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La voie par excellence.


Simon-Pierre, Paul, Matthieu, Jacques et Jean—les «fils du tonnerre», Marthe, Marie, et tant d'autres,—, toutes ces personnalités nous sont sympathiques et à plus d'un égard. Nous pouvons sans doute nous retrouver dans certaines de leurs réactions, qui finalement sont très humaines. Ces hommes et ces femmes avaient probablement les défauts de leurs qualités. Et le fait que Jésus ait accepté de bâtir sa Jérusalem sur des gens comme eux, devrait nous inciter à croire en nous-mêmes. Vous savez, au départ, ces gens n'étaient pas si différents de nous. Mais il est écrit qu'ils étaient devenus reconnaissables, pour avoir passé du temps avec Jésus.[57] Ne nous lassons donc pas de prier les uns pour les autres,[58] en nous soutenant et en nous encourageant mutuellement, comme il convient à une troupe, à une famille engagée dans un même combat, en intégrant le fait que nous sommes tous imparfaits et critiquables, mais que toute division[59] va nous affaiblir. Et comprenons une bonne fois pour toutes que l'Eglise de Jésus Christ n'est pas une maison de poupées grandeur nature, et qu'elle ne se gère pas à la façon d'une famille, d'un camp de boys-scouts, d'un club ou d'une entreprise, ni même à la façon d'une communauté religieuse. Soyons attentifs au témoignage intérieur, car Dieu lui-même nous avertit par une sorte de malaise, lorsqu'une chose n'est pas conforme à sa façon de faire. Un brin de jugeote[60] et l'autodétermination sont ce qui trop souvent manque aux chrétiens. La manière dont nous nous laissons mener dans la crainte[61] des hommes ou dans la vénération idolâtre du père ou du prophète, nous empêche de grandir, et elle dissuade les gens de vouloir se joindre au mouvement, encore plus que les difficultés inhérentes à la décision de suivre Jésus. Si les gens pouvaient voir,[62] dans l'église, la beauté[63] de la vie authentique du disciple de Jésus, s'ils pouvaient goûter à l'ivresse[64] que procurent[65] la force, l'amour et la sagesse du Saint-Esprit, et s'ils pouvaient comprendre quelle est la richesse de l'héritage des fils de Dieu,[66] ils seraient infiniment plus nombreux à vouloir lui confier leur vie. Quelqu'un a dit que le niveau d'intimité que nous aurons entretenu avec Dieu dans cette vie, déterminera ce que nous serons dans l'éternité! Ceci me semble tellement vrai.[67]

