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Dernière révision du texte: 1 mars 2017

Peut-on vraiment résumer l'oeuvre de Jésus à une croix?


Jésus a dit à la femme samaritaine : «Femme, crois-moi, l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande». Et Jean Baptiste a dit de Jésus : «Moi, je vous baptise d'eau, pour vous amener à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint Esprit et de feu. Il a son van à la main; il nettoiera son aire, et il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint point». Mes amis, comprenons que les temps difficiles qui s'annoncent vont être le catalyseur de très profonds changements dans la société et dans l'église. Au cours de ces épreuves, nous verrons de nombreux hommes être entraînés dans la spirale infernale du mal. Parallèlement, d'autres vont être comme aspirés dans un état de sainteté. Toutes ces personnes se seront côtoyées, elles auront peut-être travaillé ensemble et même dormi dans le même lit. Pourtant, Jésus nous dit que l'une sera prise et l'autre laissée. L'une sera transcendée dans le Royaume de Dieu, et l'autre devra subir un sort beaucoup moins enviable. Ce qui fera la différence entre l'une et l'autre, ce ne sera pas l'appartenance à une religion ou à une église, mais ce sera la relation qu'elles auront—ou n'auront pas—, entretenu avec le Père des esprits au travers de Jésus.

La religiosité,[20] c'est le fait de substituer à la véritable relation spirituelle et vivante, une allégeance d'ordre moral établie sur des pratiques et sur des règles. Nous sommes sensés devenir le temple de Dieu, en l'accueillant en nous-mêmes et en lui donnant gloire. Mais l’attitude religieuse consiste à rechercher l'approbation de Dieu, tout en le gardant à distance. C'est une sorte d'alliance tacite que l'on entretient au moyen de rites et de pratiques. Au sacrifice que Dieu demande de nous, et qui est notre obéissance aux directives qu'il va nous communiquer par l'Esprit, dans le but de nous faire progresser, vont se substituer d'autres sacrifices.[21] Ceux-ci vont aller de petits gestes anodins, comme celui de faire l'offrande d'un cierge, à des choses plus significatives, comme faire l'offrande d'une prière ou d'un chapelet, d'une dîme, d'un jeûne, d'une messe, d'un pèlerinage, d'un sacrement, d'un peu de notre temps consacré à la vie religieuse, et jusqu'à des choses extrêmement sérieuses, comme ce rite païen qui consiste à vouer un enfant à la Vierge, mais en réalité à la Reine du Ciel. Et ceci, dans le but de s'attirer les bonnes grâces d'une divinité, qui nous l'espérons, va nous accorder sa faveur et sa protection dans l'immédiat, et un meilleur statut dans l'au-delà, tout en nous laissant poursuivre notre existence sans exiger de notre part une chose déraisonnable, comme le serait le don de nous-mêmes et un changement de vie radical—une conversion.[22] Ceci constitue aux yeux de notre Dieu une attitude très malvenue,[23] et en réalité suicidaire.[24] Connaissez-vous la méchante plaisanterie du type qu'on pousse hors de l'avion en lui criant «Bon vol !», et qui, lorsqu'il veut tirer sur la poignée de son parachute, s'aperçoit qu'on lui a passé le sac à dos? Ils sont nombreux,[25] ceux qui pourraient avoir à rendre des comptes à ceux qu'ils auront envoyés[26] à une mort certaine, par de belles paroles[27] et par des rites bien rôdés, en ayant sciemment omis de leur transmettre un certain nombre d'informations pourtant capitales. Je suis quelqu'un de pacifique et je m'efforce de respecter les autres dans leur croyance. Mais lorsque je considère ces millions de personnes[28]—certaines sont à mes côtés chaque jour—qui embrassent leurs enfants avant d'aller effectuer un travail parfois harassant,[29] qui se sacrifient pour pouvoir leur offrir une éducation convenable, qui ont affronté courageusement et du mieux qu'ils pouvaient les vicissitudes de la vie, qui sont allées à l'église, qui ont été des piliers de la vie paroissiale, et qui maintenant vieillissent solitaires devant le petit écran, entourées d'une image du Christ et de la Vierge, en ayant comme seul espoir celui de pouvoir bientôt rejoindre[30] leurs aïeux dans le repos éternel, mais qui, à cause de partis pris religieux, sont obligées de dissimuler cette frayeur, ce sursaut de lucidité qui à l'approche de la mort se saisit d'eux… j'ai un goût amer et il m'arrive de douter que la gentillesse soit réellement une qualité. Y a-t'il eu sur Terre quelqu'un de plus gentil que Jésus?[31] Mais lorsqu'il dût confronter ceux qui égaraient les hommes en pervertissant la rectitude des chemins de Dieu, Jésus sut faire preuve de colères salutaires.[32]

Nous sommes tous, des réfugiés et des pèlerins en ce monde. Nul, tant qu'il est en vie, ne peut se targuer d’être parvenu au terme du voyage. Et si, en participant à cette aventure humaine, on vous avait montré, à titre totalement gratuit et en vous sauvant ainsi la vie, le seul passage sûr qui permettra de franchir une étape cruciale du parcours, mais que, par égoïsme, vous le gardiez secret, en laissant la foule étourdie par les dires mensongers d'une bande de scélérats, être entraînée vers les falaises et vers un large précipice, et en vous disant qu'après tout, chacun doit faire ses propres expériences, que seriez-vous? Un lâche et un traître à votre race, selon la Bible. Et aux yeux de la justice des hommes, vous seriez un criminel pour avoir sciemment refusé de porter assistance à des personnes en danger. Voyez-vous, il y a des limites au respect que l’on doit aux croyances des autres. Si l'on aime réellement Dieu, et si le sort des gens ne nous est pas indifférent, alors on ne peut qu'être indigné, et même furieux, à l'idée de ce qui les frustre[33] du meilleur de ce que Dieu leur avait destiné. Jacques nous dit[34] en effet que les démons aussi croient qu'il y a un seul Dieu, et qu'ils tremblent ! La foi n'est donc pas qu'une croyance, et elle ne vaut rien si elle ne s'accompagne de certains actes.[35] Les premiers disciples de Jésus l'avaient bien compris.[36] Seulement, si Dieu a des enfants, il n'a en revanche pas de petits-enfants. Au fil du temps et des générations, la relation que les disciples avaient entretenu avec leur maître, et plus tard avec l'Esprit-Saint[37] que Jésus leur avait envoyé pour qu'il demeure avec nous[38] jusqu'à la fin des temps, cette relation vivante s'est perdue. La vraie vie a bientôt fait place à un simulacre de foi et aux rites. Mais si nous voulons espérer vivre éternellement, nous devons croire dans notre coeur! [39] Cet acte de foi[40] doit être un engagement personnel qui n'implique rien de moins que notre être tout entier! [41] Il doit nous amener à désirer plus que tout, faire la volonté de notre Père céleste,[42] afin que nous puissions rester en communion[43] avec lui quoiqu'il advienne.

Fiancés au Messie.

Quelqu'un a dit qu'il y a dans l'homme un vide qui est en forme de Dieu. On pourrait sans doute ajouter qu'il y a en Dieu une absence qui a la forme d'un homme, ou d'une femme. Le besoin de cette communion est inscrit dans notre nature comme un besoins vital. Les gens ont pour la plupart des vies complexes et bien remplies. Mais malgré leurs occupations, beaucoup souffrent d'avoir le coeur vide. Ils noient cette solitude dans leur travail en restant d'éternels insatisfaits. Ils s'adonnent à toutes sortes d'entreprises visant à élever leur idéal. Mais ces substituts leur font manquer le véritable sens de la vie, qui est la rencontre de l'homme et de son Dieu. La volonté de Dieu, et en réalité son désir le plus cher, c'est que nous apprenions à le connaître[44] à partir d'une révélation[45] de sa personne—à partir d'une filiation. Connaître Dieu, ce n'est pas aller à l'église pour y entendre des choses qui le concernent, ou encore, faire de la théologie. C'est aussi cela, mais c'est en réalité beaucoup plus que cela. Connaître Dieu, c'est nous fiancer à lui ! [46] C'est ce que veut dire la phrase «donner son coeur à Jésus»! C'est décider d'unir notre destin au sien.[47] Pour le comprendre, nous devons bien sûr élever la notion du mariage et le considérer dans sa symbolique. Dans certaines cultures orientales, les fiançailles sont une période de préparation. Il ne s'agit pas, comme c'est parfois le cas chez nous, “d'enterrer la vie de célibataire” dans un dernier élan de débauche. Mais il s'agit plutôt d'un temps de mise à part pour l'élévation de l'être, afin d'être présenté à son conjoint sous son meilleur jour. Dieu a choisi de nous aimer tels que nous sommes. Mais avant de nous permettre d'épouser sa nature—car c'est bien de cela qu'il s'agit—, il va nous préparer, afin que nous sachions tenir notre rôle à sa droite. Il va nous demander de changer de vie: c'est le baptême, dans l'immersion duquel nous mourons au monde et à notre vie naturelle, avant de reprendre souffle en Dieu. En nous baignant dans sa parole, il va nous laver de la mentalité du monde. Il va nous ôter ces vêtements dégoûtants que sont nos mérites et notre propre justice, pour nous faire revêtir la robe blanche de sa justice, celle qu'il nous a acquise et qu'il nous offre en cadeau. Il va nous communiquer les arrhes de sa nature spirituelle, en nous engendrant[48] dans une nouvelle naissance.[49]… Tout cela semble très compliqué, mais c'est en réalité très simple. Et soit dit en passant, c'est là, justement,—dans cette nouvelle naissance—, que réside la clé de l'unité[50] que beaucoup de chrétiens poursuivent, mais qui le font à la manière des hommes. Car, comment pourrions-nous être en communion les uns avec les autres si nous ne sommes pas d'abord en communion avec le Dieu de la Création? Comment pourrions-nous être «unis» si nous ne sommes pas nés du même Esprit? Comment pourrions-nous être frères et soeurs si nous n'avons pas les mêmes parents? Les fiançailles,[51] le mariage : ces termes nous parlent de la fin du papillonnage de coeurs solitaires, de consécration à une personne unique, de complicité dans l'effort et de bonheur. C'est ce que Dieu veut pour nous. Car, avant de pouvoir entrer dans la félicité du havre qu'ils auront bâti ensemble, les époux vont devoir se défricher un champ qui va les nourrir. L'effort conjoint leur permettra de s'apprécier mutuellement, et leurs liens en seront renforcés. C'est le sens de notre vie terrestre.

