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Page mise à jour et complétée le 10 mars 2017

Le secret de la Vie éternelle.


La vie éternelle…[13] S'il y a un thème qui peut susciter des interrogations, c'est bien celui de la mort. La mort a longtemps fait peur, sans doute à cause de cette terreur de l'enfer entretenue par des légendes et par l'iconographie religieuse. Jusqu'à ce que la science ait pu nous éclairer. Nous savons désormais que la mort est la réalité inéluctable de l'extinction de l'être biologique, et qu'avec la mort du cerveau intervient celle de la conscience. Si la mort est la finalité de l'homme, alors réjouissons-nous et vivons comme il nous plaît, car demain nous mourrons. Seulement, voilà : Quelque-chose en nous se refuse à cette évidence. Et les nombreuses expériences de mort imminente qui nous sont rapportées soulèvent davantage de questions qu'elles n'en résolvent. De nombreuses personnes prétendent avoir visité le parvis du ciel, ou à l'opposé les profondeurs de l'enfer, avant d'être revenues dans leur corps. Et ce à quoi elles ont goûté dans un moment de flottement entre la vie et la mort, les a marquées au point qu'elles ont ensuite voulu vivre autrement. Car la Bible dit dans Ecclésiaste 11:3 : «si un arbre tombe, au midi ou au nord, il reste à la place où il est tombé.»[14] Tels nous serons au moment de notre mort, tel sera notre destin éternel.

Le point central de la foi en Dieu, c'est justement l'espérance d'une résurrection. Saint Paul nous dit que si nous n'y croyons pas, alors il est inutile de vouloir avoir la foi. Jésus a dit que tous les morts ressusciteront au son de sa voix, mais que tous n'auront pas le même destin.[15] Mais que se passe-t'il effectivement lorsque nous mourrons? Dans certains courants chrétiens, on prétend qu'à moins d'être l'un des très rares saints béatifiés par l'Eglise et qui auront ainsi la chance d'aller directement au paradis, la mort entraînera notre «âme» dans un lieu appelé le «purgatoire». Comme son nom l'indique, ce lieu est conçu pour que nous puissions y être purifiés de nos fautes. La souffrance engendrée par le fait que nous ayons à y traverser à la nage un fleuve de feu, éventuellement aidés en cela par les indulgences et autres services que nous aurons rémunérés durant notre vie, va nous permettre—au terme toutefois de milliers d'années—de gagner notre droit à être admis dans le paradis de Dieu. Disons-le d'emblée, ce concept est un héritage de la culture hellénique et il est parfaitement anti-biblique. Il sera impossible aux morts de regagner le ciel une fois qu'ils auront glissé vers l'enfer. Dans sa fable de l'homme riche et du pauvre Lazare, Jésus le dit très clairement : l'enfer est une réalité redoutable, et il nous encourage vivement à y croire.[16] L'enfer, c'est la fin de la route que poursuivent les âmes égoïstes : la solitude et l'angoisse dans l'éloignement définitif de Dieu. C'est un lieu sans lumière et de grand tourment, brûlant et des plus inconfortables, où nous sommes livrés à la promiscuité des esprits malfaisants, une réalité sur laquelle ceux qui caressent l'idée de mettre fin à leurs jours feraient bien de méditer. Et, chose significative : Jésus nous dit de ce riche qu'il ne s'attendait pas du tout à finir dans cet endroit. Et que puisque quitter ce lieu lui est désormais impossible, il souhaiterait pouvoir avertir les gens de sa famille afin qu'elles fassent en sorte d'éviter de terminer leur course dans ce lieu épouvantable.

Dieu fait briller son soleil sur les justes et sur les injustes, et cette grande libéralité dont il fait preuve peut nous induire en erreur. Car l'affirmation de Polnareff qui voudrait que nous allions tous au paradis, n'est qu'une belle utopie. Un jour nous devrons quitter la lumière de la vie, et nous serons emportés là où notre trésor va nous entraîner. Qu'aurons-nous amassé durant notre vie? Quelle sera la nature de ce bagage? Dieu nous exhorte à ne pas nous montrer trop insouciants quant à cette issue, car nous pourrions le regretter amèrement. Jésus nous dit qu'il y aura là des pleurs et des grincements de dents. Un des principes immuables de la Création, c'est que pousse ce qui a été planté et que l'on récolte ce que l'on sème. Bien sûr, le chrétien ne doit pas se focaliser sur la peur de l'enfer, mais plutôt se réjouir des joies du Royaume de Dieu. Il est pourtant nécessaire de connaître l'affreuse réalité qui attend ceux qui n'auront pas jugé bon de se sauver d'un monde méchant.[17] Et si vous avez encore des doutes sur la réalité de l'enfer, je vous encourage vivement à visionner une vidéo sans ambiguïtés produite dans une verve toute québécoise par le pasteur Jean Turpin, intitulée “L'enfer”.[vidéo]


Les trois sphères de notre identité.

Mais que représente cette âme qui est sensée survivre à notre mort? Chaque dénomination chrétienne ou presque possède sa propre conception des choses, puisque cette conception théologique détermine ce que nous devrons faire pour pouvoir passer dans l'éternité. Certains n'envisagent que l'existence du corps et d'une âme. Il est vrai que la Bible utilise parfois ce raccourci pour parler de l'homme constitué d'une partie mortelle—le corps—, et d'une partie immortelle qui est son âme. Par exemple, dans Matthieu 10:28, Jésus nous dit de craindre Dieu plus que les hommes et le diable: «Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme; craignez plutôt celui qui peut perdre l'âme et le corps dans la géhenne.» Mais Jésus introduit aussi la notion d'un esprit, qui est autre que l'âme, lorsqu'il dit à la femme samaritaine que l'homme doit dorénavant adorer Dieu en esprit et en vérité. Et au coeur de son message se trouve naturellement l'expérience de la nouvelle naissance. Jésus dit à Nicodème: «En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est Esprit».