J'entends dire parfois : «Dieu ne s'intéresse pas à moi car il ne me parle jamais… Toi par contre, tu sembles être un privilégié». La vérité, c'est que Dieu ne me parle pas non plus, à moins que je ne m'occupe des choses qui le concernent. Il m'est arrivé de passer des mois, et peut-être même des années, dans un silence radio. Je n'ai pas toujours été assidu dans les choses qui m'ont été confiées. J'ai cédé aux sirènes du monde. La vie dans le monde nous sépare de Dieu, et si nous n'y prenons pas garde, un vent ensorcelant va nous éloigner de son amour et de ses objectifs.[68] Et lorsque Dieu me parle, il ne le fait pas comme certains l'imaginent, qui ont trop lu la vie des saints. Dieu ne descend pas du ciel pour nous parler dans une apparition spectrale, et s'il le faisait, il y aurait sans doute à craindre. Mais c'est nous qui faisons en réalité l'effort de nous mettre à l'écoute de l'Esprit, un Esprit qui est omniprésent. Et l'Esprit nous communique alors la pensée de Dieu, tout simplement à travers notre esprit. Et lorsque vous êtes en communion d'esprit avec Dieu, vous en recevez la certitude. Lorsqu'on prend conscience de ce grand désir que Dieu a de pouvoir nous guider et nous instruire, on s'aperçoit que Dieu peut le faire à travers pratiquement tous les moyens possibles et imaginables. Il va nous inspirer dans notre lecture de la Bible, nous communiquer une impression lorsque nous regarderons un film, nous guider dans nos recherches, nous ouvrir l'esprit à travers nos contacts et nous enseigner dans la réalisation de toutes nos activités. Si l'on peut comparer notre destin à une voiture, Dieu va susciter un itinéraire, nous ouvrir les yeux sur le paysage et inspirer nos gestes sur le volant, mais c'est nous qui devons engager une vitesse et appuyer sur l'accélérateur. Beaucoup de gens ne se sentent pas conduits par Dieu, simplement parce-qu'ils n'ont pas encore relâché le frein à main. Ils veulent garder le contrôle de tous les aspects de leur vie. Certains ont choisi à un moment donné de passer outre à une chose que Dieu leur avait montrée. Or, même s'il est chagriné par nos mauvaises décisions, Dieu respecte notre libre choix. Dieu peut bloquer occasionnellement notre connexion Internet, si nous nous apprétions à cliquer sur un lien inapproprié. Mais si nous passons outre, il ne s'y opposera plus et nous renoncerons ainsi à notre dialogue avec lui. Car Dieu est saint, et pour vivre dans sa proximité, il faut l'être aussi. Notre communion avec Dieu n'est pas un don bon marché. Dieu nous parle grâce au sang que Jésus a versé, un sang qui, nous dit la Bible dans Hébreux 12:24, parle mieux que celui d'Abel. Or, le sang d'Abel crie vers Dieu, et il crie pour que justice soit faite de toute la méchanceté qui s'est emparée de la Terre. Entendre la voix de Dieu n'est pas un privilège, mais c'est une responsabilité. Si nous la faisons parler pour notre bon plaisir, bientôt Dieu ne nous parlera plus, et c'est notre chair qui nous parlera, jusqu'à ce que nous revenions à ce Jésus crucifié en lui demandant sincèrement pardon pour notre inconséquence. Comment savoir si je suis conduit par Dieu, ou si j'entends simplement la voix de mon imagination? C'est tout un apprentissage. La chose qui est primordiale, c'est d'accueillir en nous l'Esprit de Dieu, afin que nous puissions participer à l'avènement de son règne. A partir de là, même si nous faisons parfois des erreurs, nous saurons par qui nous sommes guidés. Et l'Esprit de Dieu nous conduira invariablement à vérifier que nos intentions soient en conformité avec la Bible. Je veux dire, avec l'Esprit de la Bible, pas avec un verset sorti de son contexte. Je me souviens d'un pasteur qui tentait d'expliquer la différence entre la foi et la superstition. Il racontait les mésaventures d'un chrétien imaginaire, qui tentait de recevoir des directives de Dieu en ouvrant sa Bible et en pointant du doigt un verset pris au hasard. Il tomba sur un premier verset et lut : «Judas alla se pendre». Consterné, ce chrétien imaginaire alla se pendre. Mais la corde se rompit et il tomba au sol. Soulagé, il reprit sa Bible et pointa un second verset : «Souviens-toi donc d'où tu es tombé, et repens-toi». Cette histoire fait sourire, pourtant de nombreux chrétiens entrent dans ce genre de rapport superstitieux avec Dieu.

Dans Job 33, Job écrit : «Dieu parle cependant, tantôt d'une manière, tantôt d'une autre, et l'on n'y prend point garde. Il parle par des songes, par des visions nocturnes, quand les hommes sont livrés à un profond sommeil, quand ils sont endormis sur leur couche. Alors il leur donne des avertissements et met le sceau à ses instructions, afin de détourner l'homme du mal et de le préserver de l'orgueil, afin de garantir son âme de la fosse et sa vie des coups du glaive. Par la douleur aussi l'homme est repris sur sa couche, quand une lutte continue vient agiter ses os. Alors il prend en dégoût le pain, même les aliments les plus exquis. Sa chair se consume et disparaît, ses os qu'on ne voyait pas sont mis à nu; son âme s'approche de la fosse, et sa vie des messagers de la mort. Mais s'il se trouve pour lui un ange intercesseur, un d'entre les mille qui annoncent à l'homme la voie qu'il doit suivre, Dieu a compassion de lui et dit à l'ange: Délivre-le, afin qu'il ne descende pas dans la fosse. J'ai trouvé une rançon!» [68b]

