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Une petite bestiole aux grands effets.

Êtes-vous suffisamment informé sur le danger potentiel que représentent les tiques? La communauté scientifique internationale craint que la borréliose, ou maladie de Lyme, ne soit le fléau du 21e siècle. Selon l'OFSP, 10'000 nouveaux cas de borréliose sont recensés chaque année, mais probablement bien davantage restent ignorés. Ceci place la Suisse en tête des pays européens les plus touchés. Cette maladie encore méconnue et dont l'impact est beaucoup plus important que celui du VIH ne fait pourtant l'objet d'aucune prévention.

Il faut dire que dans un pays à vocation touristique, la tique ne fait pas recette. Pourtant, au cours du seul printemps 2018, je me suis fait attraper par une dizaine de ces petits vampires. Cette situation m'a conduit à vouloir publier cette page d'alerte en contribution à une information qui reste encore trop lacunaire. Il est vrai que tout le monde ne s'expose pas à la manière d'un forestier ou d'un photographe en stationnant longuement dans les broussailles. Mais une seule piqûre de tique suffit parfois à faire basculer une vie dans le chaos. Les informations pratiques collectées dans cette page sont celles qu'en tant que personne concernée j'aurais souhaité obtenir, mais elles ne constituent pas un avis médical ou scientifique.

RTS  “Les dangers liés aux tiques”.

Documentaire France 5: “L'Épidémie invisible”.

Maladie de Lyme: "Continuer à ignorer une maladie dont l'impact dépasse actuellement celui du VIH, c'est un vrai scandale sanitaire."

Mieux comprendre la maladie de Lyme.

Comment utiliser un tire-tique.

Tique et risque de maladie de Lyme?

Mieux comprendre la maladie de Lyme pour mieux la traiter.

Publication de l'OFSP

Méningo-encéphalite à tiques (FSME)

PDF: L'Épidémie Silencieuse

Guérir naturellement la maladie de Lyme

Healing Lyme

Les amoureux de balades en forêt sont un jour ou l'autre confrontés au problème des tiques. Cependant, il nous faut oublier la tique gênante mais en fin de compte presque sympathique de notre enfance. Les tiques contemporaines sont dangereuses, car elles sont porteuses de maladies insidieuses et graves. Bien qu'elle soit en constante progression, l'encéphalite reste relativement circonscrite géographiquement. Mais on assiste depuis quelques décennies déjà à une explosion de la borréliose ou maladie de Lyme, ce terme regroupant une palette de symptômes puisqu'il existe en réalité plusieurs types de Borrelia. Pour compliquer les choses, la bactérie Borrelia Burgdorferi typique peut être inoculée en association avec d'autres bactéries. La borréliose peut être transmises par d'autres insectes comme les moustiques, les araignées et les aoûtats. Elle est également transmissible d'une personne à l'autre, par la salive, le sang ou lors de rapports. Cette complexité et le caractère fluctuant de la maladie font qu'elle est parfois très difficile à identifier. Elle reste de ce fait méconnue de beaucoup de médecins généralistes, qui si vous êtes chanceux vous enverront voir un infectiologue ou un spécialiste des maladies tropicales, et dans le pire des cas un psychiatre (Voir ce témoignage édifiant). Pour une raison que je comprends mal, elle ne fait, de la part des autorités sanitaires, l'objet d'aucune information sur le terrain. J'ai pris conscience pour la première fois de la maladie de Lyme des suites d'une piqûre de tique après m'être assis sur le gazon d'un arboretum de la région. Par chance, un érythème migrant s'est développé qui m'a conduit à consulter à temps, bien que sans doute trop tardivement. Le traitement de choix pour une borréliose en stade précoce, tel qu'on peut le lire dans certaines études bien établies et qui m'a été proposé par le CHUV, consiste en la doxycycline, 100 mg, 2 voire 3 fois par jour selon la sévérité des symptômes, pendant 10 à 21 jours selon l'ancienneté de la morsure. L’amoxicilline devrait être utilisée lorsque la doxycycline est contre-indiquée. D'autres antibiotiques n'auront pas toujours l'efficacité nécessaire.