L'homme est donc constitué de trois sphères, ou de trois niveaux d'être, qui sont l'esprit, l'âme et le corps. Le corps est l'organisme biologique qui nous permet de vivre dans le monde physique. Le corps perçoit le monde par les sens, que sont la vue, le goût, l'odorat, l'ouïe et le toucher, mais également par des sens plus subtils. Il fonctionne à un niveau sensoriel. Le corps est l'habitation matérielle de l'esprit immatériel. Et dit en passant: la véritable guérison a lieu au niveau de l'esprit, avant d'être répercutée sur le corps. On dit d'ailleurs : un esprit sain dans un corps sain. La relation inverse serait pourtant plus proche de la réalité, puisque l'esprit transcende le corps.

L'âme quant à elle est l'interface qui nous permet d'interagir avec le monde qui nous entoure. Elle englobe notre volonté de vivre—notre “anima”—, notre sensibilité, et notre psychisme. Elle est parfois perçue comme étant l'expression de notre personnalité. Elle possède des fonctions analytiques qui lui permettent de recueillir le fruit de la connaissance pour s'en nourrir, et une mémoire dans laquelle elle peut stocker les informations et les expériences, pour ensuite y puiser afin d'élaborer un comportement à la fois instinctif et conscient, ou une stratégie, et c'est ce qui nous permet d'évoluer dans ce monde, en nous adaptant aux diverses situations que nous rencontrons. L'âme constitue notre «moi» charnel. Elle fonctionne sur un plan émotionnel et sensuel, au travers d'automatismes schématique. L'âme est façonnée par la vie et par le milieu dans lequel nous évoluons, que ce milieu soit sanctifié ou qu'il ne le soit pas. Les maladies que nous qualifions parfois de “psychiques”, sont des dysfonctionnements de l'âme lorsqu'elle est séparée de l'esprit par une souffrance, par une blessure émotionnelle mal gérée, par le péché, ou par la présence au niveau de notre âme, de “souffles” parasites. C'est pourquoi le ressenti de notre âme ne constitue pas à lui seul un critère sûr d'évaluation de la réalité, tout comme notre conscience ou notre voix intérieure ne sont pas la voix de Dieu.


Encapsulés dans L'Esprit Eternel.

Mais c'est en réalité l'esprit qui va demeurer lorsque la mort nous aura privés du corps et probablement d'une bonne partie de notre âme. L'esprit est notre moi conscient, notre être immortel venu des profondeurs de Dieu, et qui s'est incarné pour vivre cette unique vie sur terre. Car s'il n'y a pas de réincarnation, il y a bien une incarnation et il y a une résurrection. Toutefois, cette résurrection concernera notre corps, et non notre esprit qui lui restera de toute façon immortel aussi longtemps que Dieu en décidera ainsi. A ceux qui lui demandaient une explication sur la résurrection des morts, Jésus fait cette réponse : «Dieu n'est pas Dieu des morts, mais des vivants. Vous êtes grandement dans l'erreur».[18]

L'esprit, du grec “pneuma” qui signifie souffle ou vent, est cet être immortel que Dieu a insufflé en Adam : «L'Éternel Dieu forma l'homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l'homme devint un être vivant»—littéralement : une âme vivante. Le souffle de Dieu—«Ruach»—, communique la vie éternelle à l'âme. Élisée dit à Élie: «L'Éternel est vivant et ton âme est vivante! je ne te quitterai point». Ce qu'Élisée veut dire, c'est qu'il reconnaît que l'âme d'Élie est animée par l'esprit de Dieu. L'esprit est donc en contact avec le monde spirituel, et avec Dieu. L'esprit est le siège de sens comme l'intuition, la révélation, la conviction. Paul dit à Timothée : «L'exercice physique a son utilité, certes, mais celle-ci est limitée. L'attachement à Dieu, lui, est utile à tout puisqu'il possède la promesse de la vie pour le présent et pour l'avenir». L'esprit doit grandir et se fortifier par un exercice comparable à l'exercice physique, puisque c'est l'esprit qui constituera notre être immortel. Les apôtres nous préviennent que les chrétiens qui négligeront cet exercice, entreront dans la vie éternelle “comme au travers du feu”, en étant nus comme des vers et chétifs. Mais ceux qui se seront exercés à l'expression de la vie en Dieu auront acquis une habitation céleste digne de leurs rêves les plus fous. La partie visible de cette vie en Dieu est l'expression des dons de l'Esprit, qui sont de nature surnaturelle.

Le salut par la nouvelle naissance est donc une réalité spirituelle et qui n'a rien à voir avec l'âme, sauf si l'on comprend le mot âme comme étant notre esprit immortel. C'est pourquoi il est important de savoir distinguer l'âme de l'esprit, et le Saint Esprit saura nous y aider. l'Apôtre Paul, auteur présumé de l'Epître aux Hébreux, dit ceci: «Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles; elle juge les sentiments et les pensées du coeur.»[19] Certaines personnalités extravagantes vivent en réalité de leur âme, et n'ont qu'un tout petit esprit ratatiné. Des souffles—des esprits démoniaques—, peuvent aussi nous infester et s'exprimer à travers nous. D'autres personnes semblent ternes au sens de la personnalité, mais elles ont en revanche un esprit très développé. Pourtant, Dieu veut que nous soyons des créatures équilibrées qui croissions harmonieusement dans les trois dimensions de notre être,[20] et c'est là sans doute qu'est la clé d'une vie épanouie. La mort ne nous prive pas de notre conscience, mais elle nous délivre en revanche de tout ou partie de notre âme. Les personnes qui ont vécu une expérience de mort imminente racontent qu'elles se sont soudain senties comme libérées d'un poids énorme. L'âme est le siège de sentiments souvent mitigés et d'une lutte incessante qui l'oppose au monde et à ses agressions. Lorsque cette interaction cesse, nous entrons dans le repos. Les morts en Dieu se reposent de leurs oeuvres, nous est-il dit, en attendant le son de la trompette de la résurrection. Mais les morts sans Dieu sont désormais dans le tourment, car ils sont passés au large de cette fusion spirituelle qui est le sens de toute vie. Ils n'ont pas su trouver le repos, et ils doivent maintenant envisager une éternité d'angoisses et de tourments, en étant privés pour toujours de la Lumière de la Vie.