Dieu va-t-il juger la religion?

Comment Dieu conçoit-il les cloisonnements qui existent au sein même du Christianisme? En 1928, Ove Falg, alors jeune stagiaire d'une église pentecôtiste, traversait la campagne danoise à vélo pour se rendre dans une église du Jutland. Il chantait dans la langue de l'esprit. Et tout en pédalant, il fut ravi en esprit dans une vision qui l'a tellement bouleversé, qu'il l'a gardée secrète pendant près de cinquante ans. Il s'y voyait survolant la campagne, lorsqu'il aperçut un grand bâtiment en forme de croix au milieu d'une immense et splendide prairie verdoyante, parsemée de bosquets, de fleurs, d'arbres, et remplie de brebis et d'agneaux. Un ruisseau la parcourait et les brebis venaient s'abreuver à son eau claire. De cette prairie montait une musique d'une indescriptible beauté. Une voix lui dit : “Regarde en bas”. Il examina de plus près ce bâtiment, qui était divisé en cellules et dont les fenêtres étaient recouvertes de barreaux. Il s'agissait d'une prison en forme de croix. Une faible lueur tentait de s'échapper de ses extrémités, et des clameurs en forme de credos discordants montaient de chacune de ses cellules. Sur la branche verticale de ce bâtiment, une main inscrivit : «protestants». Sur sa branche horizontale : «catholiques». Puis la main ajouta : «baptistes, apostoliques, congrégationnistes, presbytériens, salutistes, luthériens, quakers, pentecôtistes…». Aucune dénomination ne fut oubliée et ce fut un premier choc pour notre jeune stagiaire, qui était encore persuadé d'avoir choisi la seule dénomination fidèle aux valeurs de l'Esprit. La voix poursuivit en disant : “Pourquoi tous ces gens restent-ils prisonniers? Je suis pourtant venu annoncer la grâce pour tous!” Alors, le ciel commença à s'assombrir, et soudain le feu descendit du ciel en détruisant la totalité du bâtiment. Mais avant cela, la belle prairie et le troupeau s'étaient comme volatilisés. Bouleversé, Ove s'est écrié : “Mais Seigneur, où est l'Eglise?” “Je te l'ai fait voir : c'est le troupeau, et je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis.” Ove a alors saisi qu'il y avait une sorte de transcendance, certaines brebis ayant pu être à la fois des murs et de la prairie. Il a ajouté : “Seigneur, je veux être du troupeau de ta prairie.” Cette vision l'a tellement interpellé sur l'état de l'église, qu'il n'a pas osé la partager, si ce n'est avec quelques amis proches qui lui ont recommandé de n'en parler à personne. Mais nous savons que cette vision s'applique aux temps qui viennent.

Jésus utilisait le langage des paraboles. Il parlait aux foules d'une façon imagée, mais lorsque les personnes qu'il avait interpellées étaient entrées dans son cercle de confiance, alors il leur parlait en toute franchise. C'est toujours une chose très délicate que de confronter des gens qui se voudraient sincères aux erreurs dans lesquelles ils baignent depuis leur tendre enfance. Outre le risque de provoquer la susceptibilité d'un système religieux qui va ensuite vouloir renforcer son emprise sur eux, vous risquez de blesser sérieusement les personnes qui auront placé leur confiance dans ce système et de leur faire perdre ce qu'il leur restait de foi. Paul dit à Timothée qu'il doit instruire ses interlocuteurs avec douceur, en espérant que Dieu les amènera à la connaissance de la vérité, et qu'ainsi ils pourront se dégager des sophismes introduits par le diable dans le but de les assujettir à sa volonté.[52] Car vous savez, j'ai le sentiment que beaucoup de gens aiment Dieu et qu'ils l'aiment profondément. Mais peut-être sans toujours savoir qui est réellement le Dieu qu'ils adorent. Ils vénèrent un personnage hautement moral dont on leur a transmis une connaissance partielle. Ils le font en lui élevant un Taj Mahal de reconnaissance. C'est du moins l'impression que vous avez lorsque vous visitez ces églises parées de dorures, d'icones saintes et de toutes sortes d'ornements sculptés. Mais, si leur Dieu revenait à la vie, et qu'en lieu et place d'une hostie parfaitement muette et aseptisée, ou du Christ au teint blafard, mourant, impuissant, crucifié, ou de celui au visage sombre, hermétique et au regard sévère caractéristique de l'orthodoxie, ou encore de ce Jésus aux joues roses, aux yeux bleus et aux longs cheveux ondoyants des images votives latines, il leur apparaissait soudain tel qu'il est décrit dans le livre de sa révélation,[53] que se passerait-il pour ces gens? Mourraient-ils de frayeur? Les hommes de Dieu qui dans un passé biblique ont eu une vision de Jésus, ont cru mourir ! La Bible nous enseigne que l'homme ne peut voir Dieu et vivre.[54] Aucune représentation ne peut nous préparer à cette vision. Lorsque j'étais un tout jeune chrétien, j'ai eu le privilège de recevoir une vision du Christ. Jésus ne ressemblait à rien de ce que j'avais pu voir ou imaginer jusque-là. Son contour était bien celui d'un homme, mais la ressemblance s'arrête là. Dieu peut prendre une forme humaine par égard pour notre sensibilité, mais Dieu n'a pas besoin d'avoir une peau, des yeux et des organes comme les nôtres pour exister. Son regard est en réalité la conscience suprême. Elle est omnisciente et capable de sonder l'Univers entier dans toutes les directions et simultanément. Elle soutient l'Univers, et sans elle, il est probable que l'Univers s'effondrerait sur lui-même en une fraction de seconde. Elle émet une lumière plus forte que celle du soleil, et pourtant elle n'est pas aveuglante. Lorsque cette conscience m'a visité, elle m'a liquéfié, sondé jusqu'au fond de mon être, éclairé dans des profondeurs dont je ne soupçonnais pas l'existence. Auparavant, j'étais comme beaucoup de mes contemporains, qui ne pouvant se faire une idée précise de Dieu, finissent par penser qu'il est un peu comme nous. Après tout, Dieu créa l'homme à son image, et le «New Age» nous présente ce Dieu qui est à l'image de l'homme. Mais cette vision m'a fait grandir dans ma compréhension de la distance abyssale qui sépare Dieu de ce que je suis. Une distance qui resterait totalement infranchissable à l'homme, si Dieu ne venait pas lui-même nous rejoindre. Cette expérience, unique dans ma vie, m'a bouleversé. Les chrétiens ne sont pas prêts à rencontrer le Christ glorifié. C'est pourquoi, Dieu va devoir faire passer l'Eglise au travers du feu, afin de la purifier des scories de son humanité.

Les symboles de notre identité chrétienne.

Le signe du Fils de l'Homme.

