensonge religieux du “devoir” et du “faire”, et pour nous rétablir dans notre liberté d'être et de croire selon sa lumière.



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