L'homme ordinaire meurt[22] et son âme va bientôt glisser dans le séjour des morts[23] —un lieu aride nous prévient Jésus.[24] Il restera là, dans l'attente[25] de son jugement qui interviendra à la fin du monde.[26] Mais celui qui reçoit le Saint Esprit[27] ne meurt pas, étant donné que son esprit est désormais encapsulé dans l'Esprit immortel.[28] D'où cette énigme[29] qui fut proposée par notre Seigneur à ses disciples : «Si je veux qu'il reste jusqu'à ce que je vienne, toi que t'importe». Ce croyant “Vivant”[30] abandonne un beau jour son enveloppe terrestre, mais il reste vivant avec le Seigneur, puisque Dieu était avec lui ! Il est conduit dans un lieu de repos qui est le parvis du ciel—un endroit séparé du séjour des morts par un abîme infranchissable—, où il rejoint cette grande nuée des témoins mentionnée dans Hébreux 16 : les vivants de tous les âges qui nous environnent et qui prient pour que le règne de Dieu s'établisse sur la terre. Ces esprits déclarés justes par le Seigneur, attendent le jour de leur résurrection. Ils ne sont pas jugés,[31] mais il sont revêtus[32] d'une robe blanche et d'un vêtement[33] de fête, qui leur sont offerts comme un cadeau.[34]


Le pain du Ciel et la prière du Seigneur.

Le passage à la vraie vie exigera de nous des ressources. Comment pourrions-nous espérer traverser la France sans avoir rempli notre réservoir de carburant? Et comment pouvons-nous espérer traverser la mort si nous n'avons pas jugé bon[35] de recevoir cet acompte de l'éternité[36] que constitue le don du Saint-Esprit?[37]

A la veille de leur sortie d'Egypte, les Israélites prirent un repas très particulier. Ce repas était sensé leur conférer la force nécessaire à briser le joug sous lequel ils s'étaient placés. Mais également, à mettre entre eux et leur oppresseurs, et à l'égard de cette fausse sécurité que représentait l'Egypte, une distance sans doute inconfortable, puisque les Hébreux allaient perdre leur moyen de subsistance, mais qui allait les propulser dans une liberté propice à la conquête de nouveaux territoires.

Dans la prière du Notre Père, Jésus nous invite à demander aujourd'hui à Dieu notre pain quotidien. Cette double répétition devrait nous pousser à rechercher la véritable signification de la phrase. Et voici ce que nous pourrions trouver : Jésus nous invite à demander dès aujourd'hui le pain de demain, c'est à dire, non pas le pain qui remplit le ventre pour cette vie-ci, mais le pain qui nourrit l'esprit pour la Vie Eternelle. Car il dit aussi qu'il est écrit: «L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu». Et Jésus dit également après que les hommes aient été rassasiés du pain produit par une multiplication miraculeuse—nous pouvons le lire dans Jean 6 : «En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés. Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste pour la vie éternelle, et que le Fils de l'homme vous donnera. Car c'est lui que le Père, que Dieu, a marqué de son sceau».

A la veille de sa mort, Jésus a partagé avec ses disciples le repas de la Pâque. Cette Pâque n'était pas la fête babylonienne du printemps et de la fertilité que nous célébrons avec des oeufs et des lapins en chocolat. Elle n'était pas davantage la fête de la résurrection. Mais elle représentait pour les Juifs, la commémoration de leur sortie d'Egypte.

Dans Luc 22, nous lisons que Jésus avait envoyé ses apôtres pour qu'ils préparent le lieu où ils allaient prendre ce repas. «Quand l'heure fut venue, il se mit à table avec les douze. Il leur dit: «J'ai très ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir car, je vous le dis, je ne la mangerai plus jusqu'à ce qu'elle soit accomplie dans le royaume de Dieu. » Puis il prit une coupe, remercia Dieu et dit: «Prenez cette coupe et partagez-la entre vous car, je vous le dis, je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu'à ce que le royaume de Dieu soit venu. » Ensuite il prit du pain et, après avoir remercié Dieu, il le rompit et le leur donna en disant: «Ceci est mon corps qui est donné pour vous. Faites ceci en souvenir de moi. » Après le souper il prit de même la coupe et la leur donna en disant: «Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang qui est versé pour vous. Et voici, celui qui me trahit est avec moi, à cette table».

Il est très intéressant de s'arrêter sur ce passage, car ces quelques phrases contiennent à elles seules toute la portée symbolique du repas du Seigneur. Nous comprenons que pour Jésus, ce repas signifie l'accomplissement de sa mission terrestre. Désormais tout est accompli sur le plan de la symbolique prophétique, même si les événements ne prendront place que dans les heures qui suivent et qu'ils se poursuivront dans les siècles à venir, jusqu'à l'avènement du Royaume de Dieu sur la Terre, où une nouvelle vendange viendra le réjouir en compagnie de ses amis. Au cours du repas, Jésus partage avec ses apôtres le pain sans levain et la coupe de vin. Mais pour ce qui est de l'agneau, Jésus leur annonce qu'il est lui-même l'agneau pascal. Il est cet agneau dont Dieu s'est pourvu pour le sacrifice. Son sang va être versé, pour ses disciples, et pour le monde entier. En accomplissant toutes les prophéties qui avaient été données à son sujet au cours des siècles, Jésus a en quelque sorte amorcé la bombe à retardement qui dans quelques heures, au Mont Golgotha, va saper le monde des ténèbres et initier l'avènement du Règne de Dieu. Il peut désormais se reposer et manger avec ses amis, un pain et un vin pour l'heure mêlés d'amertume à cause des souffrances qui vont l'atteindre, mais en ayant désormais la certitude que le plan de Dieu va se dérouler comme prévu.