Aujourd'hui, si l'on demandait aux passants, toutes confessions chrétiennes confondues, quel est selon eux l'objet qui symbolise le mieux l'Eglise et le Christianisme, vous conviendrez que la réponse de la grande majorité d'entre eux serait : «la croix.» Et si l'on demandait aux chrétiens évangéliques, quel est ce signe du Fils de l'Homme[55] qui apparaîtra dans le ciel juste avant le retour du Christ, la réponse de la plupart d'entre eux serait probablement la même. Pour ma part, je ne sais pas encore de quoi ce signe sera fait, et je ne suis d'ailleurs pas certain d'avoir envie de le savoir. Car le jour du Seigneur sera précédé de ténèbres et d'angoisse, et non de lumière. Peut-être ce signe sera-t'il ce que Jésus nous dit qu'il sera : le signe annonciateur de la venue prochaine du Fils de l'Homme. Souvenons-nous : Une étoile avait jadis annoncé sa naissance aux mages d'orient, et elle les avait conduits en s'arrêtant pile au dessus de l'endroit où Jésus se trouvait. Pourtant, n'importe quel astronome amateur vous dira que les étoiles ne s'arrêtent jamais dans leur course, “à moins d'un impact avec un autre corps céleste”. Jean Baptiste avait dit : «Celui qui m'a envoyé baptiser d'eau, celui-là m'a dit: «Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et s'arrêter, c'est celui qui baptise du Saint-Esprit». On avait alors vu l'Esprit prendre la forme d'une colombe et descendre du ciel pour s'arrêter sur Jésus. Il se pourrait qu'au delà du sens qu'on lui connaît, cette parole donnée à Jean Baptiste par un envoyé céleste, fasse allusion à un événement prodigieux survenu dans un passé récent, un événement que seuls quelques astronomes venus d'ailleurs avaient su percevoir. En effet, à peine né, Jésus avait déjà dû manifester sa divine toute puissance en stoppant net et en plein ciel, un astéroïde lancé contre lui. Car, dans Apocalypse 12, il est écrit : «Sa queue balaya le tiers des étoiles du ciel et les jeta sur la terre. Le dragon se posta devant la femme qui allait accoucher, pour dévorer son enfant dès qu'elle l'aurait mis au monde. Or, elle enfanta un fils, un garçon qui est destiné à diriger toutes les nations avec un sceptre de fer. Et son enfant fut enlevé auprès de Dieu et de son trône». Sans vouloir lui ôter son sens d'une issue politique où ces étoiles représenteraient la chute des grands de ce monde atteints par la corruption, cette parole avait peut-être également un sens plus littéral. Jésus a dit  : «Que signifie donc ce qui est écrit: La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle? Quiconque tombera sur cette pierre s'y brisera, et celui sur qui elle tombera sera écrasé». On pourrait comprendre qu'en s'attaquant à Jésus, Satan soit tombé sur plus fort que lui et que sa puissance en ait été brisée, et que bientôt, c'est lui qui sera écrasé par Jésus sous les pieds de son église.

Et dans Matthieu 24:29, Jésus dit encore : «Aussitôt après ces jours de détresse, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées». Il se pourrait que dans un futur proche, un ou plusieurs astéroïdes soient déviés de leur course par les forces sataniques, pour être placés sur la trajectoire de la postérité spirituelle du Christ, en provoquant à nouveau ce signe du Fils de l'Homme. Ceci viendrait confirmer une hypothèse astronomique appelée hypothèse de Némésis. Mais si cela devait se produire, qui pourra cette fois stopper cette pluie de météorites? Disons-nous bien que Jésus ne sera pas là pour s'en charger. Les hommes seront pris de panique après l'annonce de la NASA. L'Eglise se perdra en messes et en processions interminables, en implorant la Reine du Ciel—la protectrice de la Terre—, et en pointant sa croix vers l'origine du fléau. Les autres religions lui emboîteront le pas, en exhibant leurs idoles muettes et impuissantes. Chacun ira de sa prière et de ses rites sacrificiels, en s'imposant souffrances et mutilations dans l'espoir de conjurer le mal. Les chrétiens, parce qu'ils n'auront pas été enlevés au ciel comme ils l'avaient prévu, seront paralysés par l'incrédulité. Ils crieront à Jésus : Seigneur, ne t'inquiètes-tu pas de ce que nous périssions? … Comme jadis les disciples pris dans la tourmente, alors que Jésus dormait tranquillement à la poupe du bateau. Le peuple Juif, les habits déchirés et la tête couverte de cendre, se lamentera en se frappant la poitrine. Les musulmans terrorisés se sentiront pris à leur propre piège. Les gouvernements tout-puissants du monde s'agiteront comme une caisse de rats dont on a soulevé le couvercle. Ils penseront pouvoir utiliser l'arsenal sidéral pour détourner la menace. Constatant leur impuissance et face à l'imminence d'une pluie d'étoiles, ils iront, accompagnés de leurs autorités religieuses, s'enterrer bien profond dans les abris souterrains et au coeur des montagnes, en se doutant tout de même qu'elles finiront par s'écrouler sur eux. Toutes les actions entreprises par les leaders du monde politique et religieux auront été vaines. Les hommes du peuple en seront réduits à attendre, rendant l'âme de terreur rien qu'à la pensée de ce qui surviendra pour la terre et pour eux. Ce sera la fin inéluctable d'un monde, la destruction prochaine, documentée et visible en direct sur les chaînes de télévision, de toute vie sur la planète, par une onde de choc brûlante suivie de près par un gigantesque raz-de-marée—un déluge des temps modernes.

La Terre va être détruite… Cette Terre dont Dieu avait pourtant dit : «Elle ne sera jamais ébranlée». Le déluge dont il avait promis : «Plus jamais je ne détruirai la terre par un déluge d'eau, et je place mon arc dans le ciel en signe de mon alliance». Et Jésus n'avait-il pas dit: «Vraiment, je vous l'assure, si vous aviez de la foi, même si elle n'était pas plus grosse qu'une graine de moutarde, vous pourriez commander à cette montagne : Déplace-toi d'ici jusque là-bas, et elle le ferait. Rien ne vous serait impossible». «En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m'en vais au Père; et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils». Mais les chrétiens ne croient pas à la puissance de la Parole de Dieu. Ils ne croient pas que Dieu a la puissance de les guérir d'un rhume, alors, déplacer une étoile… Les chrétiens qui poursuivent une prospérité matérielle ont pour dieu le prince de ce monde et ils croient à la fatalité de son gouvernement. S'ils étaient fils de Dieu, ils croiraient en Jésus, et ils feraient ce que Jésus leur a suggéré de faire. «Lorsque tu les as menacées, les eaux se sont enfuies au loin et se sont élancées au bruit de ton tonnerre». La Terre serait alors sauvée, et l'amour et la puissance de Jésus pourraient ainsi être révélés au monde à travers son peuple. Les hommes de toutes les cultures et de toutes les langues verraient la gloire de Jésus dans ses temples de chair, et ils se tourneraient vers lui en implorant son pardon. Les Juifs, grandement soulagés, s'écrieraient en coeur : «Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d'Israël !». Et l'on verrait, dès ce moment et partout sur la terre, le Fils de l'Homme venant avec ses anges, avec puissance et une grande gloire. Ce serait une issue inespérée pour la Terre et un sauvetage magnifique pour les hommes ! … Seulement, les hommes ne sont plus des enfants. Seuls des enfants—des nouveaux-nés—, pourraient encore croire à une chose pareille… Précisément, dans le Psaume 8 il est écrit : «Par la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle Tu as fondé ta gloire, pour confondre tes adversaires, Pour imposer silence à l'ennemi et au vindicatif». … Simple songerie, mais cette pensée ne mérite-t'elle pas que nous nous y arrêtions?

Car, que dit la Bible? Dans Daniel 12, nous lisons : «En ce temps-là se lèvera Micaël, le grand chef, le défenseur des enfants de ton peuple; et ce sera une époque de détresse, telle qu'il n'y en a point eu de semblable depuis que les nations existent jusqu'à cette époque. En ce temps-là, ceux de ton peuple qui seront trouvés inscrits dans le livre seront sauvés». Et dans Joël 2:32 : «Alors quiconque invoquera le nom de l'Éternel sera sauvé; Le salut sera sur la montagne de Sion et à Jérusalem, Comme a dit l'Éternel, Et parmi les réchappés que l'Éternel appellera». Et Jésus nous dit encore, dans Matthieu 24: 21-22 : «Car alors, la détresse sera si grande qu'il n'y en a point eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu'à présent, et qu'il n'y en aura jamais. Et, si ces jours n'étaient abrégés, personne ne serait sauvé; mais à cause des élus, ces jours seront abrégés». Et c'est là que le sens de cette phrase doit être rectifié. Car alors que j'écrivais ces lignes, l'Esprit m'a conduit à aller rechercher l'interprétation de cette phrase dans l'original grec, et voici ce que j'ai trouvé: Ce qui a été traduit par «à cause des élus», comme si Dieu allait intervenir par pitié pour ses enfants, est en réalité : «dia eklektos». Les photographes sauront immédiatement saisir la signification du mot «dia», qui doit être traduit par : «à travers». C'est donc bien, au travers de personnes insignifiantes, qui n'auront qu'une foi grosse comme un grain de moutarde, mais une foi entière, que Dieu va abréger les souffrances de notre monde. … Je crois que Jésus a encore beaucoup de choses importantes à nous enseigner avant son retour, et à moi le premier. … Vous savez, j'écoutais la radio l'autre matin, et un ancien camarade de classe partageait un peu de son expérience de vie. Son père avait déménagé de son pays de France vers le nôtre, qui comme chacun sait est un pays tranquille dans tous les sens du terme. Ce garçon de dix ans avait dû quitter son lycée parisien et ses potes, et il s'était retrouvé parachuté au milieu d'une bande de gamins de la campagne. Les cours étaient devenus si ennuyeux, et les relations si peu stimulantes, qu'il avait régressé au point d'être dernier de classe… Je n'étais donc qu'avant-dernier? … Mais sa solitude l'avait conduit à se plonger en lui-même dans un autisme forcé, et il est devenu un auteur et un dessinateur de grand talent, dans une forme d'inspiration mordante et pénétrante qui reflète bien notre société à deux vitesses. Nous pourrions penser que Jésus a choisi ses Apôtres parmi des personnages exceptionnels, mais il n'en est rien. Jésus était un enseignant exceptionnel. Si vous ne savez pas transmettre aux jeunes gens le sens d'une destinée, votre place n'est pas dans l'éducation. En nous martelant ses valeurs conservatrices, la religion rétrograde a fait de nous des derniers de la classe. Mais Jésus va maintenant tout changer, en ouvrant notre esprit au monde spirituel de Dieu, afin que nous puissions entrer de plain pied dans la glorieuse destinée de l'être humain.