Nous pourrions acquérir une certaine discipline et prendre chaque jour un moment pour nous recentrer sur Dieu, en lisant la Bible, en priant, en chantant ses louanges. Nos bonnes résolutions tiendraient ce qu'elles pourraient tenir. Mais la voie par excellence, nous dit Paul dans 1 Corinthiens 12 et 13,[69] c'est l'amour ! C'est également vrai du mariage. Les lettres et autres petits mots d'amour, et la signature au bas du contrat, sont une chose. Mais si la relation se résumait à un prélude et à des principes établis, elle représenterait en fin de compte un bien triste mariage. Alors, qu'est-ce donc que l'amour? Quand j'étais jeune, …au siècle passé, il y a eu dans les années hippie une mode des pins et des T-shirt à slogans, et l'on voyait surgir de nombreux slogans sur l'amour, des idées plus ou moins farfelues. “C'est regarder ensemble dans la même direction”, lisait-on parfois. “C'est faire les choses ensemble”, aurais-je été tenté de dire. On se construit une maison, et voilà qu'on se dispute déjà pour la couleur des rideaux, ou pour la disposition des plate-bandes. On la remplit d'enfants qui bientôt ne nous appartiendront plus. Madame s'occupe des courses, et Monsieur va à la mine pour financer la retraite… Et avant qu'on aie eu le temps de comprendre ce qu'il est advenu de nos rêves initiaux, on se retrouve vieux, confinés dans un appartement, à se regarder en chiens de faïence. Bien sûr qu'on s'aime—on s'est toujours aimés. Mais est-on pour autant amoureux? —Je veux dire, ailleurs que dans notre réflexion, et ailleurs que dans le lit?

Dans Jean 21, on lit qu'après la mort de Jésus, Simon s'était perdu dans son introspection. Toutes les belles perspectives auxquelles le Seigneur l'avait introduit, appartenaient désormais au passé. Pêcheur d'hommes? Tu parles… Il l'avait renié. Il était retourné à la pêche. Mais sur le lac, même les poissons ne voulaient plus de lui. “Où est désormais celui que mon coeur aime, celui dont les paroles communiquaient à mon âme transie, la chaleur et la vie ? M'est-il perdu pour toujours ? Sans lui je ne suis plus rien…” C'est alors qu'il l'aperçut sur le rivage. Non, c'est impossible. Ce ne peut pas être lui. “Venez manger ! J'ai préparé le petit déjeuner”, leur crie cet homme depuis la rive. “Étonnant, cet étranger. Il lui rappelle quelqu'un, et pour un peu, Pierre en oublierait sa morosité”. Mais lorsque cet homme partagea le pain et leur en donna, avec du poisson qu'il avait grillé, le doute ne fut plus permis. –“Oh, Seigneur, comme tu m'as manqué!” –“Tu m'as manqué aussi Pierre, le sais-tu?” Et durant le pic-nique sur le rivage, Jésus lui dit : –“Tu te souviens, Simon, que je t'avais dit que je ferais de toi un pécheur d'hommes?” Simon baissa les yeux. –“Oui, je m'en souviens…” “Mais oublions ça, veux-tu, car je suis vraiment trop nul”, avait-il peut-être envie d'ajouter. Il se retint. Jésus le regarda avec tendresse et lui dit : –“Simon, toi que j'ai choisi, toi que j'ai appelé, m'aimes-tu ?” Pierre, les yeux perdus dans les galets, lui répondit une première fois : –“Tu sais que je t'aime”. Jésus lui dit : –“Alors prends soin de ces petits qui croient en moi”. Jésus réitéra encore sa question, autant de fois que Pierre l'avait précédemment renié. Jusqu'à ce que Pierre ait pu comprendre que l'amour de Jésus serait sa seule et unique recommandation auprès des hommes vers qui il l'enverrait. Pierre, dont je peux imaginer les larmes, raisonna sans doute de cette façon : –“Bien mon maître, puisque tu m'aimes tel que je suis, dans ma faiblesse, et puisque de mon côté je t'aime aussi au point de ne plus pouvoir désormais vivre sans toi, allons donc au devant des autres, et puisse l'amour que nous avons l'un pour l'autre nous porter jusqu'à la mort.”

Dans Luc 24:32, deux disciples cheminent vers Emmaüs, et un étranger se joint à eux. Mais ce n'est qu'au moment où il disparaît à leur vue qu'ils reconnaissent en cet étranger leur Maître et Seigneur ! «Et ils se dirent l'un à l'autre: Notre coeur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu'il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures?»