Dans 1 Corinthiens 11, Paul nous explique la signification de ce repas, comme le Christ le lui a enseigné dans une révélation. Avoir accès au texte hébreux ou à quelque-chose d'approchant[OJB] nous est très utile, car en réalité chaque détail compte, et les traductions et adaptations ont souvent simplifié le texte en lui faisant perdre son sens imagé. Le verset 26 de 1 Corinthiens 11[37a] dit ceci: «Chaque fois que vous mangez de ce pain azyme ( pain sans levain ) de Pessah ( Pâques ) et buvez de cette coupe de la préparation au Pessah ( de sanctification ), vous commémorez le retranchement ( selon Esaïe 53:8-9[38]) du Maître et Roi, le Messie notre Seigneur Dieu, jusqu'au retour du Messie.» Et Paul ajoute que ce repas doit être pris avec discernement, «car celui qui ne distingue pas ce que signifie le corps brisé du Seigneur ( c'est à dire les temps et les circonstances dans lesquels nous sommes ), mange et boit un jugement contre lui-même.»

Ce repas n'est donc pas destiné à renforcer notre homme charnel bien installé dans le monde. Car Paul dit qu'il ne veut pas que nous ayons part à la table des démons. Mais comme le repas pris la veille de la Pâques par les Hébreux ( Pessah signifie Passage—en rapport à leur sortie d'Egypte ) fut destiné à permettre aux Israélites de quitter le monde de la fausse religions pour aller adorer Dieu au désert, il est destiné à ceux qui ayant revêtu leur manteau, se tiennent debout et ont leur bâton de pèlerin à la main. Chaque fois qu'ils auront l'occasion de prendre ce repas ensemble, les disciples se souviendront de la coupe amère, celle de douleur, que Jésus—l'Agneau—a bue à leur place.[39] Ils songeront aussi au corps du Fils de l'Homme qui fut brisé pour leur guérison, car comme l'avait prophétisé Esaïe, «il fut brisé pour nos iniquités». Ce pain qu'ils mangeront après l'avoir rompu, commémorera le pain qui est descendu du Ciel et qui communique la vie au monde,[40] la manne cachée,[41] la parole vivante du Christ qui telle cette manne au désert, est offerte au peuple de Dieu afin qu'il vive par elle. Ils auront également part au fruit de la vigne qui représente son sang et sa vie. Dieu avait dit : «Tu ne boiras pas le sang, car le sang c'est la vie, mais tu le répandras sur la terre». A la croix, le sang de Dieu a été répandu sur la Terre, comme jadis le sang d'Abel. Et ce sang par lequel Dieu redonne la vie au monde nous rachète de la malédiction que Caïn appela sur nous en tuant Abel le juste. Ce sang n'a pas été gâchée, puisque le sang de Jésus, qui est aussi la sève du Cep, peut désormais couler dans la vie des disciples, grâce au Saint-Esprit. Les disciples commémorent ainsi la mort et la résurrection de l'Agneau en annonçant par ces signes son retour prochain en gloire.

«Ceux qui sont à Jésus Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs». Ceux qui prennent part à ce repas se considèrent comme morts au monde et vivants avec le Christ. «Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. Si quelqu'un me sert, qu'il me suive; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, le Père l'honorera». La réciproque est également vraie, puisque cette communion que les chrétiens entretiennent avec la source de la vie, signifie pour le monde la mort et la disparition prochaine de tout ce qui dans la création n'aura pas été réconcilié avec Dieu au travers de son Fils. «Maintenant a lieu le jugement de ce monde; maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors. Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi». Ce «repas des rachetés» est en réalité une anticipation et les prémices du grand banquet qui les réunira bientôt et pour toujours, à leur Messie. C'est une réalité à laquelle ils peuvent goûter dès maintenant, puisque Jésus se tient au milieu d'eux comme celui qui sauve et qui conduit—«Car là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux».[42] Ses disciples ont chaussé les sandales de l'Evangile de paix et ils ont à l'épaule un baluchon plein de la connaissance de la parole du Christ. Ils ont éliminé le levain de l'hypocrisie, ils ont serré la ceinture de leur discernement spirituel, ils sont sobres et ils se tiennent debout par l'Esprit, attendant le signal donné pour aller à la rencontre de leur Seigneur Dieu.[43]

Avec qui devrions-nous partager ce repas? Jésus l'a partagé avec ses amis proches : les douze apôtres. Ces hommes l'avaient accompagné sur les routes de Galilée et au-delà, durant les quelques trois années qu'a duré l'annonce initiale de son Evangile. Ils avaient reçu son enseignement et sa correction. Si bien que Jésus les considérait désormais—à une exception près toutefois—comme ses amis. Bientôt Jésus pourrait souffler sur eux le Saint Esprit et les établir afin qu'ils soient les promoteurs de son évangile. Et à son retour en gloire, ils deviendraient les fondations de sa nouvelle Jérusalem. Que signifie pour nous, prendre ce repas indignement? Ce serait un peu comme s'immiscer dans un repas de noces pour profiter de la bonne chair, alors qu'on ne connaîtrait ni les mariés, ni leurs familles et invités. Pour ne pas galvauder la force qui émane de cette communion, nous devrions la partager avec des co-disciples proches, avec lesquels nous aurons fait un bout de chemin sous la conduite de Jésus. Des amis animés du même Esprit et qui auront les mêmes attentes messianiques.