La symbolique de la crucifixion de Jésus.

Mais revenons à cette croix qui nous occupe. Il est très important que nous ayons une juste compréhension de ce qu'est en réalité l'événement de la croix. Avant de quitter cette page, en étant peut-être choqué ou même outré, donnez-vous la peine de la lire jusqu'au bout. La croix n'est pas un talisman sensé nous protéger du mal. La croix, du latin «crux»—pieux—est un instrument de torture connu des Perses,[56] des Mèdes et des Assyriens, de féroces conquérants qui avaient la joyeuse habitude d'empaler leurs ennemis. Ce mode d'exécution fut plus tard adopté par les armées romaines. Dans leurs colonies, les romains exécutaient les criminels, et en particulier les résistants à leur régime, en les pendant à ces poteaux exposés à la vue de tous le long des routes et sur les collines. Le sens de ces crucifixions était bien sûr de terroriser les populations pour dissuader quiconque songerait à braver le pouvoir de César. Si l'on avait dit aux apôtres et aux premiers chrétiens, que la croix deviendrait un jour le symbole de leur foi, je ne sais pas ce qu'ils en auraient pensé… Il est rapporté dans les anales que l'on cessa à un moment donné de crucifier les chrétiens pour passer à un mode d'exécution plus favorable à l'environnement, car les crucifixions de masse avaient conduit à la déforestation de régions entières… La croix, dans ses différentes déclinaisons, a toujours fait partie des signes occultes du pouvoir. L'étendard romain est constitué d'une double croix, dont la plus grande est revêtue d'un tissu pourpre arborant les insignes du pouvoir. Crucifier son ennemi, c'est l'amener à l'impuissance la plus totale en le paralysant jusqu'à la suffocation, pour ensuite s'emparer de ses biens et de son territoire. En ayant ceci à l'esprit, il nous est plus facile de comprendre la symbolique de la crucifixion du Fils de Dieu par le pouvoir religieux, et l'avertissement qu'elle représentait pour quiconque oserait marcher à sa suite. Le Christianisme se serait probablement éteint après la crucifixion de Jésus, si Jésus n'avait pas su qu'il ressusciterait, et s'il n'avait pas été en mesure de le prouver à ses disciples. Et le sens de certains des détails qui nous sont rapportés dans les Evangiles nous devient plus évident, comme le fait qu'on ait tiré au sort la tunique de Jésus. En s'emparant de la dépouille de son adversaire, on s'approprie sa force et son pouvoir. De là vient l'engouement pour les reliques. Et c'est également la raison pour laquelle, les nazis ont traité les Juifs d'une façon aussi sordide. Plutôt que de les rendre à la terre après les avoir fait périr, ils se sont approprié jusqu'à la matière dont leurs corps étaient constitués. C'est ce qu'ont fait les peuples cannibales, et que continuent à faire les satanistes dans leur rituels. Et nous pourrions nous étendre sur une forme plus inattendue qu'a prise cette appropriation. Au moyen d'une intervention alchimique appelée transsubstantiation, que le prêtre invoque durant la consécration, une nouvelle nature est conférée aux éléments. Ceci permet à Satan de s’approprier la substance même de notre foi. Nous reviendrons plus en détail sur les différentes conceptions de la communion, dans la page suivante.

Il y a dans l'esprit des croyants de toutes les religions, une trop grande confusion sur l'origine des symboles religieux. Dans le Livre des Nombres, Dieu avait montré à Moïse comment établir le camp d'Israël selon un ordonnancement bien précis. Le tabernacle était au centre, et les douze tribus étaient réparties par groupes de trois aux quatre points cardinaux. Certains ont imaginé dans cette disposition, la forme de l’étoile de David, également connue sous le nom d’étoile du Dieu Remphan ou étoile de Saturne. D’autres y ont vu la forme d'une croix, et ils en ont conclu que le peuple de Dieu était prédestiné à fournir une victime expiatoire destinée à la croix romaine, ce qui n'est pas faux. Mais les conclusions qu’ils en ont tiré sont très discutables. Car vouloir adopter la croix comme l'emblème du “messianisme”, puisque c’est la signification du mot christianisme, reste une aberration totale, même si cela part peut-être d’un bon sentiment. Car en réalité, si le camp d'Israël avait pris la forme d’une croix, ceci l’aurait étendu sur une bien trop grande superficie. Il est fort peu probable que la disposition du camp d’Israël ait formé une étoile, et il est encore moins probable qu’elle ait formé une croix, qui d'un point de vue pratique et stratégique aurait été difficile à défendre. La disposition du camp d'Israël dans le désert est sans doute à mettre en corrélation avec celle de la ville sainte, évoquée plus tard dans Apocalypse 21:16, où il nous est rapporté que la ville a la forme d'un carré et que sa longueur est égale à sa largeur.

Pour ceux qui voudraient néanmoins y voir l'ombre d'une croix, peut-être n'ont-ils pas complètement tort, après tout. Car si l'on étudie attentivement la Bible dès ses origines, on s'aperçoit qu'une représentation transparaît effectivement, autant à travers sa prophétie que dans toute sa symbolique et son histoire. Cette représentation n'est toutefois pas celle d'une croix romaine, mais elle est celle d'un homme. Cet homme n'est autre que le Fils de l'Homme, il est l'Alpha et l'Omega, celui qui est vivant de toute éternité auprès de Dieu et auquel toutes choses sont destinées. Dès les origines du monde, cet homme étend vers nous ses bras désarmés en signe de pardon et d'une volonté de réconciliation.

Mais tentons de comprendre comment, dans nos églises, on en est arrivés à substituer au médiateur de cette paix, que Dieu nous invite à rencontrer, l’instrument de guerre par lequel le fils de l'homme a péri. La croix fut bien le lieu d'un événement unique, et qui ne fut pas des moindres. Cette croix qui fut élevée pour lui par son adversaire, Dieu s'en est servie pour nous racheter d'une malédiction.[58] Cet événement fut préfiguré lorsque les Hébreux, qui s'étaient rebellés alors qu'ils étaient dans le désert, furent mordus en grand nombre par des serpents. Dans Nombres 21:8,[59] il est écrit: «L'Eternel dit à Moïse: Fais-toi un serpent brûlant, et place-le sur une perche; quiconque aura été mordu, et le regardera, conservera la vie. Moïse fit un serpent d'airain, et le plaça sur une perche; et quiconque avait été mordu par un serpent et regardait le serpent d'airain, conservait la vie.» Et dans Jean 3,[60] Jésus dit : «Dans le désert, Moïse a élevé sur un poteau le serpent de bronze. De la même manière, le Fils de l'homme doit lui aussi être élevé, pour que tous ceux qui placent leur confiance en lui aient la vie éternelle. Oui, Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, son unique, pour que tous ceux qui placent leur confiance en lui échappent à la perdition et qu'ils aient la vie éternelle

La croix constitue en elle-même le plus évident des symboles. Un enfant de cinq ans sait vous dire que lorsqu'il fait une croix sur un mot, ce mot n'existe plus. La croix comporte ce lien vertical, symbole de la relation de l'homme à Dieu, coupé d'un trait horizontal : Satan—par les fasces du pouvoir terrestre, ou par le péché—, s'oppose à cette communion et il détruit la relation de l'homme à Dieu. Vous pourriez garnir cette croix de fleurs et lui trouver d'autres symboliques, la croix restera pourtant le symbole de la malédiction de l'homme, désormais banni de la présence de Dieu. En acceptant d'être crucifié, Jésus a subi cette malédiction à notre place—il a connu la séparation d'avec Dieu, et il est mort. Mais contrairement à ce que pourraient nous laisser supposer ces représentations du Christ en croix qui sont au coeur de nos églises, l'oeuvre de Dieu n'a pas été suspendue au moment où Jésus a poussé son dernier soupir. Jésus a porté la croix à notre place, il est mort à notre place. Mais contre toute attente, Jésus a bien survécu à la croix ! En d'autres termes, Jésus a vaincu la croix parce que la croix n'a pas pu exercer sur lui son pouvoir définitif.