«Comme Jésus était en chemin avec ses disciples, il entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison. Elle avait une soeur, nommée Marie, qui, s'étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe, occupée à divers soins domestiques, survint et dit: Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma soeur me laisse seule pour servir? Dis-lui donc de m'aider. Le Seigneur lui répondit: Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses. Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera pas enlevée[69a]

Dieu ne nous propose pas simplement une alliance. Mais il voudrait que nous entretenions avec lui une relation amoureuse, une relation qui plutôt que de se refroidir avec le temps, va se muer en une véritable passion. Lorsqu'on est amoureux, l'objet de notre amour habite notre esprit tout le temps. Que l'on travaille, qu'on mange ou qu'on dorme, il est là, dans nos pensées et dans nos rêves. Et aussitôt qu'on en aura la possibilité, on va se précipiter pour être auprès de la personne aimée, afin de découvrir avec elle de nouvelles choses sur la vie. Car la relation de l'homme Adam avec celle qu'il a nommée «Vie»—c'est la signification du prénom Ève—, est une relation dynamique, une relation d'activité.[70] Si vous ne faites jamais rien en compagnie de votre femme ou de votre mari, ou si vous ne faites ensemble que des tâches triviales ou rébarbatives, comme le nettoyage ou les courses, l'amour va se refroidir et il finira par s'éteindre. Pour que tienne cette relation amoureuse qui vous a séduit au début, et pour que grandisse l'admiration réciproque, en même temps que vous grandissez en stature et en maturité, il faut explorer, il faut découvrir, il faut lutter ensemble et ensuite savourer la victoire. En un mot : il faut s'émerveiller. Dans son essence, Dieu est un être absolument créatif. Un jour, on va lui confier sa vie. Mais si, ensuite, on se laisse asservir par la banalité du quotidien, ou par la futilité des tâches et des devoirs, à la façon de Marthe, sans plus le laisser nous guider vers des chose nouvelles, vers des choses à imaginer d'abord et à construire ensuite—à construire, non pas pour lui, mais avec lui—, alors l'amour du début va rapidement faire place à une lassitude. Un jour, on n'aura plus envie de bavarder.[71] Le lendemain, on va vouloir prendre les devants et faire les choses sans lui.[72] Le surlendemain, on ne pensera déjà plus à lui,[73] et le jour suivant on va s'arrêter sur un nouveau visage,[74] et ainsi de suite… Si tu as perdu ton amour du début, Jésus pourrait vouloir te dire une chose.[75] Mais—et c'est là notre grand défi : si nous parvenons à entretenir[76] le feu de notre amour pour notre Créateur, sa flamme nous gardera purs, et elle nous amènera tout naturellement à voir son Royaume s'établir dans cette proximité, et au-delà.

Nous pouvons avoir de multiples amitiés. Mais dans nos coeurs, il n'y a de place que pour un seul véritable engagement. Ce n'est pas sans raison si Dieu nous raconte comment il a formé Ève, à partir du côté d'Adam, afin qu'en se manquant l'un à l'autre ils se cherchent et qu'ils finissent par se trouver, et qu'ainsi ils redeviennent une seule chair. Un grand amour, ce n'est pas seulement la rencontre d'un être qui va nous aimer et dont on va pouvoir prendre soin. Mais c'est surtout la concrétisation d'un projet de vie dont l'autre est la clé! Et si l'autre disparaît trop tôt, on meurt un peu avec lui. Certains vont conserver précieusement tout ce qui peut leur rappeler l'être cher—photos, objets, lettres, petits mots griffonnés… C'est la nostalgie religieuse qui consiste à s'arrêter sur les reliques du passé pour le faire vivre encore un peu, tant que subsisteront les souvenirs. D'autres vont vouloir tourner la page, tout jeter, tout brûler, dans une tentative d'effacer la douleur par l'oubli. Ils y parviendront dans une certaine mesure : c'est cette résilience qui se manifeste dans l'agnosticisme. En nous consacrant à un travail intéressant, à une nouvelle relation ou à une belle passion, nous aurons pour un temps le sentiment d'avoir retrouvé notre sérénité. Mais tôt ou tard, notre être intérieur saura nous rappeler à l'absence de notre grand amour. Dieu nous a fait à son image. Et à cause de cette distance qui maintenant nous sépare de lui, il nous manquera toujours. Nos activités dérivatives nous permettront peut-être de faire abstraction du sentiment lancinant de son absence, jusqu'au jour où la mort nous rappellera brutalement à notre solitude. Mais peut-être qu'au terme d'une épopée tumultueuse et chaotique, nous prendrons enfin conscience de l'amour que Dieu nous porte. Et comme Job, nous voudrons nous écrier : «Mais je sais que mon Rédempteur est vivant, et qu'il se lèvera le dernier sur la terre… Mes yeux le verront, et dans ma chair ! Mon âme languit d'attente au dedans de moi.»[76b]