Celui avec qui j'étais en paix, qui avait ma confiance et qui mangeait mon pain, lève le talon contre moi.

En reprenant, dans Jean 13, cette phrase du Psaume 41, Jésus nous avertit que la table de la communion deviendra le lieu d'une traîtrise. Inviter quelqu’un à sa table, c'est le signe d’une volonté d’ouvrir son coeur et sa vie à cette personne, en faisant avec elle une alliance de paix. Mais cette ouverture nous met à la merci des personnes malveillantes, jalouses ou envieuses, qui pourront en profiter pour recueillir de quoi trahir plus tard notre confiance. Car, durant ce dernier repas, Jésus a également prophétisé ceci : «Et voici, celui qui me trahit est avec moi, à cette table». Or, qui pourrait bien vouloir fréquenter Jésus avec le dessein de le trahir au moment opportun, sinon Lucifer, son rival de toujours? Dans le sacrifice de la messe, qui sur un plan technique s'apparente aux sacrifices propitiatoires de l'ancienne alliance, ce repas prend une toute autre signification. La messe est une répétition non sanglante de la mort de Jésus sur la croix. En réitérant ce sacrifice, le prêtre présente à Dieu le Père, le sang de son Fils Jésus Christ, en invoquant ses vertus pour le pardon des péchés de l'assistance. Dieu répond favorablement en venant habiter corporellement dans l'hostie et dans le vin : C'est la «transsubstantiation». Ces éléments sont désormais en substance le corps et le sang de Jésus Christ, et ils pourront communiquer la vie de Dieu à ceux qui les consommeront. Cette nuance peut sembler subtile à certains, mais en réalité, le fondement du repas n'est plus du tout le même. Ce n'est plus la présence spirituelle de Jésus qui par le Saint Esprit se joint aux disciples, eux-mêmes remplis du saint Esprit, qui confère sa valeur au repas. Mais c'est la nourriture terrestre qui en devenant chair et sang de Dieu, sanctifie les participants au repas. Et le clergé s'interpose, non seulement en s'appropriant le sang de Jésus pour le présenter au Père, ce qui en soi relève d'une audace monstrueuse, mais surtout—et c'est là que réside tout l'intérêt de la manoeuvre—en administrant le sacrement de la “présence de Dieu” et en annulant par là même la prêtrise universelle instituée par Jésus. De fait, nous savons que la mouvance catholique s'est peu à peu désolidarisée des autres chrétiens qu'elle a ensuite persécutés de la plus violente des manières. La liturgie trahit d'ailleurs l'esprit qui anime le catholicisme lorsqu'elle affirme: “Tu es béni, Dieu de l'univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes ; nous te le présentons : il deviendra le pain de la vie. Sanctifie pleinement cette offrande par la puissance de ta bénédiction, rends-la parfaite et digne de toi : qu'elle devienne pour nous le corps et le sang de ton Fils bien-aimé, Jésus Christ, notre Seigneur.” Or, nous savons que celui qui présenta à Dieu les fruits de la terre, c'est Caïn, et Dieu rejeta cette offrande car elle constituait à ses yeux une inversion des valeurs éternelles. Caïn en fut si dépité qu'il tua son frère, par jalousie—nous pouvons le lire dans Genèse 4. Jésus dira plus tard aux religieux de son temps: «Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds; car il est menteur et le père du mensonge». (Jean 8:44)

La notion de “sacrement eucharistique” est apparue vers le Xème siècle, en pleine période de décadence morale de la papauté. Il s'est ensuite imposé lors du 4ème Concile du Latran, en 1215, comme l'un des dogmes fondateurs de l'Eglise Catholique. Ceux qui voudront s'en écarter seront dès lors considérés comme hérétiques. Quels sont, pour les catholiques, les fondements scripturaires du repas eucharistique? Dans Jean 6, Jésus dit ceci : «Personne n'a jamais vu le Père, sauf celui qui est venu d'auprès de Dieu. Lui, il a vu le Père. Vraiment, je vous l'assure: celui qui croit a la vie éternelle, car je suis le pain qui donne la vie. Vos ancêtres ont bien mangé la manne dans le désert et cela ne les a pas empêchés de mourir. Mais c'est ici le pain qui descend du ciel: celui qui en mange ne mourra pas. C'est moi qui suis le pain vivant descendu du ciel: si quelqu'un mange de ce pain-là, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai pour que le monde vive, c'est mon propre corps. A ces mots, les Juifs se mirent à discuter vivement entre eux, disant: –Comment cet homme pourrait-il nous donner son corps à manger? Alors Jésus leur dit: –Oui, vraiment, je vous l'assure: si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez point la vie en vous. Celui qui se nourrit de ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle, et moi je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang est vraiment un breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. Le Père qui m'a envoyé a la vie en lui-même, et c'est lui qui me fait vivre; ainsi, celui qui se nourrit de moi vivra lui aussi par moi».