J'ai été mordu à nouveau l'année suivante en me baladant au même endroit. Pourtant, ni à cet endroit où se promènent chaque jour des centaines de visiteurs avec leurs enfants et leurs chiens, ni ailleurs—et cela fait craindre le pire à l'échelon national, ne figure le moindre panneau d'information sur le risque encouru. Car lorsque les symptômes se déclarent, on peut fort bien avoir oublié la morsure, ou ne pas faire le lien par une ignorance bien compréhensible dès lors qu'on a pas été informé. On pensera à une simple grippe ou à une allergie. On peut aussi ne pas avoir remarqué la tique, tant les nymphes de ces arthropodes sont minuscules. Mais lorsque, des mois voire des années plus tard, les symptômes du stade avancé de la maladie se déclarent, les séquelles sont gravissimes et parfois irréversibles. Si une tique vous a mordu, ne prenez aucun risque. On peut parfois lire dans des publications que le taux des tiques porteuses de la maladie est faible, moins de 5%. Ceci a peut-être été vrai à une époque et l'est encore par endroits en ce qui concerne le virus de la fièvre encéphalique. Mais aujourd'hui, pratiquement toutes les tiques de ma région sont porteuses de Borrelia. Méfiez-vous également des propos à l'emporte-pièce qui se voudraient rassurants, comme: “Si la tique est retirée dans l'heure—et certains médecins iront jusqu'à dire: dans les 48 heures—, il n'y a «aucun danger» qu'elle vous ait contaminé”. Certains avis médicaux se basent sur les directives émises il y a longtemps par d'éminents chercheurs, mais qui ont depuis été largement contredites par la réalité du terrain. C'est votre avenir qui est en jeu et la maladie est trop sérieuse pour que vous laissez des statisticiens décider de votre sort. Bien sûr, il ne s'agit pas de créer une psychose qui ferait que les gens se précipiteraient aux urgences «à tombeau ouvert». Une personne bien informée en vaut deux. Retirez la tique le plus vite possible et de la bonne manière. Faites-là retirer dans une pharmacie ou dans un service d'urgence si vous pensez ne pas y arriver, et surveillez de très près votre état de santé pendant plusieurs mois, afin de déceler tout symptôme éventuel d'une borréliose ou d'une fièvre encéphalique. En ce qui me concerne, la probabilité d'avoir été infecté par la borréliose est devenue telle dans ma région que je prends en général l'antibiotique préventivement, pendant deux à trois jours, afin de ne pas être obligé de le prendre sur une plus longue période lorsque les symptômes seront apparus. Certaines études préconisent une prise prophylactique unique de 200 mg de doxycycline, mais je doute que ce soit suffisant dans tous les cas. Je serais intéressé de connaître les protocoles élaborés pour les travailleurs forestiers qui sont quotidiennement exposés à ce risque.