Alors, pourquoi ne pas racheter le temps en faisant dès aujourd'hui ce pas qui nous sépare d'un Père qui nous tend ses bras? La vie semble infinie à ceux qui sont jeunes et épris des choses passionnantes de cette vie. Mais à mesure que nous nous y engageons, se réduisent aussi nos chances d'entrer dans la seule relation qui nous survivra et de la voir s'établir et grandir. L'insouciance de la jeunesse fait le lit des regrets qui marqueront notre vieillesse. «Mais souviens-toi de ton créateur pendant les jours de ta jeunesse, avant que les jours mauvais arrivent et que les années s'approchent où tu diras: Je n'y prends point de plaisir.»[77] Car la certitude d'être connu, aimé et attendu dans l'au-delà, est la seule perspective qui pourra encore nous rassurer lorsque nous serons parvenus au crépuscule de notre existence. Ne gaspillons donc pas nos jours.

Dernièrement, après avoir écouté les enseignements du pasteur australien Neville Johnson, j'ai eu envie d'ajouter un paragraphe à cette page. Il se trouve que cet homme a appris à se tenir dans la Présence de Dieu, et il en a tiré des expériences d'une valeur inestimables. Alors qu'il s'était assis un jour, à l'écart de son bureau pour une fois, Jésus s'est présenté à lui et il lui a dit : Viens ! Il a alors été emmené avec lui en esprit. Jésus le précédait d'un pas rapide, comme s'il voulait lui faire prendre conscience d'une urgence. Ils sont arrivés devant un grand portail cadenassé situé au sommet d'une haute montagne d'où l'on voyait déjà la courbure de la Terre. Jésus a ouvert le portail, et il lui a permis de voir ce qui se trouvait à l'intérieur. Et ma foi, ce qu'il a vu l'a laissé sans voix. Il y avait là un jardin aux proportions gigantesques, réunissant tout ce qu'on pourrait imaginer de plus merveilleux. Des paysages sublimes, des étangs. Des anges se déplaçaient en formations dans le ciel en chantant, et la création leur répondait. Jésus lui a permis de voir ces choses, et il lui a dit ensuite : Il reste peu de temps. Mon peuple a besoin de comprendre qu'il lui reste peu de temps pour entrer dans la dimension que je lui ai préparée. Je veux que mon peuple puisse accéder à ce lieu et y goûter, maintenant, alors qu'ils sont sur Terre. Neville a pu faire encore un petit tour de l'endroit, et ce qu'il a vu l'a ravi. En particulier les fleurs, dans lesquelles on pouvait entrer, et il en émanait une louange à Dieu plus belle que tout. Et Jésus lui a dit que cet endroit est le lieu dans lequel l'apôtre Paul fut ravi à plus d'une reprise, une expérience qu'il mentionne dans ses lettres.[78] Et il a ajouté : «N'est-il pas écrit que dans les derniers temps, mes vieillards auront des songes et mes jeunes gens des visions? Mon peuple a la possibilité d'accéder à cette dimension. Mais pour cela, il doit rechercher, il doit demander, il doit frapper, et il doit persévérer.» Neville s'est alors remémoré ces paroles que Jésus mentionne juste après la prière qu'il nous a enseignée.[79] Et il a compris que le règne et le paradis de Dieu doivent s'établir premièrement dans nos coeurs, pour que nous puissions ensuite en communiquer la réalité au monde qui nous entoure. Et Jésus a encore ajouté : «Dis à mon peuple que lorsqu'ils me permettront de venir me promener dans leur jardin et d'en sentir les parfums, alors ils pourront aussi accéder à mon jardin.» Et qu'il ne suffit pas que les hommes le rencontrent un jour, mais qu'il faut qu'ils cheminent avec lui dans une proximité.