Nous savons pourtant que les apôtres et les disciples n'ont pas “dévoré” le corps de leur maître après sa mort. Nous comprenons par conséquent que les paroles de Jésus avaient une portée spirituelle. Pour Jésus, il ne s'agit pas de manger Dieu, un Dieu qui prendrait la forme corporelle d'un pain consacré et dont le sang serait recueilli dans un calice : le Saint Graal. Pas plus qu'il ne s'agissait pour les Israélites de voir dans la manne qui les a nourris dans le désert, une représentation physique de Dieu, bien que la manne fut alors décrite comme «le pain du ciel». Mais par ces mots, Jésus affirme qu'il est l'accomplissement des ombres du passé. Comme Moïse sépara jadis les Hébreux de l'Egypte, Jésus nous sépare du monde, par la croix. Et comme ensuite Dieu les a nourris de cette manne qui chaque matin apparaissait sur le sol, Jésus nous nourrit, mais cette fois du véritable pain du Ciel, qui est sa parole et sa vie, qui nous sont communiquées par le Saint Esprit. En nous attachant au cep et en permettant à sa sève de couler en nous, nous pourrons porter ses fruits. Et en vivant de sa vie de résurrection, nous hériterons de sa nature éternelle. C'est ce que veulent dire ces paroles : «Car ma chair est véritablement une nourriture, et mon sang est véritablement un breuvage». Dans sa première épître au chapitre 1, Jean affirme que notre communion horizontale dépend de notre communion avec le Père et avec son Fils Jésus Christ. Si nous demeurons en Jésus et que Jésus demeure en nous, le Père sera également en nous, et nous pourrons alors vivre d'une vie surnaturelle et en partager les bienfaits avec le monde.

Cette réalité n'est toutefois pas chose facile à envisager, pour nous les hommes qui sommes nés dans ce monde. Et d'ailleurs, lorsque Jésus a abordé le sujet de manière frontale, bon nombre de ses disciples ont trouvé que son discours dépassait les bornes. «Ses propos sont durs ! Déjà, il nous a demandé de tout quitter pour le suivre. Et maintenant il voudrait nous donner son corps à manger?» Beaucoup n'allèrent plus avec lui après qu'ils eurent entendu ces paroles, nous est-il rapporté dans les Evangiles. … Il en était allé de même lorsque les Israélites avaient quitté l'Egypte. Beaucoup n'avaient pas la vision de ce que Dieu voulait faire, à savoir : les retrancher du monde pour pouvoir ensuite les greffer sur le Messie afin de faire d'eux les prémices d'une nouvelle humanité. Et lorsqu'ils se furent confrontés quelques temps au désert, en ayant chaque jour la manne à manger, ils se mirent à regretter les petits plats aux oignons et les viandes grillées, même si par ailleurs l'Egypte les méprisait et que leur travail extrêmement pénible leur y arrachait des cris. L'enthousiasme procuré par cette nouvelle liberté ne tarda pas à faire place aux plaintes et à la désillusion. Et pourquoi? Il nous est dit dans 1 Corinthiens au chapitre 10: «Frères, je ne veux pas que vous ignoriez que nos pères ont tous été sous la nuée, qu'ils ont tous passé au travers de la mer, qu'ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer, qu'ils ont tous mangé le même aliment spirituel, et qu'ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ». Nous réalisons que ces hommes ne faisaient que suivre un mouvement religieux, en faisant mine de communier au Messie alors qu'en réalité leurs coeurs ne lui appartenaient pas, puisqu'ils se livraient en même temps à l'idolâtrie. Tous tombèrent dans le désert, nous est il dit. Leur liberté spirituelle leur resta inaccessible. Ils ne firent que tourner en rond pendant 40 ans, sans pouvoir trouver le chemin de leur héritage, parce qu'ils ne buvaient pas au Rocher qui les accompagnait. La gloire de Dieu les survolait, mais ils ne surent pas élever leurs regards vers le ciel. Leurs yeux ne pouvaient voir dans ce désert que des pierres, de la poussière et des scorpions. Alors leurs coeurs restèrent attachés à l'Egypte, à ses richesses et à ses idoles. «Or, ces choses sont arrivées pour nous servir d'exemples, afin que nous n'ayons pas de mauvais désirs, comme ils en ont eu». Et Paul poursuit en énumérant quelques-unes des choses auxquelles les hébreux se livrèrent : l'idolâtrie, les divertissements, l'impudicité, les murmures, le fait de vouloir mettre Dieu à l'épreuve. Paul dit qu'ils sont tombés et que cela devrait nous servir d'avertissement. Car de la même façon, le repas du Seigneur qui constituait la source de la force des premiers chrétiens, a perdu de son attrait lorsque les chrétiens sont retournés au monde alors que l'église s'était institutionnalisée et qu'y fut adopté le culte de la Reine du Ciel. Le repas du Seigneur a agi à leur égard, non plus comme une coupe de bénédictions, mais comme une malédiction et comme un jugement… Paul dit que c'est la raison pour laquelle, dans l'église, beaucoup sont morts ou sont malades. Car cette communion n'était plus la communion à la vie du Christ, mais elle était devenue un rite sacrificiel. Et Paul dit que ce qu'on sacrifie, on le sacrifie à des démons, et que nous ne pouvons participer à la fois à la table du Seigneur et à l'autel des démons.