Pourquoi Satan a-t'il poussé les hommes à vouloir crucifier Jésus? N'allons pas penser que Satan ait manqué de sens au point de vouloir exécuter Jésus sur la croix. Satan savait très bien que mettre à mort le fils de Dieu de cette façon, c'eut été se passer la corde au cou. Son gouvernement serait dès lors illégitime, et ce crime de guerre l'amènerait bientôt devant le tribunal universel. Ce que Satan voulait en réalité, c'était pousser Jésus à abdiquer de sa mission divine. En sauvant sa vie et en devenant le roi d’Israël, Jésus aurait rejoint son gouvernement mondial. Satan voulait faire de Jésus, l'Antéchrist, ni plus ni moins. Mais—et nous pouvons lui en être éternellement reconnaissants—, Jésus est allé résolument au devant de la mort de la croix, et son obéissance à Dieu a représenté pour Satan une très douloureuse défaite. Il est d'ailleurs écrit que Satan était entré en Judas lorsque celui-ci livra Jésus aux sacrificateurs. C'est donc bien Satan qui s'est mis dans tous ses états, lorsque, contre toute attente, au lieu d'appeler ses anges pour qu'ils viennent le secourir, ou au lieu d'appeler Elie, comme Satan crut l'entendre un instant, Jésus acceptant la mort, rendit son esprit dans un grand cri. Et c'est pourquoi, dans Colossiens 2:15, Paul peut affirmer que «Jésus a dépouillé les dominations et les autorités, et qu'il les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d'elles par la croix».

Jésus fut élevé sur une croix, afin qu'il porte à notre place la malédiction qui nous était destinés : celle du péché, qui comme la morsure du serpent nous promet à une mort certaine. Jésus est mort, afin que nous puissions être guéris de la malédiction promise à l'homme pécheur.[60a] Mais—et c'est là que nous devons faire attention—, légalement, la mort ne pouvait pas retenir Jésus, puisque Jésus était parfaitement juste et saint, et qu'il était d'autre part rempli d'un esprit immortel. Et c'est en réalité le péché qui s'est retrouvé crucifié—le serpent. Il existe dans la Bible une préfiguration de ce retournement de situation, dans l'histoire du sinistre Haman, qui fut lui-même pendu au bois qu'il avait élevé pour Mardochée, l'oncle de la Reine Esther. Haman avait réussi a faire signer l'arrêt de mort de tous les Juifs de la contrée. Mais la jeune Esther sût fléchir le coeur du roi, et la situation se retourna à l'avantage des Juifs, auxquels le roi de Perse accorda le droit de se délivrer de leurs persécuteurs. Les juifs se sont sortis du complot, mais Haman s'est retrouvé suspendu au bois qu'il avait fait dresser, avec tous les siens. Jésus est bien ressuscité, mais le pouvoir du péché est resté symboliquement sur la croix. C'est pourquoi la croix représente une totale victoire pour le Christ et pour son Eglise.

On comprend bien que cette victoire, ce n'est pas celle d'un christianisme politique, qui plus tard va écraser ceux qu'il considérera comme ses hérétiques. C'est au contraire la défaite de toute forme d'oppression et de pouvoir, face à l'irrésistible puissance de résurrection de l'amour victorieux. Pour mieux comprendre ce qui s'est passé ce jour-là, repassons-nous mentalement cette scène qui est un classique cinématographique, dans laquelle, dans une ultime tentative de se débarrasser de lui, le méchant lance son poignard en direction du héros. L'objet meurtrier frôle sa cible en clouant son manteau au poteau. Pendant un court instant, on tremble en pensant que tout est fini. Mais dans un mouvement rapide, notre Zorro se dégage en laissant sa cape derrière lui. Après avoir récupéré le poignard, il se retrouve maintenant doublement armé face à un adversaire désarmé qui n'a plus qu'à prendre ses jambes à son cou ! Des faits marquants que les hommes n'ont pas pu voir de leurs yeux de chair, se sont bien déroulés dans le domaine de l'esprit entre le moment de la mort de Jésus et celui de sa résurrection. La Bible dit que la mort de Jésus fut répercutée symboliquement dans ce voile du temple qui s'est déchiré en permettant d'entrevoir un accès à la présence de Dieu. Jésus—le Saint-Esprit personnifié—a pu descendre et aller annoncer la bonne nouvelle de la résurrection dans le monde des morts. Il en est remonté en emmenant une cohorte de captifs. La terre a tremblé et de nombreux morts sont ressuscités, apparaissant aux gens de Jérusalem. On pourrait aussi se replacer dans l'histoire d'Aaron. Aaron avait jeté son bâton devant le pharaon, et ce bâton était devenu un serpent menaçant. Les magiciens du pharaon avaient fait de même. Mais au grand dam du pharaon, le serpent d'Aaron avait engloutit les serpents des magiciens. Si le bâton d'Aaron s'en trouva grossi, les magiciens repartirent les mains vides.[61] C'est ce qui s'est passé à la croix : En mourant, en descendant aux enfers, Jésus a dépouillé le gardien de l'Hadès de la clé du séjour des morts—quoi que ce terme puisse désigner—, avant d'en remonter. Jésus est ensuite monté au Ciel, auprès du Père, comme il l'avait promis à Marie de Magdala. Et là, il a officié dans le sanctuaire céleste en tant que grand prêtre, en apportant son propre sang pour en faire l'aspersion et obtenir ainsi l'expiation des péchés de tous les hommes, comme cela est précisé dans l'Epître aux Hébreux.[62] Et c'est seulement après avoir inauguré pour nous cette route nouvelle et vivante qui nous assure maintenant un libre accès dans la présence de Dieu, que Jésus est revenu auprès de ses disciples, pour les rassurer. Il les a ensuite établis, en soufflant sur eux le Saint Esprit,[63] avant de remonter au ciel, où il se tient maintenant à la droite de Dieu.

La Bible dit que nous avons désormais, au moyen de son sang, un libre accès dans le sanctuaire, c'est à dire, dans la présence de Dieu.[64] Jésus détient également la clé de notre résurrection![65] Mes amis, qu'avons-nous à quémander à d'autres—aux prêtres, au Pape, aux saints, à la Vierge ou à l'Eglise—que le Christ ne nous ait déjà parfaitement acquis? Les vérités exposées dans la Bible représentent le seul et unique fondement des Apôtres. Et si nous ne savons pas nous en saisir pour en faire notre unique boussole, le chant des sirènes du monde des ténèbres nous conduira vers les écueils. Si même un ange de Dieu nous apparaissait pour nous annoncer un autre Evangile, qu'il soit réprouvé, nous avertit solennellement l'apôtre Paul. Nous avons vu comment cet autre évangile s'est peu à peu immiscé dans l'Eglise, et comment il a amené le véritable Evangile à l'impuissance.

Comment la croix doit-elle s'appliquer à chacun de nous?

Vous savez que Moïse fit brûler le veau d'or, et qu'après l'avoir broyé, on répandit la poudre sur l'eau et qu'on la fit boire au peuple. Cette sorte de potion homéopathique était sensée guérir l'homme de son idolâtrie. Quand j'étais gosse, on mettait parfois le nez des petits chats dans leur caca pour leur apprendre à ne pas salir partout. On ne le fait plus, par sensiblerie et pour ne pas heurter les défenseurs des animaux. Moïse éleva également ce serpent de bronze sur une perche, afin que ceux qui le contempleraient soient guéris des conséquences de leur désobéissance. Jésus a dit que, comme Moïse avait jadis élevé le serpent dans le désert, il serait élevé de la même façon, et qu'il pourrait alors attirer tous les hommes à lui. Le Christ désarmé, tendant ses bras en signe de paix et crucifié malgré tout, est en quelque sorte ce médicament homéopathique destiné à guérir l'homme en lui faisant prendre conscience de sa propension à pécher.