De par mes expériences répétées, ces petites bêtes peuvent fort bien vous avoir infecté le temps du retour à la maison, ou simplement en étant dérangées par le grattage, ou en étant retirées d'une façon inadéquate. Retirer une tique de la bonne manière est important mais ne suffit pas à nous protéger d'une contamination. La tique régurgite régulièrement le contenu de son estomac avant de poursuivre son repas. C'est alors, pense-t-on, qu'a lieu la contamination par les bactéries Borrelia. Cependant, la tique fait usage de sa salive anesthésiante pour s'implanter dans l'épiderme, ce qui libère sans doute des bactéries bien que les avis divergent à ce sujet. Elle peut aussi s'être implantée à un endroit, et avoir ensuite décidé de déménager vers un havre plus adéquat. De plus, elle régurgite aussitôt qu'elle est stressée. Il suffit de se gratter à travers les vêtements pour provoquer sa régurgitation partielle. Pour retirer une tique, il ne faut surtout pas la stresser en la recouvrant d'huile ou de désinfectant ou en la savonnant. L'éther n'est pas non plus une bonne idée. Il faut simplement la surprendre en l'agrippant à l'aide d'une pince très fine, par la tête et jamais par l'abdomen, et tirer d'une façon lente et continue. Une tique minuscule est aussi redoutable qu'une grosse, et l'agripper au bon endroit est parfois pratiquement impossible. Il existe des tire-tiques en forme de pied de biche, en deux tailles différentes, qui sont très utiles à cet effet. On agrippe la bête au plus près de la peau, et après quelques rotations pour forcer ses pièces buccales à se décrocher, on tire. Les tire-tiques en forme de carte offerts en pharmacie sont à déconseiller, car ils sont tranchants et l'on risque de sectionner la tête de la bête. Chaque bonne pharmacie devrait en proposer un modèle adéquat que chaque coureur de bois se doit d'avoir avec lui. Si l'on ne dispose pas d'un outil adéquat, une autre méthode consiste à utiliser un coton-tige mouillé. En ayant soin de ne pas presser sur la tique, on lui imprime une rotation lente autour d'elle même jusqu'à ce qu'elle se décroche. Certains utilisent la technique dite du lasso, qui consiste à l'extraire à l'aide d'un fil très fin et résistant, noué autour de la tique. Si, comme cela arrive parfois, le rostre de l'animal reste pris dans la peau, il ne faut pas avoir peur de le retirer au moyen d'une petite aiguille, en prenant soin de bien désinfecter le tout. Quelle que soit la méthode employée pour retirer la tique, souvenez-vous: 1. Qu'il faut à tout prix éviter de presser son abdomen. 2. Qu'il doit s'écouler le moins de temps possible entre le moment où la tique prend conscience du fait qu'elle est menacée et son extraction. 3. Que même si tout est mis en oeuvre pour l'éviter, le risque qu'elle vous ait contaminé subsiste. Durant les jours et les mois qui suivront, il vous faudra être très attentif à l'apparition d'éventuels symptômes. 4. La prudence est mère de sûreté: relativisez tout avis médical qui se voudrait être trop rassurant.

On ne peut pas non plus se fier à la seule apparition du caractéristique érythème migrant, qui dans 50% des cas ne se manifeste pas, notamment si vous avez appliqué une crème antibiotique. Les examens plasmatiques étant très aléatoires, il faut surtout être attentif à certains symptômes caractéristiques, comme des picotements au niveau de l'épiderme, des douleurs vives comme si l'on était piqué, un état grippal, une grosse fatigue inexpliquée, des céphalées et des raideurs dans la nuque, des troubles neurologiques tels qu'une vision perturbée, l'apparition d'une paralysie, une perte d'équilibre, une confusion mentale, des douleurs itinérantes ou rhumatismales au niveau d'une articulation, de soudains problèmes de coeur avec palpitations ou angine de poitrine, des douleurs dans la mâchoire ou dans l'oreille interne etc. La maladie de Lyme est parfois appelée “la grande simulatrice” en raison de la facilité avec laquelle elle peut émuler les symptômes d'autres maladies, comme le lupus, la sclérose en plaques et la polyarthrite rhumatoïde. Si un ou plusieurs symptômes apparaissent et disparaissent en l'espace de quelques jours ou semaines après une possible contamination, consultez un médecin bien informé dans les meilleurs délais. Plus l'infection sera récente et meilleures seront vos chances d'en venir à bout rapidement. Une antibiothérapie prophylactique peut vous être prescrite pour une courte période en cas de morsure très récente, mais il n'existe pas de vaccin préventif contre la borréliose. D'autres recours, comme les huiles essentielles, l'argent colloïdal dans les pays où il est autorisé, les micro courants (zapper), les plantes comme l'ail, l'origan, la Renouée du Japon (Resveratrol), la vitamine C, sont recommandés en complément du traitement médicamenteux sur une période suffisamment longue pour assurer l'éradication de la bactérie et des agents co-infectieux, et également pour garder sous contrôle le champignon candida albicans dont la prolifération est favorisée par le traitement antibiotique. Les antibiotiques montrent très vite leurs limites dans le cadre d'une borréliose avancée. Un bon soutien du système immunitaire reste primordial. Si vous ou un de vos proches êtes atteint d'une maladie de Lyme devenue chronique, il vous faudra vous armer de courage pour lui faire face. Mais ne baissez pas les bras. Beaucoup semblent s'en être très bien sortis avec les méthodes de soin naturelles, par les plantes, les anti-oxydants et les vitamines, et en revenant à un régime alimentaire sain et pauvre en sucre qui favorise la bio-régénération. Car la maladie de Lyme semble être une maladie de civilisation, et nous affecter davantage lorsque nous sommes affaiblis en raison d'une alimentation déficitaire et des pollutions chimiques et aux métaux lourds. C'est pourquoi un porteur sain peut déveloper la maladie de Lyme des mois voire des années plus tard, à la suite d'une atteinte dans sa santé. Et bien sûr, ayez recours à la prière afin de permettre à Dieu de libérer votre guérison, et pourquoi pas, celle de notre pays.