Car, en voulant plus tard réintégrer cette ordonnance du Seigneur pour en faire un rite, sans plus considérer sa portée spirituelle mais en attribuant aux paroles de Jésus un sens littéral et charnel, le sacrement eucharistique s'est inspiré des rites païens ! Dans la Rome impériale, il arrivait en effet qu'après les joutes, on se précipitât dans l'arène pour boire le sang des gladiateurs morts, afin d'en obtenir des vertus. Dans certaines cultures, on buvait le sang des victimes pour s'attribuer leur force, et on le fait encore d'une manière rituelle dans les cercles occultes et dans la société des Striges, des Lilith et autres Jézabel. Rendue plus acceptable par une notion d'alchimie propre au moyen-âge, la croyance catholique veut que les formes extérieures des éléments demeurent, mais que leur substance originelle disparaisse au profit de nouvelles substances qui sont le corps et le sang du Christ. Donner son ennemi à manger au peuple, c'est montrer sa détermination à vouloir l'inféoder, en portant à son comble l'appropriation de sa force et de son pouvoir… Dans le Nouveau Testament grec, le mot eukharistía signifie : reconnaissance, gratitude, actions de grâce. Les fidèles catholiques qui dans le sacrement eucharistique ont part au corps et au sang du Christ ne se doutent pas un instant qu'à travers leurs actions de grâce, ils sont en communion avec les démons. Car comme Paul s'efforce de l'expliquer dans ce texte difficile à comprendre, l'autel lui même constitue un pacte avec Lucifer. Par ce geste obscur dont la véritable signification reste le plus souvent cachée aux fidèles, Satan continue de narguer son ennemi de toujours. Mes amis, à lui seul ce point devrait nous ouvrir les yeux sur les racines occultes du catholicisme. Pourtant, quelle que soit la confession chrétienne à laquelle nous appartenons, nous devrions examiner les fondements de la foi qui nous a été transmise. Lucifer est un fin théologien, et en bon père de l'église, il n'a en réalité de cesse de vouloir instiller dans la foi au Fils de Dieu, des notions qui appartiennent aux rudiments de son monde, afin de ramener toute chose à lui. Et en s'appropriant la symbolique qui est au coeur de notre foi et en l'éloignant de sa signification première, Satan montre qu'il reste le maître du jeu et qu'il a pour le Christ et les chrétiens le mépris le plus total. Comprenez-vous combien il est important de bien connaître Dieu et d'être imprégné de sa parole? Sinon nous n'aurons aucune chance face aux ruses de l'Antéchrist ! J'espère sincèrement que beaucoup de chrétiens catholiques savent être en communion avec le Christ et avec leurs frères, et ce malgré la dérive occulte qu'a subi leur tradition. Leur geste reste cependant privé de ce qui fait sa force et qui est sa portée prophétique et messianique. Le Christ saura-t'il faire preuve d'indulgence à l'égard de ceux qui, par ignorance, auront vécu sincèrement dans l'erreur ? Je le souhaite, ne serait-ce qu'à cause de mes propres manquements, mais également en pensant à tous ceux que j'aime. Cependant, ceux qui “savent”—et ils sont nombreux au sein du clergé catholique à ne pas ignorer les alliances que l'église a conclues avec le monde de Lucifer, seront inexcusables, et la parole du Christ nous avertit solennellement de ce qui attend ceux qui auront trafiqué avec le monde.[44]

Dans Matthieu 22[44a], Jésus nous raconte d'une façon merveilleusement illustrée l'histoire du monde et de sa religion, vue d'un point de vue qui pourrait être celui de Dieu. Il dit que cette histoire est celle d'un roi qui fit des noces pour son fils. Ce roi n'avait d'apriori sur personne, puisque tout le monde fut invité à la noce. Mais les invités se comportèrent d'une façon méprisante, en déclinant l'invitation pour des raisons futiles. “J'ai un nouveau tracteur acheté à crédit et je dois labourer mon champ avant la pluie”. “Il faut que j'aille essayer cet appareil photo pendant que la lumière et les conditions sont bonnes”. “Pas le temps car je dois préparer à manger pour ma famille et faire la lessive et les courses”. Nous avons nos programmes d'études, notre plan de carrière, nos vies bien remplies de nos obligations temporelles et de devoirs religieux. Certains même, choqués de n'avoir pas été au coeur du projet et s'estimant lésés, décidèrent de refuser allégeance au roi et à son fils et de constituer dorénavant leur propre état afin d'y perpétuer la tradition dont ils s'étaient faits les gardiens. Se saisissant des envoyés du Roi, ils les malmenèrent et les tuèrent. D'autres encore se laissèrent convier à la fête, mais ils s'y présentèrent sans avoir revêtu un habit de noce… Il nous est relativement facile de comprendre qui sont ceux qui occupent certaines de ces catégories, et peut-être pourrons-nous même nous y reconnaître. Mais savons-nous qui est cet invité qui s'est présenté à la noce en jeans et sans s'être préparé ? Le Seigneur, un jour, m'a fait comprendre que cet invité qui s'était laissé entraîner à sa table sans savoir vraiment de quoi il s'agissait, c'était également moi. Voyez-vous, j'allais à l'église et je communiais par habitude, avec une certaine réticence toutefois. Mais je me disais que si je refusais la communion, les autres allaient penser que j'avais quelque-chose à me reprocher. Et je ne voulais pas non plus que mon abstention soit perçue comme le refus d'une communion avec les autres. Donc, si j'étais invité à accompagner quelqu'un à la messe, je communiais. Au culte protestant, je communiais. A l'assemblée évangélique, je communiais. Je connaissais à peine ces gens, et parfois même je ne les connaissais pas du tout. En acceptant de me plier au rite, je m'imaginais faire preuve de sympathie envers le groupe, en toute tolérance. Mais par mon état d'esprit, je communiais à la table des hommes, et peut-être à celle des démons… Sans doute cet invité fut-il à la fois surpris et honteux de réaliser qu'il s'était assis à la table du Roi. Car en le voyant, le Roi le prit sévèrement à partie et il le fit jeter dehors… Je fus bientôt la proie d'un marasme existentiel dans lequel j'avais perdu tout sens d'une identité spirituelle…  Alors, que doit signifier pour nous le fait de «revêtir un habit de noce» ? La réponse appartient sans doute à chacun d'entre nous. Je vais toutefois m'efforcer d'exposer un point de vue dans une page qui est actuellement en cours d'élaboration et dans laquelle nous allons réfléchir ensemble aux projets que Dieu a formés pour son église. Certains hommes, bien qu'ils aient en horreur la confrontation, se voient confier la tâche ingrate d'être les troubles-fête de la chrétienté oecuménique, voire de la chrétienté tout court. Mais s'ils semblent parfois vouloir s'asseoir sur les valeurs établies, c'est parce Dieu leur a fait percevoir l'existence d'autres valeurs dont ils savent que tous pourront bénéficier. Dans l'épître aux Hébreux, il est mentionné des hommes qui furent conduits à supporter la faim car ils attendaient des choses meilleures qui étaient en préparation. Si je m'abstiens pour le moment de participer au repas de la communion, je le fais dans la foi et dans l'anticipation d'une réalité extrêmement puissante, que Dieu va certainement restaurer dans ma vie en même temps que dans son église.