Que signifie ce Fils de Dieu mis en croix? Qui l'a en réalité mis en croix? Les Juifs? Les prêtres? Les Romains? Tous y ont participé, mais ceux qui ont crucifié Jésus, c'est en réalité vous, et c'est moi. “—Ah! Non, là je ne suis plus d'accord. Je ne peux pas laisser dire que j'aie participé à la crucifixion de Jésus. Je suis quelqu'un de bien vous savez, et jamais je n'aurais pu souhaiter une chose pareille!” Attendez… La Bible dit que si, pour vous, Jésus n'a pas été crucifié, alors vous êtes encore dans vos péchés. Et dans Hébreux 6, il est également écrit que ceux qui, après avoir contemplé Jésus en croix, et après avoir goûté à son amour et à son pardon et aux puissances de l'âge qui vient, sont retournés au monde et à sa mentalité, crucifient définitivement le Fils de Dieu en le présentant comme méprisable… Vous voyez : il vaut parfois mieux plaider coupable. L'homme séparé de Dieu, l'homme conduit par sa nature vaniteuse et charnelle, l'homme qui s'entête à vouloir trouver SES solutions, qu'elles consistent en une religion morale ou autre chose, sans considérer LA solution mise en place par Dieu, c'est lui qui a mis Jésus en croix. Et chaque fois que je passe outre à son invitation à l'aimer et à lui obéir sans réserve en aimant mon prochain de tout mon coeur, ou chaque fois que je résiste à ses impulsions en leur préférant mes quêtes égoïstes, chaque fois que je substitue à la relation qu'il me propose, une conduite religieuse qui ne m'implique pas entièrement, je crucifie tout à nouveau le Fils de Dieu.

Que doit signifier pour nous cette croix? Imaginez que vous soyez tombé à l'eau et emporté par un fleuve. En vous efforçant de garder la tête hors de l'eau, vous pouvez voir que les eaux vous entraînent vers une zone où il y a des parkings et de grands hôtels. Des gens sont là, qui prenne des photos. Mais à ce moment-là, un rocher providentiel se présente. Vous êtes maintenant face à un dilemme : Vous pourriez vous saisir de cette chance en vous agrippant au rocher et en y grimpant, ce qui vous sauverait assurément la vie. Mais ce rocher est raboteux et il manque d'intérêt. Vous ne vous y voyez pas y passer votre journée à attendre les secours. En revanche, ce que vous apercevez sur l'autre berge semble plus prometteur—il y a de l'animation, des gens, un bel hôtel arborant un panneau: “Niagara Falls Hôtel”… Au diable ce rocher, tentons l'aventure! Et alors que vous êtes maintenant entraîné inexorablement par un courant contre lequel vous ne pouvez pas lutter, vous voyez défiler la berge avec ses hôtels et ses touristes, sans avoir les moyens de la gagner, et vous jetez un dernier coup d'oeil à ce rocher que vous avez dédaigné. Vous réalisez à ce moment-là que le rocher cachait un pont qui vous aurait permis de gagner une zone agréable et sécurisée. De très nombreux hommes sont aspirés dans ce fleuve qui représente le cours de la vie, sans qu'il leur soit donné les moyens de découvrir où ce fleuve les entraîne. “Je m'efforce de vivre en accord avec mes principes et avec ceux de ma religion, et je verrai bien où la vie me conduira”. Mais la Bible mentionne très explicitement que ceux qui ne sont pas sauvés par Jésus Christ, périssent! Le salaire du péché, c'est la mort. Or, pécheurs nous le sommes tous. En dehors de Jésus, il n'y a pas de salut possible, et ceci constitue un postulat fondamental.

Qu'est ce que la religion? Le dictionnaire la définit comme étant le «rapport de l'homme à l'ordre du divin ou à une réalité supérieure, tendant à se concrétiser sous la forme de systèmes de dogmes ou de croyances, de pratiques rituelles et morales». La religion est ce que la Bible appelle «la Loi». Or, Paul dit aux Romains (Romains 4), que s'ils n'avaient pas connu la Loi, Dieu les jugerait en tenant compte de leur ignorance de la Loi. Mais le fait même qu'ils aient été mis en contact avec la Loi, les conduit désormais à la colère de Dieu. Comment l'observance de la loi de Dieu peut-elle conduire à la colère? Voyez les réactions de colère immodérée des religieux face à l'enseignement de Jésus, et observez ces mouvements dits “intégristes”, qui ne savent que maudire les mécréants. C'est également ce que Jésus dit aux Pharisiens, dans Jean 9 : «Je suis venu dans ce monde pour un jugement, pour que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles. Quelques pharisiens qui étaient avec lui, ayant entendu ces paroles, lui dirent: Nous aussi, sommes-nous aveugles? Jésus leur répondit: Si vous étiez aveugles, vous n'auriez pas de péché. Mais maintenant vous dites: Nous voyons. C'est pour cela que votre péché subsiste.» Ainsi, l'homme qui a été éclairé par la religion, mais qui ne s'est pas laissé conduire par cette religion jusqu'au pied de la croix… cet homme brave la colère de Dieu. Car Paul dit que c'est la grâce—c'est cette relation gratuite qui nous est proposée au travers de Jésus crucifié—qui va nous permettre d'entrer dans l'héritage des fils de Dieu. Dans la nouvelle alliance, la religion a cédé la place à une véritable relation. Que signifie le mot relation? Voici quelques-uns des mots que le dictionnaire nous propose : «Accointance, accord, affinité, ami, amour, association, attachement, communication, concordance, connaissance, connexion, contact, correspondance, corrélation, dépendance, fréquentation, frottement, habitude, harmonie, histoire, liaison, lien, mémoire, narration, rapport, rapprochement, relation, ressemblance, similitude, union».

Le vrai sens de la croix.

Pour résumer, je dirai que pour les chrétiens, la croix devrait représenter l'évidence même de la faillite d'un système de valeurs établi sur des pratiques religieuses, puisqu'il a conduit au rejet du Fils de Dieu et à sa crucifixion. La mort et la résurrection de Jésus rétablissent le système de valeurs éternel fondé sur la relation permanente à Dieu, une relation qui jadis fut perdue, mais qui nous est gracieusement rendue par la résurrection de Jésus d'entre les morts.

Car Paul dit : «Notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché». Romains 6:6. Et dans Colossiens 2:12, il est écrit : «Vous avez été ensevelis avec le Christ par le baptême, et c'est aussi dans l'union avec lui que vous êtes ressuscités avec lui, par la foi en la puissance de Dieu qui l'a ressuscité des morts». En mourant sur ce bois, Jésus ne s'est pas seulement identifié à la malédiction qui nous touche, chacun d'entre nous, mais il a en réalité annulé le pouvoir de la croix en annulant la malédiction qui nous séparait de Dieu. C'est pourquoi le voile du temple s'est déchiré à ce moment-là en nous entrouvrant un passage vers la présence de Dieu. Et trois jours plus tard, après que le grand pardon ait été obtenu en notre faveur, la vie de résurrection a pu rejaillir avec une force incommensurable, et elle est désormais disponible à chacun.

C'est pourquoi, si la croix avait été destinée à devenir le symbole du Christianisme, c'eut été l'événement sous-jacent, le changement radical qui s'est opéré en arrière-plan à la crucifixion c'est à dire: le sacrifice consenti du Fils de Dieu, qui, les bras ouverts, a reçu en lui-même toute la colère qui nous était destinée afin qu'elle nous soit épargnée. Mais l'objet lui-même, ce monument érigé, reste le symbole des fasces du pouvoir politico-religieux de Satan. Si une croix de bois vide devait nous être propice, ce serait une croix honteuse dont la vue servirait à nous remettre en mémoire l'affreuse trahison à laquelle notre obéissance à une religion nous a fait participer. La croix représente le pouvoir incoercible de Satan sur notre être non encore crucifié.