Pourquoi cette soudaine explosion de la borréliose à l'échelle mondiale, un peu à l'instar d'une des plaies de l'Égypte ancienne? On pense que la disparition des amphibiens qui sont les prédateurs de la tique, la prolifération des rongeurs favorisée par la nouvelle gestion forestière et la raréfaction des rapaces et des petits carnivores, mais également le réchauffement du climat et les hivers moins rigoureux, les nombreux déplacements de personnes avec leurs animaux d'une région vers une autre ainsi que ceux de certains oiseaux, ont favorisé son expansion. Après avoir fait des ravages aux États-Unis, où l'on estime que 300'000 personnes sont infectées chaque année, la borréliose s'étend maintenant en Europe, où la Suisse figure en bonne place au triste palmarès, puisqu'après l'Autriche, elle est le pays le plus touché. Dans les forêts vaudoises de basse et moyenne altitude, le taux de tiques contaminées par la borréliose est par endroits extrêmement élevé. Pour ne pas avoir à se priver du plaisir des sorties en forêt, mieux vaut donc savoir comment se protéger et protéger ses enfants, et être bien informé sur la marche à suivre en cas de morsure malencontreuse. Nous devons également nous préparer à faire face à cette autre maladie transmise par les tiques: la Méningo-encéphalite à tiques (FSME). Il ne s'agit plus là d'une bactérie mais d'un virus. Je ne pense pas avoir été touché par ce virus pour le moment, mais la maladie fait irruption dans nos régions. La maladie provoque fièvre et forts maux de têtes. Il semble qu'elle guérisse spontanément comme une mauvais grippe, après quelques mois, mais elle peut laisser des atteintes permanentes sur le système nerveux.

Une anecdote montre combien ces petites bêtes sont coriaces et opiniâtres. D'abord, commencez par essayez d'écraser une tique entre vos doigts, une qui soit vide naturellement. Vous verrez qu'à moins d'y mettre l'ongle, vous n'y parviendrez pas. Ne les jetez pas vivantes dans les égouts: elles y survivraient et viendraient augmenter leurs populations près des déversoirs et au bord des lacs. Deux tiques m'avaient mordu. Ne sachant comment procéder, je les avais placées dans une petite boîte à film avec deux gouttes d'eau. Quelques semaines plus tard, constatant qu'elles m'avaient bel et bien transmis la borréliose, je les ai emmenées avec moi au service des urgences—c'était il y a une dizaine d'années, lorsque les média ont commencé à informer le public. Je m'imaginais à ce moment-là qu'on faisait des analyses sur les tiques pour savoir de quoi elles vous avaient infecté. Les médecins des urgences ont roulé de gros yeux en me voyant exhiber mes voraces, et m'ont bien sûr prié de les emporter chez moi. J'ai déposé la petite boîte étanche à l'ombre à l'extérieur de ma fenêtre, curieux de voir combien de temps elle survivraient. L'année suivante, voyant qu'elles étaient toujours alertes après un hiver et quatorze mois sans nourriture et sans air, j'ai décidé de m'en débarrasser. Mais pendant que je réglais son sort à la première, la seconde s'était comme volatilisée… La bougresse n'était pas bien grosse et il me fut impossible de la retrouver. Si pourtant, le lendemain en prenant ma douche. Imaginez ma consternation en voyant bientôt l'auréole redoutée apparaître à l'endroit où elle m'avait mordu!