Mes amis, cette exhortation m'a bousculé dans mes habitudes. Je suis un hyperactif et je mène toujours plusieurs activités de front. Je traite des images, je bricole, répare du matériel, j'installe un ordinateur, je rends des services, j'écoute des enseignements chrétiens, j'écris parfois, lorsque quelque-chose m'est inspiré. Et avant de m'endormir, je zappe encore un peu la télé dans l'espoir d'y voir une chose intéressante. Mais il y a une chose que je ne fais pas volontiers : c'est rester assis, à l'écart de toute distraction, et aller frapper à la porte du ciel. Dans la vision de ce pasteur, Jésus a également cité un verset du Cantique des Cantiques : «Tu es un jardin bien clos, ô toi, ma sœur, ma fiancée. Tu es une source close, une fontaine scellée.»[80] Le chemin du ciel est un chemin secret, difficile, et la porte nous en reste le plus souvent close. Car tel est aussi l'accès à notre coeur. Mais Jésus promet justement d'ouvrir la porte de son paradis à ceux qui l'inviteront à venir se promener dans leur jardin, lorsqu'ils y auront mis de l'ordre en éliminant les sentiments néfastes,[80a] et après qu'ils y aient fait croître quelques fleurs aux parfums suaves[80b] et des arbres aux fruits délicieux.[81] Lisons, pour être encouragés dans cette voie, les Psaumes 15,[82] 18,[83] 24,[84] Éphésiens 5,[85] Galates 5.[86] Mais lorsque l'accès à son jardin nous aura été ouvert une première fois, il nous sera ensuite beaucoup plus facile d'y accéder à nouveau. Et pourquoi Jésus veut-il que nous contemplions son ciel et marchions dans sa proximité? Parce que c'est une expérience qui change la vie! Les promesses sont des paroles. Mais après avoir eu la vision de la réalité céleste qui nous attend, nous ne serons plus jamais les mêmes! Et pour pouvoir tenir bon dans les derniers temps en restant de véritables témoins de la lumière du Christ, il faudra que notre foi soit fondée sur quelque-chose de plus solide que de simples suppositions. Mais ce que ce pasteur affirme encore tenir de la bouche du Seigneur, c'est qu'il attend de nous que nous fassions en sorte de devenir des coeurs entiers, et que nous ne soyons plus des êtres au coeur partagé. Nous ne participerons pas tous au règne de Dieu sur la Terre. Seuls ceux qui auront appris à ne plus régler leur poste de radio sur ces fréquences terrestres qui veulent faire la pluie et le beau temps dans nos coeurs—ceux qui ne seront plus des thermomètres, mais des thermostats—, seront jugés dignes de mener à bien cette tâche de reconstruction. Il nous faut pour cela sélectionner nos centres d'intérêt, nos fréquentations, nos activités, et filtrer tout ce qui entre par nos yeux et nos oreilles, mais aussi ce qui sort de notre bouche. De la même source ne peuvent sortir une eau douce et une eau saumâtre. Car si nous continuons à boire à toutes les fontaines et à manger à tous les râteliers, notre esprit n'aura aucune chance de pouvoir s'élever vers Dieu. Il n'est pas nécessaire d'être prophète pour comprendre que la télévision et l'Internet, sont le moyen rêvé pour le diable de maintenir notre niveau spirituel au raz des arbres… Et alors que nous permettons à ce déversement d'images et de suggestions de nous neutraliser en nous anesthésiant, le monde des ténèbres affermit son emprise sur nos proches et sur le monde. Mais Jacques dit : «Sentez votre misère; soyez dans le deuil et dans les larmes; que votre rire se change en deuil, et votre joie en tristesse». Jacques 4:9. Et David s'écria dans la caverne où il était acculé : «A pleine voix, je crie vers l'Eternel. A pleine voix, je supplie l'Eternel, et devant lui, je me répands en plaintes. En sa présence, j'expose ma détresse. Quand mon esprit est abattu en moi, c'est toi qui sais sur quel sentier je marche». Psaume 142. Jérémie se lamente : «Leur coeur crie vers le Seigneur... Mur de la fille de Sion, répands jour et nuit des torrents de larmes! Ne te donne aucun relâche, Et que ton oeil n'ait point de repos! Lève-toi, pousse des gémissements à l'entrée des veilles de la nuit! Répands ton coeur comme de l'eau, en présence du Seigneur! Lève tes mains vers lui pour la vie de tes enfants Qui meurent de faim aux coins de toutes les rues!» Lamentations 2:18. Il n'y a pas d'accouchement sans larmes… Le monde nouveau va naître des supplications des coeurs purs, et dans le deuil et les larmes des croyants qui auront refusé de s'installer dans les mensonges du monde. Le Psaume 126:5 dit : «Ceux qui sèment avec larmes moissonneront avec chants d'allégresse». Et Jésus nous l'a dit : «En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira: vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse se changera en joie». Jean 16:20. Et Paul l'Apôtre nous dit : «Réjouissez-vous en tout temps de tout ce que le Seigneur est pour vous. Oui, je le répète, soyez dans la joie. Faites-vous connaître par votre amabilité envers tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne vous mettez en souci pour rien, mais, en toute chose, exposez vos besoins à Dieu. Adressez-lui vos prières et vos requêtes, en lui disant aussi votre reconnaissance. Alors la paix de Dieu, qui surpasse tout ce qu'on peut concevoir, gardera votre cœur et votre pensée sous la protection de Jésus-Christ. Enfin, frères, nourrissez vos pensées de tout ce qui est vrai, noble, juste, pur, digne d'amour ou d'approbation, de tout ce qui mérite respect et louange.»[87] Et Dieu dit encore par la bouche de Jérémie : «Si tu te rattaches à moi, je te répondrai, et tu te tiendras devant moi. Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est trivial, tu seras comme ma bouche[88]