La victoire de Jésus à l'égard de la croix, c'est la mort qui a été engloutie dans la Vie. Mais la religion politique s'est réapproprié ce symbole parmi d'autres, afin de lui conserver son sens premier. Ce sens, c'est celui du règne de l'ordre établi par le Prince de ce monde et de son opposition la plus farouche à la progression du Règne de Dieu. Ce n'est pas un hasard si l'église politisée de Constantin a repris pour son compte ce symbole de l'hégémonie du pouvoir romain et nous l'a transmis jusqu'à ce jour. Car lorsqu'elle est située dans le contexte de la religion, la croix représente ces vignerons—les religieux—, tuant le Fils du Maître de la vigne afin de s'approprier l'héritage du domaine.[65b] Ou encore, la jalousie des frères de Joseph : «Allez, tuons-le et jetons-le dans une citerne, et nous dirons qu'une bête féroce l'a dévoré. On verra bien alors ce qu'il adviendra de ses rêves !» En prenant la croix comme emblème, nous nous rallions au statu quo des prêtres qui ont envoyé Jésus à la mort : «Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-là, leur dit: Vous n'y entendez rien; vous ne réfléchissez pas qu'il est dans votre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pasC'est ce que signifie ce symbole lorsqu'il est placé dans nos églises, ou dans nos maisons, sur nos places, sur nos drapeaux nationaux ou au sommet de nos montagnes. La croix dressée, vide, constitue un avertissement de Satan adressé au Christ : «Avec tes valeurs de pardon et d'amour, tu es venu jeter le trouble dans mon monde religieux et tu l'as désorganisé. J'ai pu réintégrer l'Eglise qui désormais me fait allégeance. Le monde est toujours sous mon contrôle, et cette croix est le châtiment que je réserve à ceux qui t'appartiennent».  Et les religieux lui font écho : «En faisant allégeance au pouvoir politique qui va prendre le contrôle du monde, nous pourrons mettre sa force au service de nos objectifs. Nous allons dompter et chevaucher cette bête, et bientôt notre grande église une et indivisible aura retrouvé de sa superbe». … Si vous ne vous reconnaissez pas dans cette religion politisée, ne portez pas une croix et ne vous la faites pas tatouer. Car voyez-vous, entre la croix qui permit à Dieu de sauver l'homme de son péché, et cette croix, instrument politique servant à justifier la violence de l'homme à l'égard de son frère, la frontière est ténue. Comme jadis, les Templiers s'en servirent pour spolier le Moyen-Orient en prétextant venger le sang du Christ, les Américains ont prétexté la sauvegarde de leurs valeurs chrétiennes nationales pour convaincre leur peuple d'entrer dans un effort de guerre visant en réalité à s'emparer des ressources pétrolières du Moyen-Orient. Au cours de l'histoire, la croix s'est prêtée à tous les abus possibles. Le Kuklux Clan l'avait exhibée lors de processions, pour en quelque sorte “blanchir” une politique de lynchage des esclaves noirs affranchis. Les satanistes du rock en ont fait le talisman de leur rébellion pour s'emparer d'une génération et la conduire en enfer. Depuis toujours, la croix a symbolisé la résistance de Satan, entraînant dans sa rébellion les hommes aveuglés par le pouvoir de la force, et tout ce qui s’est le plus violemment opposé à la progression du Royaume de Dieu. L’Église s'en est abondamment servie durant l'inquisition et lors des conquêtes, pour justifier la mise à mort des «hérétiques», en tuant sans pitié ceux qui voulant rester attachés aux véritables valeurs de l’Évangile, refusaient de lui faire allégeance. À ses soldats qui lui demandaient comment distinguer les véritables fidèles des hérétiques, Arnaud Amaury aurait répondu cette phrase tristement célèbre: «Tuez-les tous ! Car Dieu connaît les siens». Hitler et les nazis l'ont réitéré à leur façon, et je crains qu'un tel courant meurtrier, profitant de l'insatisfaction des populations, ne renaisse bientôt de ses cendres tel le phénix de la mythologie grecque. Aujourd'hui, la croix figure sur une soixantaine de drapeaux nationaux. Signifie-t-elle pour autant une volonté politique d'inviter Jésus à venir établir son règne de paix dans ces pays? Elle ne représente qu'une identité culturelle face à d'autres identités culturelles. Elle symbolise un empire, face à d'autres empires. Prenons garde aux symboles auxquels nous nous associons. En Syrie, en ce moment-même ( printemps 2016 ), les djihadistes multiplient les crucifixions de chrétiens et de chrétiennes et leur barbarie est sans limite. Satan sait ce qu'il fait en profanant la mort sacrificielle de Jésus. Mais ce que les hommes voient dans cette croix qu'ils insultent, c'est le symbole de la barbarie des armées occidentales, qui depuis des siècles ont envahi leur monde en pillant leurs ressources et en méprisant leur culture et leur existence-même. Les djihadistes ne le deviennent pas simplement par vice ou pour avoir trop joué à des jeux vidéo, et Dieu le sait. Cette croix, symbole de l'implacable hégémonie de la religion du monde, l'Antéchrist saura bientôt lui redonner sa signification première.

Briser la malédiction du dolorisme.

Lorsque, dernièrement, j'ai prié en demandant à Dieu de me montrer ce qui est à la racine de tout ce qui ne va pas dans la théologie et dans l'esprit de la religion dans laquelle j'ai grandi, Dieu m'a permis de comprendre une chose à travers un rêve. Je vous préviens, la vision est quelque-peu effrayante. Mais puisque vous m'avez suivi jusqu'ici, vous serez sans doute capable de le comprendre. Dans ce rêve, Dieu m'a montré un homme ignoble qui avait jeté son dévolu sur une très belle femme. Et pour la garder captive et la forcer à avoir recours à lui dans tous ses besoins, il lui a fait subir une chose monstrueuse. En dépit de ses supplications, il lui a planté un clou dans la colonne vertébrale, en prenant soin de le recourber dans l'os pour qu'on ne puisse plus l'extraire, et de couper profondément son extrémité afin que la cicatrisation des chairs le rende invisible… J'étais atterré face à la cruauté de cet amant, et je me disais en moi-même : «mais comment pourra-t'on maintenant soigner une telle blessure? Cette femme est pratiquement paralysée et elle est condamnée à une vie de souffrances. Tenter de lui retirer ce clou la tuera, ou la rendra définitivement paraplégique…» Après avoir fait ce rêve, j'ai demandé à Dieu de me montrer comment Satan s'y est pris pour faire de l'Eglise traditionnelle ce qu'elle est, c'est à dire, une épouse sacrifiée. Et Dieu m'a permis de comprendre comment Satan a pris une des pointes de fer qui ont cloué Jésus à la croix romaine du Mont Golgotha, et comment il l'a enfoncée profondément dans la structure théologique et au coeur névralgique de la foi chrétienne, en prenant soin de faire en sorte qu'on ne puisse plus l'extraire, et en se servant de cette propension inconsciente à accepter la souffrance, pour établir comme un dogme chrétien les vertus du dolorisme.

En nous plaçant sous la férule d'un pouvoir religieux, nous accordons à la mortification de l'âme et de la chair la vertu de nous faire parvenir à la sainteté. En embrassant la croix et le crucifix, nous accréditons la victoire du fascisme—une tentation qui était bien loin du coeur des premiers chrétiens. Le dolorisme est la malédiction du catholicisme. Cette doctrine, attribuant à la douleur une valeur morale, esthétique et intellectuelle, est un mensonge du diable. Le dualisme manichéen entre un monde matériel et le monde spirituel, dont nous avons hérité par la pensée grecque, a fortement imprégné, non seulement le catholicisme, mais pratiquement toutes les religions du monde. Notre culture voudrait que le corps soit méprisable et que l'âme doive s'affranchir de sa tyrannie par la souffrance, pour finalement s'en détacher. Le corps peut aller en enfer, mais l'âme s'approchera de Dieu par l'ascèse… Tout cela n'est qu'orgueil et faux-semblants. Le dolorisme se manifeste dans cet esprit moralisateur qui communique aux catholiques cette mine grave et ce ton de voix affecté et théâtral. Le doloriste se complaît dans sa douleur, car il y trouve plaisir et justification. Le fait que le pécheur accepte—ou s’impose—, des souffrances en réparation de ses péchés, n'est qu'un prétexte pour ne pas vouloir accepter le message libérateur et rédempteur de l'Évangile. Mais Dieu résiste à cette forme d'orgueil. Car, s'il est vrai que la souffrance peut être rédemptrice lorsqu'elle a pour effet de nous éloigner du mal, elle ne possède en elle même aucune vertu. La vertu est en Christ. Dieu est pur amour, et son seul désir est de nous voir grandir en force, en joie et en toute harmonie. Dieu a permis que son Fils se soit chargé de toutes nos souffrances, afin de nous en libérer et de nous faire hériter de toutes choses avec lui ! Il nous a montré quelle est la marche à suivre pour parvenir à cette joie parfaite, et c'est très mal connaître Dieu que de lui attribuer l'intention de nous faire souffrir. Dieu a créé un Univers régi par des lois, des lois bonnes et conçues pour notre bonheur. Mais nous nous imposons des souffrances à nous-mêmes, lorsque nous allons à l'encontre des lois qui régissent son Univers en désobéissant à ses commandements. Si un petit enfant met la main sur la cuisinière, en passant outre les avertissements solennels de sa maman, pourra-t-il ensuite traiter sa maman de “méchante maman”? La brûlure sera la conséquence de sa désobéissance, et elle devrait lui enseigner à faire dorénavant davantage confiance à sa maman. Par contre, le diable a de toute autres intentions! C'est lui qui va murmurer à l'oreille de l'enfant, pour lui donner l'envie de tester la parole de sa maman, et qui va ensuite lui insuffler la pensée que sa maman est méchante. Si nous mangeons mal, si nous négligeons l'exercice et nous exposons à des pollutions, ou si nous nourrissons en nous-mêmes des pensées toxiques, pourrons-nous ensuite blâmer Dieu si nous tombons malades?