Larguons du lest.

L'esprit, en nous, cherche à s'affranchir de la chair. Il tend à atteindre cet état que Jésus décrit comme le fait “d'être réellement libre”. Mais celui qui nous habite, notre ego,[45] ce personnage trouble que nous avons à supporter depuis notre naissance,[46] il nous tyrannise ! Notre vécu, constitué des souvenirs incrustés d'expériences traumatisantes, d'émotions plus ou moins contrôlables, de notre mentalité altérée par notre éducation, de nos habitudes et réactions instinctives, de nos façons d'esquiver la réalité, s'élève contre notre épanouissement spirituel—je passe aussi par là, n'ayez crainte. Notre âme charnelle[47] est en réalité de la même nature que le péché.[48] Elle est saturée d'une connaissance[49] de Dieu dénaturée,[50] empreinte d'orgueil[51] de la vie et de légalisme. Elle va à l'église, mais elle ne conçoit pas[52] la bonne raison de se repentir.[53] Elle lit la Bible, mais cela ne fait qu'enfler sa connaissance. Elle recherche les expériences mystiques et religieuses,[54] en dehors de la vérité biblique et pour s'enorgueillir. Et si elle se trouvait fortuitement placée en présence de l'Esprit de Dieu, elle ne le supporterait pas et nous ordonnerait de filer ventre à terre. Cet être éduqué,[55] moral, filou, retors, cherche seulement à se débarrasser des conséquences négatives de ses transgressions et des effets désagréables de l'absence de Dieu dans sa vie que sont les maladies, les malédictions, les afflictions diverses et la nudité spirituelle, et il tentera d'extorquer au passage quelques-unes des bonnes choses de Dieu. Dieu n'est pour lui qu'un excellent moyen de parvenir à ses fins. Il affirme que la parole de Dieu dit : ceci est bon et cela ne l'est pas.[56] Mais en réalité il se condamne lui-même en faisant ce que bon lui semble[57] et en trouvant le moyen de s'en excuser. Il ne veut, ni ne pourrait d'ailleurs, se soumettre à une autre volonté que la sienne.[58]

Cet homme, qui peut être religieux, mais qui reste seul et indépendant,[59] est spirituellement mort et il transmet la mort.[60] Devant Dieu, l’homme qui croit avoir acquis ses lettres de recommandation en matière de foi et d'apostolat, simplement par une érudition des choses de la Bible mais sans être passé par la purification de ses motifs, est comme ces personnes qui viennent vous parler en face avec une haleine à tuer un cheval. Plus, par politesse, vous feignez de les écouter, et plus votre prostration silencieuse les encourage à redoubler d'efforts pour vous convaincre de leur supériorité intellectuelle.[61] Or, si nous voulons espérer entrer[62] dans le Royaume de Dieu, le «moi» charnel doit avoir cédé la place[63] à un être nouveau,[64] à un «moi» né de l'Esprit immortel, un moi venu du ciel et qui pourra réellement concevoir Dieu[65] comme son Père bien-aimé.[66] Cet être nouveau—ce bébé spirituel[67]—doit être nourri[68] de la substance du Christ[69] qui est le Verbe.[70] Dieu est le Verbe, il est la parole qui a amené les choses visibles à l'existence à partir de l'invisible. «En elle était la Vie[71] et la Vie était la lumière des Hommes[72]». La parole de Dieu est infiniment plus réelle que notre réalité, et cette parole de Vérité,[73] telle qu'elle est exprimée dans la Bible, va nous permettre de grandir et nous pourrons littéralement vivre par elle, si du moins nous en nourrissons notre esprit. … Mais dans un monde où prévaut l’affirmation de soi, laisser tomber en décrépitude notre cher «moi»[74] est une éventualité qui n'est pas très “glamour” et qui va largement à l'encontre du credo narcissique. Nous ne parlons pas ici bien sûr de notre apparence extérieure, qui doit rester conforme à notre statut princier et à notre rôle d'ambassadeurs et d'ambassadrices du Royaume, puisque nous sommes aussi sensés transmettre «la bonne odeur de Christ.»

Mais voyez-vous, le monde s'auto-congratule en se complaisant dans sa condition, sans même réaliser qu'il n'est pas abouti. Imaginez d'énormes bébés qui ne voudraient jamais quitter la garderie. Imaginez des chenilles qui s'obstineraient à vouloir grossir en s'empiffrant de feuillages, et qui finiraient par mourir d'obésité en ayant refusé l'étape ultime : celle de leur métamorphose[75]. Alors, lorsque les hommes se complaisent dans leur identité terrestre, Dieu va vouloir les aider. Et s'il lui arrive de secouer l'arbre qui nous porte, c'est afin de nous donner cette impulsion salutaire, nécessaire à nous faire prendre notre essor. Car il convient de le rappeler : ceci est son monde, Dieu l'a créé, et donc il lui appartient et il est en droit d'en attendre des fruits.[76] Et dans le monde de Dieu il n'y a pas de place pour les irrésolus. Les électrons libres ne pourront pas être intégrés à l'architecture de son monde nouveau. C'est pourquoi Jésus a dit qu'il vomirait les tièdes. «Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.» «Celui qui n'est pas avec moi est contre moi, et celui qui n'assemble pas avec moi disperse.»[77]


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