Lorsque les Apôtres ont commencé à évoluer dans cette dimension du «ciel sur la terre», il s'est produit des choses extraordinaires. Au point qu'il suffisait à Pierre de marcher dans une rue où l'on avait aligné des malades, pour qu'à son passage ceux-ci soient guéris! Ce sont des choses que nous verrons sans doute se reproduire, à l'échelle de villes et de régions entières. Lorsque les fléaux commenceront à nous frapper, les besoins seront énormes. Cependant, il faut savoir que lorsque le Seigneur accomplit de grandes choses, le singe de Dieu prépare sa parade. Simon, le magicien,[89] qui voulut acheter aux Apôtres ce qu'il pensait être un pouvoir afin de le monnayer, préfigure une vague de contrefaçon des choses christiques qui va également déferler sur le monde. Nous voyons apparaître sur nos petits écrans des thaumaturges aux pouvoirs merveilleux, capables de modifier la matière et de la déplacer dans l'espace et le temps. Une magie qui pour l'instant reste relativement inoffensive. Mais en suscitant l'émerveillement pour le surnaturel, Satan prépare l'avènement d'un antéchrist aux pouvoirs sensationnels, et dont l'ambition sera justement de les mettre à profit pour le bien de l'humanité. «Si quelqu'un vous dit alors: Le Christ est ici, ou: Il est là, ne le croyez pas. Car il s'élèvera de faux Christs et de faux prophètes; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s'il était possible, même les élus. Voici, je vous l'ai annoncé d'avance.»[90] Les livres de la Bible sont remplis d'avertissements. Nous voyons aujourd'hui des hommes, auxquels Dieu a donné une très grande foi. Ils remplissent les stades. Ils prient pour les malades, ils chassent les démons et renvoient libres les opprimés, et le nom de Jésus est glorifié! Et que font les hommes? Ils fabriquent une eau d'onction, qui une fois bénie par cet homme aura des vertus miraculeuses. Ils la vendent ensuite aux pauvres gens, qui se l'arrachent. Les gens n'ont plus besoin du donateur, puisqu'ils peuvent désormais acheter ce qui les intéresse : ses dons. Et les bénéfices serviront à financer les campagnes d'évangélisation de celui qui est désormais leur prophète. L'homme est un être religieux de nature. Il lui est tellement facile de se détourner du donateur tout en s'appropriant ses dons. C'est pourquoi Jésus nous invite à envisager l'avenir, en restant solidement ancrés dans son amour, dans sa paix, et dans le repos de sa Présence.



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