Beaucoup de malades chroniques et d'infirmes pourraient être guéris en un clin d'oeil, si seulement ils comprenaient quelle est la véritable origine de leur souffrance ou de leur maladie. Il existe de nombreux démons d'infirmité. Et il y a aussi des gens ignorants et stoïques, qui acceptent—et qui parfois même exhibent leurs souffrances—, en s'imaginant qu'elles vont servir la cause de Jésus ! Elles serviront la cause de Jésus lorsque ces personnes viendront humblement au Christ pour être délivrées et guéries. Car une fois encore, cette notion d'un purgatoire qui nous permettrait d'expier nos fautes, ou celles des autres, par la souffrance, est une conception païenne. Rien de tel n'est exprimé dans la Bible. Job a souffert sous les coups de Satan, certes. Mais Job ne s'est jamais résigné. Il était incapable de discerner l'origine de sa souffrance, mais il a eu le mérite de ne pas croire que Dieu ait pu y prendre plaisir, en faisant de la souffrance son parti. Ces châtiments corporels qu'on s'impose, le célibat, les règles, le déni du corps, l'autoflagellation, la quête de stigmates, prouvent seulement que l'on n'a pas encore appréhendé la troisième dimension de l'homme, qui est en réalité celle qui nous sauvera de l'extinction de l'être, et qui est notre esprit ! Un esprit qui va être renouvelé au contact de l'Esprit de Dieu, et qui, lorsque nous lui aurons permis d'être libéré de la prison de l'âme, va pouvoir tenir en bride et discipliner, non seulement le corps, mais également cette âme dans laquelle résident justement notre volonté et ces désirs charnels qui nous font la guerre.[66] Tout est sanctifié par la parole de Dieu et par la prière, suggère Paul à Timothée.[67] C'est pour la liberté que le Christ nous a acquis. Dieu veut faire de nous des êtres épanouis et parfaitement équilibrés, comme le dit Jean dans sa troisième lettre : «Bien-aimé, je souhaite que tu prospères à tous égards et sois en bonne santé, comme prospère l’état de ton âme.»[68] Et dans sa première lettre aux Thessaloniciens, Paul le dit d'une façon encore plus complète : «Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irréprochable pour l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ!»[69] Bien sûr, Paul dit aussi : «Je me réjouis maintenant dans mes souffrances pour vous; et ce qui manque aux souffrances de Christ, je l'achève en ma chair, pour son corps, qui est l'Église.»[70] Ces souffrances ne sont toutefois pas des mortifications que Paul se serait imposées, mais elles sont plutôt celles qu'il a endurées de la part de ses opposants, Juifs et païens, et du fait des aléas rencontrés au cours de ses nombreux voyages, lorsqu'il se rendait d'église en église pour édifier les croyants. Et c'est aussi ce que le Christ a à l'esprit lorsqu'il nous dit : «Si quelqu'un veut me suivre, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive.» Car il dit aussi : «Heureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi»une réalité dont Paul fit abondamment l'expérience, puisqu'il dit : «Car, de même que les souffrances de Christ abondent en nous, de même notre consolation abonde par Christ.»[71]

«Lorsque je fermerai le ciel…»

Mais que pouvons-nous faire lorsque Dieu se fait absent et que les difficultés nous encerclent? «Lorsque je fermerai le ciel et qu'il n'y aura pas de pluie, lorsque j'ordonnerai aux sauterelles de ravager le pays ou que j'enverrai la peste contre mon peuple, si alors mon peuple qui est appelé de mon nom s'humilie, prie et recherche ma grâce, s'il se détourne de sa mauvaise conduite, moi, je l'écouterai du ciel, je lui pardonnerai ses péchés et je guérirai son pays.»[71a] Ressentons-nous le besoin urgent d'une plus grande proximité avec Dieu? Jésus a dit que l'époux serait bientôt enlevé à ses amis, et qu'alors ils jeûneront. Ils jeûneront passivement, de la communion à cette extraordinaire personne, car il est vrai que Jésus nous manque. Ils jeûneront aussi activement, afin qu'en offrant à Dieu la prière de leur corps, ils libèrent leur esprit qui pourra aller à la recherche du bien-aimé, de celui que le Cantique des Cantiques désigne comme «Celui que mon coeur aime».[71b] Les chercheurs découvrent les nombreuses vertus du jeûne. Le jeûne, même très court, semble être une façon très naturelle de nous détoxifier et de réinitialiser nos processus biologiques. Un jeûne de quelques semaines pourrait guérir de l'asthme et de maladies auto-immunes, des maladies du foie, du diabète et semble-t'il même du cancer. Le jeûne est également un vecteur de force spirituelle. On dit qu'une personne qui est capable de jeûner est capable de tout. Jésus a jeûné, et il n'est en réalité de disciple accompli qui ne pratique le jeûne. Le jeûne constitue la forme d'humiliation conçue et agréée par Dieu. Mais pas la croix.

Une épouse à Sa ressemblance.

Je me souviens encore du jour où j'ai reçu, à la fin de mon catéchisme, une petite croix de bois en guise de récompense. Pourtant, nous viendrait-il à l'esprit de distribuer aux étudiants, à la fin de leur études, une verge en guise de diplôme? Car, si la croix fut nécessaire à notre salut, elle ne saurait symboliser la véritable Eglise, ou la foi, ou encore le christianisme, et encore moins Jésus. La croix fut destinée au fils de Dieu, et d'une façon plus symbolique, à notre «vieil homme». Oui, nous devons maintenant parachever notre baptême en Christ en nous identifiant à sa mort.[71c] Et Paul nous dit dans Philippiens 3[71d], que nous ne devons pas nous comporter en ennemis de cette croix en continuant à entretenir avec Dieu et avec son église, des relations qui mettraient en avant notre être charnel. Paul affirme qu'en ce qui le concerne, tout ce qu'il avait jadis considéré comme un gain, c'est à dire, son éducation académique, son statut religieux et ses prérogatives familiales et culturelles, il le considère désormais comme une perte—et même—, qu'il le jette aux ordures, à cause de l'excellence de la connaissance du Christ. Et dans Galates 5, il dit encore que les fruits de la nature charnelle sont l'immoralité, les jalousies, les colères et les rivalités, les haines, et qu'il se souvient avec honte de ce qu'il était autrefois à l'égard du Christ et des croyants. Mais que dans sa vie mûrissent désormais les fruits de l'Esprit que sont l'amour et la patience, la foi et la paix, et la joie par le Saint Esprit. «La nature humaine a des désirs contraires à ceux de l'Esprit, et l'Esprit a des désirs contraires à ceux de la nature humaine. Ils sont opposés entre eux, de sorte que vous ne pouvez pas faire ce que vous voudriez. Ceux qui appartiennent à Christ ont crucifié leur nature propre avec ses passions et ses désirs».

Mais si nous faisons mourir cette nature charnelle en la soumettant à la discipline de l'Esprit, ce n'est pas pour ensuite vivre une vie de morts vivants, une vie recluse, mais c'est afin que nous puissions renaître de la nature spirituelle du Christ qui lui est tellement supérieure! Car la foi chrétienne trouve son symbole dans cette lampe dont parle Jésus. Une lampe qu'on ne cache pas sous l'éteignoir précise t'il, mais une lampe dont la flamme s'élance joyeusement vers le ciel en consumant tout ce qui tenterait de la contenir ou de la recouvrir, afin qu'elle puisse apporter au monde entier l'espérance vivante du Messie. Et l'objet qui représente cette Eglise animée de la dynamique de l'Esprit dans l'iconographie Biblique, est le même que celui qui représente le Judaïsme véritable : la ménorah, un chandelier[73] à sept branches. Ce chandelier représente dans sa partie centrale, l'Éternel Adonaï, et ses ramifications sont six manifestations de son Esprit que Dieu accorde à ceux qui le cherchent : Esprit de sagesse et d'intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de révérence devant l'Éternel.[74] La croix signe la fin des possibles et le commencement du miracle, mais au coeur de l'Eglise chrétienne se trouve le Saint Esprit auquel nous avons part. Car si nous voulons devenir une épouse digne de ce Christ glorifié auquel nous croyons, il faudrait peut-être que nous commencions à lui ressembler un peu ! Sinon, comment le Christ ressuscité et glorieux pourrait-il s'écrier en voyant le visage défait de son Eglise vaincue et crucifiée : «Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair!»?[75]

Et ce qui est impossible aux hommes, devient alors possible à Dieu. Jésus est le seul être qui sache redresser un roseau froissé sans le casser, ou qui puisse raviver la flamme alors que la mèche ne produit qu'une pale fumée.[76] Car une telle perspective pourrait nous faire perdre courage : “Jamais je ne serai une telle personne. Je ne suis qu'un pauvre homme pécheur, et mes pères l'ont été avant moi. Êtes-vous bien sûr qu'il n'y aura pas une modeste place de jardinier, ou peut-être de cuisinière, dans la Maison du Père?”… Mais c'est sans compter sur le cadeau qui nous est destiné! Souvenons-nous : Nous avons, là d'où nous sommes sortis pour vivre une vie terrestre hasardeuse, un Père prodigue en amour qui se languit, avec larmes parfois, de notre retour ! A peine aurons-nous commencé à lui exprimer notre désir de nous dépouiller de notre nature rebelle et ingrate pour revenir à lui avec un coeur sincère, qu'aussitôt Dieu se précipitera à notre rencontre pour nous prendre dans ses bras! Et si nous le laissons nous serrer contre son coeur, il nous communiquera cette nouvelle nature sainte qui est la sienne, et c'est le miracle de sa grâce! [77]

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